Florence MARX, née LOEB

1877 - 1944 | Naissance: | Arrestation: | Résidence: , , , ,

Florence MARX

La photographie en exergue provient des archives familiales, elle a sans doute été prise avant la guerre à son domicile du Boulevard Clémenceau, à Strasbourg.

Florentine LOEB, appelée couramment Florence est la fille de Aron LOEB, marchand d’étoffes et originaire de Reichshoffen en Alsace. Après un premier mariage avec Sophie Kauffmann qui décède en 1856 et avec qui il a 3 enfants, il épouse en secondes noces, le 7 février 1865 Françoise (ou Fanny dans les actes allemands) HEMMERDINGER, originaire de Fegersheim (Alsace).

Ils vivent à Niederbronn-les-Bains (Alsace). Ils ont 5 filles. Florence est la dernière. Elle naît le 21 novembre 1876 à Niederbronn-les-Bains.

Son demi-frère Isaac LOEB, fils de son père et de Sophie Kauffmann a fait un mariage heureux avec Florine MARX de Mulhouse (Alsace). Un chidour (mariage arrangé) est organisé entre Florence et le frère de cette Florine, Simon MARX.

Elle se marie donc à 24 ans le 8 juillet 1901 à Niederbronn-les-Bains avec Simon MARX, 31 ans, né à Mulhouse le 28 septembre 1869 (2ème d’une fratrie de 4 enfants). Le couple vit à Mulhouse. Ils y ont 2 enfants, Albert né en 1902 et Madeleine en 1905 (seule survivante de l’Holocauste).

Simon, qui a fait les Beaux-Arts à Mulhouse est dessinateur sur étoffe et représentant. Il travaille pour la maison LENTZ frères. Il voyage à travers l’Europe centrale, les Balkans, les pays scandinaves et va jusqu’en Algérie.

Éprise de littérature, sa femme Florence fréquentait les cercles intellectuels et mondains de Mulhouse. Elle avait même écrit quelques articles publiés dans le journal de Genève où vivait une de ses sœurs. Ce qui ne l’empêchait pas par ailleurs d’être une pâtissière hors pair.

Ils déménagent à Strasbourg avant 1920. On ne se sait pas exactement à partir de quand mais Albert, l’ainé fera ses études secondaires au Lycée Kléber de Strasbourg et Madeleine étudie d’abord la littérature à Genève en 1920, elle y aurait même rencontré la sœur de l’écrivain Nabokov puis elle fait l’école Pigier à Strasbourg en 1921.

En 1920, la ville publie un annuaire où figure Simon Marx déjà présent au 19 boulevard Clemenceau, dernière adresse connue avant leur départ en 1939.

De gauche à droite, Madeleine, Florence et Simon en 1925, archives familiales

Leur fille Madeleine se marie à Strasbourg en mai 1929 à Robert BLUM. Ils ont 2 garçons Alain né en 1930 et Pierre en 1932.

Début 1939, avant la déclaration de la guerre, Robert BLUM qui sent le vent tourner décide de faire quitter Strasbourg à sa famille. Lui, sa femme et son fils Pierre partent s’installer au centre de la France, à Vichy. Leur fils aîné Alain est encore en internat en Suisse. Robert rentre à Strasbourg le temps d’organiser son départ définitif. Et en mai 1939, il rejoint sa famille à Vichy et loue un appartement au 30 rue Mounin. Avec l’évacuation de Strasbourg, Simon Marx, sa femme Florence et leur fils Albert les rejoignent dans l’appartement.

En juillet 1940 le gouvernement français se transfère à Vichy. En juin 1941, la famille se sépare. Robert, Madeleine et Pierre partent à Valence, encore zone libre. Mais Simon et Florence, accompagnés de leur fils Albert suivent des amis de Mulhouse, la famille Uhlmann et partent se réfugier à Lapalisse. Ils se font recenser à Lapalisse en tant que juifs français conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 de l’Etat Français.

Source : Archives départementales de l’Allier 756W1

Sur le document, Simon Marx est domicilié à l’hôpital des Sœurs de Lapalisse. Il y décédera le 11 juin 1942. Madeleine, sa fille, à la fin de la guerre fera rapatrier son corps pour l’enterrer au cimetière juif de Cronenbourg à Strasbourg.

Florence et Albert sont domiciliés au lieu-dit Petit Paris.

Source du document :Archives Départementales de l’Allier 996 W 778 W 112.

Madeleine apprendra par un témoin de la rafle du 30 juin 1944, que dans la rue, immédiatement après qu’elle eut été arrêtée, un nazi lui a volé ses boucles d’oreilles en diamant en lui arrachant les lobes d’oreilles. Il lui a été rapporté aussi qu’a priori, Albert est descendu voir ce qui se passait et s’est adressé à un nazi dans un allemand absolument parfait. Alors celui-ci lui a demandé ses papiers. Ils n’ont pas de faux papiers et ils sont arrêtés lors de cette rafle organisée par le collaborateur Georges Jany Batissier, ex-commissaire de Police.

Le collaborateur Batissier alias Capitaine Schmidt constitue pour le chef de de la police nazi à Vichy, Hugo Geissler, une brigade de 22 agents français. C’est comme chef de cette brigade et aux cotés des nazis qu’il débarque à Lapalisse le 30 juin 1944.

Ils sont internés à la Mal-coiffée, prison militaire allemande à Moulins et transférés le 15 juillet 1944 à Drancy où Florence reçoit le matricule N°25145.

Ils sont déportés le 31 juillet 1944 de Drancy à Auschwitz par le convoi 77. Elle est assassinée le 5 août 1944 à Auschwitz.

Source du document ci-dessus : Mémorial de la Shoah C77_41

 

Fin août, Lapalisse devait être libérée.

Des stolperstein ont été posés au 19 boulevard Clémenceau à Strasbourg où Florence et Albert demeuraient.

 

Robert, Madeleine, Alain et Pierre BLUM ont tous les 4 survécu à la Shoah. Pierre est mon père. Ce document a été réalisé grâce aux souvenirs d’Alain et de Pierre ainsi que ceux de Madeleine qu’elle a transmis à ses petits-enfants.

Contributeur(s)

Karine BENARROCH et Claude BLUM ses arrière petites-filles

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