Maurice WAGNER (Paris, France 1910 – 1944, Auschwitz, Pologne)
Photo : Maurice Wagner à l’âge de 15 ans
Propriété de Sylvia Wagner
Maurice Wagner
Naissance, enfance et jeune adulte (1910-1939)
Maurice Nathan Wagner naît le 27 octobre 1910 dans le XIIᵉ arrondissement de Paris, à la maternité de l’hôpital Rothschild, 76, rue de Picpus. À sa naissance, ses parents sont domiciliés 12 rue de la Fontaine-du-But, une des rues les plus en pente de la butte Montmartre, dans le XVIIIᵉ arrondissement de Paris. À cette adresse vivent en 1909 Cirla Wagner, la jeune sœur de Hirsh, et son mari Léon Tark. Léon est le témoin de la naissance d’Isidore sur son acte de naissance. On voit dans cette proximité l’importance des réseaux de solidarité familiale.
Son père, Hirsch Leib Wagner, qui a alors 41 ans, est né à Varsovie (Pologne), et sa mère Perle, née Safir à Bucarest (Roumanie) a 27 ans.
À la naissance de leur fils aîné, Isidore, né le 1er juin 1909, 28 rue Hermel, Hirsh et Perle ont quitté le quartier du Marais, dans le centre de Paris, pour ce populaire XVIIIe arrondissement où vit également une importante proportion de population juive. Les Wagner habitent alors au 28 rue Montcalm, dans un immeuble qui sera démoli avant 1932.
En 1911, on retrouve les deux frères Isidore et Maurice en nourrice dans le Cher, confiés à la famille Foucher, au lieu-dit Les Lièvres, à Santranges. C’était une pratique courante d’envoyer les enfants prendre des forces à la campagne, surtout si le lieu de vie n’était pas très salubre et si la mère travaillait ou avait des problèmes de santé. Selon sa petite-fille, Jacques, le troisième frère de la fratrie, sera lui aussi mis en nourrice.
Les garçons sont envoyés à l’école publique du quartier. Selon les listes d’élèves consultées dans les archives en ligne de Paris, Maurice est scolarisé à l’école maternelle rue Saint-Luc, puis à l’école élémentaire rue Damrémont, toujours dans le XVIIIᵉ arrondissement de Paris. Grâce à l’acte de naissance de son frère Jacques qui est né en 1915, nous savons que la famille vit alors 159 rue. Ses deux frères, Isidore et Jacques, figurent également sur les listes de ces écoles. Tous les trois quittent l’école Damrémont en 1917. Nous supposons que c’est à cette date que la famille s’installe à Aulnay-sous-Bois, alors en Seine-et-Oise. En 1930, âgé de 20 ans, Maurice vit au 15 avenue Loewel à Aulnay-sous-Bois, avec ses parents. Il est employé de banque, d’après sa fiche matricule lors de son passage devant le conseil de révision du service militaire en 1930.
Notice Militaire Maurice Nathan WAGNER, classe 1930 – matricule 4872
Archives départementales des Yvelines
Selon les descendants de la famille Wagner, les trois frères étaient très proches, surtout Isidore (qui prendra, après la guerre, le prénom d’Henri) et Maurice. Ils allaient souvent en vacances, notamment à Arcachon, à la campagne ou au sport d’hiver (ski alpin). Maurice a ainsi grandi dans une famille soudée. Sa mère, Perle Safir Wagner, lorsque, après sa déportation, elle demandera aux autorités compétentes de ses nouvelles, le décrira comme « mince, au teint mat, ayant les cheveux châtains et les yeux marron ». Sa notice militaire nous permet de compléter sa description physique :« menton saillant », « front moyen », « visage ovale » et « nez rectiligne ». En 1934, il mesure 1,76m.
En 1930, Maurice a 20 ans et doit passer devant le conseil de révision pour le service militaire, du 6ᵉ bureau de la Seine. Dans sa fiche militaire, son degré d’instruction est évalué au « niveau 3 » (le maximum). Il est noté également que Maurice était de « faible constitution » et en « mauvais état général ». Il a été « renvoyé dans ses foyers et rayé des contrôles depuis le 6 juillet 1931 ».
Le 16 avril 1934, après plusieurs autres convocations où il est ajourné pour « faiblesse », il est finalement affecté au 163e Régiment d’artillerie à pied ; mais arrivé au corps le 17, il est réformé définitivement le 4 juillet 1934 par la commission de réforme de Metz. Il rentre chez lui. Mais Maurice, alors que la guerre vient de débuter, a été réintégré à « sa demande” le 19 septembre 1939. Cette fois il est en « bon état général ». Grâce à cette source militaire, complétée par une attestation du propriétaire de l’immeuble, nous comprenons que Maurice et sa famille s’installent en 1939 135 rue Ordener dans le XVIIIe arrondissement. L’appartement donne sur la rue.
Les débuts de la guerre (1939-1940)
Maurice est mobilisé à partir du 18 octobre 1939 dans la 21ᵉ Division d’Artillerie à Charenton-le-Pont, (Seine, actuellement Val-de-Marne), à la 103e batterie du dépôt 21. Son bureau de recrutement militaire est celui de Versailles. Son matricule est le n° 4872 et il a le statut de « servant » Dans le vocabulaire militaire, cela signifie qu’il est affecté au service d’une arme collective. Il est soldat de 2e classe. Après la signature de l’armistice le 21 juin 1940, Maurice est démobilisé dans le canton de Grenoble le 28 juillet 1940, puis il se retire à Sauvagnat-Sainte-Marthe dans le Puy-de-Dôme, qui s’est retrouvée en zone libre après le 25 juin 1940. D’après l’acte de démobilisation, fourni par Natacha Thirard (sa petite-nièce), Maurice est toujours domicilié 135 rue Ordener, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.
Maurice Wagner, lieu inconnu , 1943
Propriété de Natacha Thirard
Si Maurice est démobilisé, en revanche, son frère Isidore, 2e classe affecté au train (13e), figure sur une liste officielle de prisonniers de guerre publiée le 29 août 1940 par le Centre national d’information sur les prisonniers de guerre. Le 22 juin, 1.800.000 prisonniers français sont aux mains de l’armée allemande.
Jacques est, quant à lui, blessé deux fois, médaillé et sans doute évadé d’un camp de prisonniers de guerre en France.
Sous l’Occupation allemande et le régime de Vichy
Nous ne savons ni comment Maurice a réagi aux mesures antisémites, comme le « premier statut des Juifs » du 3 octobre 1940, promulgué par le régime de Vichy, ni s’il s’est déclaré comme Juif à la mairie du village ou des villes où il a résidé lors du recensement obligatoire imposé en zone libre par la loi du 2 juin 1941.
Maurice et Marthe, Cros-de-Cagnes, 1942
Propriété de Sylvia Wagner
La famille nous a transmis des photographies de Maurice avec des légendes. Sur l’une d’elle, on voit Maurice et sa belle-sœur Marthe, la seconde épouse d’Isidore, à Cagnes-sur-Mer en 1942. Il est domicilié chemin des Roses dans le quartier du Cros, à Cagnes-sur-Mer, qui est encore en zone libre à cette date, et où la vie pour les Juifs est plus facile qu’en région parisienne. Maurice tenait compagnie à Marthe, enceinte de son neveu Christian, le premier enfant d’Isidore (Henri), en septembre 1942. En effet, d’après Sylvia Wagner Guez, leur père, Isidore (Henri) aurait eu des ennuis avec la police à cette époque mais on ignore pour quelles raisons. C’est donc Maurice qui était présent et témoin lors de la naissance du bébé. Nous ignorons quand Isidore peut rejoindre sa femme et son fils.
Une autre photo montre Maurice au Bois d’Oingt, dans le Beaujolais, en 1943, dans la maison familiale des beaux-parents de son frère Isidore (Henri).
Nous comprenons que Maurice est passé par ces lieux pendant la guerre après sa démobilisation. Par ailleurs, son deuxième frère Jacques et son épouse Jacqueline auraient hébergé un temps Maurice à Saint-Cloud durant cette période.
Perle assure dans une lettre qu’il est revenu à Paris en août 1943 et n’en est plus reparti.
Maurice aurait donc navigué entre plusieurs endroits, ce qui était totalement interdit aux Juifs, assignés à résidence, d’autant qu’il aurait passé la ligne de démarcation.
Des faux papiers
D’après sa carte d’identité fournie par Natacha Wagner, petite-fille de Jacques Wagner, Maurice est ensuite officiellement domicilié à Mornay-sur-Allier dans le Cher en 1943. Selon la mairie de Mornay-sur-Allier, que nous avons contactée, le maire de la commune était Jean-Baptiste Bernadat entre 1943 et 1952. M. Bernadat aurait procuré une « vraie-fausse » carte d’identité à Maurice. Durant l’Occupation, à travers plusieurs actes de résistance, le maire de Mornay-sur-Allier aide également de nombreuses personnes voulant rejoindre la zone libre, cette ville étant sur la ligne de démarcation. Il aurait accueilli aussi beaucoup d’enfants juifs chez lui. Malheureusement, M. Bernadat a été contraint de révéler tout ce qu’il savait au sujet des personnes qu’il a tenté de protéger. Sur sa fausse carte d’identité, Maurice est « cultivateur », un métier peu probable étant donné qu’il a grandi en ville.
Carte d’identité de Maurice Wagner, 1943
Propriété de de Natacha Thirard
S’agissant de sa profession, Maurice est employé de banque en 1942, comme indiqué en 1930 sur sa fiche militaire, puis donc cultivateur en 1943, sur sa fausse carte d’identité. Il est « boursier » dans le dossier que remplit sa mère en 1952 pour l’obtention du titre de Déporté Politique. Elle veut sans doute dire que, comme son frère Isidore/Henri, Maurice travaillait à la Bourse.
En fait, pendant toute la guerre, on ignore de quelle manière il vit. Et si Maurice, rentré à Paris en août 1943, garde un contact étroit avec sa famille, sa mère et un de ses frères notamment, il ne reste pas à un endroit fixe et fait en sorte, dira Perle, qu’on ne connaisse pas son adresse exacte. Est-il engagé dans la résistance ? Selon Sylvia, il l’aurait été et aurait comme alias « Wartel » ou « Wattel » (selon la demande formulée au Ministère des Anciens Combattants pour obtenir la mention de “non-rentré”). Nous n’avons malheureusement pas trouvé de documents attestant des faits de résistance. Ces mesures de précaution peuvent aussi être prises parce qu’il se savait recherché comme Juif.
Père d’un enfant ?
Lors des premières années de guerre, Maurice aurait eu une relation avec une jeune femme. Sa nièce, Sylvia Guez Wagner, nous a raconté qu’un jour, lorsqu’elle était lycéenne dans les années 1960, elle participait à une rencontre entre plusieurs lycées. Alors qu’elle était assise à côté d’un garçon, et sans savoir comment ni pourquoi, elle a senti qu’ils étaient de la même famille. Elle lui a dit qu’ils étaient cousins. Et il s’agissait en effet du demi-frère du fils de Maurice.
Jacques Wagner
D’après Sylvia, Maurice aurait donc eu un enfant hors mariage, fruit d’une aventure. L’enfant n’a pas été reconnu par Maurice. On ignore malheureusement l’identité de la mère, mais nous savons qu’il se prénomme Maurice, comme son père. Toujours d’après Sylvia, Maurice serait probablement né en 1941 ou 1942. Nous supposons qu’il s’agit de lui sur la photo, prise à l’adresse où habitait Perle Safir Wagner en 1951, 30 rue Simplon, dans le XVIIIe arrondissement. Sylvia nous a appris qu’Isidore (Henri) et Jacques s’occupaient beaucoup de lui lorsqu’il était enfant. Il rendait aussi souvent visite à Perle Safir Wagner, sa grand-mère paternelle. Sylvia ne saurait dire si Maurice avait connaissance de son histoire et de celle de sa famille. Nous sommes encore à sa recherche.
Arrestation et déportation
Le 23 juillet 1944, Maurice est arrêté par la Milice pour « raisons politiques » (dit un document d’après-guerre rédigé à partir d’un témoignage familial) dans la station de métro Strasbourg-St Denis ou rue Saint-Denis à Paris, selon les dires d’Angèle Bonheure rapportés par Sylvia Wagner. Toujours d’après sa nièce Sylvia, Maurice aurait été dénoncé mais si c’est une arrestation dans le métro ou la rue, c’est une rafle que la milice pratiquait quotidiennement, et ce d’autant que les Alliés approchaient de Paris. Cependant, s’il a été dénoncé, la famille n’a jamais su par qui. D’autres documents liés à sa déportation indiqueront par la suite « déporté racial » On pouvait être arrêté comme résistant, et même être condamné pour cela et déporté comme juif, c’était une façon d’humilier les résistants, dans l’esprit des nazis. Et l’on pouvait être dénoncé comme Juif si on ne portait pas l’étoile, obligatoire en zone occupée, puis en zone Nord).
Fiche d’enquête adressée au S.I.R. en 1949
Maurice arrive au Dépôt de la préfecture de police de Paris le 24 juillet à 19 heures en provenance des « Affaires juives ». Le 25, au matin, il est à nouveau présenté aux Affaires juives (avenue Foch, la SIPO/SD) et est de retour le soir à 19 heures dans une cellule collective de la préfecture. Le mot « Juif » est indiqué dans le motif d’arrestation sur le registre de la préfecture. Il est transféré le 26 juillet à 15 heures par le policier Julien au camp de transit de Drancy, où il est enregistré sous le matricule 25.968.
Dans son transport de Paris à Drancy, plusieurs hommes et femmes qui, comme Maurice, seront déportés le 31 juillet 1944 par le convoi n°77.
Le train qui part à midi le lundi 31 juillet, composé de wagons à bestiaux et d’un wagon blindé, emmène 1306 personnes, de tout âge, de toutes conditions sociales et d’origines. Un seul point commun : être « juif ».
Une lettre de Perle, écrite en 1946, indique que Maurice a réussi à lui faire parvenir une lettre pour l’informer de son arrestation et de son internement à Drancy. Elle y indique qu’elle voyait Maurice « au moins 3 fois par semaine ». Dans cette lettre elle indique aussi que Maurice vivait à différentes adresses mais qu’il ne lui les donnait pas « par prudence ». Perle indique qu’un certain M. Banvens, un homme attaché à la préfecture de police (au poste 824) dans l’île de la Cité, a bien accepté de rendre plusieurs services à Maurice malgré « les difficultés de l’époque », notamment de pouvoir contacter un de ses frères pour prévenir sa famille de son arrestation. Malgré nos recherches menées auprès des services des archives de la préfecture de Paris, nous n’avons pas pu retrouver la trace de Monsieur Banvens.
Sylvia Wagner affirme que Maurice a lancé une lettre du train à destination d’Angèle Bonheure. Cette lettre, qui aurait ensuite été donnée à Jacques, n’a malheureusement pas encore été retrouvée. Officiellement, Maurice est assassiné le 5 août 1944 dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.
Étant donné son âge et sa condition physique, Maurice aurait dû être sélectionné pour le travail à l’arrivée du train à Auschwitz, dans la nuit du 3 au 4 août 1944. Déporté sans sa famille, Maurice a dû être convoyé dans ce que les déportés survivants ont appelé un « wagon de célibataires ». Parmi ces wagons remplis exclusivement d’hommes (60, entassés les uns sur les autres), deux ont été le cœur de tentatives d’évasion coordonnées avec la Résistance du camp de Drancy avant de partir. Les hommes d’un des wagons d’évasion ont été repérés par les soldats allemands (ou dénoncés ?) et, enchaînés entièrement nus, ils ont été conduits dans un wagon prison en tête du train, sans eau ni nourriture jusqu’au camp en Pologne. Ils ont tous été directement gazés à l’arrivée à Auschwitz. Maurice faisait-il partie de ce wagon ?
Demande formulée en vue d’obtenir la mention de “non-rentré”, 1952
Rechercher Maurice
Un peu plus de quinze jours après le départ du convoi qui a emporté Maurice vers la mort, l’officier SS qui commandait Drancy, Aloïs Brunner, a quitté le camp avec ses sbires nazis et une cinquantaine de prisonniers « otages », dont Marcel Bloch/Dassault. Les détenus qui s’y trouvaient encore ont été libérés de fait. Après de violents combats du 19 au 25 août 1944, les Alliés et la Résistance ont libéré Paris. Mais pour les familles de déportés l’angoisse n’était pas terminée, pas plus que la tragédie pour celles et ceux qui n’avaient pas été gazés à l’arrivée de leur convoi.
Angèle Bonheure (au centre) et des amies, Paris après guerre
Propriété de Patrick Le Fèvre
La famille Wagner cherche intensément Maurice. Ses proches ont contacté plusieurs instances comme la Croix-Rouge polonaise et d’autres autorités compétentes, tel l’ITS à Bad Arolsen, afin d’obtenir de ses nouvelles. Ils ne sont pas les seuls : le dossier sur Maurice conservé au SHD de Caen contient la lettre d’une mystérieuse « S. Bonheur » qui se dit « parente » du déporté et tente d’avoir des informations à son sujet. Madame Bonheure indique dans sa lettre que Maurice vivait, au moment de son arrestation, avec elle, au 30 rue des Acacias dans le XVIIᵉ arrondissement. Pourtant, Maurice avait indiqué aux autorités habiter au 15 rue Véron dans le XVIIIᵉ.
Angèle Bonheure, une amie
Concernant Angèle S. Bonheure, nous avons pu retrouver sa trace, notamment grâce à Sylvia Wagner Guez. Tout d’abord, grâce au recensement de population de 1946 de l’adresse d’Isidore (Henri) Wagner, le frère de Maurice, nous avons appris que ce dernier avait eu deux enfants, Christian (né en 1942) et Sylvia (née en 1945). Nous avons ainsi pu demander l’acte de naissance de Sylvia et avons découvert qu’elle s’était mariée une première fois, puis une seconde fois avec M. Ange Guez. Après des recherches, nous avons trouvé que Sylvia avait géré une société dans les années 1990, domiciliée dans le XVIᵉ arrondissement. Grâce à cette adresse, nous avons pu déposer à sa concierge un courrier. Sylvia Wagner Guez nous a ensuite contactés en nous disant qu’elle serait ravie de nous rencontrer. Nous avons donc eu le plaisir de la rencontrer et avons obtenu un certain nombre d’informations essentielles sur la vie de Maurice et celle d’Angèle Bonheure.
Cette dernière était institutrice et une grande amie des trois frères Wagner. Elle aurait été très amoureuse de Maurice, mais selon Sylvia, ils n’ont pas eu de relation amoureuse. Angèle était la marraine de Sylvia. Elle aurait fait de nombreuses démarches après guerre pour tenter de retrouver Maurice. Selon Sylvia, elle allait souvent à l’hôtel Lutetia où arrivaient les déporté.es dans l’espoir de retrouver Maurice.
Angèle Bonheure s’est installée à Saint-Tropez au moment de sa retraite. Ensuite, grâce à un message posté sur le groupe Facebook de Saint-Tropez, nous avons pu prendre contact avec Patrick Le Fevre, son petit-neveu et filleul. Il nous a donné quelques informations sur sa vie et sa rencontre avec Maurice :
« Angèle Bonheure […] est née à Saint-Tropez le 6 mars 1900. Ses parents, Louis Allègre et Augusta Rosa (née Giudicé) possédaient un hôtel à l’entrée de Saint-Tropez. […] Angèle [se marie] le 16 août 1923 avec un Parisien, Louis Bonheure. […] Malheureusement vers 1936, alors que son mari remplaçait les batteries d’un bateau, il a perdu l’équilibre sur la passerelle et a chuté dans l’eau, avec la lourde batterie qui s’est brisée sur un rocher, libérant l’acide qu’elle contenait. Il aurait avalé un mélange d’eau de mer et d’acide, ce qui lui aurait brûlé la gorge et une partie de l’œsophage. Angèle s’est transformée en infirmière et a pris grand soin de lui mais son état s’aggravant, le médecin l’a envoyé dans un centre de convalescence situé dans les Alpes-Maritimes, qui soignait également des officiers militaires blessés, proche de Bar-sur-Loup. Pour être proche de Louis, Angèle avait loué une chambre chez l’habitant et lui rendait visite plusieurs fois par jour. Ce serait là qu’elle aurait rencontré Jacques Wagner, qui y était en convalescence […]. Férus de littérature, et concernés par la situation politique du moment, ils se seraient liés d’amitié et trouvés des points d’intérêts communs. […] Louis décéda en 1939 et fut inhumé à Saint-Tropez. À peu près à la même époque, la sœur de Louis (Auréa) perdit son mari et Angèle remonta à Paris pour l’aider à élever ses deux enfants (Bernard et mon père, Claude Le Fevre). À Paris, elle a continué à rencontrer la famille de Jacques Wagner […]. Je ne saurais dire exactement quelle a été la relation avec Maurice Wagner, mais je pense qu’Angèle entretenait une correspondance avec lui et était très concernée par la situation du moment. […] Après la guerre, Angèle est restée très amie avec Jacques et, enfant, j’ai passé plusieurs vacances en compagnie de Jacques et de sa fille Fabienne.
Les parents de Maurice : Hirsch Leib Wagner et Perle Safir
Le père de Maurice s’appelle Hirsch Leib Wagner, et est tailleur d’habits. Il est né à Varsovie, en Pologne russe le 18 août 1869 et est mort le 15 octobre 1947 à Paris XVᵉ. Il est le fils d’Isaac Wagner et de Sarah Ida Thenebon (Tennenbaum, selon l’acte de mariage de sa fille Cyla). D’après sa demande de naturalisation en 1913 (consultée aux archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine) Hirsch Leib Wagner est arrivé en France en 1881, enfant donc.
Photo de Hirsch Wagner, date inconnue
Propriété de Natacha Thirard
Hirsch est tailleur d’habits et, au moment de leur mariage, le 8 décembre 1908 à la mairie du IVe arrondissement de Paris, Perle est décoratrice en tapisserie et vit avec ses parents, rentiers, 45, rue Vieille du Temple, dans le quartier juif du Marais.
Hirsh, qui n’a plus ses parents quand il épouse Perle (ils sont déjà morts en 1904, au moment du mariage de sa jeune sœur Cirla/Céline), et qui est veuf de Chaïa Léa Maller (née à Varsovie le 19 décembre 1869) depuis le 16 mars 1908, réside alors 25 rue des Rosiers, non loin de chez Perle. En février 1896, Hirsh s’était marié dans cette même mairie, mais il résidait 42 rue du Commerce, dans le XVe arrondissement. En 1908, quand sa première femme est morte à leur domicile, il vivait 100 rue du Théâtre (adresse, on l’a vu, de Hermann Wagner, tailleur, témoin du mariage de Cirla et de la naissance de son fils Maurice en 1908). La mère de Maurice s’appelle Perle Safir. Sur les actes de naissance de ses enfants et son acte de mariage, elle est « décoratrice en tapisserie » en 1908, puis « ménagère » en 1910. En 1913, elle est journalière à 1 franc de l’heure. Elle est née à Bucarest en Roumanie le 9 avril 1883. Ses parents sont Chayé Safir et Sarah Fourmon. Ils vivent à Paris, 45 rue Vieille du Temple, dans le Marais, et se déclarent rentiers lors du mariage de leur fille. Perle se fait appeler Berthe, et c’est ce prénom qui figure en premier sur sa tombe collective au cimetière de Bagneux, à côté de sa photo. Son corps a été « rapatrié » du département de la Gironde et elle est inhumée le 24 mars 1967. On note qu’une Berthe Zucker, née Safir à Bucarest, est témoin de la naissance de Maurice Tark, le fils de Cirla.
Photo de Perle Safir, date inconnue
Propriété de Natacha Thirard
Perle a une sœur, Rose, qui, selon Sylvia Wagner Guez a immigré aux États-Unis d’Amérique au début du XXᵉ siècle. Elle se serait installée en Californie, et serait affiliée à la famille du célèbre réalisateur américain, Robert Altman. La carte de déporté de son fils sera rédigée à son nom.
Nous avons eu la chance de lire la demande et le décret de naturalisation du couple Wagner aux archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine (93). Hirsch fait sa demande de naturalisation en 1913 et associe sa femme à cette demande. Nous avons ainsi appris que Hirsch gagne 7 francs par jour en tant que tailleur et Perle gagne 1 franc par jour en tant que journalière. Le loyer au 159 rue Marcadet, Paris XVIIIᵉ, était de 480 francs par an. La demande est acceptée le 19 août 1914 et garantit la nationalité française aux deux enfants.
Lettre manuscrite de Hirsch Wagner, dossier de demande de naturalisation, 1913
Archives départementales de Pierrefitte-Sur-Seine
Hirsch dit avoir « perdu tout espoir de retourner dans son pays » et « souhaite demeurer en France pour toujours ». Il est indiqué que ses opinions politiques sont nulles et que Hirsch n’a pas fait de service militaire dans son pays d’origine. Son casier judiciaire est vierge.
Nous apprenons que Hirsch a deux sœurs : Cirla (Céline) Tark, née en 1885, journalière (ouvrière), demeurant à Aubervilliers (Maisons-Alfort en 1911), en banlieue parisienne (elle est morte, veuve, en octobre 1959), qui avait deux fils : Isidore (né en 1906) et Maurice (né en 1908). Notons que l’un des témoins du mariage de Cirla, en 1904, est une Théophilie Maller, qui porte le même nom de famille que la première femme de Hirsh. Un Hermann Wagner, 35 ans et tailleur, est aussi témoin de ce mariage. Il demeure 100 rue du Théâtre, l’adresse à laquelle vivra Hirsh avec sa première épouse.
Son autre sœur Rachel Hirschenon, 46 ans, demeure à Varsovie, en Pologne.
Inscriptions sur les listes électorales des fils Wagner, 1931
Archives en ligne Aulnay-Sous-Bois
La photographie en uniforme, à Bar-sur-Aube, indique que, tout juste français, Hirsch a été mobilisé en 1914.
En 1930, Hirsch est inscrit sur les listes électorales d’Aulnay-sous-Bois (93), au 15 avenue Loewel. En 1931, d’après le recensement de population, tous les Wagner sont domiciliés à Aulnay-sous-Bois à cette adresse. En 1938, selon leurs cartes d’électeurs, tous les Wagner sont domiciliés au 4 rue Massenet à Aulnay-sous-Bois.
En 1946, les Hirsqh et Safir Wagner, ainsi qu’Isidore, sa femme et ses enfants résident encore au 135 rue Ordener, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Il est intéressant de noter que, dans le recensement de la population, Maurice y figure encore. Cela suggère une période d’incertitude pour sa famille, qui, en 1946, n’avait toujours pas reçu d’information claire sur son sort et vivait probablement dans l’espoir de son retour.
Recensement de population, 1946 135 rue Ordener, Paris XVIIIe
Archives en ligne de Paris
Le 20 juin 1952, Perle dépose une demande d’attribution du titre de Déporté politique pour son fils Maurice. En 1955, elle fait également une demande de pécule ; celui-ci est calculé en fonction du temps d’internement. Il est d’un montant de 10.800 francs (en anciens francs compte tenu de l’érosion monétaire due à l’inflation, le pouvoir d’achat de 10 800,00 Anciens francs en 1955 est donc le même que celui de 278,25 euros en 2024).
Cette demande mentionne que Perle réside alors au 30 rue du Simplon, dans le XVIIIᵉ arrondissement de Paris. Elle meurt le 22 mars 1967 à Saint-Jacques (Gironde), tout en étant toujours domiciliée au 30 rue Simplon (selon son acte de décès).
D’après sa petite-fille Sylvia Wagner Guez, Perle portait l’étoile jaune pendant la guerre. Nous supposons qu’elle s’est fait recenser comme « Juive » au début de l’Occupation. Sylvia ignore si son grand-père Hirsch et ses fils portaient, eux aussi, l’étoile. Elle affirme également que sa grand-mère a eu beaucoup de difficultés à accepter le mariage de ses deux fils avec des jeunes femmes catholiques. Nous supposons donc que la religion juive a influencé la jeunesse de Maurice.
Isidore (Henri) Wagner, le frère aîné de Maurice
Isidore Wagner est né le 2 juin 1909 à Paris dans une maison de naissance du XVIIIᵉ arrondissement. Ses parents sont alors domiciliés 58 rue Montcalm à Paris XVIIIᵉ. D’après le registre de l’école Damrémont, Isidore y est scolarisé à partir d’octobre 1915. Il est noté qu’il n’a fait que « peu de progrès. » et qu’il « n’est resté que 2 ans. Sortie définitive mars 1917 ». Nous ignorons si la famille a quitté Paris pendant la première Guerre Mondiale.
Jacques et Isidore Wagner avec Christian Wagner, Juillet 1943, Bois d’Ouingt
Propriété de Natacha Thirard
Isidore fait son service militaire en 1929. Il est employé de banque en 1931. Il se marie une première fois à Aulnay-sous-Bois le 1er septembre 1932 avec Jeanne Victorine Criner, née le 26 août 1909 à Viarregio en Italie (décédée à Courbevoie en 2000). Elle est la fille de Gustave Criner, verrier, et de Marie Destruel. Lors de cette union, un contrat de mariage est signé. Maurice est le témoin du mariage. Le mariage religieux a lieu à la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth, le dimanche 4 septembre. Dans l’annonce de L’Univers israélite, Isidore épouse « Jeanne-Rachel ». Ils divorcent plus tard, mais à ce stade de notre enquête, nous n’avons pas pu trouver le jugement du divorce et donc une date.
Isidore se marie une seconde fois, à Lyon, dans le IVᵉ arrondissement, avec Marthe Joséphine Françoise Auprot, née le 1er septembre 1919 à Lyon IIᵉ arrondissement. Le mariage a lieu le 9 mai 1942. La fiancée est domiciliée à Dardilly, et est pupille de la nation depuis le 10 janvier 1920. Marthe est la fille de Marius Auprot, garde-champêtre, et Joséphine Laurence Muguet, sans profession. À la date du mariage, Marthe est institutrice à Lyon (IIᵉ arrondissement). Isidore, lui, est domicilié dans cette ville au 14 rue Jacquart et précédemment au 118 montée de la Grande Côte. Il est assureur, bien que selon les statuts des Juifs, il ne soit pas autorisé à pratiquer cette profession qui peut le mettre en contact avec la clientèle. Cette fois, aucun contrat de mariage n’est signé. Le couple donne naissance à Christian Paul Wagner le 14 septembre 1942 à Cros-de-Cagne dans les Alpes-Maritimes C’est Maurice, son oncle, qui déclare l’enfant à Cagne-sur-Mer. Isidore et Marthe ont ensuite une fille, Sylvia Françoise Wagner, née le 8 octobre 1945 à Boulogne-Billancourt (Haut de Seine). C’est elle que nous avons rencontrée.
En 1946, sur le registre du recensement de la rue Ordener, Isidore est « remisier », c’est-à-dire qu’il travaille en Bourse pour des clients. Après la guerre, Isidore se fera appeler Henri Wagner. Grâce à l’ancienne concierge du 135 rue Ordener, Madame Esturillo, nous avons appris qu’Isidore et Marthe ont eu un troisième enfant, Maurice Gérard Wagner, né le 10 décembre 1947 à Paris XVIIIᵉ arrondissement. Selon l’acte de naissance de son fils, en 1947, Isidore (Henri) est journaliste et sa femme « sans profession ». Cette dernière meurt le 27 février 1990 à Paris XVIIIᵉ. Isidore meurt le 31 mai 2004 à Paris XVI.
SUR LES TRACES DES DESCENDANTS
Les neveux et la nièce de Maurice Wagner (côté Isidore)
Sylvia Wagner se marie le 26 mai 1967 dans le XVIIIᵉ arrondissement avec Gilbert Paul Dufaux, né le 1er août 1939 à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine. Le mariage se termine en un divorce, prononcé le 28 février 1974. Gilbert Dufaux meurt le 21 février 2022 à Bry-sur-Marne dans le Val de Marne. Sylvia se remarie avec Ange Guez le 5 mai 1976. Nous avons pu retrouver sa trace grâce à son deuxième nom d’épouse.
Maurice Wagner fait son service militaire en 1974 et se marie le 7 octobre 1989 avec Françoise Simone Paul Richard à Paris XVIIIᵉ. Ils divorcent le 17 décembre 1991 à Paris. Selon le voisinage actuel, Maurice Wagner était médecin au 20 rue Achille-Martinet à Paris XVIIIᵉ et aurait quitté le quartier dans les années 2000.
Christian Wagner est directeur de journal en 1997.
Jacques Wagner, le frère cadet de Maurice
Jacques Wagner est né le 28 novembre 1915. À sa naissance, sa famille est domiciliée 159 rue Marcadet, Paris XVIIIᵉ. Selon sa petite-fille Natacha Thirard, il est élevé par une nourrice et non par ses parents. D’après la notice militaire de Jacques, obtenue auprès des archives départementales des Yvelines, nous savons que Jacques a été blessé par balle le 2 novembre 1939, après “s’être porté courageusement en avant de son groupe pour reconnaître la présence d’une patrouille ennemie”. Il a reçu la croix de guerre et l’étoile de bronze “pour cette mission”. D’après Natacha Thirard, Jacques aurait ensuite été blessé en 1940, probablement en s’échappant d’un camp de prisonniers de guerre après la victoire de l’Allemagne. Il aurait eu le ventre arraché par des bombardements. Il s’est marié le 7 mars 1942 dans le XVIIIᵉ avec Jacqueline Marie Graillot, née le 11 août 1916 à Saint-Cloud. Elle est la fille de Louis Graillot, couvreur, 36 ans à la naissance et de Célestine Aimée Leconte, journalière, 35 ans à la naissance. Jacqueline est la fille de la marraine de guerre de Jacques, chez qui il se réfugie après son “évasion” en 1940.
Angèle Bonheure, Fabienne Wagner et Jacqueline Wagner, date inconnue
Propriété de Natacha Thirard
Jacques était employé d’assurances et Jacqueline bobinière. Jacques devient ensuite directeur de la société d’assurances Grasavoye. Ensemble, ils ont une fille unique, Fabienne Elisabeth Marie-Aimée Wagner, née le 16 juillet 1953 à Mulhouse. Fabienne était kinésithérapeute, à Ledeuix, dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle est divorcée en premières noces de Xavier André Marcel Thirard le 1er décembre 1997. Fabienne décède le 8 janvier 2005. Ils ont eu trois enfants :
- Natacha, Jacqueline, Denyse Thirard, née le 4 février 1979, à La Celle-Saint-Cloud, dans les Yvelines. Elle était infirmière dans un service d’oncologie et de soins palliatifs, et elle est mère de deux enfants.
- David, Jacques, Roger Thirard, né le 28 avril 1980 au Chesnay, dans les Yvelines.
- Christophe, Pierre, Philippe Thirard, né le 1er novembre 1981 à Oloron-Sainte-Marie, Pyrénées-Atlantiques.
Jacques et Jacqueline Wagner s’installent à Ledeuix, juste à côté d’Oloron-Sainte-Marie, le 14 septembre 1984. Jacqueline meurt le 21 mars 1997 dans les Pyrénées-Atlantiques, à Oloron-Sainte-Marie et Jacques, le 15 septembre 1998 à Paris IIᵉ. C’est Natacha, sa petite-fille alors étudiante à Paris, qui constate le décès. Grâce à nos recherches sur Internet, nous avons pu la retrouver et la contacter. Natacha a accepté de nous rencontrer, avec son frère David, au sein de notre collège.
REMERCIEMENTS
Nous tenons à exprimer nos sincères remerciements à Natacha Thirard et David Thirard, qui ont fait le déplacement depuis les Pyrénées-Atlantiques jusqu’à notre collège en Seine-Saint-Denis pour partager un moment privilégié avec les élèves et échanger autour de l’histoire de leur famille. Leur bienveillance, leur disponibilité et la richesse de leurs témoignages nous ont permis de recueillir de nombreuses photographies ainsi que des informations précieuses.
Nous remercions également très chaleureusement Sylvia Wagner, avec qui nous avons pu échanger longuement et avec beaucoup de convivialité. Elle a fait preuve, elle aussi, d’une grande bienveillance et nous a transmis des informations passionnantes et particulièrement enrichissantes.
Cette biographie a été réalisée par les élèves de troisième, volontaires du club « Convoi 77 » au collège Pierre de Geyter (93) : Jihane, Marwa, Soumina, Nour et Hugo, encadré.e.s par leurs professeur.e.s, Madame Justine BONFILS (anglais), Monsieur Arthur PRIEUR (français) et Monsieur Romain THOMAS (histoire-géographie). Les professeur.e.s saluent et remercient l’investissement sans faille de leurs élèves dans ce projet.
ADRESSES CONNUES DES WAGNER
- 42 rue du Commerce Paris XV (1896 Hirsch Leib Wagner)
- 100 rue du Théâtre (1908 Hirsch et sa première femme, ainsi que Hermann Wagner)
- 25 rue des Rosiers, Paris IVᵉ (1908 Hirsch Leib Wagner)
- 45 rue Vieille du temple, Paris IIIᵉ /IVᵉ (1908 famille Safir)
- 58 rue Montcalm, Paris XVIIIᵉ (1909 naissance d’Isidore)
- 12 rue de la Fontaine du But, Paris XVIIIᵉ (1910 naissance de Maurice, jusqu’en 1913 maximum ; 1904 Cirla Wagner et son mari Léon Tark)
- 159 rue Marcadet, Paris XVIIIᵉ (en 1913 lors de la demande de naturalisation et en 1915 naissance de Jacques, probablement jusqu’en 1917 avant que les garçons changent d’école primaire)
- 15 avenue Loewel, Aulnay-sous-Bois (Au moins à partir de 1930 (cf. Hirsch inscrit sur les listes électorales) et la famille complète y est recensée en 1931)
- 4 rue Massenet, Aulnay-sous-Bois (en 1938 liste électorale des fils Wagner)
- 14 rue Jacquard à Lyon, et précédemment au 118 montée de la Grande Côte, Lyon (Isidore,
1942)
- 15 rue Véron, Paris XVIIIᵉ (adresse déclarée par Maurice en 1944 lors de son arrestation)
- 135 rue Ordener, Paris XVIIIᵉ (depuis 1942 (1939 ?), famille complète recensée en 1946, et après, au moins jusqu’en 1955 pour Perle, puis habité par Isidore jusqu’à la fin des années 1990)
- 30 rue des Acacias, Paris XVIIᵉ (hébergement possible de Maurice par madame S. Bonheur/Angèle Bonheure, déjà en 1944 jusqu’au moins en 1946)
- 30 rue Simplon, Paris XVIIIᵉ (à partir de 1955 pour Perle jusqu’à sa mort en 1967)
- 20 rue Achille-Martinet, Paris XVIIIᵉ (cabinet de médecin de Maurice Wagner, années 1990 jusqu’à 2010 environ)
Notons que l’on trouve aussi au 15 rue Hermel des Safir (notamment Alexis / Aliais, mécanicien, en 1923 et 1927, ou Léon, né le 28 avril 1916, inscrit sur les listes électorales en 1938)
Il semblerait que les Wagner / Safir aient vécu très près de leurs familles, que ce soit dans le 4e, le 15e ou dans le 18e, et sans doute ont-ils partagé des appartements, se les sont-ils repassés entre frères et sœurs et / ou cousins… Cela indique une solidarité familiale forte).
CHRONOLOGIE DE LA FAMILLE WAGNER
- Naissance de Hirsch Leib Wagner, 18 août 1869
- Naissance de Perle Safir, 12 avril 1883
- Arrivée de Hirsch Leib en France, 1891
- Premier mariage de Hirsch avec Chaïa Léa Maller, 25 février 1896, Paris IV
- Décès de Chaïa, 16 mars 1908 (enterrement, 17 mars 1908)
- Mariage de Hirsch et Perle le 8 décembre 1908, Paris IV
- Naissance de Isidore, 2 juin 1909, son oncle Léon Tark est témoin.
- Naissance de Maurice, 27 octobre 1910
- Séjour en nourrice de Maurice et Isidore, 1911.
- Demande de naturalisation de Hirsch, 4 septembre 1913
- Décret de naturalisation de Hirsch et Perle, 19 août 1914
- Mobilisation de Hirsch guerre
- Naissance de Jacques, 28 novembre 1915
- Les fils Wagner fréquentent l’école primaire Damrémont, jusqu’en mars 1917
- Service militaire d’Isidore (6e bureau de recrutement de la Seine), 1929
- Conseil de révision de Maurice (6e bureau de recrutement de la Seine), 1930
- Hirsch est inscrit sur les listes électorales d’Aulnay-sous-Bois, 1930
- Recensement de tous les Wagner à Aulnay-sous-Bois, 1931
- Premier mariage d’Isidore avec Jeanne, à Aulnay-sous-Bois, 1er septembre 1932
- Divorce d’Isidore avec Jeanne, entre 1932 et 1942
- Maurice est appelé pour le service militaire mais immédiatement réformé, 1934
- Les hommes Wagner sont tous sur les listes électorales d’Aulnay-sous-Bois, 1938
- Déménagement de la famille Wagner au 135 rue Ordener, 1939
- Déclaration de guerre, 3 septembre 1939
- Maurice insiste pour être intégré dans l’armée, bureau de Charenton (94), 18 octobre 1939
- Isidore est mobilisé
- Maurice démobilisé du canton de Grenoble et se retire à Sauvagnat-Sainte-Marthe (Puy de Dôme), 28 juillet 1940
- Isidore est sur une liste des prisonniers de guerre 1940
- Mariage de Jacques avec Jacqueline à Paris XVIIIᵉ, 7 mars 1942
- Second mariage d’Isidore avec Marthe à Lyon, 9 mai 1942
- Naissance de Christian, fils d’Isidore à Cagnes-sur-Mer, 14 septembre 1942
- Isidore et Maurice sont domiciliés à Cagnes-sur-Mer, 14 septembre 1942
- Isidore et Jacques prennent une photo au Bois d’Oingt (dans le Beaujolais, près de Lyon), avec Christian (?), juin 1943
- Maurice obtient une « vraie-fausse » carte d’identité à Mornay-sur-Allier, 14 juin 1943
- Maurice revient à Paris (cf. lettre de Perle), août 1943
- Arrestation de Maurice à Paris, rue Saint-Denis, 23 juillet 1944
- Transfert de Maurice au Dépôt de la préfecture de police de Paris, le 25 juillet 1944
- Internement de Maurice à Drancy, 25 juillet 1944
- Déportation de Maurice, 31 juillet 1944
- Mort de Maurice à Auschwitz-Birkenau, le 5 août 1944
- Demande de renseignements sur Maurice par Perle, 15 mai 1945
- Naissance de Sylvia, fille d’Isidore, à Boulogne-Billancourt le 8 octobre 1945
- Lettre de Perle demandant des renseignements sur son fils, 1946
- Décès de Hirsch, 15 octobre 1947
- Naissance de Maurice Gérard Wagner, Paris XVIIIᵉ, 10 décembre 1947
- Demande de reconnaissance de déportation politique par Perle, 20 juin 1952
- Naissance de Fabienne, fille de Jacques, à Mulhouse, le 16 juillet 1953
- Demande de pécule par Perle, 1955
- Décès de Perle, 22 mars 1967
- Mariage de Sylvia, fille d’Isidore, 26 mai 1967
- Divorce de Sylvia et Gilbert, 28 février 1974Mariage de Sylvia et Ange Guez, 5 mai 1976
- Naissance de Natacha, petite-fille de Jacques, 4 février 1979
- Naissance de David, petit-fils de Jacques, 28 avril 1980
- Naissance de Christophe, petit-fils de Jacques, 1er novembre 1981
- Achat du terrain à Oloron-Sainte-Marie par Jacques et Jacqueline, 14 septembre 1984
- Mariage de Maurice Gérard Wagner avec Françoise Richard, 1987
- Divorce de Maurice Gérard Wagner et Françoise Richard, 1991
- Décès de Marthe, 27 février 1990
- Décès de Jacqueline, 21 mars 1997
- Divorce de Fabienne et Xavier André Marcel Thirard, 1er décembre 1997
- Décès de Jacques, 15 septembre 1998
- Décès d’Isidore, 31 mai 2004
- Décès de Fabienne, 8 janvier 2005
- Décès d’Ange Guez, 22 décembre 2016
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