Louise OCHSÉ
Je m’appelle Léa Coucke, je suis professeure d’éducation musicale au collège Jean de la Varende de Mont Saint Aignan en Normandie et depuis plusieurs années, j’enseigne à mes classes de troisième le rôle de la musique pendant les deux guerres mondiales.
En avril 2024, je suis allée en Pologne avec Raphaël Gottfarstein et Sophie Nahum. Cela a été le voyage ESSENTIEL de ma vie.
Il m’est apparu évident que le reste de ma carrière serait consacré en partie à la transmission de la mémoire de la Shoah à mes élèves.
Le projet convoi 77 correspond à mon engagement pédagogique car l’intitulé « enseigner la Shoah autrement » a eu une résonance toute particulière pour la professeure de musique que je suis.
Comment transmettre à mes élèves cette mémoire autrement que par un cours d’histoire ? Comment redonner un visage, un parcours de vie, un destin autrement que par des témoignages écrits ou filmés ?
C’est ce que j’ai essayé de réaliser avec mes élèves en racontant les biographies de Fernand et Louise Ochsé sous forme de podcasts ponctués des musiques qu’ils ont aimé, écouté, chanté ou encore composé (Fernand étant compositeur).
J’arrive au terme de ce premier projet de biographie, mais je travaille déjà sur la prochaine qui sera consacrée à la grand tante d’un ami : Thérèse Cahen.
Je remercie l’association convoi 77 et particulièrement Claire Podetti pour leur soutien. Je remercie Agnès Klingenberg grâce à laquelle j’ai eu accès à certaines partitions composées par Fernand Ochsé. Le travail réalisé avec mes élèves a été une magnifique expérience humaniste mais je suis surtout fière d’avoir été à ma manière et avec toute la sincérité possible une « passeuse de mémoire ».
ÉPISODE 1 : PRÉLUDE
Écouter l’épisode 1 du podcast
MUSIQUE : LE CHANT DES MARAIS
Bonjour, bienvenu sur Radio Campus.
Vous venez d’entendre le chant des marais de Rudy GOGUEL composé en 1933 dans le camp de concentration nazi de Börgemoor, en Allemagne.
Hélios AZOULAY au piano et Marielle RUBENS au chant interprètent la version d’Aleksander KULISIEWICZ surnommé « le chanteur de l’enfer », rescapé du camp de concentration de Sachsenhausen, il consacre sa vie à la retranscription de chants et mélodies entendus pendant sa détention.
Cette version du Chant des marais, initialement composé en langue allemande, est interprétée en allemand, polonais, tchèque, français, italien et anglais. Ce chant est aussi connu aujourd’hui sous le nom de « Chant des déportés ».
Nous sommes élèves de deux classes de troisième, Alec, Amina, Nathan et Lily au collège Jean-de-la-Varende, dans la ville de Mont-Saint-Aignan en Normandie, et nous allons vous présenter le projet convoi 77.
L’association convoi 77, fondée et présidée par Georges MAYER, propose à des collégiens et des lycéens de rédiger la biographie d’un des déportés du convoi 77.
Le 31 juillet 1944, le convoi 77 est le dernier convoi parti de la gare de Bobigny vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en Pologne. Dans les wagons à bestiaux, il y a 1306 déportés parmi lesquels 323 enfants dont 124 sont âgés de moins de dix ans.
À l’arrivée du train, 847 déportés sont assassinés dans les chambres à gaz, 291 hommes et 183 femmes sont sélectionnés pour travailler.
À la libération du camp en janvier 1945, seules 251 personnes auront survécu.
Photo Léa COUCKE
Notre objectif à travers ce projet, est non seulement de garder une trace du parcours tragique de ces déportés, mais aussi de vous raconter l’histoire de Fernand et Louise OCHSÉ.
Le projet convoi 77 permet également d’apprendre l’histoire de la Shoah autrement. Pour nous, cette histoire nous a d’abord été transmise à travers la musique, et plus particulièrement par celles composées et jouées en camps de concentration.
Le 27 janvier 2025, à l’occasion de la commémoration du 80e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, nous avons reçu au collège Hélios AZOULAY et Marielle RUBENS qui sont venus nous expliquer comment certaines musiques composées dans les conditions atroces des camps de concentration ont réussi malgré tout à parvenir jusqu’à nous.
Hélios AZOULAY est un compositeur et clarinettiste, auteur de plusieurs ouvrages dont L’Enfer aussi a son orchestre. Il consacre l’essentiel de son travail depuis une quinzaine d’années à la diffusion d’œuvres musicales composées en camp de concentration, qu’il interprète avec l’ensemble de musique incidentale dont il est également le directeur musical.
Sa compagne Marielle RUBENS chante dans l’ensemble et a participé à l’enregistrement de trois disques intitulés Même à Auschwitz ; Sauvée des cendres et Orchestration in the ashes.
MUSIQUE : BYLA SOBIE RAZ ELZUNIA [1]
Vous venez d’entendre Byla sobie raz elzunia, chanson anonyme interprétée par Marielle RUBENS au chant, Pablo SCHATZMAN au violon et Hélios AZOULAY au piano.
Hélios, lorsqu’il parle de Marielle dit : « Quand elle chante, la musique parle de l’intérieur…on y est. » [2]
Nous avons étudié la seconde guerre mondiale dans notre programme d’histoire, mais nous avons abordé l’histoire de la Shoah par la musique. Notre professeure d’éducation musicale a choisi de nous expliquer la Shoah à travers les histoires individuelles de déportés survivants tels qu’Albert VEISSID, musicien dans l’orchestre des hommes d’Auschwitz, qui a confié son histoire à Sophie NAHUM [3], ou encore celle de Violette JACQUET SILBERSTEIN, racontée par Hélios AZOULAY lorsqu’il intervient dans les établissements scolaires.[4]
Chaque musique écoutée en cours raconte une histoire dans l’Histoire. Chaque note résonne non seulement des souffrances endurées, mais aussi des espoirs de ces individus plongés dans l’horreur dont aujourd’hui il nous faut nous souvenir. Comment expliquer que certains ont échangé un maigre bout de pain contre un morceau de papier pour y laisser quelques notes si ce n’est pour nous conduire jusqu’à eux ?
MUSIQUE : ALLEGRO DU TRIO POUR VIOLON, ALTO ET VIOLONCELLE [5]
Vous venez d’entendre le premier mouvement du trio pour violon, alto et violoncelle de Gidéon KLEIN interprété au violon par Pablo SCHATZMAN, à l’alto par Patrick DUSSARD et au violoncelle par Maja BOGDANOVIC. Ce trio a été composé par Gidéon KLEIN, compositeur tchèque déporté en 1941 au camp ghetto de Theresienstadt puis en 1944 (soit 9 jours après la fin de la composition du morceau) au camp de Fürstengrube, une installation extérieure d’Auschwitz où il travaille à la mine et meurt le 27 janvier 1945 à l’âge de 25 ans, vraisemblablement fusillé par les SS avant l’arrivée des troupes russes.
Pourquoi allons-nous vous raconter l’histoire de Fernand et Louise OCHSÉ ?
Pour quelles raisons ce couple a-t-il suscité une attention toute particulière de la part de notre professeure d’éducation musicale qui nous a inscrits à ce projet ?
Comment nous enseigne-t-elle l’histoire de la Shoah autrement ?
C’est ce que nous vous expliquerons dans les prochains podcasts, mais avant de nous quitter, laissez-nous vous présenter Fernand et Louise.
Fernand et Louise sont tous deux des artistes.
Fernand est compositeur, peintre, décorateur et créateur de costumes pour la scène. Louise est sculptrice.
Fernand est né à Paris en 1879 [6]
Louise est née à Forest, en Belgique, en 1884 [7] Ils se sont mariés à Paris en 1938 [8]
Comment se sont-ils rencontrés ?
D’où viennent-ils ?
Quel est leur parcours de vie ?
Autant de questions auxquelles nous essayerons de répondre dans les prochains podcasts.
Nous nous quittons aujourd’hui sur un morceau intitulé Petit roseau, premier extrait du recueil nommé Odelettes, composé par Fernand en 1902 à Paris et dédicacé à son maître et ami Reynaldo HAHN. [9]
Nous vous donnons rendez-vous pour l’épisode 2 intitulé Le temps de l’innocence qui retracera les jeunes années de Fernand et Louise. Nous vous souhaitons une excellente journée sur Radio Campus.
MUSIQUE : PETIT ROSEAU
Source Wikipédia : portrait de Fernand OCHSÉ réalisé en 1898 par Louise-Catherine BRESLEAU
Source Wikipédia : portrait de Louise OCHSÉ dans son atelier sculptant le buste de Maurice RAVEL
ÉPISODE 2 : LE TEMPS DE L’INNOCENCE
Écouter l’épisode 2 du podcast
MUSIQUE : PRÉLUDE À L’APRÈS-MIDI D’UN FAUNE
Bonjour, bienvenue sur Radio Campus.
Vous venez d’entendre un extrait de Prélude à l’après-midi d’un faune composé entre 1892 et 1894 par Claude DEBUSSY, interprété par l’orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Charles DUTOIT.
Le deuxième épisode de notre série intitulé Le temps de l’innocence est consacré à l’enfance et l’adolescence de Fernand et Louise OCHSÉ. Il vous est présenté par les élèves de deux classes de troisième du collège Jean-de-la-Varende à Mont-Saint-Aignan : Israa, Louna, Elouann et Evan.
Louise Esther MAYER est née le 13 juin 1884 à Forest, en Belgique.
Son père s’appelle Lucien Georges Hyppolyte MAYER, il est né en 1848 à Bruxelles et exerce l’activité de négociant industriel.
Sa mère s’appelle Myriam Esther Eglé ASTRUC, elle est née en 1860 à Paris. Elle est la fille du grand Rabbin de Bruxelles qui deviendra, en 1887, le grand Rabbin de Bayonne : Élie Aristide ASTRUC.
Elle a un grand frère, Marcel David MAYER, né deux ans avant elle en 1882, à Bruxelles. Il deviendra ingénieur des arts et manufactures, épousera Sarah ASTRUC et aura un fils nommé Jean- Pierre.[10]
Élie ASTRUC (grand-père) / Myriam ASTRUC (mère, à gauche sur la photo) / Marcel ASTRUC (frère)
Source : Geneanet.org (généalogie réalisée par Anand DESCOTTE)
Louise est issue d’une riche famille belge juive. Elle est la nièce du créateur du théâtre des Champs Élysées à Paris, Gabriel ASTRUC. Ce théâtre se situe avenue Montaigne dans le très chic huitième arrondissement de Paris et qui est considéré comme l’un des premiers exemples du style art déco en architecture. C’est encore de nos jours une salle de spectacle.
Gabriel ASTRUC (oncle de Louise Mayer Ochsé, premier directeur du théâtre des Champs Élysées)
Façade du théâtre des Champs Élysées (Paris VIIIe) Source : Wikipédia
Fernand Émile Didier OCHSÉ est né le 11 janvier 1879 à Paris, dans le Xe arrondissement, rue des Marais, au domicile de ses parents. Son père, Albert OCHSÉ, est né en 1839 à Neuss, en Allemagne. Il est négociant dans l’ivoire, la nacre, les fleurs, les plumes et ornements de chapeaux. Il est également membre de l’Union française pour le sauvetage de l’enfance entre 1901 et 1908. [11]
Sa mère s’appelle Alice DREYFUSS, elle est née en 1849, à Paris. Fernand est le quatrième enfant d’une fratrie de six.
Marianne, l’aînée est morte à l’âge de trois ans. Il a deux grands frères, Robert et Julien, respectivement âgés de sept ans et cinq ans lorsqu’il naît, puis deux sœurs (Julie-Marie en 1886 et Jacqueline en 1888) viendront compléter la fratrie.
La famille OCHSÉ réside à Paris 29 avenue de Montaigne dans le VIIIe arrondissement.[12]
MUSIQUE : NAMOUNA
Vous venez d’entendre la Sérénade extraite de Namouna composée par Édouard LALO en 1882. Il s’agit d’un ballet en deux actes commandé par l’Opéra de Paris et chorégraphié par Lucien PETIPA, interprété par le Royal Philarmonic Orchestra sous la direction de Yondanj BUTT.
De l’enfance de Louise, on ne sait rien.
On suppose une enfance et une adolescence heureuses au sein d’une famille aisée, sensible à l’art. Fernand quant à lui, grandit au sein d’une fratrie aussi unie que fantasque.
Source Geneastar : fratrie OCHSÉ
(en haut à gauche : Julien, à droite : Robert et en bas : Julie- Marie)
Benoît DUTEURTRE dans son ouvrage la Mort de Fernand Ochsé (Fayard, 2018), écrit à propos de la maison familiale :
« Le terme hôtel pouvait sembler pompeux pour désigner cette solide maison bourgeoise qui se dressait, entre cour et jardin, au 43 rue de Villiers, à la limite de Levallois-Perret. On se trouvait loin, ici, des palais de la plaine Monceau…Mais tel était justement l’un des aspects piquants de cette réception chez les Ochsé qu’on savait juifs, qu’on disait follement originaux, et qui concoctaient leurs réceptions en utilisant la demeure comme un théâtre et la famille tout entière, avec ses domestiques, comme une troupe d’acteurs et de figurants. » [13]
Le poète Henri de RÉGNIER qualifie la maison familiale, qui se situe à Neuilly, en ces termes : « cette étrange maison Ochsé s’apparente à un décor de conte fantastique. »
Lors d’une réception organisée par la famille le 14 février 1908, certains invités décrivent la famille Ochsé comme « pittoresque ».
On imagine donc une enfance et une adolescence pour Fernand haute en couleurs, pleines de lumière et de fantaisie.
MUSIQUE : LE BOEUF SUR LE TOIT
Vous venez d’entendre un extrait du Bœuf sur le toit, composé en 1920 par Darius MILHAUD pour la comédie des Champs Élysées, interprété par l’orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Frank MIKKO.
Louise MAYER étudie la peinture et la sculpture avec l’artiste belge Constantin MEUNIER, maître de l’art réaliste et social, proche du naturalisme dont l’œuvre contribua à décrire le monde ouvrier et l’essor industriel notamment en Belgique. Il enseigne les bases de la sculpture à Louise en lui conseillant de se tenir à distance d’un enseignement académique. [14]
Source : Wikipédia, Constantin MEUNIER vers 1860 par GHÉMAR FRÈRES
Source : Anand DESCOTTE, tête d’enfant 1918 œuvre de Louise
Au début du XXe siècle, Louise s’installe à Paris et expose ses œuvres au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, au Salon de la libre esthétique ainsi qu’à la galerie Boutet de Monvel. Fernand, quant à lui, grandit dans une famille qualifiée de pittoresque qui contribue certainement à développer une âme d’artiste complet, véritable personnage romantique du début du siècle. Il est à la fois peintre, musicien, compositeur, décorateur, et collectionneur d’art…
Sa mère Alice dit de lui : « Mon fils Fernand est le plus grand connaisseur du Second Empire. Il passe sa vie chez les marchands où il dépense beaucoup d’argent. » [15]
Son frère aîné, Robert, joue du violoncelle (parfois tout nu dans le jardin) et son frère cadet Julien écrit des poèmes. Fernand baigne dans un environnement artistique et suit non seulement l’exemple de ses frères, mais aussi des autres membres de la famille.
Le 14 février 1908, à la réception des Ochsé, Mme de Saint Marceaux, femme influente et mécène, décrit la soirée en ces termes, teintés de mépris antisémite : « Une heure bizarre chez les Ochsé. De jolies jeunes femmes, une vieille mère juive costumée et couverte de pierreries, de jolis bibelots dans la maison et une recherche dans les détails. Tous les gens de cette famille jouent la comédie. Pas d’invitation, du mystère, du bluff. Le grand monde enchanté se rend en cette demeure au grand étonnement de ces gens assez vulgaires qu’on examine comme des bêtes curieuses. Sur une scène minuscule, les jolies filles Ochsé font des sortes de tableaux vivants. Sans voix, naïvement, elles chantent et c’est charmant. Un Ochsé a fait des vers, un autre les récite… » [16]
MUSIQUE : L’ÎLE DU RÊVE
Vous venez d’entendre le duo « Restons ensemble » extrait de L’Ile du rêve composé par Reynaldo HAHN et interprété par France DUVAL et Bruno LAPLANTE.
Ce duo est chanté par Fernand et, celle qui est alors sa belle-sœur, Louise à cette fameuse réception du mois de février 1908. [17]
Louise est entrée dans la famille Ochsé le 5 juin 1906 à l’occasion de son mariage avec le frère cadet de Fernand : Julien.
Dans l’épisode 3 intitulé « la vie parisienne » en hommage à Jacques OFFENBACH, nous vous raconterons les années de consécration artistique et de l’insouciance.
Merci de nous avoir suivis, nous vous quittons aujourd’hui sur un extrait des Nocturnes de Claude DEBUSSY composés entre 1897 et 1899 intitulé « Nuages » et interprété par l’orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Frank MIKKO.
Nous vous souhaitons une belle journée sur Radio Campus.
MUSIQUE : « NUAGES »
ÉPISODE 3 : LA VIE PARISIENNE
Écouter l’épisode 3 du podcast
MUSIQUE : OUVERTURE DE LA VIE PARISIENNE
Bonjour et bienvenue sur Radio Campus, vous venez d’entendre un extrait de l’ouverture de la Vie parisienne, une opérette de Jacques Offenbach, composée en 1866 et interprétée par l’orchestre de Radio France sous la direction de Frank Mikko.
Nous sommes heureux de vous retrouver pour l’épisode 3 de notre série consacrée à Fernand et Louise Ochsé. Nous sommes élèves de troisième du collège Jean-de-la-Varende (Amina, Emma, Yanis et Rilès) et aujourd’hui nous allons vous présenter l’émission consacrée aux années heureuses de Fernand et Louise : les années de consécration artistique et d’insouciance dans un cercle social fantaisiste et décomplexé parisien.
Jusqu’à la première guerre mondiale, la vie semble légère. Louise a épousé Julien Ochsé en 1906 et commence à exposer dans les salons parisiens. En 1912, lors de son exposition à la galerie Boutet de Monvel, Guillaume Apollinaire, poète et écrivain, fait l’éloge de son œuvre. On y voit entre autres le buste de Maurice Ravel, qui est actuellement exposé au musée Maurice Ravel à Montfort-l’Amaury.
Apollinaire commente l’œuvre de Louise dans l’un des cahiers de l’Association des études françaises intitulé « Apollinaire critique d’art : la sculpture en question » en ces termes :
« À une époque où l’on commence à discuter que l’interprétation du corps humain ne soit le but artistique le plus élevé, comme si l’art du nu n’avait pas été jusqu’ici l’art suprême, il est réconfortant de voir que les sculpteurs au moins soient sensibles à la beauté. »
Louise fréquente assidument un milieu d’artistes, de musiciens et d’écrivains.
Fernand, dès le début des années 1900, suit à la fois les traces de ses frères Robert et Julien et celles d’un certain Reynaldo Hahn, de cinq ans son aîné. Reynaldo Hahn inspire le jeune Fernand.
En 1906, Reynaldo Hahn compose une mélodie sur un poème de Jean Moréas intitulé : « Quand reviendra l’automne avec ses feuilles mortes ». Cette mélodie est dédiée à Fernand.
MUSIQUE : QUAND REVIENDRA L’AUTOMNE AVEC SES FEUILLES MORTES
Vous venez d’entendre la mélodie composée par Reynaldo Hahn et dédiée à Fernand. Elle est interprétée par Tassis Christonyannis et Jeff Cohen.
En 1907, c’est au tour de Fernand de composer des mélodies sur des poèmes de Henri de Régnier dans un recueil intitulé Odelettes. Ce recueil est aujourd’hui consultable à la bibliothèque nationale de France à Paris.
Notre professeure d’éducation musicale a eu le privilège de lire ces partitions et peut en partager l’une d’entre elles avec nous.
MUSIQUE : CHANTE SI DOUCEMENT
Vous venez d’entendre un extrait du recueil Odelettes intitulé « Chante si doucement », composé par Fernand Ochsé en 1907.
Dans le livre de Benoît Duteurtre, Fernand est décrit comme : « un jeune homme fortuné, curieux de tout, vivant pour l’art et la fantaisie, il incarne, dans les premières années du XXe, cet esprit que la première guerre mondiale n’affaiblira que provisoirement. »
Louise, de son côté, doit faire face à la toxicomanie de son mari Julien, qui s’adonne de plus en plus souvent à l’opium, qu’il fume.
Parallèlement, elle rencontre Henri de Régnier, le poète dont Fernand a mis certains textes en musique. Elle commence à travailler sur la réalisation de son buste qui se trouve aujourd’hui au musée national d’Art moderne de Paris.
On la voit également en couverture du magazine La Vie Heureuse du 15 mai 1912 dessinée par son beau-frère (mari de Jacqueline Ochsé, dernière enfant de la fratrie) Adrien Désiré Etienne – de son nom d’artiste Drian. Elle y est représentée en sultane entourée de deux bustes qu’elle a réalisés : celui de Drian et celui de Ramon Fernandez, écrivain et critique qui écrit dans la Nouvelle Revue française.
En 1918, elle réalise un masque mortuaire de Claude Debussy connu en plusieurs exemplaires dans un matériau différent. Ainsi, on peut voir aujourd’hui un masque en terre cuite au musée des Beaux Arts de Grenoble, un masque en grès au musée d’Aquitaine de Bordeaux, un tirage en plâtre dans une collection particulière et enfin un bronze, fonte unique de cire perdue à la galerie Terrades, près du jardin des Tuileries à Paris.
Au moment de la déclaration de guerre, en août 1914, âgé de 35 ans, Fernand est réformé pour bronchite chronique, une pathologie pour laquelle il n’avait pas fait son service militaire. À la même époque, il fait l’acquisition d’un appartement proche du Panthéon décrit par le chef d’orchestre Manuel Rosenthal en ces termes : « Il vivait dans un immense appartement, superbe, derrière le Panthéon. Un appartement plein d’automates… chacun de ces automates valait une fortune. »
Il commence également à fréquenter un certain Arthur Honegger, qu’il prend sous sa protection. Vraisemblablement, une histoire d’amour lie les deux hommes, mais cela reste une supposition.
À cette époque, Fernand commence à créer des costumes et des décors pour le théâtre Le Vieux Colombier. Arthur Honegger s’y fait remarquer, et c’est ainsi que les deux jeunes hommes interprètent au piano et au chant les Six Poèmes composés par Arthur Honegger d’après l’œuvre de Guillaume Apollinaire, Alcools, parue en 1913.
MUSIQUE : LES CLOCHES
Vous venez d’entendre Les Cloches extraits de Six Poèmes, interprété par Simon Wallfish et Edward Rushton, composé par Arthur Honegger en 1917.
Dès la fin de la première guerre mondiale, Fernand se consacre principalement à l’opérette et participe à la création de costumes et décors. Il retrouve également son grand ami Reynaldo Hahn. Il compose alors l’opérette Choucoune, pour laquelle il n’y aura aucune représentation et dont la partition semble perdue.
Seule une représentation de l’œuvre en version concert a lieu à l’été 1929 et 2 chansons extraites d’un recueil déposé à la Bibliothèque nationale de France en 1997 par la fille de Arthur Honegger subsistent.
MUSIQUE : CHOUCOUNE
Vous venez d’entendre Choucoune, non pas l’œuvre de Fernand, mais une mélodie portant le même titre sur un sujet proche de l’opérette. Le morceau Choucoune est la version instrumentale d’une chanson haïtienne de la fin du XIXe siècle composée par Michel Mauleart Monton sur un poème d’Oswald Durand. Or l’opérette se déroule en Haïti et utilise les rythmes caraïbéens.
Les Années folles correspondent pour Fernand et Louise aux années de consécration artistique. L’un comme l’autre évolue dans un milieu propice aux échanges intellectuels. Ils sont connus et reconnus, fréquentent les artistes en vogue et participent activement à l’essor artistique français. Louise est une sculptrice talentueuse, Fernand compose, crée des costumes et des décors, peint…
En 1936, Julien, le mari de Louise, frère de Fernand meurt, vraisemblablement d’une overdose. Julien, Fernand et Louise vivent sous le même toit depuis au moins 1926, au 5-7 rue de l’Estrapade à Paris dans le Ve arrondissement. À la mort de Julien, Louise reste dans cette demeure et deux ans plus tard, le 12 avril 1938, elle épouse Fernand.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce mariage improbable. La première est que Fernand, étant homosexuel, trouve refuge dans ce mariage blanc tout en protégeant Louise, la veuve de son frère bien-aimé. La seconde vient d’un respect de la tradition juive : le lévirat, qui est une disposition du droit matrimonial biblique en vertu de laquelle un homme dont le frère est mort sans avoir eu de fils doit épouser sa belle-sœur veuve.
Fernand est alors âgé de 59 ans et Louise de 54. Les témoins du mariage sont le célèbre chef d’orchestre Henri Casadesus et la cousine de Louise, Lucienne Astruc.
À la veille de la seconde guerre mondiale, Fernand et Louise ne prennent pas la mesure de la gravité de la situation politique en Allemagne et poursuivent sereinement leurs carrières d’artistes mondains. Fernand est même l’inventeur d’une nouvelle formule de décors. En 1938, ses décors et costumes pour la représentation de Faust suscitent l’admiration.
En 1940, le maréchal Pétain fustigera cette « France frivole qui préférait festoyer et se bercer d’illusions que se préparer aux grandes épreuves. »
MUSIQUE : OUVERTURE DE FAUST
Nous nous quittons aujourd’hui après avoir écouté l’ouverture de Faust composé par Charles Gounod en 1859 et interprété par l’orchestre de Radio France sous la direction de Frank Mikko. Dans l’épisode 4 intitulé « de la clandestinité à l’impossible oubli », nous vous raconterons les dernières années de la vie de Fernand et Louise.
Merci de nous avoir suivi, rendez-vous la semaine prochaine. Nous vous souhaitons une excellente journée sur Radio Campus.
ÉPISODE 4 : DE LA CLANDESTINITÉ À L’IMPOSSIBLE OUBLI
Écouter l’épisode 4 du podcast
MUSIQUE : TERREUR
Bonjour, bienvenue sur Radio Campus.
Vous venez d’entendre le deuxième mouvement de la suite Terezin pour piano intitulé « Terreur », composée par Karel BERMAN en 1944 dans le camp de concentration de Theresienstdat, l’une des rares pièces musicales composée in situ et décrivant l’horreur au plus près de la réalité. Il est interprété au piano par Laurent WAGSHAL.
Nous sommes élèves de troisième du collège Jean-de-la-Varende et aujourd’hui, Éléah, Romane, Ambre et Amel vont vous présenter l’épisode 4 de notre série consacrée à Fernand et Louise OCHSÉ : « De la clandestinité à l’impossible oubli ».
En 1939, lors d’un dîner chez Fernand et Louise, peu de temps avant la déclaration de guerre, les amis du couple sont présents et personne ne semble avoir conscience de la gravité de la situation. En mai 1939, Fernand enregistre une de ses chansons, : C’était hier.
En septembre 1939, alors que l’Allemagne vient d’envahir la Pologne, Maurice CHEVALIER chante : Paris sera toujours Paris.
MUSIQUE : PARIS SERA TOUJOURS PARIS
Peu à peu, la France sombre dans la drôle de guerre et un décalage s’installe entre la zone occupée par les Allemands et le sud encore en zone libre.
La promulgation officielle du « statut des Juifs » marque un tournant et pousse le couple OCHSÉ à fuir dans le Midi dès 1940.
Il semblerait que Fernand et Louise soient passés par Marseille puis Toulon avant de s’installer à Cannes dans un hôtel, ancien palace de la côte d’Azur : Le Splendid Hôtel.
Cannes est devenue une ville refuge pour bon nombre de Juifs.
Fernand et Louise ont peut-être choisi cette destination car Reynaldo HAHN, fidèle ami de Fernand, y a ses habitudes et une reconnaissance artistique.
En 1942, Fernand dessine la couverture du programme de la saison lyrique du Casino de Cannes. En mars 1942, il écrit à son ami Arthur HONEGGER : « Ici rien de changé, je suis de plus en plus spectral en partie à cause de la carence de la nourriture qui va en s’aggravant. J’ai terriblement vieilli d’aspect. Moralement ça va à peu près, je travaille et j’entends pas mal de musique. »[29]
Le 11 novembre 1942, l’armée allemande envahit la zone libre, le refuge cannois devient très
précaire. La traque des Juifs est systématique. Fin 1943, Fernand et Louise quittent le Splendid Hôtel et se réfugient à la clinique Montmorency, 9 route de Fréjus. Il s’agit d’un établissement de santé, et d’une maison de repos. [30]
Le couple vit caché dans cet établissement dans une relative sécurité jusqu’en juillet 1944. Le débarquement allié en juin 1944 amène un certain espoir, la fin de la guerre est proche, l’armée allemande est en déroute.
Mais, le 3 juillet 1944, la police allemande débarque dans la clinique de Montmorency à la recherche d’une famille juive dénoncée : les DELPORTO.[31]
Les OCHSÉ ne sont a priori pas concernés.
Deux témoignages (celui de Marcel DELANNOY dans son livre sur Arthur HONEGGER et celui de Henri CASADESUS rapporté par sa fille Gisèle dans un livre souvenirs) relatent les conditions de leur arrestation.
Dans le premier témoignage, Fernand, comprenant la langue allemande, aurait écouté ce qui se passait dans la chambre voisine, celle des DELPORTO, et aurait paniqué, sortant de sa cachette pour présenter ses papiers.
Dans le second témoignage, c’est Louise qui aurait paniqué et se serait dénoncée pour soutenir son mari venant d’être arrêté. [32]
Selon toute vraisemblance, Fernand et Louise, épuisés par ces longs mois de clandestinité et de privations, auraient perdu la force de se cacher.
Plusieurs témoins indirects citent néanmoins une phrase que Louise aurait prononcé au moment de son arrestation : « Si vous venez pour mon mari, prenez-moi avec lui. »
Le couple aurait été arrêté par hasard, car il n’apparaît sur aucun document administratif. [33]
Fernand et Louise sont arrêtés, enfermés et attendent quelques jours avant d’être transférés vers Paris, car ils doivent auparavant payer leur indemnité d’évacuation !
Ils arrivent à Drancy à la mi-juillet 1944 où ils attendent leur départ dans le dernier convoi, le convoi 77 vers Auschwitz-Birkenau en Pologne occupée, destination qu’ils ne connaissent pas.[34]
Dans le livre de Benoît DUTEURTRE, Daniel URBEJTEL, enfant de l’UGIF, survivant du convoi 77, âgé de seulement treize ans en 1944, décrit le voyage en ces termes : « J’entrevois les Ochsé, alignés avec les autres, puis se hissant difficilement avant de découvrir l’espace sordide et sombre où ils vont s’entasser avec quatre-vingt autres personnes. Au fond, deux citernes, l’une pleine d’eau, l’autre vide. L’unique ouverture est en partie obstruée. On est en juillet. Il fait très chaud et le trajet va durer trois jours. Des bébés pleurent, des personnes âgées se lamentent. Le train fait des haltes interminables. »[35]
MUSIQUE : WIEGALA
Vous venez d’entendre Wiegala, une chanson d’Ilse WEBER, interprétée par Marielle RUBENS. Nous avons choisi symboliquement cette chanson car dans ce convoi 77, 323 enfants dont 124 sont âgés de moins de dix ans sont déportés, envoyés vers une mort certaine dans les chambres à gaz. Ils sont déportés avec leurs familles, ou avec leurs camarades des maisons d’enfants de l’UGIF, que le directeur du camp de Drancy, le nazi Brunner, est allé chercher quelques jours avant.
Wiegala est une berceuse. Ilse WEBER est l’infirmière en chef au quartier des enfants du camp de Theresienstadt. Elle est déportée vers Auschwitz le 6 octobre 1944. Elle entre dans la chambre à gaz en chantant cette berceuse pour apaiser les petits qu’elle protège par sa douce mélodie. [36]
Hélios AZOULAY, dans son livre intitulé L’Enfer aussi a son orchestre écrit à ce sujet : « La berceuse a son heure. Elle est entre celui qui la chante et celui qui s’endort sous le frôlement de son vent léger. » [37]
Nous n’avons aucune certitude quant à la date exacte ou les conditions de la mort de Fernand et Louise.
Sont-ils morts dans le convoi ? Ont-ils subi l’abjecte sélection ?
Ils sont déclarés officiellement morts le 5 août 1944, date fixée par l’État.
La loi stipule, en effet que : « lorsqu’il est établi qu’une personne a fait partie d’un convoi de déportation sans qu’aucune nouvelle n’ait été reçue d’elle postérieurement à la date du départ de ce convoi, son décès est présumé survenu le cinquième jour suivant cette date, au lieu de destination de ce convoi. »[38]
Des frères et sœurs OCHSÉ, il ne reste que Robert, qui mourra à Paris le 29 janvier 1952.
Nous ne savons pas comment les biens du couple ont été « répartis » ? Ont-ils été spoliés ? Que sont devenus l’immense appartement parisien près du Panthéon et les collections d’objets d’art ? Pourquoi l’œuvre de Fernand se réduit-elle aujourd’hui à quelques partitions ? Autant de questions auxquelles nous ne pouvons pas répondre avec certitude… Il ne reste aujourd’hui que la trace du célèbre tableau d’Edgard DEGAS : « Le souper au bal » acheté en 1942 au profit de l’Allemagne pour le musée de Karlsruhe et récupéré par la France en 1950. Il est désormais exposé à Paris au musée d’Orsay.
Nous arrivons à la fin de notre série.
Ce projet, au-delà de l’association convoi 77, permet de mieux connaître deux artistes injustement oubliés.
Nous espérons que l’histoire de Fernand et Louise vous aura autant intéressés que nous et que nous vous aurons sensibilisés au sort des déportés du convoi 77, mais aussi celui de de tous les autres déportés.
Nous nous quittons sur un morceau composé par Arthur HONEGGER en 1946, hommage posthume à Fernand.
Mimaamaquim, le psaume 130 en hébreu, musique vocale.
Nous vous donnons rendez-vous pour un dernier épisode, épilogue de cette série, une rencontre avec Séverine POTEL-KEBE (professeure de français au collège), Léa COUCKE (professeure d’éducation musicale au collège) et Hélios AZOULAY qui répondront à nos questions sur l’importance de la mémoire et le rôle de la musique dans les camps de concentration.
Merci de nous avoir suivis, nous vous souhaitons une bonne journée sur Radio Campus.
MUSIQUE : MIMAAMAQUIM
Episode 5
Écouter l’épisode 5 du podcast
Biographies réalisées par les classes de troisième 3 et troisième 5 du collège Jean-de-la-Varende de Mont-Saint-Aignan, sous la direction de Léa Coucke (professeure d’Éducation Musicale), durant l’année scolaire 2024-2025.
RÉFÉRENCES ET AUTRE…
[1] : Byla sobe raz elzunia ; extrait sonore N°1 de l’ouvrage, L’Enfer aussi a son orchestre. La musique dans les camps, de Hélios AZOULAY et Pierre-Emmanuel DAUZAT, librairie Vuibert, 2015
[2] : Hélios et Marielle interprètent depuis une quinzaine d’années des morceaux et chants composés dans les camps de concentration. À ce jour, environ 7000 partitions ont été retrouvées : de la berceuse à l’opéra.
[3] : extrait Les Derniers, de Sophie NAHUM, éditions Alisio (également disponible sur lesderniers.org) : Sophie NAHUM, réalisatrice de documentaires se consacre exclusivement à ce projet indépendant qui recueille sous forme de livres, webséries et podcasts la parole des derniers survivants de la Shoah.
[4] : interventions dans les établissements scolaires plateforme ADAGE sous l’intitulé : « La musique dans les camps de concentration ».
[5] : extrait sonore N°16 de l’ouvrage L’Enfer aussi a son orchestre, allegro du trio pour violon, alto et violoncelle de Gidéon KLEIN (vor également P.32 et 33)
[6] : document DAVCC 21 P 521 301
[7] : document DAVCC 21 P 521 300
[8] : document DAVCC 21 P 521 300
[9] : document BNF 410 527 09 musique Vmg 48 538 Odelettes, poésies de Henri DE RÉGNIER musique Fernand OCHSÉ, éditions Heugel
[10] : document DAVCC 21 P 521 301
[11]: site internet Geneastar (généalogie réalisée par Anand DESCOTTE)
[12] : la famille OCHSÉ a résidé :
95 rue des Marais Paris 10e, de 1872 à 1886
29 avenue Montaigne Paris 8e, de 1886 à 1901 (1903 ?)
2, rue Franklin, Paris 16e, au moment où Fernand passe devant le conseil de Révision de la Seine
43 rue de Villiers, à Neuilly-sur-Seine
[13] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE, La Mort de Fernand Ochsé, Fayard, 2018, p. 33.
[14] : site internet de la galerie TERRADES. Bibliographie A. RIVIÈRE « Sculpture’elle, les sculpteurs femmes du 18ème siècle à nos jours »
[15] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 37
[16] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 44
[17] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 42
[18] : site internet de la galerie TERRADES
[19] : référence p.49/50 du livre de Benoît DUTEURTRE.
[20] : les deux extraits sonores (Petit Roseau et Chante si doucement) ont été réalisés grâce aux documents prêtés par la BNF 410 527 09 du recueil Odelettes et enregistrés sous forme numérique par Stan TESTENEV (étudiant master stagiaire d’éducation musicale en tutorat au collège Jean-de- la-Varende. Tutrice : Léa COUCKE)
[21] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 83
[22] : BNF département littérature et art 4-Z-1640
[23] : site internet de la galerie TERRADES
[24] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p.105
[25] : www.youtube.com/@haitienpoesie5410 actif depuis le 28 juillet 2020
[26] : document DAVCC, Service Historique de la Défense, Caen. dossier 21 P 521 300
[27] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 209
[28] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 269/270
[29] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 229
[30]: source wikipédia
[31] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 246
[32] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 246/247
[33]: extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 248
[34] : document DAVCC, SHD Caen, 21 P 521 300
[35] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p. 249, document DAVCC, SHD Caen,21 P 521 300
[36] : extrait du livre de Benoît DUTEURTRE p.255. Les déportés étaient plutôt 60 que 80 dans les wagons à bestiaux, à même le sol, mais c’était bien plus qu’il n’en fallait pour que tout le monde puisse s’asseoir.
[37] [38] : extrait du livre d’Hélios AZOULAY, L’Enfer aussi a son orchestre, p.71/72/73
[39] : document DAVCC 21 P 521 300
PRÉCISIONS DE LÉA COUCKE
Tous les morceaux de musique choisis pour illustrer les podcasts l’ont été en fonction de plusieurs critères :
D’une part, le livre de Benoît DUTEURTRE a permis de comprendre qui était Fernand OCHSÉ, quels étaient les artistes qu’il fréquentait et avec lesquels il avait travaillé. Ce qui a amené à certains choix de compositeurs tels que Reynaldo HAHN, Arthur HONEGGER, Claude DEBUSSY, Jacques OFFENBACH, Darius MILHAUD, Charles GOUNOD ou encore Édouard LALO.
La liste n’étant bien évidemment pas exhaustive.
D’autre part, le travail autour des biographies s’étant fait par le prisme de la musique, il me semblait cohérent d’intégrer des morceaux que les élèves avaient étudiés en classe et qu’ils avaient entendu interprétés par Hélios et Marielle.
Enfin, j’ai été extrêmement heureuse de retrouver des partitions écrites de la main de Fernand et de pouvoir (certes pas dans les conditions idéales puisque numérisées) les partager.
Je tiens tout particulièrement à préciser que sans le très beau livre de Benoît DUTEURTRE, l’écriture des biographies de Fernand et Louise auraient été plus difficile.
REMERCIEMENTS DE LÉA COUCKE
- Claire PODETTI (conseillère pédagogique) pour son soutien et ses précieux conseils.
Radio Campus :
- Valentin AMBOURG (président)
- Corantin LEFEAUX (trésorier)
- Pierre NOUR (service civique)
- Agnès KLINGENBERG (responsable éditoriale WiseMusic Group), grâce à laquelle j’ai pu avoir accès à certaines partitions composées par Fernand Ochsé.
- La Bibliothèque nationale de France
- Stan TESTENEVE (étudiant master stagiaire éducation musicale), qui a numérisé les deux partitions extraites de Odelettes, et par conséquent permis que nous les entendions.
- Séverine POTEL-KEBE, (professeure de français au collège Jean-de-la-Varende).
- Hélios AZOULAY et Marielle RUBENS, pour leur intervention auprès des deux classes de troisième concernées par le projet.
- Florence BÉNARD (cheffe d’établissement du collège Jean-de-la-Varende), qui a validé le projet sur le site ADAGE.
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