Félix ZIRAH

1892 – 1944 | Naissance: | Arrestation: | Résidence: , , ,

Félix ZIRAH

Tunisien déporté à Auschwitz

 
Danielle Laguillon Hentati
 
 
 
Laissez-moi vous dire,
Laissez-moi témoigner,
Oui, la terre a ouvert sa bouche,
Le gouffre les a avalés.
Je suis ce gouffre
Et cette chair brûlée,
Je suis ce cri qui meurt dans ma bouche,
Je suis leurs voix étranglée [1]
 
La Seconde Guerre mondiale a été l’occasion de violences inédites et de crimes contre l’humanité. Si les survivants ont pu témoigner de l’horreur des camps, ont pu dire la déshumanisation subie par toutes les victimes, les morts en revanche se sont tus à jamais, les lèvres closes sur leurs souffrances. Leur assassinat en masse, le génocide ont été programmés, voulus par le système nazi qui avait fait de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants, des « Untermenschen » dont le nazisme avait nié l’humanité. Devenus cendres, sans tombes pour le recueillement, sans inscription pour le souvenir, ils sont tombés dans l’anonymat des ombres.
L’intérêt du projet CONVOI 77 consiste à rappeler le parcours de vie de chaque victime de ce train de la mort : qui elle fut, comment elle vécut, pourquoi elle mourut. Dernier convoi parti de Drancy le 31 juillet 1944, le 77 emportait notamment 10 juifs nés en Tunisie et morts à Auschwitz [2] : Dario Boccara, Abraham Albert Boucara, Fortunée Brakha, Laure Cohen née Taieb, Joseph Franco, Gaston Nataf, Gaston Secnazi, Gaston Elie Setbon, Emile Smadja et Félix Zirah.
Pour cerner la personnalité de Félix Zirah, le situer dans sa généalogie – que j’ai dû recomposer – et dans son histoire familiale, le replacer dans le contexte social de l’entre-deux-guerres où émergent fortement la figure de « l’étranger » devenu « indésirable » et celle du juif devenu ennemi public, puis dans la conjoncture de la guerre, il a été nécessaire de s’appuyer d’abord sur son dossier de déporté [3] qui a constitué une base de recherches, complétée par les fiches du Fort de Montluc et de Drancy, et par la notice de Yad Vashem [4]. Toutefois, les renseignements fournis restaient sommaires, car ils établissaient seulement le fait qu’il avait été déporté, en vue de la régularisation de son état civil pour régler sa succession, et non pour un titre. Ils n’auraient pas permis d’écrire la biographie de Félix Zirah, tant sa vie apparaissait en pointillés, avec un énorme blanc entre 1929 et 1944. Mais la découverte fortuite de trois dossiers archivistiques le concernant, d’abord deux aux Archives Nationales françaises [5], puis un autre aux archives départementales du Rhône dans la série Contrôle des étrangers [6], a permis de combler partiellement ce blanc. Allant du 20 mars 1929 au 22 août 1933, cet ensemble de courriers détaille les procédures administratives et policières auxquelles Félix Zirah a été soumis, par suite de deux condamnations judiciaires et à cause de la politique du soupçon envers les étrangers, alors en vigueur en France. 
Ces dossiers donnent un autre éclairage sur l’homme qu’était Félix Zirah et bouleversent les certitudes que je pouvais avoir sur ce « brave homme », Tunisien émigré en France, brocanteur devenu courtier en bijoux, mort en déportation. Qui était vraiment Félix Zirah ?
Par ailleurs, guidée par les souvenirs oraux et imprécis de ʺTata Simoneʺ [7], j’ai alors orienté mes recherches vers les actes d’état civil et les recensements, ainsi que vers la presse de l’époque. Je tiens à remercier ici deux personnes dont l’aide m’a été précieuse : Séverine Zirah, arrière-petite-nièce de Félix Zirah, qui m’a rapporté ce que la mémoire familiale lui avait transmis, et Moché Uzan, adjoint du Grand Rabbin de Tunis, qui m’a fourni des actes d’état civil.
Mis bout à bout, les bribes de la mémoire familiale, les actes d’état civil, les documents archivistiques et les articles de presse m’ont permis de reconstituer le parcours de vie de Félix.
 

Une famille juive à Tunis

Félix Zirah naît le 5 août 1892 à Tunis, capitale de la Régence alors sous protectorat français.
La généalogie familiale des Zirah commence avec les parents de Félix, sur lesquels nous avons peu de renseignements, car ils faisaient partie des juifs tunisiens, appelés communément twansas, dont les actes de mariage, ketubbot, n’existent dans les archives que depuis 1898 [8]. Son père, Joseph Zirah, né vers 1860, est peut-être ce négociant, demeurant à Tunis, nommé avec David Uzan « tuteurs des mineurs David, Isaac, Julie et Alice Uzan, seuls héritiers de feu leur père Haï de David Uzan » en vertu d’une décision rabbinique en date du 26 septembre 1897 [9]. Joseph est décédé avant le 28 mai 1921, date du mariage de son fils Élie Émile. Sa mère, Esther Sarfati, née vers 1865, est à Paris en 1921, avec ses deux fils ; elle est décédée avant le 16 janvier 1926, date du mariage de Félix.
Joseph et Esther Zirah vont avoir 5 enfants. D’abord 3 filles :
Leila Hélène (Tunis 1884 – Neuilly-sur-Marne 1953) qui épouse, le 23 mars 1903 [10] à Tunis, Jacob Jacques Setruk (Bizerte 1880 – Paris 1930); le couple a deux enfants nés à Bizerte : Albert François [11] et Olga qui, suite à une bizarrerie administrative, voient leur patronyme modifié en Setruck.
Suit Émilie (Tunis 1889 – Le Plessis-Robinson 1949) qui se marie le 27 mai 1903 à Tunis avec Jacques Marzouk (Tunis 1873 – Neuilly-sur-Marne 1933). Deux enfants naissent à Tunis : Toto Marcelle et Maurice Joseph qui va jouer un rôle important dans la famille.
La troisième fille est Fortunée (Tunis 1891 environ [12] – Paris 1942) qui épouse à Tunis David Smadja (Tunis 1884 – Auschwitz 1942). Le couple a un seul enfant connu, Élie Émile Smadja, né en 1909 au n°1 rue Sidi Sofiane, dans le tout nouveau quartier du Passage [13] à Tunis où s’établissent de nombreuses familles juives qui quittent le vieux quartier juif de la Hara, populeux et insalubre.
 

Le Passage

 
Pour beaucoup, c’est le début d’une ascension sociale dans un protectorat qui facilite leur acculturation et leur assimilation.
« La France offrait ainsi à ces élites le moule de la culture républicaine, imprégnée des valeurs universalistes de la Révolution et présentée comme la culture universelle. L’idéologie de l’École de la République devait susciter dans la communauté juive un grand enthousiasme. […] La culture universaliste, associée au Protectorat, convenait d’autant mieux aux autres [juifs non sionistes, NDR] qu’elle leur permettait d’éluder la question nationale tout en offrant une échappatoire à la domination. Les élites juives n’avaient pas, comme les élites arabes, à construire et à proposer au pays une identité nationale tunisienne, mais plutôt à affirmer une identité communautaire en partenariat avec les différentes communautés présentes en Tunisie, et avec la garantie qu’apportait la France républicaine et laïque. Il leur suffisait de rejeter un carcan de traditions et de préceptes religieux, et non pas une culture judéo-arabe réflexive, pour adopter les valeurs de la culture qui, avec l’école, avait seule permis leur promotion et l’acquisition d’un statut social valorisé. [14] »  
Enfin viennent deux fils : Félix et Élie Émile (Tunis 1895 – Crosne 1985).
Les enfants reçoivent une bonne éducation, la famille est unie comme tendent à le montrer leurs relations qui perdurent en France, au moins au niveau des deux premières générations.
Il ne semble pas que les Zirah aient été de fervents pratiquants, car les descendants de Joseph et Esther ont contracté des mariages avec des Français ou Françaises qui n’étaient pas des coreligionnaires. Ces mariages mixtes font partie de l’évolution de la frange aisée, cultivée, mais surtout francisée, de la communauté juive de Tunis qui s’éloignait de l’endogamie coutumière, d’une pratique assidue de la religion, sans pour autant renier sa culture, et qui « s’occidentalisait », comme l’on disait alors, du fait de changements dans le mode de vie : abandonner la hara pour habiter dans les quartiers du Passage ou de Lafayette dans des appartements neufs, clairs, lumineux; porter des vêtements modernes; donner des prénoms français aux enfants et les scolariser pour leur faire faire de bonnes études et leur assurer une promotion sociale, etc.
 

Les Zirah et la France

D’après quelques faits divers publiés dans la presse et des recherches concernant ces personnes, des Tunisiens, portant le patronyme Zirah et tous commerçants, se sont installés en France dès la fin du XIX° siècle. Le premier semble être Mardochée Zirah, né à Tunis en 1869, fils d’Élie et de Rachel Cohen. Voyageur de commerce, il épouse le 23 février 1897, à Paris [15], Mathilde Marie Bloch. Le couple a 3 enfants dont 2 résistants, morts en déportation : Élie Victor (Le Havre 1899 – Sobibor 1943 [16]) et Mayer Maurice (Paris 1905 – Auschwitz 1942 [17]). Établi marchand de tapis à Paris, Mardochée fait faillite en 1909, puis divorce en 1912, avant de se remarier, en 1914 à Marseille, avec une jeune Algérienne : Emilie Mezltoub Saffar (Cherchell 1889 – Neuilly-sur-Marne 1935). Mardochée a pour domicile ʺLe Cottageʺ à Nice, il va en villégiature à Aix-les-Bains [18], ce qui laisse supposer un train de vie aisé.
Mardochée était peut-être un frère cadet de Joseph. Son installation en France, son aisance financière a-t-elle déclenché une envie d’ailleurs dans la famille restée en Tunisie ?
C’est vers 1907 qu’une sœur de Félix, Émilie, arrive, la première de la fratrie, en France avec son époux Jacques Marzouk et leurs deux enfants. Pourtant, Jacques avait une ʺbelle situationʺ à Tunis : il était directeur du Bureau de placement au n°12 rue de Rome, avant de s’installer négociant. On le retrouve, en 1908, parfumeur à Toulouse où naît leur fille Germaine. Puis la famille part pour la Belgique où elle va vivre pendant quelques années à Uccle (arrondissement de Bruxelles) [19]. Émilie et Jacques sont tous deux négociants, comme indiqué dans l’acte de naissance de leur fille Caroline Stéphanie [20]. Mais en 1914, la guerre ayant éclaté, Emilie est évacuée de Bruxelles à Lyon (Rhône) [21]. Son mari l’a-t-il rejointe à Lyon ? ou se sont-ils retrouvés plus tard à Paris ?
En 1920, la fratrie est réunie à Paris, autour de leur mère, Esther, veuve. Dans la mémoire familiale des Zirah, « ils sont partis car leur maison avait été cambriolée ». Vraisemblablement, différentes raisons ont poussé la famille à quitter la Tunisie : la mort du père, le départ vers 1907 d’Émilie et de sa famille, le désir de réussir, mais aussi les pogroms de 1918 à Sfax, Sousse et dans la capitale.
« 11 novembre 1918, la population de Tunis célèbre l’armistice. Le petit Victor [22] est venu voir le défilé des drapeaux quand, soudain, des agitateurs enturbannés jettent à la vindicte de la foule les planqués, les profiteurs qui se sont engraissés alors que les autres se battaient en Europe : les juifs. Un pogrom se déclenche dans le quartier israélite et l’enfant, terrorisé, doit se cacher sous le lit parental [23]. »
À Paris, les deux fils et leur mère habitent au n°19 rue des Messageries, puis en 1921 au n°78 avenue Jean Jaurès. Ils sont alors rejoints par leur cousin germain, Simon Elhaïk [24], qui se met à la recherche d’une chambre meublée avec pension [25].
C’est une époque heureuse. En 1922, la fille d’Émilie et de Jacques Marzouk, Marcelle, « une brune fine et élégante, aux longs yeux noirs [26] », est élue reine du Carnaval de Paris X°, fait que relate la presse parisienne, ainsi que les Annales coloniales dans un entrefilet au titre accrocheur ʺLa Tunisie conquiert Parisʺ, publié en première page [27]. On imagine la joie et la fierté de la famille.
La famille s’agrandit, de nouveaux couples se forment. C’est d’abord Élie Émile Zirah qui épouse, le 28 mai 1921 à Gagny [28], Madeleine Bouchand (Puteaux 1901 – Bobigny 1998) ; puis leur cousin, Simon Elhaïk (Tunis 1894 – Paris 1989), se marie le 26 octobre 1922 à Paris [29] avec Marie Estrade. Félix Zirah est présent aux deux mariages.
Après, tout naturellement, des naissances viennent égayer le foyer d’Élie Émile et Madeleine : Simone (Paris 1922 – Chartres 2021), Joseph Georges (Lyon 1923 – Montreuil 2017), Jean Roger (Bordeaux 1927 – Villevaudé 1985) et Marcel Eugène (Villemomble 1933 – Le Raincy 2008), ainsi que celui de Simon et Hélène : Jeannine (Paris 1924 – Saint-Maurice 2016) et Jacques David (Bordeaux 1928 – Paris 2012), plus – d’après la mémoire familiale – un enfant dont l’identité et la naissance n’ont pas été retrouvées.
 

Élie Émile et sa famille [30]

 
Les villes de naissance des enfants indiquent les pérégrinations des pères en quête d’une bonne affaire. Les hommes de la famille sont d’abord brocanteurs, avant de s’établir bijoutiers. Ainsi, le beau-frère de Félix, David Smadja, négociant en bijoux, a une boutique située au 3ème étage d’un immeuble sis au n°1 boulevard Bonne-Nouvelle à Paris ; il y est agressé 2 fois : d’abord en février 1934 [31], ensuite en décembre 1937 [32], ce qui va faire couler beaucoup d’encre dans les journaux, faisant même un gros titre avec photo en première page : ʺUn bijoutier est attaqué dans son magasin… et son agresseur est égaré entre les lieux du drame et le commissariatʺ, avec force détails donnés en page 4.
 

David Smadja [33]

 

De brocanteur à Paris à courtier à Lyon

En 1921, Félix Zirah vit avec sa mère au n°78 avenue Jean Jaurès (XIX°). Il fait paraître une annonce indiquant qu’il recherche 2 pièces ou bien 1 pièce et entrée pour un bureau à Paris [34], vraisemblablement pour s’établir à son compte. L’année suivante, il est mentionné en tant que brocanteur, domicilié au n°17 rue de Moscou (VIII°), dans l’acte de mariage de son cousin Simon Elhaïk. Mais, le 31 octobre 1922, il subit une condamnation à 6 mois de prison avec sursis et 500 francs d’amende pour recel et infraction aux lois sur les brocanteurs. A-t-il été trop confiant en achetant des objets sans en demander l’origine ? A-t-il fermé les yeux sur la provenance des objets ? Ou a-t-il été berné ? Cette mauvaise expérience l’incite à quitter la capitale pour Lyon.
« Les travaux de François Delpech [35] associent la population juive lyonnaise d’avant-guerre à une présence comtadine et ashkénaze à laquelle s’ajoutent quelques familles séfarades du Maghreb. Alors que les juifs du Maroc, peu qualifiés, se sont installés aux marges de la ville, près des usines chimiques, ceux d’Algérie et de Tunisie se sont établis dans la Presqu’île ou sur les pentes de la colline de la Croix-Rousse, à proximité de l’activité marchande qui les occupe au quotidien. Beaucoup sont boutiquiers, colporteurs, forains, brocanteurs, etc. » [36]
Vraisemblablement, Félix, puis son frère ont été attirés par les nombreux avantages qu’offrait Lyon, favorisée par son réseau ferroviaire, véritable noeud de communication, seconde ville d’importance économique et commerciale après Paris, ainsi que par la présence de commerçants d’origine tunisienne, déjà bien établis autour de la place Bellecour, comme les Boccara [37].
Félix se fait rapidement une situation. En 1924, on le voit en villégiature au Grand Hôtel  Cosmopolitain à Aix-les-Bains [38].
 

Grand Hôtel Cosmopolitain

En 1926, il fait commerce de vente et achat de matériaux précieux. Peu avant ses noces, mais aussi pour avoir toute latitude dans ses affaires, il cède, « suivant acte sous seings privés en date du 12 janvier 1926 à Lyon […] sa part indivise dans le droit au bail d’un local commercial sis à Paris 25 rue Bergère [39] » à son frère, Élie Émile, domicilié 36 rue de Dijon à Lyon, et à son cousin, Simon Elhaïk, domicilié 19 rue Margaux à Bordeaux. Désormais, Élie Émile et Simon seront tous deux en affaires : d’abord à Bordeaux [40] où leur beau-frère Élie Émile Smadja leur vend un droit au bail de locaux sis 42 cours de l’Intendance à Bordeaux (quartier huppé de la ville), puis dans un « commerce de bijoux situé 8 boulevard Montmartre à Paris- Société à responsabilité limitée formée au capital de 50.000 fr. (50 parts de 1.000 fr.). [41] »
 

Un étranger suspect devenu indésirable

Quelques jours plus tard, le 16 janvier 1926 [42], Félix épouse à Lyon Germaine Élise Pistré (Paris 1899 – Argenteuil 1982), dont les parents sont décédés. Leurs témoins sont Georges Brami [43], étudiant, et son épouse, Suzanne Laurent. Aucun membre de la famille ne semble assister à la cérémonie. Tous deux habitent au n°32 rue Ferrandière, une rue où des juifs venus du Maghreb vivent dans des meublés. À cette adresse, il tient un bureau qu’il a dénommé ʺLe Comptoir de l’Orʺ où il pratique son commerce ; il a ouvert également en 1926, sous le nom de ʺSIMONʺ, un bureau 1 place des Cordeliers (fermé en septembre 1928). Il occupe un employé et une dame Christé [44]. Si, dans le recensement de 1926, il est dit brocanteur [45], en 1929 il se déclare « courtier en bijoux » [46] et ne vit que de ce commerce. Ces deux dénominations professionnelles indiquent clairement son ambition et son désir d’ascension sociale. 
Dans un rapport du 26 septembre 1926, le Commissaire spécial de Bellegarde signale au Service de la Sûreté de Lyon « un couple suspect qui, lors de son passage à Bellegarde, était porteur d’une petite boîte contenant des bijoux. Il s’agissait de ZIRAH et de son employée, la nommée CHRISTE Émilie Olga, âgée de 25 ans, de nationalité française, qui passe pour être sa concubine. ZIRAH avait déclaré se rendre à Genève [47]. »
C’est alors un bel homme d’«1,70 m – cheveux grisonnants, barbe coupée à l’américaine, visage ovale, teint mat [48]» . Son succès professionnel et son physique avantageux l’ont-ils grisé au point de s’égarer dans une aventure avec son employée ? Ou bien est-ce le début d’une grande histoire d’amour ?
Très vite, la vie du couple Félix-Germaine se détériore : après une ordonnance de non-conciliation en 1927, ils se séparent en 1928, leur divorce est prononcé le 19 avril 1929 à Lyon « aux torts exclusifs de la femme et au profit du mari [49]. »
Aux problèmes conjugaux s’ajoute une nouvelle affaire judiciaire. Le 10 décembre 1928, Félix est condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à 16 francs d’amende « pour infraction à la loi du 19 brumaire an VI [50] et recel », car il a acheté des bijoux provenant d’un vol. Désormais, il est classé « Étranger passible d’expulsion ». Mais la seconde condamnation étant légère, il bénéficie d’une certaine indulgence vu les informations collectées sur lui.
« Les renseignements recueillis sur le compte de cet étranger ne lui sont pas défavorables. Il a satisfait aux loi et décret sur le séjour des étrangers en France. Je suis d’avis qu’il n’y a pas lieu de provoquer l’expulsion du susnommé mais il devra être prévenu que si, à l’avenir, il vient à commettre une nouvelle faute, cette mesure sera prise à son encontre [51]. »
Le 19 avril 1929, le Secrétaire général pour la police du Rhône adresse au ministre de l’Intérieur un épais dossier comprenant une présentation de Félix Zirah, un rappel des faits et de la précédente condamnation, ainsi qu’une notice individuelle. Il conclut sa lettre par ces mots : « C’est pourquoi, bien que les renseignements recueillis actuellement sur cet étranger ne soient pas défavorables, j’estime qu’il y a lieu de prononcer l’expulsion du nommé ZIRAH [52]. » Une semaine plus tard, un arrêté d’expulsion [53], publié à l’encontre de Félix, suit donc cet avis, car « la présence de l’étranger sus-désigné sur le Territoire français est de nature à compromettre la sûreté publique [54]. » Pour ces raisons, il est enjoint à Félix de quitter le territoire français.
En l’absence de chiffres précis pour 1929, l’on peut citer ceux de 1931, année de recensement où l’on dénombre 2 890 000 étrangers résidant en France, soit  près de 7% de la population totale [55]. Près d’un million d’entre eux sont naturalisés entre 1921 et 1939 (principalement des Italiens, des Polonais, des Espagnols et des Belges), la naturalisation permettant notamment d’éviter d’être rapatrié dans les années 1930. Or, bien qu’il soit l’époux d’une Française, Félix n’a pas demandé à être naturalisé, il reste donc ʺTunisien protégé françaisʺ. Le statut hybride de ʺprotégéʺ existait déjà dans le cadre du régime des capitulations de l’Empire ottoman, il conférait à des personnes la protection du sultan ou d’un consul qui n’était pas celui de l’État d’origine. Après 1881, dans la Régence de Tunis sous protectorat français, règne un principe de co-souveraineté avec le maintien des entités étatiques précoloniales ; par conséquent, du point de vue du droit de la nationalité, la Tunisie demeure pour la France un pays étranger comme le rappellent à l’époque les textes de lois et les nombreuses jurisprudences sur le sujet. C’est en partie pour résoudre les conflits d’identification, qui concernent les protégés européens, que la nationalité tunisienne est créée en 1914 [56].
Le 2 mai 1929, le commissaire-chef de la Sûreté de Lyon signifie à Félix Zirah l’arrêté d’expulsion pris à son encontre, en lui indiquant qu’il a un délai de 20 jours pour quitter le territoire et qu’il doit remettre sa carte d’identité. Or, dans la France de l’entre-deux guerres, « La carte d’identité est le bien le plus précieux d’un étranger vivant en France. Sans elle, il est hors la loi » [57], en vertu des deux décrets d’avril 1917 par lesquels le ministère de l’Intérieur obligeait tous les étrangers installés en France à posséder désormais une carte d’identité. « Qu’il agisse par volonté délibérée d’enfreindre ou de contourner les règles, par méconnaissance des normes en vigueur, par un souci renouvelé de légaliser sa situation, l’étranger était désormais soumis à d’incessantes vérifications [58]. »
Dès qu’il est avisé de cet arrêté d’expulsion, Félix Zirah écrit au préfet pour justifier sa pratique et se défendre de toute malhonnêteté, dans une lettre qui révèle un homme posé.
« On me signifie un arrêté d’expulsion rendu contre moi le 27 avril 1929 à la suite d’une condamnation bien légère à 16 F d’amende. Encore cette infraction était très particulière car si mon registre ne portait pas la mention voulue par la loi, un brouillon ainsi qu’on a pu le constater enregistrait l’opération que j’avais faite normalement. Ce n’était point occasionnel, j’avais l’habitude de procéder ainsi depuis plusieurs années et j’ai pu produire pour le prouver des milliers de brouillons semblables. » [59]
Félix Zirah conclut par une demande d’autorisation temporaire de rester à Lyon, ce qui lui est accordé le 10 juin 1929, à la suite d’une intervention du député du Rhône, Joanny Coponat, au ministère de l’Intérieur. (L’on peut se demander à quel titre Félix a pu bénéficier de la protection du député.) Le préfet du Rhône est alors informé que Félix Zirah est autorisé « à résider en France pendant 3 mois à titre d’essai et sous réserve de conduite irréprochable » [60], à compter du 15 juin 1929. Félix est alors invité à formuler une nouvelle demande d’autorisation de séjour et à souscrire une nouvelle demande de carte d’identité. Puis, le 7 septembre, le ministre de l’Intérieur « autorise le nommé ZIRAH Félix à résider en France par voie de sursis trimestriels renouvelables et sous réserve de conduite irréprochable. » [61] Désormais, ce sera la routine administrative de Félix : 15 jours avant l’échéance de chaque sursis, il doit présenter une nouvelle demande d’autorisation de séjour et transmettre son récépissé de demande de carte d’identité. En parallèle à chaque requête de Félix, le commissaire-chef de la Sûreté informe le secrétaire général pour la police que la situation de ZIRAH n’a pas changé et que « Les renseignements recueillis sur le compte de cet étranger sont bons. » Enfin, le 20 mars 1930, le ministre de l’Intérieur autorise Félix à résider dans le Rhône par voie de sursis annuels renouvelables, toujours « sous réserve de conduite irréprochable ».
Sa situation étant réglée, Félix convole alors en secondes noces. Le 22 juillet 1930, il épouse à Lyon [62] Émilie Olga Christé, la jeune femme qui était son employée depuis quelques années.
Émilie Olga est née le 17 mars 1905 à Villefranche-sur-Saône (Rhône), fille de François Emile Christé (Bassecourt 1875 – Villefranche ? vers 1923), accordeur de pianos suisse, et de Marie Marguerite Clerc (Tossiat 1888 – Lyon 1963), une forte femme qui ne se laissera pas abattre par les aléas de la vie. Émilie Olga est l’aînée ; suivent Georges Émile (Saint-Etienne 1906 – Villefranche 1925), André Philippe (1910 – 1910 dans le Rhône), Louis Gustave (L’Arbresle 1914 – Lyon 1990), Eugénie Flavie (Lyon 1918 – Francheville 2003) et François Émile (Villefranche 1921 – Lyon 2016). Devenue veuve avec 6 enfants, Marie Marguerite se remarie en 1924 [63] avec Félix François Fournier, ferblantier puis marinier, condamné en 1931 et en 1934 « pour pêche la nuit sans autorisation » [64] ; avec lui, elle a 2 fils : Antoine (Villefranche 1924 – Lyon 2010) et Jean Lucien (Villefranche 1927 – Tassin-la-Demi-Lune 2011). En 1931, le couple est séparé, Marie Marguerite, devenue lingère, élève seule ses enfants [65]. Émilie Olga reste très attachée à sa famille, comme en témoigne sa présence lors des mariages de sa sœur Eugénie Flavie, en 1937 [66], puis de son frère Louis Gustave, en 1938 [67].
 

La parenthèse bruxelloise

Cette situation administrative précaire dure jusqu’à la fin de l’été. Le 27 août 1930, le commissaire-chef de la Sûreté du Rhône envoie un long courrier de 3 pages au secrétaire général pour la police à Lyon, écrivant d’emblée que « […] d’après les nouveaux renseignements recueillis, cet étranger ne mérite plus la mesure de bienveillance prise en sa faveur. » [68] Et, pour justifier le fait que Félix Zirah soit « peu scrupuleux en affaires », il détaille les 2 condamnations et 3 recels non jugés.
Les deux premiers étaient déjà connus de la police. En 1925, sur son ordre d’après la police, son employé Bramy, de nationalité tunisienne, a acheté pour 6.500 francs une bague que lui présentait une jeune fille mineure, Jeanne Meunier, accompagnée d’une dame Perret, toutes deux bonnes chez Mme Mathieu, à laquelle la bague, d’une valeur réelle de 35.000 francs, avait été dérobée. Mme Mathieu n’ayant pas donné suite à sa plainte, Zirah n’a pas été autrement inquiété.
Le 26 septembre 1926, comme nous l’avons vu, le Commissaire spécial de Bellegarde signalait au Service de la Sûreté de Lyon « un couple suspect [69]» qui transportait un petit coffret avec des bijoux. Recel de vol par Félix ? ou bien attitude de suspicion du côté de la police ? Il n’y eut aucune poursuite judiciaire.
Enfin, la 3ème accusation est beaucoup plus grave car le commissaire-chef de la Sûreté implique Félix dans l’affaire Ennio De Renzi qui défraya la chronique en 1928 : « De Ranzi étant de passage à Lyon, Zirah lui acheta des bijoux qui provenaient d’une tentative d’assassinat suivie de vol, commise à Monte-Carlo le 4 août 1928. Il avait été volé pour 60.000 francs de bijoux. » [70]
« Lyon, 22 août, télégra. Matin. – La Sûreté de Lyon vient d’arrêter un dangereux malfaiteur, l’Italien Ennio de Renzi, né à Rome, le 27 janvier 1893. De Renzi, escroc international et habile pickpocket, avait déjà opéré en France, notamment à Amiens et à Nice. » [71]
Rappelons les faits : De Renzi entra dans la bijouterie Poutignat à Nice, sous prétexte d’acheter une bague ; profitant de l’absence d’autres clients, il assomma la vendeuse, Mme Ginguietti (ou Ginginetti ou encore Ginginette, selon les journaux), et vola des bijoux. Il se réfugia à Lyon où il en écoula une partie. Surveillé par la police car il changeait régulièrement d’hôtel, il fut rapidement arrêté, écroué en attendant son transfert à Nice, avant son extradition à Monte-Carlo.
« Lyon, 23 août. – La justice monégasque a demandé par télégramme l’extradition de l’Italien Ennio de Renzi, qui, le 5 août, avait assommé une vendeuse de bijouterie à Monte-Carlo et ensuite volé 60.000 francs de bijoux. On a retrouvé la plus grande partie des bijoux volés chez des commerçants lyonnais, à qui de Renzi les avait vendus. » [72]
Ces informations furent relayées rapidement par d’autres journaux [73]. La justice condamna Ennio De Renzi et un acolyte, un certain Ricardo De Sienna [74], mais Félix Zirah ne fut jamais inquiété. Il apparaît donc clairement que la police a noirci le portrait de Félix en lui attribuant des méfaits qu’il n’avait pas commis, pour pouvoir l’expulser. Le commissaire-chef de la Sûreté conclut sa lettre en demandant que soit donc remise en vigueur la mesure d’expulsion prise le 27 avril 1929, car la présence en France de cet étranger ne doit plus être tolérée. Aussitôt, le préfet du Rhône écrit au ministre de l’Intérieur que, « d’après les nouveaux renseignements recueillis, cet étranger ne mérite plus la mesure de bienveillance prise en sa faveur » [75], reprenant la liste des délits, réels ou supposés, de Félix, sauf l’affaire Ennio De Renzi. En somme, dans un contexte politique et social tendu, vu les deux condamnations et surtout les soupçons de malhonnêteté pesant sur lui, Félix est devenu « indésirable ».
« Dans une thèse de droit soutenue en 1914 […], Georges Dallier appelle ainsi à prendre de vigoureuses mesures contre les « indésirables » qu’il définit ainsi: « [L’étranger indésirable] n’est pas le travailleur placide, honnête, respectueux des lois de police et de sûreté […] ni le touriste qui contribue à la prospérité générale, ni le commerçant qui s’enracine chez nous et dont l’intérêt devient solidaire du nôtre. Celui qu’il faut atteindre c’est l’indésirable […], l’espion, le malfaiteur, le vagabond, le fraudeur, l’habitant d’une contrée contaminée, etc., celui en somme qui sème le trouble, qui met en péril notre travail et notre sécurité.» Protéger les communes françaises « envahies par cette lèpre et qui prennent l’aspect d’un quartier de Varsovie ou d’un faubourg de Fez » lui apparaît ainsi comme une urgence absolue. » [76]
En adéquation avec la législation de l’époque, mais aussi par méfiance, le préfet conclut : « J’estime que la présence en France de cet étranger, qui se livre toujours à des tractations louches, ne doit pas être tolérée plus longtemps [77]. » La réaction est immédiate : le ministre de l’Intérieur ordonne au préfet du Rhône de remettre immédiatement en vigueur l’arrêté d’expulsion pris le 27 avril 1929 à l’encontre de Félix.
L’abondante correspondance administrative conservée aux archives départementales du Rhône montre bien l’empressement des autorités à organiser l’expulsion de Félix ; ainsi, un courrier du Commissaire-chef de la Sûreté de Lyon indique que ZIRAH a été invité à quitter « notre » territoire dans un délai de 10 jours expirant le 28 septembre, que son récépissé lui a été retiré, qu’un délai supplémentaire expirant au 20 octobre lui a été accordé, enfin que « Le départ de cet étranger sera vérifié. » [78]
Vu qu’il n’a plus de pièce d’identité ni de titre de séjour, Félix a dû faire la demande d’un passeport pour quitter le territoire français avec son épouse. Après enquête de la police sur cette demande et un avis favorable émis, un passeport – de validité limitée du 9 au 20 octobre 1930 et sans retour en France – est délivré à Félix Zirah le 9 octobre, cependant qu’un passeport français est remis à son épouse qui est restée de nationalité française ; « le nommé Zirah a fait connaître qu’il partirait le 17 octobre pour la Belgique [79]. » Le chef de la Sûreté est chargé de contrôler son départ.
 

Photos d’identité de Félix et Olga Zirah [80]

 
Quelques jours plus tard, Félix et Olga Zirah arrivent en Belgique. Leur domicile est situé au n°7 rue des Pierres à Bruxelles. Nous ne savons pas s’il a travaillé ou s’il a vécu de ses économies. Bien entendu, les autorités belges sont intriguées, voire méfiantes à l’égard de cet étranger expulsé de France et demandent des explications [81]. La parenthèse bruxelloise se termine le 19 février 1931 quand Félix est autorisé à séjourner pour un mois dans le département de la Seine [82].
Bien que la police et la Sûreté de Lyon en soient informées, pourtant, devenues schizophréniques, elles vont le rechercher dans la capitale des Gaules et dans le Rhône. « Au cas où cet étranger serait découvert à Lyon, il y aurait lieu de l’inviter à se rendre dans le département de la Seine dans les 24 heures, faute de quoi l’intéressé sera arrêté pour infraction à l’arrêté d’expulsion pris contre lui [83]. » Mais les recherches sont vaines, les réponses de la police de Lyon sont toujours les mêmes pendant des mois : « le né ZIRAH Félix, de nationalité tunisienne, expulsé de France, a été vainement recherché [84]. » Un dernier courrier du Commissaire-chef de la Sûreté clôt le dossier : « Zirah a été vainement recherché, sa belle-mère, Mme Fournier, et son neveu, M. Bramy, n’ont plus eu de nouvelles depuis son départ fin octobre 1930. Depuis le 1er décembre, Zirah ne possède plus de boîte aux lettres au 32 rue Ferrandière à Lyon. » [85]
Cette épreuve a-t-elle incité Félix Zirah à réfléchir ? Contrairement à ceux qui gomment, de manière plus ou moins consciente, leurs écarts de conduite afin de conserver une bonne image de leur personne, ce que les scientifiques appellent « l’amnésie éthique », Félix est sans doute retourné en esprit sur les évènements qui ont conduit à son expulsion de France. Désormais, il va vivre très discrètement.
 

Une vie tranquille à Paris

    Le 4 mars 1931, de retour de Belgique, Félix s’installe à Paris. Le ministère de l’Intérieur est au centre de démarches de la part du préfet de la Seine pour qu’il prenne une décision, et aussi de la part d’Émilie Olga pour le renouvellement du sursis en faveur de son époux. Trois semaines plus tard, Félix est avisé qu’une autorisation de séjour de 3 mois lui est accordée. Il habite alors au n°40 rue Nollet, dans le quartier des Batignolles, ensuite au n°13 rue du Maine (XIV°) « où il occupe avec son épouse une chambre d’un loyer mensuel de 230 francs, régulièrement payé » [86], dans un petit immeuble de 3 étages, qui comprend des appartements et des locaux d’activité au rez-de-chaussée. Félix est employé en tant que vérificateur aux Établissements frigorifiques dont le siège social se situe rue d’Astorg à Paris.
Le 6 mai 1931, s’ouvre l’exposition coloniale internationale à Paris qui va attirer près de 8 millions de visiteurs, venus accomplir ʺle tour du mondeʺ selon le slogan de l’époque. La manifestation de la Tunisie à l’Exposition Coloniale consiste dans une sorte de synthèse de la vie indigène représentée par une Cité composée d’un pavillon officiel d’architecture arabe, sur lequel viennent se greffer des souks, reproduction fidèle de ceux de Tunis, avec leurs artisans et leurs boutiquiers. Félix y est-il allé, poussé par la curiosité ou empli de nostalgie de son pays natal ?
En juin 1933, l’inspecteur Schwartz, de la préfecture de police de la Seine, adresse au Directeur adjoint, chef du Service Protection et surveillance des indigènes nord-africains, un rapport dans lequel il indique que la situation de Félix n’a pas changé depuis avril 1931 et que le rapport de moralité est excellent. Au-delà de leurs qualités personnelles, Félix et Émilie Olga donnent l’image d’un couple uni, soudé, malgré les déboires judiciaires et les vicissitudes.
 

Extrait du rapport Schwartz [87]

 
« Les renseignements recueillis sur le compte de ce protégé français, lui étant favorables » [88],  l’arrêté d’expulsion est rapporté officiellement en juillet 1933 [89] et notifié à Félix le 10 août. Dès lors, Félix et son épouse vont mener une vie tranquille, entre travail et relations familiales. Les liens avec la famille Christé, toujours établie dans la région lyonnaise, perdurent, non seulement par des aides financières, mais aussi par des visites. Ainsi, Émilie Olga est le témoin de sa sœur, Eugénie Flavie, lors de son mariage en 1937 [90], puis, l’année suivante, au mariage de son frère, Louis Gustave [91]. Bien que les Zirah et familles alliées (Smadja, Marzouk et Elhaïk) vivent toutes dans la région parisienne, il semblerait qu’elles se voient parfois, mais il n’est pas possible de connaître précisément leurs rapports en l’absence de souvenirs familiaux ou d’actes de mariage, car la 2ème génération ne va se marier qu’après la guerre, mis à part deux jeunes gens.
 

Familles de Félix et Émile Zirah en promenade [92]

 

Guerre et drames familiaux

Le 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne après l’invasion de la Pologne. Pourtant, aucune bataille majeure n’a lieu en Europe de l’Ouest ; pendant des mois, les soldats français attendent, en station derrière la ligne Maginot. La « drôle de guerre » se termine le 10 mai 1940 quand l’Allemagne décide de violer la neutralité belge et hollandaise pour pénétrer en France. Le 28 mai, la Belgique est conquise. Le « grand exode » jette sur les routes les Belges, puis les Français dont les deux tiers des Parisiens, soit environ 2 millions de femmes, d’hommes et d’enfants.
Face à l’avancée des troupes allemandes, le général Pierre Hering, gouverneur militaire de Paris, indique, le 11 juin 1940, que la capitale a été déclarée ville ouverte, considérant qu’il est inutile de défendre militairement Paris. Le 14 juin, les troupes allemandes entrent dans Paris qui, dès lors, cesse d’être la capitale du pays pour devenir le siège du commandement militaire allemand en France, impliquant une forte présence de troupes et de services des ennemis.
« À l’été 1940, les Français n’avaient pas devant les yeux les quatre années qu’ils allaient vivre. L’occupation n’a pas commencé par Oradour-sur-Glane. […] L’occupation fut une mise à l’épreuve de la société française tout entière. Elle a donné naissance à des réactions de sens contraire, et aussi à des attitudes floues, incertaines, ambivalentes. Personne ne fut dispensé d’un choix. » [93]
Si la plupart des membres de la famille reste à Paris, quelques-uns cependant quittent la capitale, comme Élie Émile Zirah, Madeleine et leurs enfants :
« Pendant la guerre ils sont descendus dans le Sud de la France pour l’été, mon grand-père Georges a attrapé le typhus et ils ont prolongé leur séjour à cause de cela. Madeleine est remontée chercher des vêtements d’hiver et a compris qu’il valait mieux rester là-bas. Ils sont restés cachés à Pau jusqu’à la libération. » [94]

Restés sans nouvelles, les ʺParisiensʺ sont inquiets. Leur neveu, Maurice, lance un appel dans un quotidien : « Pour entrer en contact avec des réfugiés : MARZOUK Maurice 11 boulevard Port-Royal à Paris. » [95]
Après la débâcle de mai-juin 1940, les pleins pouvoirs sont donnés à Pétain. Le gouvernement de Vichy va très vite prendre des mesures anti-juives. L’antisémitisme d’État, qui accuse les Juifs de tous les maux, est d’abord fait d’exclusion et d’appropriation. Le 3 octobre 1940, le gouvernement de Vichy promulgue le premier Statut des Juifs et débute la politique d’aryanisation économique. Le processus de spoliation mis en place par les nazis est secondé par le gouvernement de Vichy : définir qui est juif et recenser les juifs, pour mieux leur interdire leurs activités professionnelles et enfin pour les voler en confisquant leurs entreprises et en les liquidant ou en les vendant. Le processus s’appuie sur une série d’ordonnances allemandes (27 septembre 1940 et 26 avril 1941) ainsi que sur la loi française du 2 juin 1941. Très rapidement, en moins d’un an, la juridiction est complète pour faire disparaître de l’économie française toute présence juive.
 

Entreprise juive [96]

 
Simon Elhaik fait partie des victimes spoliées : en 1941, André Verdier, expert-comptable, est nommé administrateur provisoire du fonds de commerce d’horlogerie, bijouterie et optique sis 50 rue Lecourbe à Paris (que Simon avait acheté en 1933 pour quitter Bordeaux [97]) qu’il vend, en 1943, à Mme Yvonne Louise Jollain, bijoutière, épouse de Léon Jean Victorin Rossat [98]. Son neveu, Georges Brami voit également son commerce, exploité 95 rue de l’Hôtel-de-Ville, sous le nom de Comptoir des perles et métaux précieux, vendu par M. Madignier, administrateur-liquidateur, à la suite de l’ordonnance du Tribunal de commerce, en date du 1er juin 1942 [99].
L’année 1941 aurait pu apporter un peu de joie, car Émilie Olga attend un bébé. Malheureusement, elle décède le 26 juillet [100] à l’hôpital Cochin, boulevard Port-Royal à Paris, après avoir mis au monde la petite Olga Tita Rose. Le bébé ne va pas survivre et meurt le 9 novembre au domicile paternel, au 25 cours Suchet [101].
Les différentes adresses de Félix à cette époque indiquent les déménagements incessants, sans doute pour se cacher par peur des rafles ou des dénonciations. Car l’Occupation engendre une atmosphère de terreur à Paris. L’antisémitisme est accru par les lois de Vichy, par la collaboration, par une atmosphère générale de haine de l’Autre : le communiste, le franc-maçon, le tsigane…et le juif !
Créé en mars 1941 par le gouvernement de Vichy, sous l’impulsion du SD (Gestapo) et de l’Ambassade allemande à Paris, le Commissariat général aux questions juives (C.G.Q.J.) devait remplir essentiellement deux tâches, selon Hannecker [102] : « d’une part “la direction et l’orientation d’un Institut purement français pour l’étude de l’influence juive,” […]  d’autre part “l’orientation de la propagande anti-juive, suivant les principes qui sont importants dans le cadre du plan d’ensemble et déterminés, à leur tour, par le travail général de l’Office juif.” » [103]
Organisée par les Allemands et l’IEQJ, l’exposition ʺLe Juif et la Franceʺ, inaugurée le 5 septembre 1941, a pour but d’éclairer les Parisiens sur « la race juive », sur le Statut français des juifs du 3 octobre 1940 et l’ordonnance allemande du 26 avril 1941 qui pouvaient sembler trop théoriques. Mettre des images sur les mots est bien plus concret. « Pour chacun de ces sujets, précise le programme de l’exposition, un Juif (présentant les particularités de sa race) est représenté en dessins ou photographies agrandies avec un texte s’y rapportant. Preuves à l’appui, lettres, journaux, livres, photos, documents originaux sont ajoutés.  » [104]
 

Affiche de l’exposition Le Juif et la France sur la façade du palais Berlitz [105]

 
« À moyen terme, l’exposition voudrait préparer l’opinion française à l’extermination de la population juive. » [106] L’exposition prend fin le 15 janvier 1942, au-delà de la date prévue pour que les gens de province, venus à Paris pendant les fêtes, puissent la visiter et « s’instruire de la question juive » [107]. Malgré une publicité massive, il ne semble pas que l’exposition ait eu le succès escompté.
L’année 1942 constitue un tournant en France par l’imposition de l’étoile jaune pour les Juifs, par la généralisation des rafles et des déportations.
Le 27 mars 1942, le premier train de déportés juifs, appelé Convoi 1, quitte la France pour le camp d’Auschwitz-Birkenau, dans la Pologne occupée par Hitler, transportant 1 112 hommes en tout. 19 seulement en reviendront [108].
Les 16 et 17 juillet 1942, a lieu la grande rafle du Vél’ d’hiv’, puis dans les mois suivants se succèdent les rafles de Périgueux, de Limoges, du Nord-Pas-de-Calais, etc.
La famille Zirah n’est pas épargnée [109]. Le 21 septembre 1942, David Smadja, l’un des beaux-frères de Félix Zirah, est déporté de Pithiviers par le convoi n°35 et exécuté dès son arrivée à Auschwitz. En 1943, la famille Marzouk est également touchée : Wanda Schlesinger [110] et sa fille Francine Taïta Marzouk [111] sont arrêtées, internées à Drancy et déportées le 20 novembre 1943, par le convoi 62, à Auschwitz d’où elles ne reviendront pas.
À quel moment Félix s’est-il décidé à se réfugier à Lyon ? Après ses deuils personnels ? Après la rafle du Vél’ d’hiv’ ? Après l’arrestation de David Smadja ?
 

Réfugié à Lyon

La spécificité de Lyon et de sa région dans la Seconde Guerre mondiale ne tient pas seulement au fait qu’elles appartiennent jusqu’à la fin 1942 à la zone dite libre, que Lyon a été nommée capitale de la résistance, mais surtout au fait que ces territoires ont été des lieux de refuge pour les populations menacées par les nazis, notamment les Juifs de l’Europe de l’est et du nord qui croyaient trouver là un endroit sûr et protégé.
En vertu des deux statuts des Juifs, le gouvernement de Vichy pratique dans la zone sud des arrestations de Juifs. Ainsi devance-t-il les demandes de l’occupant en participant directement à la déportation des Juifs.
Le 20 août 1942, Lyon est le théâtre de rafles de réfugiés juifs étrangers [112], ordonnées par le régime de Vichy, un épisode peu connu du public, à la suite de celle du Vel d’hiv à Paris ; 545 personnes sont déportées. Le 5 septembre 1942, le cardinal Gerlier publie une lettre pastorale dans laquelle il dénonce la persécution des Juifs. Le chef de la Gestapo, Klaus Barbie, dirige la répression contre la Résistance et les Juifs, le nombre de personnes arrêtées et déportées dans la région ne cesse d’augmenter à partir de 1943.
« Nous avons tous bon espoir que la guerre finira bientôt. Les alliés et leur armada progressent sur les plages normandes depuis le six juin 1944. » [113]
Mais Félix Zirah n’a pas le temps de se réjouir. Il est « arrêté par la Gestapo à son domicile le 7 juin 1944 au matin », 147 cours Henri, dans le quartier Montchat à Lyon [114].
 

Cours Henri à Lyon

 
Pourquoi a-t-il été arrêté dans ce quartier tranquille ? dénoncé ? par hasard ? par malchance ? À cause de son dossier d’étranger connu des services de police et de la Sûreté ? Car le système d’identification des étrangers a prévu un enregistrement des données personnelles, puis l’imposition d’un titre d’identité aux étrangers a provoqué la naissance d’un système de contrôles croisés qui ont touché autant au statut civil et économique qu’à l’activité politique. « L’entreprise policière d’enregistrement des étrangers en France aboutit à la fin des années 1930 à l’élaboration d’une armature apparemment puissante de services centraux et de bureaux périphériques qui assurent un maillage du territoire. […] en 1939, la direction des étrangers du ministère de l’Intérieur doit assumer la gestion de 4.000.000 de dossiers et 7.000.000 de fiches. » [115]
Cet encadrement bureaucratisé des étrangers s’est matérialisé dans des dossiers que la Gestapo  découvre et utilise dès son installation en France occupée. S’y ajoute le Fichier des juifs, constitué dans chaque préfecture à partir du 27 septembre 1940. C’est dire que les sources ne manquaient pas.
 
Félix Zirah est emprisonné du 7 juin 1944 au 1er juillet 1944 au Fort de Montluc [116], puis transporté au camp de Drancy [117]. Le Carnet de fouille n°153 nous apprend qu’il a une bague en or avec une pierre, attestée par le reçu n°6141. Son dernier domicile légal renseigné se situe 6 place de la Madeleine, dans le VIII° arrondissement.
 

Solitude dans la multitude

Dans le camp de Drancy, Félix s’est sans doute senti bien seul au milieu de cette foule accablée, désespérée. Les paroles, les gémissements, les pleurs lui parviennent de loin. Il est comme anesthésié, impuissant. Ici, c’est un endroit pour oublier le sens du verbe « pouvoir ». Ici, on ne peut presque rien.
Le 31 juillet 1944, il est déporté par le convoi 77 pour Auschwitz, comme l’atteste la liste originale du convoi de déportation.
« Un convoi pour l’enfer, et l’enfer était déjà dans le train. » [118]
À son arrivée à Auschwitz, il est vraisemblablement sélectionné, vu son âge et son état de fatigue, peut-être même d’apathie.
 

Photo prise le 27 mai 1944 montrant des nazis sélectionnant les voyageurs à leur arrivée à Auschwitz (Yad Vashem Archives/AFP) [119]

 
    « Au printemps de 1944, les autorités du camp avaient décidé de prolonger la rampe de débarquement des convois pour la rapprocher des chambres à gaz. […] Nous nous faisions à l’effroyable ambiance qui régnait dans le camp, la pestilence des corps brûlés, la fumée qui obscurcissait le ciel, la boue partout, l’humidité pénétrante des marais. […] Une épouvantable tristesse m’étreignait     en voyant, éparpillés au sol, les vêtements des personnes qui venaient d’être gazées. » [120]

Félix Zirah est déclaré décédé le 5 août 1944 à Auschwitz (Pologne) [121], de manière arbitraire en l’absence de documents, selon les règles alors adoptées.
 

Extrait de la lettre du ministre justifiant de la date du décès [122]

 
« Personne ne se souvient de lui, ni même de l’avoir vu »
A-t-il été recherché par son frère et des membres de la famille ? Ont-ils été de ceux qui se pressaient pour avoir des informations à l’hôtel Lutetia, transformé en centre d’accueil pour les rescapés ? Ont-ils été de ceux qui essayaient de glaner des renseignements auprès des déportés survivants de retour ?
Un seul avis a été publié dans la presse, celui d’Élie Smadja, sans nouvelles de son père.
 

DEPORTES, RAPATRIES
Serais reconnais. à qui pour.
fournir renseign. concern. David
SMADJA, déporté le 29-2-42 de
Pithiviers en direction de Metz
Ecr. Elie Smadja, 23, Bd Italiens [123]

 
Félix étant resté Tunisien, la famille n’a pas fait de dossier pour un titre, mais seulement pour régler sa succession. C’est Maurice Mazouz, son neveu, qui commence les formalités, le 8 mai 1948, par une demande formulée en vue d’obtenir la régularisation de l’état civil d’un ʺnon-rentré ». Le 28 août 1948, l’acte de disparition de Félix est établi et envoyé à l’avocat de la famille, Me Colette Hauser. Bien qu’elle ait eu l’acte de disparition, elle a cependant besoin d’une attestation de naissance pour le jugement déclaratif de décès, demandée par le parquet de la Seine. Or, les recherches s’avèrent difficiles, car « personne ne se souvient de lui, ni même de l’avoir vu » [124]. Après divers échanges de courrier entre le procureur de la République et le ministre des anciens combattants et victimes de guerre, suite à la requête de Me Houssard pour établir une déclaration de décès, le Tribunal de la Seine déclare « constant le décès » par un jugement du 22 juillet 1949 qui est transcrit en janvier 1950 dans les registres de l’état civil du 8ème arrondissement de Paris.
 

En mémoire

    La page d’un livre contenant la vie s’est ouverte et refermée. 
Désormais, le nom de Félix Zirah est inscrit sur le Mur des noms : dalle n°43, colonne n°15, rangée n°1 [125].
À Lyon, deux plaques commémoratives rappellent les persécutions dont furent victimes les Juifs,
 

Centre national de la résistance et de la déportation : rappel des persécutions antisémites [126]. 

 
 

Références

[1] Rachel Franco, ʺAuschwitz : le mot impossibleʺ, http://awans-memoire-et-vigilance.over-blog.com/2019/04/auschwitz-le-mot-impossible-poeme-de-rachel-franco.html
[2] Les biographies suivantes ont été rédigées : Danielle Laguillon Hentati : ʺEn mémoire de Dario Boccaraʺ : http://convoi77.org/deporte_bio/dario-boccara/; « Le voyage sans retour d’Abraham Albert Boucara » :  http://www.convoi77.org/deporte_bio/abraham-boucara/; « La vie brisée de Laure Cohen », http://convoi77.org/deporte_bio/laure-cohen-nee-taieb/; ʺDe Tunis à Auschwitz : Itinéraire de Gaston David Natafʺ : https://convoi77.org/deporte_bio/gaston-nataf/ ; ʺGerlys ne dansera plus, il n’a pas retenu sa vie. Biographie de Gaston Secnaziʺ : https://convoi77.org/deporte_bio/gaston-secnazi/ ; ʺLa vie inachevée d’Élie Gaston Setbonʺ : https://convoi77.org/deporte_bio/elie-setbon/. Les 3 dernières sont en cours d’étude.
[3] Dossier ZIRAH Félix DAVCC MED 21 P 552 397, 19 p.
[4] Archives départementales du Rhône, Fort de Montluc ; Mémorial de la Shoah, Fiche ZIRAH à Drancy. Site de Yad Vashem : https://yvng.yadvashem.org/index.html?language=fr
[5] Archives Nationales – Pierrefitte, Inventaire des individus du Fichier central de la Sûreté nationale, Période : 1890 – 1940, Dossier ZIRAH Félix (1929-1933), Cote 19940488/64, Numéro d’ordre fichier_z_5569, Numéro d’ordre 5538. Photos numériques faites par Séverine Zirah que je remercie vivement. Le dossier AN ZIRAH Félix comprend deux dossiers, à savoir celui de l’arrêté d’expulsion du 27 avril 1929 Notifié le 21 mai 1929 à Lyon État 662, plus celui de l’arrêté rapporté de la Direction de la Sûreté générale – Police judiciaire du 18 juillet 1933 État 711. C’est un ensemble de courriers administratifs, de procès-verbaux et de notes, ainsi que les deux arrêtés prononçant le premier l’expulsion et le second le retrait d’arrêté d’expulsion, ainsi qu’une lettre de Félix Zirah. Ces documents vont du 19 avril 1929 au 22 août 1933, ils émanent des commissariats, du Service des Affaires indigènes Nord-africaines – Sûreté générale 2ème Bureau, des préfectures du Rhône et de la Seine, du ministère de l’Intérieur à Paris et du ministère de la Justice à Bruxelles.
[6] Archives départementales du Rhône, Contrôle des étrangers, Dossier ZIRAH Félix, cote 3494W33, dossier 14811 DE. Je saisis cette occasion pour adresser mes bien sincères remerciements à Séverine Benture qui, après des recherches, a trouvé ce dossier et m’en a transmis une copie numérisée. Ce dossier est constitué de courriers et de notes entre la Préfecture du Rhône 4ème Division 3ème Bureau et le commissariat-chef de la police à Lyon, allant du 20 mars 1929 (quand Félix Zirah est passible d’expulsion du territoire français) au 15 janvier 1932 (quand cessent les recherches à Lyon et dans le Rhône pour le retrouver). Il contient également des requêtes de sursis de Félix Zirah, ses demandes de carte d’identité d’étranger et les récépissés y afférents, ainsi que ses demandes de passeport français pour lui et son épouse pour se rendre en Belgique.
[7]  Il s’agit de Simone Zirah (1922-2021), fille d’Élie Émile et donc nièce de Félix.
[8] Information donnée par Moché Uzan, adjoint du Grand-rabbin de Tunis.
[9] La Dépêche tunisienne 1897/11/15, p.4.
[10] Certificat de mariage religieux (ketouba) du grand rabbinat de Tunisie.
[11] Arbre généalogique de Hagege extended family : https://gw.geneanet.org/claudio75017?n=setruck&oc=&p=albert+francois
[12] Les déclarations de naissance et de décès des sujets tunisiens, musulmans et israélites, sont devenues obligatoires après le décret tunisien du 28 décembre 1908 (JORF du 30/12/1908 – p. 1183).
[13] Le nom de ce quartier provient de l’existence d’un passage à niveau ferroviaire qui se trouvait à cet endroit.
[14] Claude Hagège, Bernard Zarca, ʺLes Juifs et la France en Tunisie. Les bénéfices d’une relation triangulaireʺ, La Découverte | « Le Mouvement Social » 2001/4 no 197 | pages 9 à 28, https://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social1-2001-4-page-9.htm
[15]  Archives municipales (désormais AM) de Paris X°, acte de mariage n°229.
[16] Mémorial de la Shoah : https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=noms_tous%3A%28zirah%29%20AND%20id_pers%3A%28%2A%29&spec_expand=1&start=0
[17] Mémorial de la Shoah : https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=noms_tous%3A%28zirah%29%20AND%20id_pers%3A%28%2A%29&start=2&rows=1&fq=diffusion%3A%28%5B4%20TO%204%5D%29&from=resultat&sort_define=&sort_order=&rows=
[18] Bulletin des étrangers en séjour à Aix-les-Bains : liste alphabétique officielle / publiée sous le patronage de la Chambre syndicale des hôteliers d’Aix-les-Bains [« puis » d’Aix-les-Bains, de la Savoie et du Sud-Est] 1923/07/10, p.4.
[19] Information donnée par Olivier Croon, secrétaire administratif au Service de la population à Uccle.
[20] Belgique, Uccle, Service de la population, 1910, acte de naissance n°277 sans mention.
[21] État faisant connaître la résidence actuelle des personnes évacuées de Belgique, fasc.1 / Ministère de l’intérieur. Direction de la Sûreté générale, 1914, Liste 4 p. 102.
[22] Il s’agit de Messaoud Hai Victor Perez, (Tunis 1911 – Gliwice 1945), célèbre boxeur tunisien connu sous le nom de Young Perez.
[23] M. Leroy, Recension de Young : https://www.bdgest.com/chronique-5890-BD-Young-Young.html
[24] Simon est le fils de David El Haïk et d’Allegra Zirah, sœur de Joseph Zirah.
[25] Le Journal 1921/04/20, p.4.
[26] ʺLes reines de Paris. Le 10° arrondissement élit une sténographeʺ, Le Journal 13/02/1922, p. 1.
[27] Les Annales coloniales 1922/02/13.
[28] Mairie de Gagny, acte de mariage n°30.
[29] AM de Paris IX°, acte de mariage n°1513.
[30] Archives familiales de Séverine Zirah.
[31] ʺUN BIJOUTIER attaqué dans son magasin par un client mécontentʺ, Le Journal 1934/02/22, p.
[32] ʺL’agression contre le bijoutier du boulevard Bonne-Nouvelleʺ, Le Journal 1937/12/28, p.1, 4 ; ʺBoulevard Bonne-Nouvelle – Un bijoutier est assailli par un soi-disant client – Quoique blessé il met son agresseur en fuiteʺ, Le Populaire 1937/12/28, p.3 ; voir également un entrefilet dans Le Temps 1937/12/29, p. 4, et Le Populaire du Centre 1937/12/29, p. 2.
[33] Le Journal 1937/12/28, p.1.
[34] Le Journal 1921/09/20, p.4.
[35] François Delpech, Sur les Juifs : Études d’histoire contemporaine, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1984, p. 147-159. Cité par Sylvie Altar, ʺLes Juifs du Maghreb à Lyon (1900-1945)ʺ, dans Archives juives 2020/1 (Vol 53), p. 18.
[36] Sylvie Altar, ʺLes Juifs du Maghreb à Lyon (1900-1945)ʺ, op. cit.
[37] Danielle Laguillon Hentati, « Le voyage sans retour d’Abraham Albert Boucara », op. cit.
[38] Bulletin des étrangers en séjour à Aix-les-Bains : liste alphabétique officielle / publiée sous le patronage de la Chambre syndicale des hôteliers d’Aix-les-Bains [« puis » d’Aix-les-Bains, de la Savoie et du Sud-Est] 1924/07/27, p.8.
[39] https://www.retronews.fr/journal/la-loi/01-fevrier-1926/1703/3740951/
[40] Archives commerciales de la France : Journal hebdomadaire, 1926/02/20, p. 456.
[41] Annonce parue dans Le Courrier. Anciennement Guide du commerce et Courrier des hôtels [« puis » Journal quotidien, Feuille officielle d’annonces légales et judiciaires]… 1929/12/14
[42] AM de Lyon 2°, acte de mariage n°25 avec mention du divorce.
[43] Brami ou Bramy est présenté plus tard, dans les rapports de police, comme un neveu de Félix.
[44] Courrier du 20 mars 1929 du secrétariat général de la police – Objet : Étranger passible d’expulsion ZIRAH Félix, au chef de la Sûreté. AD Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[45] AD du Rhône, Lyon recensement de 1926 : https://archives.rhone.fr/ark:/28729/gsl02b7kh5cq/30db7b0b-17ab-42f1-a442-87a65ef0367b
[46] Lettre de Félix Zirah en date du 3 septembre 1929, adressée au ministre de l’Intérieur. AN Dossier ZIRAH Félix.
[47] Correspondance du Conseiller de préfecture délégué, adressée le 2 septembre 1930 au ministre de l’Intérieur, Direction de la Sûreté nationale, 2ème bureau. AN Dossier ZIRAH Félix.
[48] AN Dossier ZIRAH Félix.
[49] AM de Lyon 2°, transcription n°149 du jugement de divorce.
[50] Loi du 19 brumaire an VI (9 novembre 1797) relative à la surveillance du titre et à la perception des droits de garantie des matières et ouvrages d’or et d’argent : https://legilux.public.lu/eli/etat/leg/loi/1797/11/09/n1/jo
[51] Réponse du chef de la Sûreté en date du 3 avril 1929 au courrier du 20 mars 1929 qui lui a été adressé par le secrétariat général de la police. AD Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[52] Courrier en date du 19 avril 1929 du Secrétaire général pour la police pour le préfet du Rhône au ministre de l’Intérieur. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[53] Arrêté d’expulsion pris par le ministre de l’Intérieur le 27 avril 1929 à Paris. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[54] Arrêté du ministre de l’Intérieur en date du 27 avril 1929. AN Dossier ZIRAH Félix.
[55] Statistique générale de la France, Résultats statistiques des recensements généraux de la population française de 1931, vol. « Étrangers et naturalisés, Division de la statistique générale », Paris, Imprimerie nationale.
[56] Décret beylical du 19 juin 1914 qui « pose les bases de la nationalité tunisienne. Un deuxième décret qui va dans le même sens voit le jour en 1921 (El-Ghoul, 2009 : 17-18). » Note 6, in : Fatma Ben Slimane, « Définir ce qu’est être Tunisien. Litiges autour de la nationalité de Nessim Scemama (1873-1881) », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée [En ligne], 137 | mai 2015, mis en ligne le 16 juin 2015, consulté le 12 novembre 2021. URL : http://journals.openedition.org/remmm/9005 ; DOI : https://doi.org/10.4000/remmm.9005
[57] Arthur Koestler, La lie de la terre (1941), trad. Jeanne Terracini, Paris, Calmann-Lévy / Le livre de poche, 1971, p. 215.
[58] Ilsen About, ʺIdentifier les étrangers. Genèses d’une police bureaucratique de l’immigration dans la France de l’entre-deux-guerresʺ, p. 127-128. Gérard Noiriel. L’identification des personnes. Genèse d’un travail d’État, Belin, pp.125-160, 2007, 978-2-7011-4687-4. ⟨hal-02529432⟩
[59] Lettre manuscrite (s.d., arrivée le 27 mai 1929) de Félix Zirah au préfet du Rhône. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[60] Note en date du 10 juin 1929 du ministre de l’Intérieur adressée au préfet du Rhône. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[61] Courrier en date du 7 septembre 1929 du sous-directeur chargé du 2ème bureau, pour le directeur de la Sûreté générale, pour le ministre de l’Intérieur, au préfet du Rhône. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[62] AM de Lyon 2°, acte de mariage n°332.
[63] Arbre généalogique de Chantal Fournier née Cormier : https://gw.geneanet.org/bassu?lang=fr&pz=chantal+madeleine+theodora&nz=cormier&p=marie+marguerite&n=clerc
[64] AD du Rhône, classe 1908, FOURNIER Félix François fiche matricule n°170.
[65] AD du Rhône, Sainte-Foy-lès-Lyon 10 rue Parmentier, recensements de 1931 et 1936. Dans celui-ci, elle est même dite « veuve Christé ».
[66] Mairie de Sainte-Foy-lès-Lyon, acte de mariage n°5 Raymond Joseph Lardaud – Eugénie Flavie Christé.
[67] AM de Lyon 2°, acte de mariage n°54 Louis Gustave Christé – Rose Julien.
[68] Courrier en date du 27 août 1930 du Commissaire chef de la Sûreté du Rhône au Secrétaire général pour la police à Lyon. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
— En mai et en novembre 1938, le gouvernement Daladier publiera des décrets-lois distinguant les « parties saines et laborieuses de la population étrangère » des « individus moralement douteux, indignes de notre hospitalité ».
[69] Correspondance du Conseiller de préfecture délégué, adressée le 2 septembre 1930 au ministre de l’Intérieur, Direction de la Sûreté nationale, 2ème bureau. AN Dossier ZIRAH Félix.
[70] Courrier en date du 27 août 1930 du Commissaire chef de la Sûreté du Rhône au Secrétaire général pour la police à Lyon. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[71] ʺOn arrête à Lyon un dangereux malfaiteur internationalʺ, Le Matin : derniers télégrammes de la nuit 1928/08/23, p. 2.
[72] L’Oeuvre 1928/08/24, p. 4.
[73] Le Petit Provençal et L’Oeuvre 1928/08/23, puis L’Ouest-Éclair, Le Petit Courrier, Le Petit Dauphinois 1928/08/29 : de Renzi va être transféré à Nice pour être interrogé sur le cambriolage de l’Hôtel des postes, commis dans la nuit du 2 au 3 août 1928.
[74] Ricardo De Sienna, né à Turin en 1892, aurait été un ancien officier de la marine royale italienne, in ʺDe Renzi, le cambrioleur de la bijouterie Poutignat, n’en était pas à son coup d’essaiʺ, Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire 1928/08/29 p. 6. Voir également : ʺLes exploits du cambrioleur Ennio de Renziʺ, L’œuvre 1928/08/29 p. 4.
[75] Courrier en date du 2 septembre 1930 adressé par le préfet du Rhône au ministre de l’Intérieur. AN Dossier ZIRAH Félix.
[76] Emmanuel Blanchard. Les ”indésirables”. Passé et présent d’une catégorie d’action publique. GISTI. Figures de l’étranger. Quelles représentations pour quelles politiques ? GISTI, pp.16-26, 2013. hal-00826717, p. 17-18.
[77] Courrier en date du 2 septembre 1930 adressé par le préfet du Rhône au ministre de l’Intérieur. AN Dossier ZIRAH Félix.
[78] Courrier en date du 22 septembre 1930 du Commissaire-chef de la Sûreté de Lyon au Secrétaire général pour la police 4ème division 3ème bureau à Lyon. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[79] Note en date du 10 octobre 1930 du Secrétaire général pour la police de la Préfecture du Rhône au Chef de la Sûreté à Lyon. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[80] Portraits réalisés pour la demande de passeport. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[81] Courrier du ministère de la Justice, administrateur de la Sûreté publique adressé le 12 décembre 1930 au Contrôleur général du service des recherches judiciaires, ministère de l’Intérieur à Paris. AN Dossier ZIRAH Félix.
[82] Note manuscrite émanant du ministère de l’Intérieur pour notification à Félix Zirah par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères. AN Dossier ZIRAH Félix.
[83] Note datée du 2 mars 1931 émanant du Secrétaire général pour la police de la Préfecture du Rhône au Chef de la Sûreté à Lyon. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[84] Courrier en date du 18 mars 1931 du Commissaire chef de la Sûreté de Lyon au Secrétaire général pour la police à Lyon. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[85] Courrier en date du 15 janvier 1932 du Commissaire-chef de la Sûreté au secrétaire général pour la Police 4° Division 3° Bureau à Lyon. AD du Rhône ZIRAH Félix dossier n°14811 DE.
[86] Rapport en date du 23 juin 1933 de l’inspecteur SCHWARTZ (Préfecture de police de la Seine, Protection et surveillance des indigènes nord-africains) à Monsieur le Directeur adjoint, chef du Service. AN Dossier ZIRAH Félix.
[87] Rapport Schwartz, AN Dossier ZIRAH Félix.
[88] Courrier du chef de Service des Affaires nord-africaines (pour le préfet de police) adressé le 30 juin 1933 au ministre de l’Intérieur. AN Dossier ZIRAH Félix.
[89] Le projet de retrait d’arrêté d’expulsion est rédigé le 18 juillet 1933, mais, curieusement, l’arrêté rapportant la mesure d’expulsion ne comporte aucune date. AN Dossier ZIRAH Félix.
[90] Mairie de Sainte-Foy-lès-Lyon, acte de mariage n°5 de Raymond Joseph Lardaud – Eugénie Flavie Christé
[91] AM de Lyon 2°, acte de mariage n°54 de Louis Gustave Christé – Rose Julien.
[92] Archives familiales de Séverine Zirah.
[93] Philippe Burrin, La France à l’heure allemande, Éditions du Seuil, Paris, janvier 1995, p.10.
[94] Témoignage de leur arrière-petite-fille, Séverine Zirah.
[95] Le Journal 1940/07/05, p.2.
[96] Extrait du journal Le Matin du 19 octobre 1940• Crédits : © gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
[97] Archives commerciales de la France : journal hebdomadaire, Vente de fonds de commerce. Tableau des ventes de fonds de commerce publiées du 21 au 23 octobre 1933, 1933/10/25, p. 4835.
[98] La loi 1943/04/10, p. 78.
[99] Le Salut Public 1942/06/26, p. 2.
[100] AM de Paris XIV°, acte de décès n°4443.
[101] AM de Paris II°, acte de décès n°746.
[102] Theodor Dannecker (Tübingen 1913 – Bad Tölz 1945) était un SS-Hauptsturmführer. De septembre 1940 à août 1942, il dirigea le service de contre-espionnage nazi à l’antenne du SD à Paris ; il eut ensuite des postes équivalents dans d’autres pays d’Europe centrale ou méridionale, se spécialisant dans l’organisation de la déportation des Juifs en vue de leur extermination.
[103] Joseph Billig, ʺLa naissance de l’Institut d’Études des Questions Juivesʺ, Le Monde Juif, n°59, 1970, p. 6-20 : https://www.cairn.info/revue-le-monde-juif-1970-3-page-6.html
[104] André Kaspi, « “Le Juif et la France”, une exposition à Paris en 1941 », Le Monde juif, no 79,‎ 1975, p. 8–20 : https://www.cairn.info/revue-le-monde-juif-1975-3-page-8.htm
[105] https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bundesarchiv_Bild_146-1975-041-07,_Paris,_Propaganda_gegen_Juden.jpg
[106] André Kaspi, « “Le Juif et la France”, une exposition à Paris en 1941 », op. cit.
[107] Sézille à Von Valtier, 8 décembre 1941. C.D.J.C., XI – 103, cité par André Kaspi, « “Le Juif et la France”, une exposition à Paris en 1941 », op. cit.
[108] Voir : Antoine Fouchet, ʺRescapés du premier convoi de juifs pour Auschwitz-Birkenau, ils témoignentʺ, La Croix 2012/03/26 : https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.la-croix.com%2FActualite%2FFrance%2FRescapes-du-premier-convoi-de-juifs-pour-Auschwitz-Birkenau-ils-temoignent-_NG_-2012-03-27-782316#federation=archive.wikiwix.com
[109] Il convient de mentionner également Marcel Léon Fischer, époux de Caroline Stéphanie Marzouk, fille de Jacques et de d’Émilie Zirah. Marcel Léon était dessinateur à l’usine Avionex, résistant membre des FFI. Accusé d’avoir communiqué les plans de son usine, il est fusillé par la Gestapo au stand de tir de Balard à Paris, le 21 octobre 1942. Inhumé dans le carré des fusillés du cimetière communal de Clichy-la-Garenne.
[110] Wanda Schlesinger, épouse de Joseph Marzouk : https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=noms_tous%3A%28MARZOUK%29%20AND%20id_pers%3A%28%2A%29&start=1&rows=1&fq=diffusion%3A%28%5B4%20TO%204%5D%29&from=resultat&sort_define=&sort_order=&rows=
[111] https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=noms_tous%3A%28MARZOUK%29%20AND%20id_pers%3A%28%2A%29&spec_expand=1&start=0
[112] Voir par exemple : Témoignages sur la rafle de Lyon de 1942 : https://fresques.ina.fr/rhone-alpes/fiche-media/Rhonal00401/temoignages-sur-la-rafle-de-lyon-de-1942.html
[113] Jackie Pouzin, Parcours d’un déporté. Abraham Fridman (31 juillet 1944 – 1er mai 1945), 17 février 2020 : https://storymaps.arcgis.com/stories/28e121cc9067490a954ab5d270b4cb0c
[114] Fiche de renseignements du Fort de Montluc
[115] Ilsen About, ʺEnregistrer et identifier les étrangers en France, 1880-1940ʺ : https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.histoire-immigration.fr%2Fdossiers-thematiques%2Fintegration-et-xenophobie%2Fenregistrer-et-identifier-les-etrangers-en-france
[116] Fort de Montluc, Fiche ZIRAH : https://archives.rhone.fr/ark:/28729/lmn654bk87wt/90e25da9-ee16-4ab2-adc5-12a9a566b087
[117] Mémorial de la Shoah, Fiche ZIRAH : https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=identifiant_origine%3A%28FRMEMSH0408707144284%29
[118] Jackie Pouzin, Parcours d’un déporté Abraham Fridman (31 juillet 1944 – 1er mai 1945) https://storymaps.arcgis.com/stories/28e121cc9067490a954ab5d270b4cb0c
[119] Ginette Kolinka, « J’ai été déportée à Auschwitz : la moindre imperfection conduisait à la chambre à gaz », Nouvel Obs 27-01-2015: https://leplus.nouvelobs.com/contribution/1313086-a-19-ans-j-ai-ete-deportee-au-camp-d-auschwitz-je-n-en-ai-pas-parle-pendant-40-ans.html
[120] Extraits de : Simone Veil, Une jeunesse au temps de la Shoah, 2017.
[121] AM de Paris VIII° : transcription du jugement déclaratif de décès.
[122] DAVCC Dossier ZIRAH Félix.
[123] Ce soir : grand quotidien d’information indépendant 1945/05/20, p. 2.
[124] Fiche de renseignements sur le non-rentré. DAVCC Dossier ZIRAH Félix.
[125] Mémorial de la Shoah : https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=identifiant_origine%3A%28FRMEMSH0408707144284%29
[126]  Par Olevy — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10942267
 
 
 
 

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