Chaja BRODER (1897-1993)

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Chaja BRODER, née JUDKIEWICZ

Chaja Malka Judkowicz, est née à Pizedborg, en Pologne le 14 avril 1897. C’est la fille de Chaïm Judkowicz et d’Estehr Rozbzial.

Salomon Broder, futur mari de Chaja, est né à Zarki en Pologne le 26 août 1879. Celui-ci obtient la nationalité française en vertu du décret du 4 décembre 1926[1].

De leur union sont nés quatre enfants : Joseph (1906-1942), Marc (1908-1990), Isabelle (1913-1994) et Thérèse (1921-2013).

Anna Gutman décède en 1921 après la naissance de Thérèse.

Ses enfants ont vécu par la suite avec Chaja et Salomon à Paris.

Chaja a trois enfants avec Salomon : Henri[2], né le 18 janvier 1923, Esther, née le 15 février 1925, et enfin René, dit Néné, qui est né le 24 août 1926 à Paris dans le 12ème arrondissement.

Tous sont de nationalité française, car leur père est français.

En 1926, toute la famille réside 5, rue des Blancs Manteaux à Paris.

Chaja et Salomon se marient à Paris dans le 4ème arrondissement, le 27 octobre 1927.


Attestation de mariage de Chaja et Salomon

Salomon Broder décède en 1941.

En 1933, Isabelle Broder épouse Adrien Pouvil.

Photographie du mariage d’Isabelle Broder et Adrien Pouvil en 1933 à Paris.

Au premier rang se trouvent les enfants et cousins des Broder : Hélène, René, Thérèse et Esther.
Au second rang se trouvent en partant de la gauche : Salomon Broder, Chaja Broder à ses côtés, Isabelle Broder et son époux Adrien Pouvil.
Au troisième rang à droite se trouve Joseph Broder, décédé en 1942.

En juillet 1944 Chaja vit avec son jeune fils René au 4 rue Wifried Laurier à Paris dans le 14ème arrondissement.

Chaja et son fils René sont arrêtés le 25 juillet 1944 dans la rue Henri Monnier avec d’autres personnes.

Rue Henri Monnier à Paris

 

Ils sont emmenés au poste de police, rue de la banque à Paris dans le 2ème arrondissement. Ils sont ensuite embarqués au dépôt pour le lendemain être conduit au camp de Drancy[3]. Ils restent du 26 juillet au 31 juillet 1944 dans le camp d’internement de Drancy. Ils sont déportés par le convoi 77[4] le 31 juillet 1944 pour Auschwitz.[5]

 

Chaja est déportée pour motif de déportée raciale comme on peut le voir sur ce document.

Elle est donc internée à Drancy le 26 juillet 1944, et déportée à Auschwitz le 31 juillet 1944.

A leur arrivée Chaja est séparée de son fils René, pour toujours… Son fils âgé de 18 ans est gazé à son arrivée à Auschwitz-Birkenau.

Chaja Broder survit, comme l’atteste ce témoignage de Chaja et d’une amie déportée et survivante du Convoi 77.

              

Témoignage de Chaja Broder et de Renée Laval[6]                         Parcours de Chaja Broder

On y apprend que Chaja a été transférée dans d’autres camps de concentration.

Elle reste à Auschwitz de juillet 1944 à octobre 1944. Elle est ensuite déportée à Bergen-Belsen[7] de novembre 1944 à janvier 1945. On la retrouve en Saxe dans la prison de Hagen entre février 1945 et avril 1945 avant qu’elle rejoigne le camp de Theresienstadt[8] en Tchécoslovaquie en mai 1945. Elle est libérée par les russes le 5 mai 1945 et rapatriée de Pilsen[9] à Lyon le 4 juin 1945.

Ce témoignage a été confirmé par Me Renée Laval qui est une déportée du Convoi 77.

Nous avons pu trouver des renseignements sur « la compagne de route » de Chaja Broder[10]. Il s’agit de Renée Braschevizky, née le 24 juillet 1921 à Paris dans le 12ème arrondissement. Celle-ci épouse Maurice Laval le 23 mai 1942 à Paris dans le 14ème arrondissement.

Le couple n’a pas d’enfant et vit au 103 avenue Verdier à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine).

Elle est arrêtée pour fait de résistance et internée au camp de Drancy. Elle fait partie du convoi 77 et survivra à l’enfer d’Auschwitz. Elle est envoyée dans d’autres camps avec Chaja Broder.

                           

Renée et Maurice Laval

Les deux femmes se connaissaient avant leur déportation car le frère de Renée Laval, Léon Braschevyzki, militant trotskyste[11] était locataire au 4 rue Wifried Laurier à Paris dans le 14ème arrondissement dans l’immeuble de Chaja Broder.

 

Léon Braschevyzki, frère de Renée Broder

Léon sera également arrêté et déporté le 31 juillet 1944 par le convoi 77. Il a survécu.[12]

A son retour de déportation Chaja fait des démarches[13] pour déclarer le décès de son fils mort en déportation au camp d’Auschwitz. Celui-ci n’avait que 17 ans. Il est déclaré décédé le 31 juillet 1944.[14]


                             

Déclaration du décès de René Broder par le président du tribunal de Grande Instance de la Seine

Chaja Broder obtient la nationalité française le 27 mai 1947 en vertu de l’article 2 de l’ordonnance 6 janvier 1945.

Chaja Broder mènera aussi des démarches pour obtenir le statut de victime de guerre[15]. Sans ressource elle a besoin d’une pension. Elle est confrontée à de réelles difficultés car elle ne peut obtenir un certificat de naissance, comme l’atteste ce document fourni par convoi 77.

                       

Elle est reconnue comme déportée politique en octobre 1954, ce qui lui permet d’obtenir une indemnité en 1955.

Son nom est inscrit sur le mur des Noms au Mémorial de la Shoah.

Elle décède en 1993.


[1] Document fourni par l’association Convoi 77.
[2] Henri Broder rentre dans la Résistance en janvier 1943 avec l’Organisation Juive de Combat (OJC).
En janvier 1944, il rejoint le maquis de Biques, près d’Alban (Tarn) créé en octobre 1943. Le 6 juin, le maquis rejoint le corps franc de la Montagne Noire où Henri Broder est affecté au 4e escadron, celui de l’Organisation Juive de Combat (OJC), avec le grade de maréchal des logis-chef.
Il participe à tous les combats du corps franc, sous le commandement du chef d’escadron Henri Montpezat.
Il est démobilisé le 31 août 1944.
Il obtient la Légion d’honneur, la croix de guerre avec étoile de bronze, et la médaille de Combattant volontaire de la Résistance.

[3] Camp de Drancy : Drancy sert de camp d’internement et de regroupement des Juifs de France avant d’être envoyés dans les camps de concentrations et les centres de mise à mort. Près de 63000 d’entre eux seront déportés depuis Drancy.
[4] Convoi 77 est le dernier grand convoi (1309 déportés) ayant quitté Drancy pour Auschwitz le 31 juillet 1944.

[5] Auschwitz-Birkenau, est un grand camp de concentration et de centre de mise à mort en Pologne. Plus de 1,1 million de Juifs, seront assassinés à Auschwitz-Birkenau.
[6] Document fourni par Convoi 77, attestant le parcours de Chaja Broder de son internement à Drancy à son retour en France.
[7] En avril 1945, c’est dans ce camp que sont acheminés de nombreux convois de déportés d’Auschwitz, de Buchenwald, de Dora, de Dachau.
[8] Le camp de concentration de Theresienstadt est situé à une soixantaine de kilo­mètres au nord de Prague. Dans les dernières semaines de la guerre, des milliers de détenus provenant d’autres camps de concentration seront transférés à Theresienstadt, mais très peu d’entre eux (un peu moins d’un sur six) survivront.

[9] Pilsen est la capitale de la Bohème, région située dans l’est de la République tchèque.
[10]Informations trouvées sur le site: https://maitron.fr/spip.php?article211100. Nous avons contacté l’auteur de ces recherches mais celui-ci n’avait pas de renseignement concernant Chaja Broder.
[11] Le trotskisme est une philosophie politique de type marxiste se réclamant de Léon Trotski, de ses écrits, de son action et de ses idées. Après 1924, l’idéologie trotskiste se distingue surtout par son opposition à la vision stalinienne du communisme, en contestant le règne de la bureaucratie et en prônant la démocratie et la liberté de débat au sein du Parti communiste.

[12] Une biographie est en cours, ainsi que la biographie de sa sœur.
[13] On voit bien sur le document 1 que la demande a été faite par Chaja Broder, mère de René Broder.
[14] À partir de 1945, lorsqu’il s’est avéré que de nombreux déportés avaient « disparu », les familles ont été amenées à faire établir des certificats de disparition, qui ont été suivis, ensuite, de jugements déclaratifs de décès tenant lieu d’actes de décès.
Pour l’établissement de ces documents, arbitrairement, il fut décidé que le lieu de décès serait celui du camp d’internement où les futurs déportés avaient été détenus (Drancy, Pithiviers… ), et la date indiquée fut celle du départ du convoi.
[15] Ces démarches permettaient aux mères de famille restées seules, et sans ressources d’obtenir une indemnité.

Contributeur(s)

Biographie réalisée par les élèves de terminale du Lycée Galilée à Comps-la-Ville, sous la direction de leur professeure d'Histoire, Madame Surget.
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