Jacob FREIDINE

1914 - 1961 | Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Jacob Freidine

par Vincent SZUKALA, étudiant en M1 Archives 2017-2018, sous la direction de la Professeure Marie-Anne MATARD-BONUCCI, Université Paris 8, Vincennes-St Denis. Biographie susceptible de révision après relecture professorale.

 

Jacob Freidine est né  le 11 Janvier 1914 à Paris dans le quatrième arrondissement. Il est le fils de Meyer Freidine  ( né à Tchernigoff Russie le 29 Novembre 1881) et d’Anna Guerskovitz

 

La famille Freidine habitait 18 Rue du roi de Sicile dans le quatrième arrondissement à Paris. Le père, marchand ambulant, exploitait un commerce de brocanteur. Il a cessé son activité en 1940 car il n’avait pas de boutique et vendait sur le marché sans autorisation. Il  a été dans l’obligation de rendre sa médaille de marchant ambulant et a été radié du registre de commerce et donc de liquider son entreprise. Sa mère  est casquettière.

Jacob Freidine est employé de commerce, il est châtain aux yeux marron, nez rectiligne et mesure 1m 64 pour 90 kilos d’après son dossier du service militaire. Le 14 Mars 1934, au moment de ce service militaire,  il est réformé temporairement  pour obésité et pour des problèmes de santé (hypertension). Et, après guerre, le 6 Novembre 1946, la commission de Réforme de Paris le réforme définitivement.

Le 20 Aout 1941 il est arrêté  à son domicile, 18 rue du roi de Sicile, pendant la seconde  rafle des Juifs  de 1941, qui visait tous les Juifs, étrangers ou français. Il est interné dans le camp de Drancy, qui vient d’être « inauguré ». Il est libéré le 8 Janvier 1943. Durant son internement  à partir de 1941 il travaille en tant qu’employé dans un centre d’orphelinat Israelite, l’orphelinat de la Varenne Saint Hilaire qui recueille principalement les enfants dont les parents avaient été déportés.  Cet orphelinat dépendait de l’UGIF (Union Général des Israelites de France) . On suppose que sa libération a surement un lien avec cette activité professionnelle. En effet sachant que l’UGIF travaillait pour l’administration Allemande, il est probable qu’il ait été relâché pour cette raison.

Il est une nouvelle fois arrêté par le capitaine Brunner (officier SS)  lors d’une rafle le 23 Juillet 1944  à l’orphelinat de la Varenne  Saint Hilaire, avec les enfants de l’orphelinat et interné à nouveau dans le camp de Drancy. Il est déporté vers Auschwitz par le convoi 77 le 31 Juillet 1944, il arrive le 4 Aout à Auschwitz. Il y reçoit le numéro de matricule B-3759. Il est libéré du camp par les Russes le 27 Janvier 1945 et est rapatrié le 13 Juin 1945 en France.

Pendant sa détention à Auschwitz, d’après le témoignage1 du déporté Marco Aron qui était avec lui à Auschwitz, Jacob Freidine aurait subi des expériences prétendument médicales dans les camps qui l’auraient très affaibli. Marco Aron le décrit comme un « homme dévoué pour ses codétenus» et il se serait comporté comme un «vrai patriote ».

Le 30 Mars 1946 il se marie avec Esther Bercovici dans le quatrième arrondissement de Paris. Ils habitent 33 rue du Pré Saint Gervais dans le 19ème arrondissement de Paris.

Esther Bercovici est  née le 28 Mars 1911. Elle est employée comme vacataire à l’Office Départementale  des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

En 1955, Jacob Freidine fait une demande auprès du Ministère des Anciens Combattant et des Victimes de Guerre afin d’obtenir le titre de déporté politique, titre qu’il obtiendra la même année.

Cette année là il touche une indemnisation pour  les pertes de biens par les déportés de 60 000 Francs.

A partir du 10 Mai 1955 Jacob Freidine  du fait des expériences qu’il a subies pendant son séjour à Auschwitz touche une pension d’invalidité de 100 %. A partir de 1954 Jacob Freidine est fréquemment malade et ne travaille que de manière intermittente, comme Directeur des Déportés Rapatriés

Le  27 Juillet 1961 Jacob Freidine meurt à l’Hôpital Saint Louis à Paris. Selon les termes d’une lettre de sa femme, Esther Bercovici, envoyée au Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, Jacob Freidine serait mort suite au traitement subi dans les camps Nazis.

Le 1er Février 1965 le Ministère des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre attribue la mention « Mort pour la France » à Jacob Freidine.

 

1.Témoignage qui fait partie des pièces jointe de la lettre d’Esther Freidine envoyé            au Ministère des Anciens Combattants et Victime de Guerre

 

 

 

Bibliographie

. Hazan Kathy, (2000), Les orphelins de la Shoah, Paris , Les Belles Lettres , 418 p

. Wieviorka Annette (2013), Déportations et génocide, Entre la mémoire et l‘oubli,          Pluriel, 512 p

. Wieviorka Annette (2015), A l’intérieur du camp de Drancy, Tempus, 416 p

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Contributeur(s)

Vincent SZUKALA, étudiant en M1 Archives 2017-2018, sous la direction de la Professeure Marie-Anne MATARD-BONUCCI, Université Paris 8, Vincennes-St Denis
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