COHEN ARON

1893 - 1944 | Arrest: | Residence: ,

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Aaron COHEN 1893 – 1944

en l’absence de photographie d’Aaron COHEN, nous reproduisons ci-contre le seul document personnel que nous ayons sur lui, en provenance du Fonds National.

 

En Algérie proprement dite, la présence juive est confirmée dans la région de Constantine dès les premiers siècles de l’ère commune, comme le montrent des épitaphes découvertes. Les historiens arabes signalent quant à eux la présence de Juifs dans la région du Touat, dans le sud-ouest algérien, dès le Ve siècle. Lorsqu’ils débarquent en Algérie, en juin 1830, les Français se retrouvent face à un ensemble de populations dont les statuts, les caractéristiques sociales et religieuses sont diverses. Parmi ces populations, les Juifs sont soumis, comme les Chrétiens, au statut de dhimmis : ils payent un impôt qui les exempte de participer aux guerres et leur permet la libre pratique de leurs cultes.

En Algérie, le vivre-ensemble entre Juifs et musulmans est fragilisé par l’adoption du décret Crémieux en 1870, qui octroie la citoyenneté française pleine et entière aux « Israélites indigènes », créant de fait des tensions avec la communauté musulmane qui la réclame depuis longtemps. Il est abrogé 70 ans plus tard, le 7 octobre 1940, sous le régime de Vichy. Le 30 du même mois, les lois antisémites sur le statut des Juifs s’appliquent en métropole comme en Algérie. La loi du 2 juin 1941 interdit aux Juifs un grand nombre de professions. Un numerus clausus pour l’enseignement, concernant élèves et professeurs juifs est appliqué sévèrement. Quatorze à quinze mille Juifs d’Afrique du Nord sont internés en 1941 dans différents camps dont ceux de Boghari, Colomb-Béchar et Djelfa en Algérie. Les Juifs d’Afrique du Nord subiront également l’action génocidaire des nazis, la Shoah, qui dévaste les communautés juives d’Europe. Ils sont d’abord mis au banc de la société française d’Algérie pendant la durée des hostilités et certains d’entre eux sont internés dans des camps de travail dans le Sud algérien. Alors que la libération de la France approche, un dernier grand convoi part à la hâte de Drancy le 31 juillet 1944, en direction du camp d’Auschwitz. Seules 251 personnes ont survécu, sur 1 309 déportés ce jour-là. Ce convoi, outre le nombre important de déportés et parmi eux d’enfants en bas âge, présente les caractéristiques de ceux qui ont été organisés dans l’urgence, face à la débâcle annoncée de l’armée allemande : les origines géographiques des déportés sont diverses et certaines personnes qui parfois avaient été internées dans les camps satellites de celui de Drancy, dits « camps parisiens », avaient un statut qui les avait jusqu’alors protégés des « transports ». Des humanistes convaincus comme Adolfo Kaminsky délivrent régulièrement des faux papiers à ceux qui sont menacés de déportation. Le jeune homme sert la Résistance à 17 ans, avant de mettre son savoir-faire au service d’autres causes comme le FLN algérien, ou encore la démocratie espagnole et grecque (cf. Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire, de Sarah Kamnisky aux éditions Calmann-Lévy).

Plusieurs des déportés du Convoi 77 venaient d’Algérie, et Aaron Haïm Cohen, né le 1er mai 1893 à Oran, était l’un d’eux. Les lieux de résidence qui nous sont connus sont les appartements, qu’il partageait avec sa femme, au 2 rue Emile Blemontet et au 45 rue Marcadet dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Les façades des bâtiments ont très probablement été rénovées, et la première adresse se situe dans une résidence privée (voir photos). Sa femme donne naissance à leur fille Renée à l’hôpital Rothschild, 15 Rue Santerre (75012). Aaron Cohen est arrêté à Paris le 7 juillet 1944 avec toute sa famille, à l’exception d’une de ses filles. Interné à Drancy, il est déporté à Auschwitz le 31 juillet de la même année où il est assassiné.

Une procédure de régularisation d’état civil est demandée en septembre 1965 par son neveu Maurice Cohen auprès du Ministère des anciens combattants, qui conduit le tribunal de grande instance de la Seine à prononcer un jugement déclaratif de décès le 27 avril 1966, déclarant constant le décès de Aaron Haïm Cohen en date du 31 juillet 1944 à Drancy.

Peu avant, le 26 février 1962, la fille survivante d’Aaron Haïm Cohen, fait une demande de statut de déporté politique au nom de son père. Celle-ci aboutit à l’attribution de ce statut le 5 septembre 1966. Dans la décision, la période de déportation prise en compte se situe en le 31 juillet et le 5 août 1944. Dans un ses courriers, la demanderesse précise que son père est un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, mais aucun détail n’est donné à ce sujet. La mention « mort pour la France » ne semble jamais avoir été demandée. Ses dossiers sont conservés à la DAVCC sous les côtes AC 21P 250340 et AC 21P 729104.

 

Nous remercions Jérôme Pedarros et l’ONACVG d’Alger pour leur aide dans la recherche d’informations, complétée par des ressources sur Wikipedia et France Culture.

 

 

Références :

  • dossiers conservés à la DAVCC sous les côtes AC 21P 250340 et AC 21P 729104
  • pages Wikipédia dédiées aux Juifs d’Algérie, et au Convoi 77
  • Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire, article de France Culture
  • Histoire de l’Afrique du Nord, Charles-André Julien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherches réalisées par des élèves de 1ère et de terminale du Lycée International Alexandre Dumas d’Alger 2019-2020, participant au projet Convoi 77, sous la direction de leurs professeurs d’histoire-géographie, messieurs F. Charton et J. Lacassagne.

 

 

Texte rédigé par les 1ères Lisa Bousdira et Idris Hamdani,
photos prises par Lisa Bousdira et Orée-Caroline Bride.

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Contributor(s)

Texte rédigé par les 1ères Lisa Bousdira et Idris Hamdani, photos prises par Lisa Bousdira et Orée-Caroline Bride. Recherches réalisées par des élèves de 1ère et de terminale du Lycée International Alexandre Dumas d’Alger 2019-2020, participant au projet Convoi 77, sous la direction de leurs professeurs d’histoire-géographie, messieurs F. Charton et J. Lacassagne.
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