Mathis SZWARC

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Mathis SZWARC, 1901 – 1944


Biographie rédigée par Joanna Nowicka, élève du Lycée n. 1 Karol Marcinkowski de Poznań, Pologne 

Se confronter avec le passé d’une personne est une expérience singulière car elle nous permet de mieux comprendre comment la destinée d’un individu dépend d’éléments qui lui sont extérieurs, comme l’époque, le milieu social, la famille, la nation, les luttes affrontées, etc.

La biographie de Mathis, bien qu’ayant ses propres développements, depuis ses origines familiales, jusqu’à son émigration et l’arrestation suivie de la déportation sans retour, est une vérité qui témoigne de ce que fut la Shoah.

Mathis Szwarc se retrouva pris au milieu des intérêts de 3 pays, la Pologne, la France et l’Allemagne et de la tourmente de la seconde guerre mondiale.

Seul un esprit curieux et ouvert est apte à replacer le destin de Mathis dans son contexte des réalités des trois pays mentionnés ; seul cet esprit curieux peut comprendre ce qui anime les communautés d’aujourd’hui et assure l’équilibre entre les puissances européennes et mondiales. Cet équilibre peut contribuer à empêcher le retour de la Shoah. Bien entendu, le travail de recherche sur une biographie étrangère doit s’appuyer sur la traduction de tous les documents disponibles, sur l’association des faits entre eux, sur les membres de la famille de la personne concernée afin d’obtenir une narration cohérente et logique. Je (Joanna) n’aurais pas pu y parvenir sans l’aide de Monsieur Olivier Schwarz, petit-fils de Mathis Szwarc, qui m’a fourni des informations précises et classifiées. Il ne faut pas non plus oublier le témoignage du papa d’Olivier qui s’appelle Eloi Szwarc, le plus jeune des 4 fils et qui est à l’origine de toutes les infos données sur sa vie avec ses parents Mathis et Liba à Livry-Gargan, lors de l’entretien inédit avec Madame Angles

De plus, les documents dont je disposais me paraissent très précieux et chargés d’émotion, notamment ceux concernant ses racines familiales.
Mon travail, basé sur des photographies, sur des actes provenant d
archives, mais également sur des entretiens avec des témoins oculaires, ce travail semble subjectif. Et pourtant, il est bâti sur des données concrètes : des dates, des endroits, des liens cultivés ou rompus. La contribution au projet Convoi 77 restera pour moi un grand honneur car elle m’a permis de m’immerger dans l’histoire de façon autonome et de développer de nouvelles compétences linguistiques.

Pour commencer, j’ai voulu m’assurer que la biographie s’ouvre avec les informations les plus anciennes concernant les parents de Mathis Szwarc. Samuel (Szmul-Zanvel) Szwartz (nom orthographié ainsi sur son acte de naissance) qui en fut le patriarche. Il est né à Szydłowiec en Pologne le 2 octobre 1857 et épousa Cheiva (Szejwa) née Szwartz à Szydłowiec le 26 juin 1861, sa nièce (pratique autorisée dans la Halakha, « Halokhe » selon la prononciation ashkénaze, en vigueur en Pologne à l’époque, regroupe l’ensemble des prescriptions, coutumes et traditions que l’on nomme la « Loi juive ». Cela constitue les fondements de la pratique religieuse juive traditionnelle) … La famille est établie à Szydłowiec depuis au moins les années 1750.

                                                        

Passeports polonais de Samuel Szmul Szwarc le Père de Mathis et de son épouse pour se rendre en Allemagne – 1923

Copyright © Fond Liba Szwarc/DR

 

Le nom de Famille Szwarc est déjà présent au 15ème Siècle en Pologne puisqu’un blason Polonais pour la Famille Szwarc apparaît en 1442. Ces armoiries ont été décernées en 1442 par Wladyslaw, Roi de Pologne et de Hongrie, à Jerzy Szwarc, conseiller municipal et bourgeois de Cracovie.

 

Acte de Naissance Matys – Mathis SZWARC – Acte 2573 daté de 1901

 Copyright © Olivier Schwarz

Cela s’est passé dans la ville de Łódź le 16 (29) Décembre
1901 à 13 heures – Le Juif Szmul (Shmul) – Zajnvel SZWARTZ,
44 ans, de profession Tisserand, résident permanent dans le
quartier Bałuty à Łódź, a comparu en présence des témoins
Gabriel SIGAL le Rabbi Local, Moszko KAMINSKI 34 ans, et
Abram HERBER 51 ans, personnels hospitaliers, et nous a
montré un enfant de sexe masculin et annonçant qu’il est né
à Łódź le 9 (22) Décembre de cette même année à 8 heures
du matin de sa légitime épouse Szejwa (Sheva) née
SZWARTZ âgée de 40 ans. Une fois l’enfant circoncis, il a
reçu le prénom de Matys (Mathis).
Puis nous avons lu cet acte et l’avons signé par les
participants, le Père a déclaré qu’il ne savait pas écrire.
(sous-entendu le vieux russe)
Signature des Témoins

 

Samuel exerçait le métier de Brocanteur à Szydlowiec avec son épouse et les membres de sa Famille. Après leur mariage qui eut lieu à Szydlowiec le 05 juin 1878, Samuel et Cheiva sont partis s’installer dans la ville de Lodz vers 1880. Samuel deviendra et exercera le métier de tisserand et fera l’acquisition d’un commerce de tissus et étoffes sur la période où il vécut à Lodz de 1880 jusqu’en Mars 1920 puis une étape dans la ville de  Sosnowiec avant de quitter définitivement la Pologne en 1925 pour Elberfeld en Allemagne pour rejoindre les enfants et petits-enfants. Samuel et Cheiva sont les parents de Mathis et les grands-parents d’Éloi.

Samuel et Cheiva ont eu quatre enfants,  tous nés à Łódź dans le quartier Bałuty.

 

mathis_szwarc_arbre_genealogique  (si peu lisible, ouvrir l’arbre à partir de l’image en fin de biographie)

Copyright © Olivier Schwarz

 

Les 4 frères en 1935

Copyright © Fond Liba Szwarc/DR 

 

La famille à la brocante en 1938

Copyright © Fond Liba Szwarc/DR 

 

ensuite en 1940

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1. Schaya Schwarz né à Lodz le 29 octobre 1885 parti vivre avant la Première Guerre mondiale à Eberfeld/Wuppertal en Allemagne où il mourut jeune en 1922. Schaya fut le premier à avoir quitté la Pologne pour l’Allemagne. Il exerçait la profession de brocanteur. Il vendait de la « brocante, des chiffons » et faisait du « commerce de gros ». Il a épousé Rywka/Régina née Diament à Zwolen en Pologne le 22 décembre 1882. Ils ont eu trois enfants : Dora, David, Rudolf. Après 1922, Rywka/Regina sa veuve est restée en Allemagne et a dirigé l’entreprise de son époux jusque dans les années trente. Elle partit ensuite en Belgique à Woluwe Saint Pierre et vivra chez sa fille Dora et son mari Moszek-Chaïm Woydislawski et son petit-fils Harald. Moszek-Chaïm, son gendre, a été assassiné par les SS belges le 21 juin 1943 à son domicile, en s’opposant à l’arrestation de sa fille Dora et de son petit-fils Harald , qui seront emmenés au camp de Malines – Caserne Dossin et seront déportés par le convoi 21 du 31 juillet 1943 vers Auschwitz où ils seront directement gazés à leur arrivée. Rywka, après s’être cachée jusqu’à la fin de la guerre en Belgique, put enfin retrouver ses deux autres fils David et Rudy en 1946 qui avaient gagné les États-Unis avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Elle nous a quittés en 1958 à New York. Elle avait ainsi perdu sa fille Dora, son gendre Moszek-Chaïm Woydislawski et son petit-fils Harald.

 

 

Schaya SZWARC le frère ainé de Mathis (décédé jeune en 1922) et son épouse Régina avec les 2 enfants David et Dora –
Photo prise à Elberfeld en 1911 – Il manque le 3ème enfant Rudy sur la photo qui verra le jour en 1921

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Dora, née Schwarz, Moszek Chaïm Woydislawski et leur fils Harald – Photo prise en Belgique – 1938

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Avis de Décès dans la presse Allemande                                                     et hommage rendu à Schaya SZWARC le frère ainé de Mathis – 1922

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2. David Israël Schwarz né à Lodz en 1889, partit à son tour à Elberfeld/Wuppertal probablement avant la Première Guerre mondiale pour retrouver son grand frère Schaya. David Israël a épousé Ita née Lewin, sœur aînée de Liba Lewin épouse de Mathis. Ita est née à Dabie en Pologne en 1889, David Israël et Ita auront trois enfants Oscar (Michel), Chaja (Hélène) et Adèle. Comme ses deux frères Schaya et Mathis et son père Samuel, David Israël était brocanteur.

Photo prise à Elberfeld en Allemagne en 1927
Les 3 enfants et neveu et nièces de Mathis :
De gauche à droite : Adèle + Oscar + Chaja-Hélène

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3. Mathis Szwarc est né à Lodz le 22 décembre 1901. Il a épousé en 1926 Liba née Lewin le 23 juillet 1891 à Dabie en Pologne. Liba était la petite sœur d’Ita déjà mariée avec le frère de Mathis, David Israël. Mathis et Liba eurent quatre enfants : Abraham (Albert) né en 1927, Oscar (Roger) né en 1928, Salomon (Simon) né en 1929 et Éloi né en 1930 (voir l’arbre généalogique réalisé par Olivier Schwarz). Les quatre enfants sont tous nés à Livry-Gargan en Région parisienne.

 

Mathis à 18 ans

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4. Adèle (Udli) Szwarc née à Lodz le 16 novembre 1906. Elle épousera le 25 décembre 1929 à Elberfeld son cousin Martin-Motel Schwarz né le 19 mars 1900. Ils ont vécu en Allemagne, à Elberfeld également. Adèle et Martin-Motel ont eu trois enfants : David, Frida et Harold. L’idéologie nazie devenant de plus en plus inquiétante pour le sort des Juifs en Allemagne, Adèle a réussi à extraire ses trois enfants d’Allemagne en janvier 1940, pour les conduire tant bien que mal au Port de Gênes en Italie et les mettre dans un bateau à destination des États-Unis. Ils ont été adoptés par des familles juives à Détroit à leur arrivée. Adèle est ensuite rentrée en Allemagne où elle a retrouvé son mari. Ils n’ont pas réussi à obtenir des papiers pour quitter l’Allemagne en tant que Juifs. Adèle et son époux ont été déportés vers le ghetto de Minsk en Biélorussie et assassinés pendant l’hiver 1941 dans la « Shoah par balles » menée à l’Est.

 

Sur la photo Adèle et Martin et leur ainé David, photo prise en 1936 à Elberfeld

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Quant à Mathis, il a rejoint ses deux frères aînés pour les aider dans le commerce de gros après la Première Guerre mondiale en Allemagne. En mars 1920, Samuel et Cheiva quittent leur domicile et le magasin dont Samuel était propriétaire à Lodz au 43 rue Kilińskiego (ex-rue Widzewska) pour Sosnowiec toujours en Pologne puis vers 1922-1923, Samuel et Cheiva sont partis rejoindre à leur tour leurs trois fils et leur fille en Allemagne à Elberfeld. Les affaires pour la famille Schwarz sont florissantes, ils font partie des « notables juifs émigrés d’Orient (Polonais) » et Schaya l’aîné est même Président à Elberfeld de la Communauté des Juifs venus de Pologne en Allemagne. Schaya, le fils aîné, meurt en Allemagne à Elberfeld/Wuppertal en 1922. Sa tombe se trouve dans le cimetière juif (non détruit) de la ville. Elle porte son nom : Schaya Schwarz avec les dates de 1885-1922.

 

La vie à Livry-Gargan avant la Seconde Guerre mondiale (des années 1923 à 1939)

Mathis est envoyé en éclaireur en France en 1923. Il s’installe à Livry-Gargan où se trouve une communauté juive reliée à celle de Belleville par le tramway. Il fait partie des membres (fondateurs) d’une association de Secours mutuel constituée entre 1923 et 1925 : la « Fraternelle de Livry-Gargan » devenue « Fraternité de Livry-Gargan » dont encore aujourd’hui en 2021 les Szwarc sont des Membres Actifs : Oscar Szwarc a été le président de la Fraternité pendant une douzaine d’années, son successeur aujourd’hui comme présidente est Sandrine Szwarc, la petite-fille de Mathis Szwarc et fille d’Éloi Szwarc, ce dernier est le Porte-Drapeau de la Fraternité depuis plus de vingt ans. Cette Société de secours mutualiste et d’entraide a conduit à la construction de la Synagogue de Livry-Gargan. A l’origine et jusqu’à la guerre, elle gère les adhésions à La Fraternelle, une école talmudique, un cabaret yiddish et le cimetière Juif de Livry — Gargan. Elle perpétue cette dernière tradition depuis la Shoah : tous les adhérents disparus sont enterrés dans les deux carrés juifs des cimetières de Livry-Gargan, propriétés de l’association. Des artistes peintres de l’École de Paris comme Soutine, Kikoïne et même Modigliani viennent passer du bon temps dans la petite communauté Juive de Livry-Gargan où il fait bon vivre et qui est en train de prendre un véritable essor dans les années vingt. Mathis a acheté un terrain situé au 147 Chemin des Postes à Livry-Gargan, il y fait construire sa maison et un gros entrepôt. Il est brocanteur, ferrailleur, grossiste en verre et métaux. David Israël et Adèle sont encore en Allemagne au début des années vingt alors que les affaires de Mathis Szwarc prospèrent très vite à Livry-Gargan. Il s’y fait une réputation d’homme d’affaires, mais il est tout aussi généreux, serviable et disponible pour aider son prochain.

Carte professionnelle de Mathis

Copyright © Fond Liba Szwarc/DR

 

Mathis et Liba à côté de leur Citroën B12 cabriolet dont ils étaient fiers, devant leur maison 17 Chemin des Postes (aujourd’hui au 147) à Livry-Gargan – 1942

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 Comme son jeune frère Mathis, Israël – David SZWARC était ferrailleur, le voici à Livry – Gargan dans les années trente sur sa carriole recherchant ferrailles et shmattès (fripes) 

Copyright © Fond Liba Szwarc/DR 

 

David Israël rejoint Mathis à Livry-Gargan au mitan des années vingt. Il y fait le même commerce de grossiste et de ferrailleur. Les deux frères sont voisins, travaillent et vivent quasiment ensemble. Les années 1923-1939 sont des années heureuses. Éloi parle de « bonheur ». Le cabaret yiddish dans « La Salle Rappa » qui se trouve boulevard Chanzy à Livry-Gargan dont s’occupe Mathis Szwarc rencontre un grand succès. Des artistes et comiques célèbres dans la Yiddishkeit comme Dzigan et Schumacher viennent y jouer la comédie assez souvent, en plus des représentations musicales. Le couple Epstein, comédiens et habitants à Livry – Gargan, s’amusaient à demander que les spectateurs jettent des pièces sur la scène à la fin du spectacle.

Mathis épouse Liba en 1926 après l’avoir fait venir de Dąbie en Pologne. Ils ont correspondu en yiddish pendant de longues années avant de se rencontrer physiquement. Ita l’épouse de David Israël avait promis à sa jeune sœur Liba qu’elle deviendrait la femme de son beau-frère Mathis (on l’a mentionné que les deux sœurs ont épousé les deux frères).

Mathis et Liba Szwarc vivent 147 chemin des Postes à Livry-Gargan dans la maison qu’a fait construire Mathis avant de faire venir Liba de Pologne.

Samuel et Cheiva, les « Patriarches » et parents de Schaya, David Israël, Mathis et Adèle les rejoignent en France à Livry-Gargan vers 1933 quand Hitler accède au pouvoir, laissant leur fille Adèle et sa famille, et Rywka/Regina, leur belle-fille, en Allemagne.

 

Photo de Samuel et Cheiva, prise à Livry-Gargan dans la maison de Mathis et Liba où ils vivaient tous ensemble – 1938

Copyright © Fond Liba Szwarc/DR 

 

Éloi part en Allemagne quinze jours en août 1938 à 8 ans pour rendre visite à la branche allemande de la famille Schwarz. Il est fasciné par le métro « suspendu par le toit » Le Wuppertaler Schwebebahn » qui existe toujours à Elberfeld devenu Wuppertal aujourd’hui. Éloi se rappelle que pendant son voyage en Allemagne, son cousin David, un sportif avec une carrure de boxeur, fils aîné de Schaya et de Rywka est alors en prison. Il aurait eu des « ennuis au travail parce que juif et qu’il n’aimait pas se laisser faire par des remarques antisémites à son égard et envers les Juifs » selon son souvenir !

Mathis signe Max Schwarz sur certains documents officiels. D’où vient le prénom Max ? Éloi ne le sait pas !

 

L’entreprise de brocante/ferraillerie se trouve sur le terrain de la maison familiale. L’entrepôt est dans le fond du jardin et les dépôts et ventes de toutes sortes de marchandises y sont quotidiens. La famille vit avec les grands-parents. Le matin, Mathis sort la voiture à cheval de l’entreprise et fait la tournée des rues chez les habitants pour débarrasser, récupérer et acheter : chiffons, peaux de lapin (un animal très consommé à l’époque). Éloi se rappelle qu’il fallait faire sécher les peaux au soleil avant de les revendre ou confectionner des vêtements (peut-être de là est née la vocation d’Éloi et son frère Salomon qui seront fourreurs tous les deux dans la vie professionnelle, un métier traditionnel pour les juifs d’Europe). L’après-midi, à la maison, la famille reçoit les gens qui viennent vendre des matériaux divers. Mathis parle yiddish avec ses parents Samuel et Cheiva. Mais Mathis parle aussi plusieurs langues : yiddish, polonais, russe, allemand, yéniche (cette langue parlée par les Yéniches peuple nomade, est caractérisée par une grammaire allemande et par un lexique composé qui dérive ses éléments de l’allemand surtout des dialectes de l’allemand supérieur, de l’hébreu, du yiddish de la variante occidentale qui n’a pas encore subi l’influence slavique et du romani) et bien sûr le Français qu’il maîtrise parfaitement. Liba le parle aussi, mais avec un accent et parfois c’est du « FrancYiddish ». Éloi se rappelle que Mathis est un papa gentil, peu sévère. Éloi se souvient également de jeux dans la cour avec son papa et ses trois frères à midi ou à 16 h lors de son retour à la maison après l’école. Éloi a eu « tout ce qu’il fallait ». Son père y veillait et voulait le bonheur de ses enfants, de son épouse et de sa famille. Mathis aime chanter, notamment des chansons et berceuses yiddish. Il adorait la musique classique et le violon et voulait l’apprendre à ses enfants. Il a recruté un professeur particulier de violon pour eux : Abraham/Albert s’en sort un peu. Les autres frères n’avaient aucun talent. Mathis possède aussi un perroquet parleur qui s’appelait Coco et quand Liba appelait son Mari « Mathis », Coco le perroquet répétait aussi sans cesse « Mathis ! Mathis ! ». La famille possède aussi un chien Bobby qui passait son temps à jouer avec les quatre fils !

Le grand-père, Samuel, handicapé à la fin de sa vie, et la grand-mère Cheiva parlent yiddish à Livry-Gargan avec tous les amis qu’ils rencontrent et à la maison avec les petits-enfants. La famille n’est pas une famille juive orthodoxe bien qu’en Pologne Samuel était proche des mouvements hassidiques. Elle fait Shabbat, elle célèbre les fêtes. Elle mange casher si les magasins et leurs approvisionnements le permettent (sous l’Occupation), mais ils possèdent dans une partie du jardin de la maison un poulailler et à côté le box où le cheval de Mathis qui sert à traîner sa charrette se repose lorsqu’il n’est pas en activité de ramassage d’objets. En Pologne, Samuel et Cheiva étaient plus religieux. En Allemagne, à Elberfeld, aucun Schwarz n’était membre de la synagogue des juifs allemands, mais des émigrés polonais, ils ont ainsi gardé le rite des prières juives polonaises. Preuve en est, Schaya, le fils aîné de Samuel, a contribué à la fondation d’une synagogue avec une communauté de rite juif polonais à Elberfeld dont il était le président. En tout cas, chez Mathis, malgré Samuel et Cheiva, on parle le français. Mathis lit le français sans problème. Liba lit en yiddish et en français.

Les Schwarz vivent entourés de voisins italiens, arméniens. Ils ont une grande cour dans la maison et naturellement les voisins viennent chez eux. Le dimanche, la cour (ou le champ en face de la maison) se transforme en lieu convivial de loisirs et en terrain de foot. Il n’y a aucune tension entre les différentes communautés, chacun apporte et partage sa culture.

Livry-Gargan est un centre vacances pour les Parisiens. C’est la campagne : il y a des champs, le canal de l’Ourcq et ses bateaux, la forêt de Bondy, les 7 îles à côté à Montfermeil. Les Schwarz organisent des pique-niques dans le champ en face de leur maison. Il y a un site de pèlerinage, vénéré par les catholiques avec des sources miraculeuses et l’église Notre-Dame-des-Anges juste derrière chez eux à Clichy-sous-Bois et bien sûr la Synagogue de Livry-Gargan avenue Gallieni où Mathis et sa famille se rendent pour le Shabbat et les fêtes religieuses.

Il y a une fête foraine en août dans le pré voisin qui devient le lieu incontournable de l’évènement de l’été pour les Livryens et la population avoisinante.

Les Schwarz comme leurs voisins visitent peu Paris, la communauté juive étant devenue très importante à Livry-Gargan, pas besoin d’aller ailleurs !

Les fils de Mathis ont francisé leurs prénoms. L’aîné Abraham devenu Albert sort et fréquente les bals. Il ne veut pas s’appeler Abraham d’où Albert. Oscar est devenu Roger, et Salomon change en Simon. Les quatre frères sont toujours très bien habillés : costumes, vestes, chemises, cravates, nœuds papillon et Mathis est comme eux, ils apportent de l’importance à la tenue vestimentaire. C’est un homme élégant et toujours d’excellente présentation. Selon les grands-parents, la famille et Mathis qui a connu la vie rude et difficile en Pologne admettent que la France, c’est bien mieux ! La Pologne a été marquée par des pogroms après la Première Guerre mondiale d’où l’ émigration de nombreux Juifs polonais vers l’Allemagne par exemple. Éloi écoute souvent les adultes en parler et qui se remémorent la vie à Lodz et comparent ensuite avec Elberfeld puis avec Livry-Gargan.

En France, le dimanche, chez les Schwarz, chez Mathis ou chez David qui habite la rue derrière, tout le monde se retrouve. On mange des mets yiddish confectionnés par Liba ou Ita : du foie haché, des boulettes de poissons ou de matsot (farine de galettes), du gâteau au fromage le fameux Käse Kichen, du strudel aux pommes. On chante en cœur des chansons en yiddish, on montre les vêtements confectionnés pendant la semaine, les Yiddishé Mamés échangent leurs recettes, les enfants jouent aux billes, aux petits soldats dans la cour. Les voisins ont tous trois ou quatre enfants. Ce sont très vite des « tribus » qui se réunissent et peu importe le niveau social, chez les Schwarz la porte est toujours grande ouverte ! Mathis en profite pour traiter et parler affaires avec les pères des autres familles qui sont pour la plupart brocanteurs et ferrailleurs comme lui.

Une famille juive traquée

Circonstances de l’arrestation de Mathis / 23 mars 1944 : vers 15 h – 15 h 30 : la police française est en quête d’une résistante et/ou d’un résistant qui aurait abattu un officier allemand à quelques centaines de mètres de là, à Clichy-sous-Bois. La police est donc à la recherche de ces deux personnes à Livry-Gargan. La police cherche où logeraient ces résistants et enquête dans plusieurs hôtels à Livry-Gargan. Le gérant d’un café, au-dessus duquel se trouvent des chambres d’hôtel, dit ne pas les connaître. Sans dénoncer directement Mathis, mais nous n’avons jamais eu la preuve de cette information, il se défausse en disant aux policiers de se renseigner « chez Schwarz le brocanteur ». Mathis est connu dans tout Livry-Gargan du fait de son engagement à la « Fraternelle de Livry-Gargan » et de sa personnalité. Mathis sort de sa maison à cet instant avec son beau-frère, Léon Zaltz marié à Frida, la 2e sœur de Liba après Ita, pour monter dans sa berline. Léon Zaltz et Frida se cachaient à Livry-Gargan et vivaient à l’hôtel et dans plusieurs habitations successives, aidés par Mathis. L’hôtel avec le bar en dessous est situé à proximité de l’habitation de Mathis et appartient à un Italien. Les policiers français et les hommes de main de Bonny et Lafont de la Gestapo française se rendent donc chez Mathis en voiture alors que Mathis venait juste de démarrer aussi pour aller faire des courses avec son beau-frère Léon chez le boucher à l’heure réservée aux courses. Mathis porte son Etoile jaune à la veste de son costume. Il fait demi-tour en voyant dans son rétroviseur la voiture de police s’arrêter au 147 chemin des Postes devant chez lui. Mathis descend de sa voiture, se dirige vers les policiers et les deux collabos. On lui demande : « vous êtes Schwarz le brocanteur ? » Mathis répond : « oui c’est moi », les policiers le saisissent. Mathis crie : « laissez-moi Je suis Français !!! ». Un des policiers lui répond : « Vous portez l’étoile jaune, vous êtes juif ! » et la lui arrache de sa veste et l’arrête sur-le-champ. Les quatre enfants de Mathis à ce moment-là sont à l’école au Raincy. Éloi a 14 ans, il a déjà eu son certificat d’études. Ses grands frères sont dans le secondaire. Liba est à la maison avec Frida sa sœur (l’épouse de Léon Zaltz) et une jeune fille juive également de passage à la maison. Les policiers rentrent et surgissent dans la maison. Les trois femmes s’enfuient par une porte dérobée et malgré les tirs de pistolet dont les balles fusent de chaque côté des visages dont ces sifflements resteront marqués à vie pour Liba, elles arrivent à se réfugier chez Ita la sœur de Liba qui habite dans la rue derrière chez Mathis et Liba. Mathis lui est arrêté et menotté avec l’oncle Léon Zaltz et un voisin qui passait à ce moment-là. Ils ne sont pas déférés rue Lauriston (siège de la Gestapo), mais à Fresnes, car considérés comme Résistants. « L’oncle Zaltz », qui a finalement été déporté à Ravensbrück par le convoi 79, est le témoin oculaire de ce qui s’est passé entre mars et avril dans la prison de Fresnes.

Éloi et de ses deux frères qui étaient en classe dans une école au Raincy sont vite récupérés par leur cousine Hélène, jeune mariée, la fille de David Israël et Ita, qui les emmène se cacher et se réfugier dans la maison allée Bayard à Livry-Gargan qu’elle et son époux venaient d’acquérir. Puis un voisin non juif d’Éloi, Monsieur Magne, serrurier de métier, ancien combattant dont le fils René était copain avec les enfants, et qui habitait à côté, allée des Pommiers, installe les 4 frères et leur maman dans le rez-de-chaussée de son Pavillon. Ils ont une pièce pour dormir avec une autre famille juive cachée également. L’arrestation de Mathis Szwarc a fait grand bruit à Livry-Gargan, mais malheureusement ce fut le cas de beaucoup de Juifs dans cette ville qui a eu une centaine de membres de la Communauté assassinés. La Stèle avec le nom des Victimes Juives se trouve à l’ancien cimetière de Livry-Gargan. La Famille Schwarz a voulu faire décerner il y a quelques années le titre de « Juste parmi les Nations » à ceux qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs, la plus haute distinction civile décernée par l’État hébreu et par le Comité de Yad Vashem en France – aux descendants de Monsieur Magne. Mais les Magne ne l’ont jamais voulu, car ils disaient avoir fait leur devoir de citoyens français ! De vrais justes !

Être une famille juive cachée et privée du chef de famille à Livry-Gargan au printemps 1944

Les entreprises des Frères Schwarz ont été aryanisées. Elles étaient dotées d’un gérant. Il y avait dans le jardin par lequel on accédait aux entrepôts une pancarte « établissement juif aryanisé ». En dépit des contacts pris grâce au voisin, la famille ne parvient pas à voir de nouvelles de Mathis ni à Fresnes ni à Drancy ensuite. Au printemps 1944, les usines Renault et Billancourt sont bombardées. Des obus tombent dans une carrière à 500 mètres de chez les Schwarz. La maison reçoit des éclats de pierre liés aux explosions des obus. Pour les enfants Schwarz, il n’y a pas de retour à l’école possible. Les frères sortent dans le jardin de la maison de Monsieur Magne, mais n’ont pas le droit d’aller dans la rue. Monsieur Magne qui les héberge parvient à les ravitailler et les nourrir à l’aide de ses tickets de rationnement. Albert, l’aîné, qui était entré en apprentissage à Pantin, n’a pas été gardé, car juif.

Des nouvelles de Mathis ?

L’oncle Zaltz est revenu du camp de Ravensbrück, il avait été déporté vers ce camp par le Convoi 79. C’était un bel homme assez costaud avant son internement à Ravensbrück. À son retour il pesait 35 kilos. Il n’avait plus et pas de nouvelles de Mathis. Il savait juste comme le reste de la famille qu’il était parti pour Auschwitz. À l’Hôtel Lutetia, le nom et prénom de Mathis Szwarc n’apparaît pas sur la liste des noms des rescapés des camps de la mort. Parents, voisins cherchent sur la liste. “On cherchait, on cherchait” dit Éloi, c’était notre seul espoir. Liba, la maman d’Éloi et l’épouse de Mathis, espérait également : son beau-frère est rentré, pourquoi Mathis ne rentrerait pas ?

On apprend par un témoin oculaire que quand Mathis est arrivé à Drancy le 17 juillet 1944 sous le matricule 25120 après Fresnes, il était impotent et mal en point. À Fresnes, Mathis a été martyrisé, torturé dans le sous-sol de la prison de Fresnes. Il parlait de ses enfants et de sa femme, et criait en allemand « J’ai des enfants. Vous ne pouvez pas faire ça ». Il était dans un état épouvantable lorsqu’il est monté à bord du dernier grand convoi 77 à destination d’Auschwitz le 31 juillet 1944. Il sera assassiné à son arrivée dans ce camp de la mort le 3 août 1944. Fin avril 1945, les premiers déportés arrivent à Paris à l’hôtel Lutetia à Paris qui sert de lieu de transit et de retrouvailles quand certains ont eu la chance de revenir comme l’Oncle Léon Zaltz. Chaque jour des listes de noms sont affichées avec les identités des survivants de l’horreur

« Pas de nom, pas de nom, pas de nom de Mathis Szwarc » sur les listes !!! L’attente est insoutenable chaque jour pour Liba et ses quatre fils ! L’oncle Zaltz raconte aux enfants et à Liba qui se posent des questions comment survivent les déportés pour essayer de raconter un peu la vie dans les camps de la mort. La Tante Frida meurt peu après la guerre d’un cancer.

Samuel et Cheiva mourront respectivement en 1938 et 1939 juste avant la Shoah et ne connaîtront “heureusement” pas la tragédie de la famille Schwarz avec l’assassinat de Mathis, de leur fille Adèle et leur gendre, de Dora leur petite fille et l’arrière-petit-fils Harald et de l’assassinat de Moszek-Chaïm mari de Dora.

Pour survivre et en espérant toujours le retour de son mari Mathis, Liba achète de la marchandise, du cuivre, sans déclarer son activité. Le soir lorsqu’ils étaient hébergés chez Monsieur Magne, Liba rentrait dans la nuit dans sa maison pour chercher des vêtements. Après la guerre, Abraham/Albert est apprenti bijoutier et rapporte un peu de son salaire à sa mère. Le second fils Oscar/Roger apprend la serrurerie puis reprend la brocante de Livry-Gargan qu’il gardera jusqu’à son départ en retraite. Salomon/Simon, le 3e fils obtient son brevet. Puis il devient apprenti chez un marchand de fourrure rue Miromesnil à Paris. Il deviendra fourreur. Abraham devient bijoutier horloger aux Pavillons-sous-bois. Oscar/Roger devient brocanteur-ferrailleur au 147 chemin des Postes à Livry-Gargan. Quant à Éloi après un passage à l’ORT, une école d’apprentissage pour s’orienter vers le métier d’électricien, il rejoindra très vite son frère Salomon chez le Fourreur de la rue Miromesnil à Paris et deviendra Fourreur-Créateur pour des magasins de Luxe parisiens et aura son atelier rue d’Hauteville à Paris, le quartier des fourreurs, avant de revenir sur Livry-Gargan en 1976, Livry-Gargan, fief de la famille où sont nés 9 des 10 petits-enfants d’Éloi.

Liba entretient un potager, élève des poulets et des canards dans le jardin pour les vendre et pratique avec un Shokhet de Livry-Gargan l’abattage rituel juif qui s’appelle la cachérisation. Éloi se souvient de Liba et de ses crises de nerfs fréquentes suite à l’arrestation de Mathis et pendant quelques années qui ont suivi la guerre. Mathis a été déporté le 31 juillet 1944 par le dernier grand convoi numéro 77 — il sera assassiné à son arrivée dans ce camp de la mort le 3 août 1944. Liba et ses quatre enfants recevront un certificat de décès annonçant la mort de Mathis le 19 décembre 1944, 3 jours avant de fêter les 43 ans de Mathis.

Et malgré l’horreur, la vie a continué puisque les descendants de Mathis et Liba représentent en chiffres en 2021 :

4 fils (photo de 1948 à Livry-Gargan) dont les 2 aînés à présent décédés : Albert et Oscar

Copyright © Fond Liba Szwarc/DR 

10 petits-enfants

14 arrière-petits-enfants

3 arrières-arrières-petites-filles et 1 arrière-arrière-petit-fils. La vie continue …

Et la suite ?

À la suite de cet entretien qui a eu pour but de créer la fiche autobiographique de Mathis Szwarc dans le cadre de l’Association de Georges Mayer « Convoi 77 » dont le projet est de mieux connaître et faire connaître les destins des 1306 hommes, femmes et enfants qui, le 31 juillet 1944, ont quitté Drancy pour Auschwitz dans des wagons à bestiaux, de poursuivre le travail des survivants et prendre une part active dans la transmission de la mémoire de la Shoah et associer à une démarche les hommes et les femmes de bonne volonté qui pensent que le combat contre la discrimination et la haine passe par la connaissance des processus qui ont abouti à la Shoah, Olivier Schwarz présent lors de ces échanges à son domicile, a été particulièrement touché par le récit et témoignage de son père Éloi qui jusque-là avait gardé cela en lui. Ses enfants, très attachés à la transmission de la Mémoire depuis l’enfance, participant à toutes les commémorations, et en manque d’un grand-père mort à Auschwitz, ont voulu en savoir plus sur la vie de la famille.

Et puis un jour de février 2018, « Tout est parti de là » … Olivier a retrouvé 2 documents administratifs allemands, une licence commerciale, et un “formulaire d’enregistrement” datés de 1923 au nom de Mathis Schwarz son grand-père… Ils sont signés et tamponnés à Elberfeld (aujourd’hui Wuppertal) en Allemagne… Olivier a donc envoyé ces documents aux Archives de la ville pour avoir des informations et a découvert et compris qu’une partie de sa famille avait séjourné dans cette ville, (après avoir fui les pogroms et la ville de Lodz en Pologne avant et après la 1re guerre mondiale), à Elberfeld, haut lieu de la Yiddishkeit allemande où de nombreux Juifs polonais ont participé à l’essor économique… Son Grand Père Mathis avait un commerce de matières brutes à Ludwigstraße 3 à Elberfeld, un commerce de gros pour les chiffons (Shmattès en Yiddish), les bouteilles et la ferraille. Son grand frère Schaya Schwarz et leurs père Samuel (Szmul-Zanvel) Schwarz (son Arrière Grand Père) possédaient également des commerces de gros dans des différents endroits de la ville d’Elberfeld, ils habitaient le quartier de Briller et le Luisenviertel… Puis un jour de 2018, Olivier a reçu de la part des administrateurs de la « Alte Synagoge » d’Elberfeld des photos de la pierre tombale de son Grand Oncle Schaya Schwarz décédé en 1922 à Elberfeld, il ne connaissait pas l’existence de son lieu de décès ni l’endroit de sa sépulture qui se trouve au cimetière Juif de Weinberg à Elberfeld et c’est ainsi que quelques semaines après les recherches effectuées par Olivier, nous avons appris que du côté Schwarz, ils sont originaires du Shtetl (petit village juif) de Szydłowiec depuis les années 1750 puis Lodz vers 1880… Les ascendants sont dans la brocante, les chiffons, matériaux (pierre de construction…) et graveurs de pierre depuis au moins les années 1750. Olivier a pu retrouver également la pierre tombale « Matseve Shteyn » datée de 1860 de Izraël – Dawid Szwartz le Papa de Samuel et Grand Père de Mathis qui se trouve encore aujourd’hui dans le cimetière juif de Szydłowiec l’un des seuls à ne pas avoir été détruit par les nazis. Il a pu ainsi reconstruire l’arbre généalogique, qui démarre dans les années 1750, avec noms et prénoms depuis ses arrières grands parents et toute la descendance grâce aux archives polonaises et allemandes et belges. Il a retrouvé également toutes les « branches » américaines Schwarz soit plus de 40 personnes que les Schwarz – Szwarc de France connaissaient à peine l’existence…. Aujourd’hui, Olivier a créé un propre groupe Facebook « The Love Schwarz – Szwarc Family », il publie toutes ses « découvertes » (nouvel ancêtre, documents, actes d’état civil, archives, photographies, anecdotes …) sur la Famille Schwarz – Szwarc et les Membres Schwarz – Szwarc de ce groupe familial communiquent entre eux et partagent les souvenirs !

                                               

Photo de la Stèle des Déportés à Livry-Gargan à l’Ancien Cimetière où se trouve inscrit le nom et prénom de Mathis et au pied il y a la plaque commémorative / Photo prise en 2019 – Eloi le plus jeune des fils de Mathis, il est le Porte-drapeau de La Fraternelle – Fraternité de Livry-Gargan et son épouse Claudine SZWARC  

 Copyright © Olivier Schwarz

 


 

arbre généalogique Szwarc
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photo famille Schaya – Lejbus SZWARC Rywka DIAMENT DORA & DAVID
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david SZWARC à cheval
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Contributeur(s)

Biographie rédigée par Joanna NOWICKA, élève au lycée Karol Marcinkowski de Poznań, Pologne. La biographie a été relue par Anna KLINGER, professeure de Français du même établissement. Le préambule, initialement écrit par Joanna NOWICKA a été relu par Jacques JACUBERT. Autres contributions: Eloi SZWARC, fils de Mathis. Olivier SCHWARZ, petit-fils de Mathis.
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