Joseph FRESCHEL

1886 –1944 | Naissance: | Arrestation: | Résidence: , , ,

Joseph FRESCHEL

 
Né le 1er novembre 1886 à Ustrzyki Dolne, fils de Moshe FRESCHEL, commerçant en textiles et colporteur. Son père s’installe à Zurich vers 1900, au 61 Zeughaustrasse.
Pendant la Première Guerre mondiale, Joseph, très jeune, est mobilisé dans l’armée Austro-Hongroise. Il déserte et rejoint la Suisse.
Il se marie avec Chanja (Clara) à Zurich le 14 mars 1918.
 

             

Joseph FRESCHEL comme soldat    

                                                            

Joseph et Chanja FRESCHEL

 
Leur fille Ruth naît le 29 janvier 1919.
Ils s’installent à Strasbourg fin 1922. Joseph est commerçant puis voyageur de commerce, ils y vivent successivement rue du Polygone, puis 15 place Saint-Étienne, et au 16 boulevard de la Victoire (de 1932 à 39).
En 1939, Strasbourg est évacuée. La famille réside à Tournon St Martin (Indre). Joseph, quoique déjà âgé s’engage dans la Légion des volontaires polonais. Il espère que cela évitera à sa femme et à sa fille d’êtres internés en tant qu’étrangers.
Après le camp de Coëtquidan, il sert pendant huit mois dans les 1ères et 3èmes divisions, il se retrouve au milieu de la débâcle de Dunkerque. Il est démobilisé à Châteauroux le 20 juillet 1940, un certificat indique qu’il a servi sous les drapeaux « avec honneur et fidélité » comme simple soldat. Ce certificat précise son signalement physique (taille 1,70 ; poids 77 kilos, visage ovale, yeux gris-bleu, cheveux grisonnants, sourcils châtains, bonne dentition…).
Il part avec sa femme et sa fille à Marseille, rue de Savoie, pour y travailler avec son frère Abraham. Son frère est installé depuis dix ans à Marseille comme commerçant, antiquaire et décorateur. Abraham loge rue de Madagascar et à un entrepôt cours Pierre-Puget.
Après l’arrestation de sa fille Ruth, Joseph est interné aux Milles en août 1942, de là ils sont envoyés trois semaines au camp de Rivesaltes.
Son engagement militaire en 39-40 lui facilite la sortie de Rivesaltes avec sa famille.
Le 23 décembre 1943, c’est son frère, Abraham qui est arrêté, il est envoyé à Drancy puis à Auschwitz le 7 mars 1944 par le convoi 69 où il échappe à la sélection et travaille comme infirmier. Abraham meurt le 5 avril 1945 à Nordhausen (du typhus ou abattu par un nazi ?).
Le 30 juin 44, la fille de Joseph, Ruth est arrêtée sur la dénonciation d’un jeune homme de bonne famille du quartier Saint-Giniez. Son arrestation entraîne aussi celle de l’épouse de Joseph, Chanja, à leur domicile de la rue de Savoie. Apprenant leur arrestation Joseph se présente librement aux Baumettes, où il se retrouve également incarcéré.
Du 16 au 31 juillet, ils sont à Drancy.
Son épouse, Chanja, a été gazée dès l’arrivée le 10 août 1944. Seule, leur fille Ruth aura survécu. Ruth a longtemps espéré le retour de ses parents. De retour à Marseille, elle a reçu une lettre postée de Nice, datée du 26 décembre. Un certain KONNOVSKY, de retour de déportation et qui réside à l’hôtel British, indique que Joseph avait été déclaré valide pour le travail à son arrivée en gare de Birkenau. Au début de septembre 1944, les SS procédaient à la désignation de commandos mais Joseph souffrant d’un œdème aux jambes aurait été envoyé à l’infirmerie.
« Il y est resté une quinzaine de jours, je le voyais content, lui portant quelques cigarettes et il était assez bien soigné. Puis un jour, venu pour le voir, je ne l’ai pas trouvé, avec d’autres malades, il avait été choisi pour un soi-disant camp de convalescence. Je n’ai plus eu de ses nouvelles. 
Je sais qu’il se trouve encore en Russie et en Allemagne même, une quantité de déportés, soit malades, soit apatrides, aussi je vous conseille d’espérer encore et souhaite avec vous son retour prochain »
 
Nicolas Rouzet, LP Don Bosco

Contributeur(s)

1° du lycée professionnel Don Bosco à Marseille, Lettres Histoire, sous la direction de l'enseignant Nicolas Rouzet
hébergement Umazuma - OVH

Se connecter

Oubli de mot de passe ?