ROSENRAUCH CHARLES

1907 - 1944 | Urodzenia: | Aresztować: | Zamieszkania:

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Charles ROSENRAUCH

 

 

en l’absence de photographie nous reproduisons ci-contre la reconnaissance de Charles Rosenrauch comme déporté-résistant, pour son honneur et sa mémoire.

 

 

 

 

 

 

Charles Rosenrauch est né le 20 mars 1907 à Vigniciora en Roumanie. Il obtient la nationalité française[1] en 1930 et se marie deux ans plus tard, le 23 juillet, avec Olga Pouchine, née le 15 juin 1909 à Odessa en Russie.

Sa jeune épouse est domiciliée 4 rue Claude Matrat à Issy-les-Moulineaux, département de Seine mais ils rejoignent ensemble le foyer de Charles, à Perthes-en-Gâtinais en Seine et Marne.

 

Arbre généalogique de Charles Rosenrauch

 

 

Charles est appelé pour le service armé en 1932. Il obtient une disponibilité qui lui permet de finir ses études de médecine et de rédiger sa thèse[2].

Le 15 avril 1935, il est affecté à la 12ème Section d’infirmiers militaires. Il est promu et devient médecin lieutenant le 6 juillet 1938. Le 2 septembre 1939, il rejoint le groupe sanitaire divisionnaire pour exercer ses fonctions au front.

 

Mais en août 1940 il est démobilisé et retourne à la vie civile où il exerce la médecine à Perthes en Gâtinais, d’après le témoignage de René Truhaut[3], chef du Service de Chimie à l’institut du Cancer de la Faculté de Médecine de Paris et de Jules Mérec[4] maire de Saint-Sauveur sur Ecole.

 

Nous n’avons ensuite plus de nouvelles « officielles » jusqu’à son arrestation le 3 février 1942 pour faits de Résistance.

 

Plusieurs témoins attestent de l’engagement de Charles Rosenrauch dans la Résistance.

 

Tout d’abord Jules Mérec, ancien président du comité de Libération de la commune de Saint-Sauveur sur Ecole reconnaît les activités de résistance du docteur Rosenrauch et raconte les circonstances de son arrestation.

 

On trouve également le témoignage de Paul Lavalette[5], le 30 novembre 1951, notaire à Perthes en Gâtinais et maire de la commune de 1935 à 1944 qui certifie avoir bien connu Charles Rosenrauch et que celui-ci a rendu « de réels services à la Résistance ».

 

Ensuite René Méneau[6], pharmacien-lieutenant, demeurant à Antibes certifie que Charles Rosenrauch faisait partie d’un réseau de résistance britannique et qu’il a fourni de précieux renseignements au réseau de la France combattante « Mithridate ».[7]

 

Enfin René Truhaut[8], agent de renseignement du Réseau C.N.D Castille[9] puis Réseau Jonques[10], dont le pseudo était Annibal certifie que le docteur Rosenrauch dit « Roques » faisait partie d’un réseau de renseignements Britanniques.

Celui-ci avait sollicité son ancien camarade d’internat pour le cacher alors qu’il était pourchassé par la Gestapo. On apprend que Charles Rosenrauch souhaitait gagner l’Afrique du Nord, mais qu’il a été arrêté alors qu’il essayait de passer en zone sud.

 

Ces différents témoignages permettront à Olga Rosenrauch d’obtenir pour son mari le statut de résistant déporté.

 

Grâce à ces attestations nous apprenons que le docteur Charles Rosenrauch est arrêté le 3 février 1942[11] par la Gestapo à la gare de Dijon, sur dénonciation pour espionnage, alors qu’il tentait de rejoindre la zone libre avec deux parachutistes anglais.

 

Il est alors envoyé dans une prison de la banlieue de Dijon[12] où la Gestapo autorise les visites d’Olga Rosenrauch à son mari. D’après les Archives de Brinon[13] il est arrêté pour 6 mois le 25 février 1942 pour « passage de la ligne de démarcation et usage d’un document falsifié ».

 

Il est ensuite transféré dans le secret à la prison de Fresnes le 29 avril 1942. Il va ensuite être déporté au camp de Drancy le 1er avril 1943 sur ordre des autorités allemandes. Il est mis à disposition du S.D[14] de Maisons Laffitte pour travailler dans l’agriculture à partir du 29 avril 1943.

 

 

 

Le dernier convoi…

 

On retrouve sa trace au camp de transit de Drancy[15], le 23 juin 1944 où il reste jusqu’à son départ pour Auschwitz le 31 juillet 1944.

 

Un témoignage d’un déporté du convoi 77[16] dont on ne connaît pas le nom a été adressé à Robert Armand Fabius[17] et raconte l’attitude héroïque de Charles Rosenrauch, lors de son transfert vers Auschwitz.

Celui-ci était responsable d’un wagon d’une soixantaine de personnes à l’avant du convoi et il prévoyait de s’échapper du train. Malheureusement la Gestapo, qui avait été informée de la tentative d’évasion du wagon a fait stoppé le train en pleine campagne. Les 60 hommes ont été durement réprimés. Ils ont été obligés de se déshabiller entièrement et ont été emmenés vers un wagon métallique en tête de train.

 

Ils y restèrent 72h, nus et sans nourriture.

 

La lutte continue ….

Dessin de Cassioppée Perraguin, élève de TL

 

Nous n’avons malheureusement pas d’autres renseignements sur cette tentative d’évasion. Mais ce témoignage unique nous permet de rendre hommage au courage de Charles Rosenrauch et de ses compagnons qui voulaient vivre dans la dignité. (note de Serge JACUBERT, éditeur : voir également les témoignages de Jérôme et Régine SKORKA, y compris les enregistrements filmés mentionnés en annexe sur cet épisode – Alex Mayer, père du président de l’association le mentionne également dans son livre, publié aux éditions le Manuscrit).

 

 

 

La plupart du temps, à l’arrivée s’effectue la sélection…….

 Dessin de Cassioppée Perraguin, élève de TL

 

… mais là, dès leur arrivée, les 60 hommes ont été directement gazés et brûlés.

 

Les nazis n’ont laissé aucune chance à ces hommes.

 

Après la guerre, le combat pour la reconnaissance….

 

 

Après la guerre commencent­­ de longues démarches d’Olga Rosenrauch pour retranscrire le décès de son époux à l’Etat civil, pour obtenir le statut de déporté résistant et la mention mort pour la France.

 

La jeune veuve entreprend une demande de régularisation[18] d’un non rentré dès le 7 juin 1948, qu’elle obtient le 4 juillet 1951 par le Ministère des anciens combattants et victimes de guerre.

 

Elle sollicite également des témoignages[19] de résistants, ce qui lui permet d’obtenir de la commission nationale d’homologation de la Résistance intérieure française[20] un certificat d’appartenance à la résistance intérieure française « Isolé » homologué au titre de la R.I.F[21] à partir du 1 novembre 1940 au 3 août 1944.

 

On accorde à son époux le grade fictif d’adjudant[22].

 

Ce document transmit au Secrétariat des forces armées entraîne la notification[23] le 11 août 1955 du Ministère des anciens combattants et victimes de la guerre, qui reconnaît le statut de déporté politique à Charles Rosenrauch.

 

Charles Rosenrauch dit « Roques » est reconnu comme déporté résistant. On trouve d’ailleurs son nom dans un arrêté du 23 mai 1998[24], qui porte la mention « Mort en déportation ».

 

 

Entre temps, Olga s’est remariée le 26 octobre 1951 à Paris dans le IX arrondissement avec Pierre Carmes né le 18 juillet 1923 à Nemours. Ils s’installent à Boulogne au 71 ave du général Leclerc. Elle doit se battre pour obtenir la tutelle de son fils mineur Claude Roger Jean Rosenrauch. En effet elle aurait dû avant son remariage convoquer un conseil de famille pour garder la tutelle de son fils. Heureusement le juge Paul Vaillant[25], juge à Melun, accepte de réintégrer Me Carmes dans son rôle de tutrice légale de son enfant, car celle-ci ignorait la loi.

 

Aujourd’hui le nom de Charles Rosenrauch apparaît sur le monument aux morts de Perthes en Gâtinais, ainsi que sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah[26], une mémoire vivante des victimes de la Shoah.

 

                                        Monument aux morts Perthes en Gâtinais

 

Le mur des noms, rénové

 

 

 

Cette reconnaissance est importante. Elle permet de redonner une identité à toutes ces vies détruites par la guerre.

 

Hitler voulait anéantir la communauté juive, effacer jusqu’aux noms des victimes ! Mais le mur des Noms permet de conserver l’identité des personnes déportées et assassinées.

 

Derrière tous ces noms il y a des individus, des destins, des vies brisées. Et à travers le projet Convoi 77, nous avons eu la chance d’écrire une petite partie de l’histoire de Charles Rosenrauch, pour qui nous avons de l’admiration et du respect. Un homme qui a fait le choix de résister et ce, jusqu’au bout. Un homme qui n’aura pas eu la chance de voir grandir son fils ni de célébrer la victoire contre le nazisme.

 

 

 

 

[1] Extrait du journal officiel de la République française du 29 mai 1932. Acte de naturalisation loi du 10 août 1927, signé par le président de la République Albert Lebrun et le garde des Sceaux Paul Reynaud.

 

[2] Les Injections sous-cutanées de gaz carbonique et de gaz thermaux carboniques de Royat. Charles Rosenrauch, 1934 [thèse] BN Identifiant international :  ISNI 0000 0000 7182 362X cf. http://isni.org/isni/000000007182362X .

Notice n° : FRBNF11189122.

 

[3] Attestation de René Truhaut, chef du Service de Chimie à l’institut du Cancer de la Faculté de Médecine de Paris, le 25 mars 1947.

 

[4] Attestation de Jules Mérec, maire de la commune de Saint-Sauveur sur Ecole, le 5 février 1947.

 

[5] Attestation de Paul Lavalette, ancien maire de Pertes en Gâtinais, le 30 novembre 1951.

 

[6] Attestation du lieutenant René Méneau le 9 février 1947. Croix de guerre avec étoile d’argent à titre de Résistance.

 

[7] Mithridate est un réseau de résistance franco-britannique, fondé dès juin 1940 par M. Pierre Herbinger. Il rassembla plus de 1600 agents répartis sur tout le territoire français, la Belgique et le Nord de l’Italie.

[8] Attestation de René Truhaut, chef du Service de Chimie à l’institut du Cancer de la Faculté de Médecine de Paris, le 25 mars 1947.

 

[9] Le réseau de la Confrérie Notre-Dame appelé par la suite CND-Castille est fondé en 1940. C’est un réseau de renseignements rallié à la France libre par le colonel Rémy, envoyé par Londres.

[10] Le réseau Jonque est créé par Maurice Belleux, le responsable du réseau de renseignement Hunter, chargé de suivre les activités aéronautiques Allemandes.

 

[11] Attestation de Paul Lavalette, notaire à Perthes en Gâtinais le 30 novembre 1951.

 

[12] Témoignage d’Olga Rosenrauch à la Direction interdépartementale des anciens combattants et victimes de guerre, décembre 1953.

 

[13] Il s’agit d’un fonds d’archives de Fernand de Brinon, secrétaire d’Etat auprès du chef du gouvernement du Ministère Pierre Laval du 18 avril 1942 au mois d’août 1944. On y trouve une abondante documentation sur les personnes arrêtées.

[14] Service de renseignement de la SS.

 

[15] Drancy sert de camp d’internement et de regroupement des Juifs de France avant d’être envoyés dans les camps de concentrations et les centres de mise à mort. Près de 63000 d’entre eux seront déportés depuis Drancy.

 

[16] Convoi 77 est le dernier grand convoi (1309 déportés) ayant quitté Drancy pour Auschwitz le 31 juillet 1944.

 

[17] Témoignage anonyme d’un déporté du convoi 77, adressé à Robert Fabius.

 

[18] Demande au Ministère des anciens combattants et victimes de guerre, le 7 juin 1948.

 

[19] Témoignages de résistants ayant bien connu les activités de son mari pendant la guerre : Jules Mérec, Paul Lavalette, René Méneau et René Truhaut.

 

[20] Le 18 juin 1948.

 

[21] La qualité de combattant volontaire de la Résistance est susceptible d’être reconnue à toute personne qui appartient à une organisation de résistance homologuée par le ministre, sur proposition de la commission nationale de la Résistance intérieure française (RIF), homologation publiée au Journal officiel.

 

[22] Certificat d’appartenance à la Résistance intérieure Française, Paris le 27 mai 1948.

 

[23] Ministère des anciens combattants et victimes de la guerre, le 11 août 1955.

 

[24] Arrêté du 23 mai 1998, portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès, Légifrance.

 

[25] Jugement du 4 mars 1952.

 

[26] Le Mur des noms est composé d’un ensemble de trois murs en pierre où sont gravées les identités et années de naissance des 76 000 juifs, déportés de France par les nazis avec la collaboration du gouvernement de Vichy.

 

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