Arthur KREINDEL

1916 - 1945 | Naissance: , | Arrestation: | Résidence: , ,

Arthur Kreindel 

Juif autrichien et communiste déporté à Auschwitz

 

 

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Für unsere deutschsprachigen Leser: Die Biografie ist unterhalb der französischen Version auch auf deutsch verfügbar.

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Arthur est né à Vienne, en Autriche le 27 juin 1916.

Son père s’appelle Elias Kreindel, né à Cracovie en 1879 et sa mère Rosa, née Gerowicz, à Vienne en 1889.

Arthur a deux frères et une sœur, dont il est l’aîné.

Il suit une formation de fourreur. Il rejoint la ligue de la Jeunesse Communiste (Kommunistischer Jugendverband, KJV), où il rencontre sa compagne Vilma.

Un mot sur Vilma, par qui sont parvenus jusqu’à nous l’essentiel de ces informations[1].

Vilma Steindling, née Vilma Geiringer, a vu le jour en 1919 dans une famille juive extrêmement pauvre. Elle n’a que 3 ans lorsque son père meurt et 8 ans quand sa mère tombe gravement malade. Cette dernière doit alors être hospitalisée pendant plusieurs années et meurt lorsque Vilma a 13 ans. Dès l’âge de huit ans Vilma se retrouve à l’orphelinat juif dans le 19ème arrondissement de Vienne. A quatorze ans, elle commence un apprentissage de modiste et vit dans le foyer juif pour apprentis dans le 2ème arrondissement.

Très tôt elle se découvre un besoin d’engagement social et à l’âge de quinze ans, elle s’inscrit alors à la Ligue des Jeunes Communistes (Kommunistischer Jugendverband, KJV) où elle rencontre son futur compagnon Arthur Kreindel, de 3 ans son aîné.[2]

En 1933 l’austro-fascisme interdit le KPÖ (Parti communiste autrichien) et la répression pousse Arthur à quitter Vienne pour Paris où il exerce son métier dans son atelier situé 24, rue d’Enghien, dans le 10ème. Il loge au 31, rue Bergère dans le 9ème arrondissement de Paris[3].

Vilma, son apprentissage de modiste terminé, rejoint Arthur à l’automne 1937, quelques mois avant l’Anschluss. Il semblerait qu’il ait vécu dans le Xème arrondissement, au 13 rue du Château d’eau[4].

Les exactions contre les Juifs en Autriche devenant insoutenables, Arthur a pris soin de faire établir des visas pour ses parents ses frères et sa sœur, afin que ceux-ci puissent partir au Paraguay (ce qu’ils feront puis ils passeront clandestinement la frontière pour s’installer en Argentine). Sa famille quitte Vienne pour Paris à la veille de la « Nuit de cristal »[5].

L’invasion de la Pologne par l’Allemagne, le 1er septembre 1939, déclenche la guerre.

En France, pays d’immigration traditionnel, les conditions d’accueil ont changé. En effet, le 10 avril 1938, les radicaux et les conservateurs ont porté Édouard Daladier au pouvoir. Son ministre de l’Intérieur Albert Sarraut met en place une politique qui durcit la législation sur la police des étrangers. Le déclenchement de la guerre conduit à l’arrestation de nombreux d’entre eux suspectés d’être membres de la cinquième colonne ou considérés comme des ennemis, quand ils étaient communistes ou socialistes et anti nazis.Le pouvoir peut dès lors justifier des mesures spectaculaires comme l’internement administratif.[6]

 

Il semble qu’Arthur, à l’instar d’autres réfugiés autrichiens, soit interné au stade de Colombes.

Vilma a quitté Paris pour le Tarn et Garonne, à Grisolles avec un groupe de garçon et de filles. Elle y passe le printemps, l’été et l’automne 1940. Elle revient ensuite à Paris où Arthur a été libéré.

A partir de 1942, ils logent dans la banlieue parisienne et résistent activement. Vilma s’engage avec d’autres femmes autrichiennes dans le « Mädelarbeit », le Travail Allemand ou anti-allemand (TA): les jeunes femmes devaient aborder des soldats allemands pour les persuader de l’absurdité de la guerre et leur donner le conseil de déserter car cette guerre n’était plus à gagner. Ce travail était très dangereux parce que les femmes risquaient d’être dénoncées.

C’est ce qui arrive à Vilma qui est la première de son groupe à l’être. En effet, un jour, lors d’un deuxième rendez-vous avec un soldat allemand, deux gendarmes allemands qui arrêtent Vilma et l’emmènent à Fresnes. Après trois mois elle passe devant le tribunal et est condamnée à cinq ans de réclusion. Elle passe ensuite trois autres mois au Fort de Romainville, et est transférée à la Petite Roquette. Elle est transférée au début du mois d’août 1943 au camp de Drancy puis déportée à Auschwitz par le convoi n°59 parti le 02 octobre 1943. Sélectionnée pour travailler, son bras est tatoué du numéro 58337.[7]

Arthur, quant à lui, a obtenu le 20 novembre 1941 une carte d’identité (carte n° 59AS63938), dite « des étrangers » : c’est un carnet contenant 19 pages sur la page de garde duquel est écrit : « Non travailleur ». Les pages suivantes montrent une photo de profil d’Arthur et son état civil. Un tampon a été imprimé à l’encre rouge et en lettres capitales la dénomination « JUIF ». L’adresse d’Arthur qui y est inscrite est 31, rue Bergère, Paris[8].

Ici, se perdent ses traces et apparaissent des zones d’ombre. Un document émanant des Renseignements généraux et de la Direction des étrangers et des affaires juives de Paris, en date du 17 mars 1943, précise qu’Arthur «résiderait en zone libre depuis janvier ou février 1941 ». Sur ce document est précisé également qu’Arthur n’a plus d’activités depuis juin 1940, bien qu’inscrit au Registre du commerce sous le numéro 688069 et qu’il « n’a pas satisfait à la loi du 2 juin 1941».

Par ailleurs, un document fourni par la famille émigrée de Arthur nous apprend que son père Elias, a écrit en décembre 1944 à la Société du Journal « l’Auto » (ancêtre du journal L’Equipe), sise 10, rue du Faubourg Montmartre, à Paris pour tenter de retrouver son fils. Un « administrateur » l’informe que Arthur a quitté le local, sis à l’adresse du journal, qu’il aurait occupé et dont il aurait donné congé le 27 juin 1943.

Il convient de rappeler ici les lois de Vichy portant sur le statut des juifs et sur leur recensement, signées par le maréchal Pétain.

Alors que le « premier statut des juifs » de Vichy (octobre 1940) excluait les Juifs avant tout de la fonction publique, en particulier de la haute fonction publique et des grands corps de l’État, des grades d’officier dans les trois armées, de la justice, de l’enseignement, la loi de mai 41 étend les interdictions professionnelles. Outre l’interdiction d’être dirigeants d’entreprise de presse, de cinéma, de théâtre, de radio, est énoncé le principe de quotas limitant le nombre de juifs dans les professions libérales. Le deuxième statut allonge la liste des professions interdites et prévoit une restriction de principe pour l’accès à une « profession libérale, une profession commerciale, industrielle ou artisanale, ou une profession libre » : il s’agit, selon le ministre de la justice, Joseph Barthélémy, d’interdire aux juifs « les fonctions de directeur de l’âme française ou des intérêts français ».

En juin 1941, figure la première mention du « droit pour le préfet de prononcer l’internement dans un camp spécial, même si l’intéressé est français ».

Ces lois ont pour conséquences d’empêcher Arthur de travailler. Arthur, selon le dossier de la Direction des Etrangers et des Affaires juives de Paris aurait du se présenter ou être « conduit au Service des Juifs » pour y être recensé, comme le stipulait la loi du 2 juin 41. Cela a pour conséquence la constitution d’un dossier au « service des juifs » du département de la seine sous le numéro de dossier 100.549.

On ne sait donc ce que fait Arthur après l’arrestation de Vilma, le 3 juillet 1942.

A-t-il été envoyé à Bordeaux par le Parti communiste autrichien ? Se sentant menacé, a-t-il fui de son propre chef ? Bordeaux n’était pas forcément le meilleur endroit où se réfugier.

Ainsi y est-il qu’il y est arrêté, après avoir été dénoncé a rapporté Vilma. Il habite alors 1, rue Marcel (entre le cours de l’Argonne et le cours de l’Yser, près du quartier Nanssouty).

Il est envoyé à la prison de Fresnes le 2 décembre 1943. Arthur est ensuite transféré à Drancy le 25 juillet 1944 sous le matricule 25 954. Le carnet de fouille établi dès son arrivée à Drancy précise qu’Arthur détient 3300 francs[9].

Il est déporté à Auschwitz, par le convoi n°77 du 31 juillet 1944.

Comme Vilma, Arthur est sélectionné pour travailler. Le matricule B3825 lui est tatoué sur le bras.

Vilma a intégré le réseau de résistance communiste au sein du camp et parvient à travailler dans la blanchisserie des SS, située au camp des hommes. Elle peut dès lors communiquer avec Arthur.

L’approche des troupes soviétiques en janvier 1945 conduit les nazis à évacuer le camp. Ces évacuations vont se dérouler du 17 au 21 janvier[10].

Arthur et Vilma participent à ces Marches de la mort[11] dont on estime à près de 59 000 le nombre de déportés d’Auschwitz-Birkenau et des camps annexes (Monowitz, Bobrek, Jaworzno, Blechhammer).La majorité des déportés ont marché à peu près trois jours et deux nuits.

 

Le parcours d’Arthur est le suivant : Auschwitz/Gross-Rosen, Gross-Rosen/Dachau. Ce parcours est très long (près de 800 km).

Le témoignage des survivants laisse entrapercevoir ce qu’ont pu être les souffrances des déportés. Les témoignages de survivants ont pu permettre de retracer l’effroyable parcours de ces cohortes. A leur suite, on peut tenter d’imaginer ce que ces marches ont été pour Arthur, pour Vilma et tous les déportés.[12]

Si certains ont pu avoir quelque nourriture, la plupart sont partis sans rien.

Ces convois étant improvisés, les SS s’arrêtent pour se reposer au gré des possibilités. Aucune nourriture n’est distribuée aux prisonniers. Les vêtements ne leur apportent que peu de chaleur, leurs chaussures blessent davantage encore la plupart d’entre eux. Les vêtements peuvent être une tenue de « bagnard » ou des vêtements récupérés au hasard récupérés sur les morts gazés dès leur arrivée au camp. Les chaussures, quand elles sont ces « socques » (Holzschuhe) de toile à semelle de bois ne tiennent pas aux pieds. Quand elles ont l’air normale, elles sont dépareillées et ne peuvent protéger les pieds contre ces températures glaciales.

Beaucoup sont malades. Les plus faibles sont exécutés en chemin.

Après ces marches, la plupart des survivants subissent le transport en wagons de marchandises découverts alors que la neige tombe et que les températures oscillent entre -20° et -30°. Dans ces wagons ils s’entassent les uns contre les autres, parfois les vivants sur les morts.

Il n’y a pas ou très peu d’arrêts. Il n’y a pas de distribution d’eau ni de nourriture.

Arthur arrive à  Gross-Rosen. Ce camp, ouvert en août 1940, est situé en Silésie, au sud de l’Oder et à 60 kilomètres de Breslau, près de la ville portant le même nom (Rogosnica, en polonais).

L’arrivée des détenus des camps de l’Est, provoque La surpopulation qui entraîne la propagation d’une épidémie de typhus et, entre le 8 février et le 23 mars 1945, le camp doit être à son tour évacué vers les KL Buchenwald, Flossenbürg, Dachau et surtout Dora. Plus de 30 000 détenus sont ainsi embarqués dans des trains découverts, conditions entraînant une effroyable hécatombe.

Mais Arthur semble ne reste pas longtemps à Gross-Rosen puisque le 28 janvier 1945[13], il est transféré au camp de concentration de Dachau, à environ 15 km au nord-ouest de Munich, en Bavière (dans le sud de l’Allemagne).

Son numéro de prisonnier est le 140224.[14] Dans la liste de transfert de Auschwitz à Dachau, Arthur est reconnu « Kürschner », c’est à dire fourreur, métier qu’il exerçait. Il est affecté comme peintre en bâtiment « Anstreicher » au Kommando Waldlager V[15], puis incorporé à partir de cette date comme travailleur « Arbeiter » affecté aux «Kommandos » extérieurs au camp de concentration de Dachau. C’est au Kommando Mühldorf-H.P.K. dépendant de l’organisation Todt qu’Arthur travaille jusqu’au 26 mars 45. A cette date, Il est renvoyé au camp de Dachau. Il y meurt deux jours après le 28 mars[16]. Le camp de Dachau est libéré le 29 avril 1945.

Vilma, après avoir subi la marche forcée de 200 km, a été déportée en wagon de marchandises ouvertes à Ravensbrück. Elle sera libérée grâce aux négociations entamées avec la Croix-Rouge et la diplomatie suédoise, afin d’organiser l’évacuation d’un certain nombre de déportées, par la Suisse puis par la Suède.

 

Ruth Steindling a tenté de connaître les circonstances de la mort d’Arthur en interrogeant le personnel du mémorial de Dachau. Il lui a été répondu que le fait qu’Arthur ait été transféré au camp principal le 26 et soit mort deux jours après laisse penser à une exécution. En effet, les derniers temps avant la libération du camp voient une série d’exécutions sommaires visant notamment une organisation de résistance clandestine, composée de communistes et de sociaux-démocrates, créée à la fin de l’année 44.

Pour autant, aucune preuve concrète ne peut être avancée selon laquelle Arthur aurait été l’une de leurs victimes. Par ailleurs, les derniers mois avant la libération du camp affichent à eux seuls la moitié des décès du camp entre 1938 et 1945. Cette mortalité est liée aux conditions déplorables de vie au sein du camp alimentation, hygiène épidémies, surpopulation… Arthur a-t-il succombé aux mauvais traitements subis tout au long de ses mois de déportations ?

Décidée à rentrer en France plutôt qu’en Autriche, Vilma apprend par le Parti communiste que Arthur est vivant et serait reparti à Vienne. Vilma se rend dans la capitale autrichienne pour y apprendre la mort d’Arthur.

De même, un télégramme a été envoyé à Elias, le père d’Arthur, pour lui annoncer que son fils avait été libéré « récemment » par l’armée rouge et qu’il attendait son rapatriement.

Elias obtiendra l’avis officiel de décès de son fils en 1956.

Le certificat du décès est documenté à Bad Arolsen sous le numéro Dachau 1329/53.

 

 

 

[1] Biographie de Vilma Steindling écrite par Ruth Steindling, sa fille. C’est en rencontrant Ruth, que s’est levée une partie du voile qui recouvrait la vie d’Arthur. Vilma Steindling: Eine Judische Kommunistin im Widerstand Mit einem Nachwort von Anton Pelinka  par Ruth Steindling et Claudia Erdheim  https://amalthea.at/produkt/vilma-steindling /

 

[2] Résumé fournit par Ruth Steindling

[3] Document issu des Archives Préfecture de Police Sous l’indice APP_77W536 : fiche d’enquête du Service des Étrangers et des affaires juives de Paris daté de 1943

[4] Selon la Direction des étrangers et des Affaires juives, rapport du 17 mars 1943

[5] Nuit de cristal, vaste pogrom mené en 1938 par les nazis contre les Juifs en Allemagne et dans l’Autriche annexée. Les 9 et 10 novembre 1938.

[6] Cairn, La fabrique des clandestins en France, 1938-1940. Riadh Ben Khalifa. Dans Migrations Société 2012/1 (N° 139), pages 11 à 26. https://www.cairn.info

 

[7] Opus cité. Ruth Steindling, Vilma Steindling: Eine Judische Kommunistin im Widerstand Mit

[8] Ruth Steindling : Carte d’identité de « Non travailleur » établi par les services administratifs français au non d’Arthur Kreindel le 20 novembre 1941.

[9] Mémorial de la Shoah

[10] Les faits qui suivent sont inspirés de http://www.cercleshoah.org/ Marche de la mort, évacuation d’Auschwitz I, janvier 1945. Témoignage de Henri Graff fait le 5 octobre 2005 pour l’UDA. Publié le dimanche 31 mars 2013. Martine Giboureau, professeure d’histoire-géographie-éducation civique  avril 2013

 

[11] Ibid. « Marches de la mort est l’expression communément utilisée pour qualifier les évacuations des camps opérées par les nazis à l’approche des armées soviétiques à l’est et américano-britanniques à l’ouest. Les premiers camps évacués en janvier 1945 se situaient en Pologne occupée.

C’est la menace directe de l’armée soviétique libérant les États baltes et la Pologne, engagée dans l’opération Vistule-Oder, entre le 12 janvier et le 3 février 1945, qui précipite l’évacuation d’Auschwitz-Birkenau et camps annexes (Monowitz, Bobrek, Jaworzno, Blechhammer) du 17 au 21 janvier, de jour comme de nuit, dans le froid, la neige et la pluie.

Au printemps 1945 ce sont les camps situés à l’ouest [2] du Grand Reich qui sont vidés. »

 

[12] Ibid. http://www.cercleshoah.org/ Marche de la mort, évacuation d’Auschwitz I, janvier 1945. Témoignage de Henri Graff fait le 5 octobre 2005 pour l’UDA. Publié le dimanche 31 mars 2013.

[13] ITS. Comité International de la Croix-Rouge, Service international de recherches. 28 janvier 1958.

[14] Ibid. ITS. Liste des prisonniers dans les commandos extérieurs au camp de concentration de Dachau, 17-28 février 1945.

[15] ITS Archives, Bad Arolsen, Matériel de liste Dachau/Kommando Waldlager V

[16] Ibid. ITS. Liste des morts du camp de concentration de Dachau. / Certificat de décès (fichier de correspondance).

 

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Arthur Kreindel

Arthur wurde am 27 Juni 1916 in Wien, Österreich geboren. Sein Vater hiess Elias Kreindel, 1879 in Krakau geboren und seine Mutter Rosa, geb. Gerowicz ist 1889 in Wien geboren. Er war der älteste von insgesamt vier Geschwistern. Er machte eine Ausbildung zum Kürschner und war Mitglied beim Kommunsitischen Jugendverband KJV, wo er auch seine Lebensgefährtin Vilma kennenlernte.

Zu Vilma Steindling, geb. Geiringer , ist zu sagen, dass sie in einer sehr armen, jüdischen Familie aufwuchs. Als sie drei jahre alt war, verstarb ihr Vater, 5 Jahre später wurde ihre Mutter sehr krank, sodass Vilma sie, bis zu ihrem Tod pflegen musste. Mit nur 8 Jahren lebte sie also als jüdische Waise im 19. Bezirk von Wien. Mit 14 Jahren begann sie eine Ausbildung zur Modistin und wohnte im jüdischen Wohnheim für Auszubildene.

Sehr früh hatte sie das Bedürfnis sich sozial zu engagieren. Deshalb trat sie mit 15 Jahren dem KJV bei.

1933 wurde die KPÖ verboten und die Unterdrückung zwang Arthur Wien zu verlassen und nach Paris zu ziehen, wo er seinem Beruf in einem Atelier in der 24, rue d’Enghien im 10. Arrondissement nachging. Er wohnte in der 31, rue Bergère.

Nachdem Vilma ihre Ausbildung abgeschlossen hatte, zog sie im Herbst 1937 zu Arthur, wenige Monate vor dem Anschluss Österreichs an das Deutsche Reich.

Die Ausschreitungen gegen Juden in Österreich wurden unhaltbar. Daher versuchte Kreindel Visa für seine Eltern, Brüder und seine Schwester zu beantragen. Am Vortag der Reichspogromnacht verlies seine Familie Wien Richtung Paris.

Mit dem Einmarsch der Nazis in Polen am 1. September 1939 begann der Zweite Weltkrieg. In Frankreich, ein durch Immigration geprägtes Land, änderten sich damit die Einwanderungsgesetze. Am 10. April 1938, wurde Édouard Daladier der Premierminister. Sein Innenminister Albert Sarraut setzte eine Politik um, die die Gesetzeslage gegenüber der ausländischen Polizei verschärfte. Der Ausbruch des Krieges führte zur Verhaftung einiger Beamten, die unter Verdacht standen, Mitglieder der Fünften Kolonne zu sein oder als Kommunisten, Sozialisten oder Anti-Nazis, also Feinde angesehen wurden. Mit dieser Massnahme, konnten die Behörden den Verwahrungsvollzug rechtfertigen.

Möglicherweise war Arthur, wie andere östrerreichische Flüchtlinge im Stadion von Colombes interniert.

Vilma verlies Paris Richtung Tarn und Garonne bei Grisolles mit einer Gruppe von Mädchen und Jungen. Dort verbrachte sie den Frühling, Sommer und Herbst 1940. Danach kam sie nach Paris zurück, wo Arthur befreit wurde. Ab 1942 wohnten die beiden im Banlieu von Paris und waren im Widerstand aktiv. Vilma engagierte sich gemeinsam mit anderen Frauen aus Österreich bei der Mädelarbeit : die jungen Frauen sollten Soldaten von der Absurdität des Krieges überzeugen und ihnen raten, ihre Tätigkeit als Soldaten aufzugeben, da der Krieg nicht mehr zu gewinnen sei. Diese Arbeit war sehr gefährlich, da die Frauen riskierten,verhaftet zu werden.

Vilma war die erste, der genau das passierte.

Nach einem zweitem Treffen mit einem deutschen Soldaten, wurde sie von zwei deutschen Polizisten verhaftet und nach Fresnes gebracht. Nach drei Monaten musstr sie sich dem Gericht stellen und wurde zu fünf Jahren Gefängnishaft verurteilt. Sie verbrachte drei Monat im Fort de Romainville und wurde dann zuerst zur Petite Roquette und schliesslich im August 1943 nach Drancy übermittelt. Am 2. Oktober 1943 wird sie mit dem Convoi Nr.59 nach Auschwitz deportiert und zum Arbeiten eingeteilt. Ihr Arm wird mit der Nummer 58337 tätowiert.

Am 20. November 1941 erhält Arthur einen Pass (Kartennummer 59AS63938) « für Ausländer ». In dem 19 Seiten langen Heft, steht ausserdem « nicht erwerbstätig ». Die folgenden Seiten zeigen ein Foto von ihm und nennen seinen Familienstand. In grossen, roten Buchstaben ist zu lesen «  jude ». Die genannte Adresse lautet 31, rue Bergère, Paris.

Hier enden die Spuren und Quellen. Am 17. März 1943 wird von den Renseignements généraux und der Direction des étrangers et des affaires juives de Paris ein Dokument herausgegeben, indem zu lesen ist, dass Arthur « seit Januar oder Februar 1940 in der zone libre lebt». Aus dem Dokument geht auch hervor, dass seit Juni 1940 keine Aktivität mehr zu sehen ist, ausser einem Eintrag im Handelsregister (Registre du commerce) unter der Nummer 688069.

Durch ein Dokument, welches durch emmigierte Familienangehörige bereitgestellt wurde, erfährt man, dass sein Vater Elias im Dezember 1944 der Zeitung « l’Auto » geschrieben hat und so versuchte, seinen Sohn zu finden. Ein Mitarbeiter informierte ihn darüber, dass Arthur die Räumlichkeiten verlassen habe und am 27.Juni 1943 gekündigt habe.

An dieser Stelle ist es notwendig, die Gesetze von Vichy in Bezug auf den Status der Juden und die Volkszählung zu erläutern, die durch General Petain unterzeichnet wurden.

Der sogenannte « premier statut des juifs » von Vichy (Oktober 1940) schloss Juden von jeglichen öffentlichen Ämtern, in Verwaltung und Staat sowie dem Militär der Justitz und Bildung aus. Neben dem Verbot der Leitung einer Pressefirma, eines Kinos, Theaters oder Radios, gab es ausserdem das Prinzip der Quotenregelung zur Begrenzung der Zahlen der Juden in den jeweiligen Berufen. Der « deuxième statut » listet die verbotenen Berufe auf  und sieht eine prinzipielle Einschränkung der freien Berufswahl im Handel, Industrie und Handwerk vor.

Im Juni 1941 wird zum ersten Mal das  « Recht zur Internierung in ein Speziallager auch wenn es sich um ein französicheches Interesse handelt. »umgesetzt.

Diese Gesteze haben zur Konsequenz, dass Arthur nicht mehr arbeiten darf. Laut den Akten der Ausländerbehörde im Bezug auf jüdische Bürger von Paris, musste Arthur sich zur Registreirung vorstellen, wie es das Gesetz vom 2.Juni 1941 vorsieht.

Es ist nicht bekannt, was Arthur nach der Verhaftung von Vilma am 3.Juli 1942 gemacht hat. Wurde er von der KPÖ nach Bordeaux geschickt? Fühlte er sich bedroht und floh alleine ? Bordeaux war nicht unbedingt der Beste Ort um Zuflucht zu finden.

Er wird dort verhaftet, nachdem er, wie Vilma erzählt, verrraten wurde. Er wohnte in der  1, rue Marcel, in der Nähe des Nanssouty Viertels.

Er wurde am 2. Dezember 1943 nach Fresnes ins Gefängnis geschickt. Am 25.Juli 1944 wurde er dann unter der Kennnummer 25 954 nach Drancy übermittelt. In dem bei seiner Ankunft erstellten Heft steht, dass er zu diesem Zeitpunkt 3300 Francs besass.

Am 31.Juli 1944 wurde er schliesslich mit dem Wagen Nr .77 nach Auschwitz deportiert. Wie auch Vilma, ist Artuhr zum Arbeiten ausgewähltworden. Ihm wird die Nummer B3825 auf den Arm tätowiert. Vilma musste in der Wäscherei arbeiten, die sich im Lager der Männer befand. So hatte sie die Möglichkeit, mit Artuhr zu kommunizieren.

Als sich die Rote Armee im Januar 1945 annäherten, evaquierten die Nazis das Lager zwischen dem 17. und 21. Januar.

Wie viele andere Deportierte von Auschwitz-Birkenau, gingen auch Vilam und Artur die Todesmärsche. Die meisten von ihnen liefen ungefähr drei Tage und zwei Nächte.

Die Erzählungen von Zeitzeugen lassen das Leiden der Opfer erahnen. Man kann sich also vorstellen, was die Märsche für Vilma und Artuhr und die vielen anderen Deportierten bedeutet haben. Während einige etwas zu essen bekamen, hatte die Mehrheit gar nichts. Die Kleidung hielt nur sehr wenig warm und die Schuhe verursachten grosse Schmerzen. Die Anziehsachen waren Häftlingskleidung oder die Kleidung der Deportierten, die direkt nach ihrer Ankunft den Tod ihn den Gaskammer starben. Viele waren sehr krank und die schwächsten wurden auf dem Weg umgebracht. Nach diesen langen Fussmärschen,ging es in Güterwägen weiter, während es draussen schneite und die Temperaturen bis -20° und -30° fielen. In den Wagen lagen sie übereinander, manchmal sogar die lebenden auf den Leichen.

Nch dem Todesmarsch kam Arthur von zunächst nach Gross-Rosen. Das Lager wurde im August 1940 geöffnet und befindet sich in Schlesien im Süden der Oder und 60 km von Breslau.

Die Ankunft der Häftlinge aus den östlichen Lagern, sorgte für eine Überpopulation, die eine Typhusepedimie auslöste. Zwischen dem 8. Februar und 23. März 1945, mussten die Häftlinge nach Buchenwald, Flossenbürg, Dachau und vorallem Dora verlegt werden Mehr als 30 000 Häftlinge waren unter schlimmsten Bedingungen in Zügen eingepfercht.

Aber Arthur blieb nicht lange in Gross-Rosen. Am 28 Januar 1945 wird er in das Konzentrationslager Dachau deportiert, ungefähr 15 km nord-westlich von München. Seine Gefangenennummer war 140224.

In der Deportationsliste von Auschwitz wird Arthur als « Kürschner » erkannt. Er wird als Maler zum Gebäude « Anstreicher » beim Kommando Waldlager V eingesetzt, danach wird er zu einem angeblichen « Arbeiter »  der inneren «Kommandos » des Lagers Dachau. Beim Kommando Mühldorf-H.P.K., welches abhängig war von der Organisation Todt, arbeitete Artuhr bis zum 26 März 1945. An diesem Tag wird er nach Dachau zurückgeschickt. Dort stirbt er 2 Tag später am 28. März. Am 29. April 45 wird das lager befreit.

Nach dem 200 km langen Fussmarsch, wurde Wilma in einem Viehwagen nach Ravensbrück deportiert. Dank Verhandlungen mit den Roten Kreuz und der schwedischen Dipolomatie wurde sie befreit, nachdem die Evakuierung  einiger Deportierten organisiert wurde, durch die Schweiz und dann durch Schweden.

Ruth Steindling versuchte die Umstände von Artuhrs Tod bei der Gedenksätte Dachau zu erfragen. Sie fand heraus, dass er vermutlich exekutiert wurde, da er nur 2 Tage nach seiner Ankunft im Hauptlager starb. In der Tat gab es kurz vor der Befreiung des Lagers eine Reihe von Exekutionen, die besonders auf eine 1944 von Sozialdemokatraten und Kommunisten gegründete Widerstandsbewegung abzielte.

Die Todesfälle in den letzten Monaten vor der Befreiung des Lagers machen die Hälfte aller zwischen 1938 und 1945 aus. Diese hohe Sterblichkeit ist auf Lebensbedingungen in Lager zurückzuführen ( Ernährung, Hygiene, Krankheiten,…)Ist Artuhr durch die schlechten Bedingungen und Behandlungen während den Monaten als Deportierter gestorben?

Entschieden nach Frankreich zurückzukehren, erfuhr Vilma durch die Kommunistische Partei, dass Artur lebe und das er nach Wien gegangen sei. Als sie in Wien eintraf,erfuhr sie, dass er gestorben ist.

Elias, dem Vater von Artuhr, wurde ein Telegramm geschickt um ihm mitzuteilen, dass sein Sohn von der Roten Armee befreit wurde und auf seine Rückführung warte. Erst 1956 bekommt er die offizielle Bestätigung des Todes seines Sohnes. Die Sterbeurkunde ist in Bad Arolsen unter der Nummer Dachau 1329/53 zu finden.

 

 

 

KREINDEL_Arthur Certificat de décès ITS Archives
KREINDEL_Arthur Document individuel Dachau ITS Archives
KREINDEL_Arthur janvier 45 Liste prisonniers Dachau ITS Archives
KREINDEL_Arthur janvier 45 Liste prisonniers Drancy vers Auschwitz ITS Archives
KREINDEL_Arthur janvier 45 Liste prisonniers liste Drancy ITS Archives
KREINDEL_Arthur janvier 45 Liste prisonniers transfert à Dachau ITS Archives
KREINDEL_Arthur janvier 45 Liste prisonniers transfert à Drancy Auschwitz ITS Archives
KREINDEL_Arthur janvier 45 Liste prisonniers venus de Gross Rosen a Dachau ITS Archives
KREINDEL_Arthur Lettre d’Elias Kreindel
KREINDEL_Arthur Lettre Ministère des Anciens combattants
KREINDEL_Arthur Liste Dachau Kommando ITS Archives
KREINDEL_Arthur liste Métiers prisonniers 2 Dachau ITS Archives
KREINDEL_Arthur Liste morts Dachau ITS Archives
KREINDEL_Arthur Liste prisonnier ITS Archives
KREINDEL_Arthur liste prisonniers par compétence Anstreicher Dachau ITS Archives
KREINDEL_Arthur Matricule Dachau ITS Archivs
KREINDEL_Arthur_CNI_fonds_Ruth_Steindling

Contributeur(s)

Thibaud FLEURY, professeur d'histoire géographie et sa classe de 1° du lycée Philadelphe de Gerde, Gradignan
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