Suzanne KOSLEWICZ

Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Suzanne KOSLEWICZ

Deux classes, la Seconde D, composée d’élèves germanistes, et la Première Spécialité Histoire-Géographie-Géopolitique-Sciences politiques HGGSP du Lycée Marcel Pagnol de Marseille ont été complémentaires dans ce projet permettant de répondre à la problématique suivante: Qu’est ce qu’être une femme ou un enfant dans le processus d’extermination en Europe?

Pour cela, ils ont mené l’enquête à partir des archives de 6 déportés: 3 femmes Margarete ALT, Anna TUGENDHAT, Henriette COVO, 2 enfants Marcelle KORSSIA, Suzanne KOSLEWICZ et un adolescent, Marcel KRAJZELMAN. Chacune des classes a apporté ses compétences: la classe de Seconde composée de germanistes a permis de traduire les archives, de contextualiser et de réaliser une partie des enquêtes historiques, la classe de Première HGGSP ont été leurs tuteurs sur les enquêtes, ont développé un esprit critique sur les sources et ont développé les silences de l’Histoire de chaque déporté.

Ils ont formé des groupes en fonction des enquêtes à réaliser puis ont mutualisé leurs travaux. Aussi toutes les notices présentées sont complémentaires et s’organisent selon un plan similaire, ainsi pour Suzanne KOSLEWICZ:

  1. Enquête: Qui est Suzanne KOSLEWICZ?

  2. Les silences de l’histoire de Suzanne.

  3. L’exposition au CDI: mutualisation et présentation des travaux élèves sur l’ensemble des 6 enquêtes, sorties scolaires, témoignages, visios, les sources contre le silence de l’Histoire.

  4. Les témoignages élèves: Pourquoi est il important de travailler sur l’histoire des femmes ? des enfants et adolescents? En quoi votre travail permet il de lutter contre les préjugés?

I) Enquête : Qui est Suzanne KOSLEWICZ?

1) Au commencement combien aviez vous d’archives de l’association sur Suzanne ? Qu’avez vous appris sur votre déportée avec ses archives ? Quelles sont les hypothèses que vous aviez émises ?

Notre corpus était composé de 2 archives seulement dans le dossier des anciens combattants et victimes de guerre mis à notre disposition par l’association www.convoi77.org, nous avons émis des hypothèses au début des recherches:

– était elle hébergée dans un centre avant d’être déportée1 ?

– qu’ entre 1939 et 1940 il y eut l’obligation des juifs de se regrouper ?

– qu’avant d’aller dans le centre, elle était hébergée à 67 rue ed-hortier Neuilly sur seine 2?

– que les dates du 22/07/1944 et du 31/07/1944 sont peut être la date d’incarcération et de mort 3?

– que le centre Louveciennes est son domicile ?

Carte du fichier Drancy n°25536, archive obtenue grâce à l’association « Convoi 77 ».


Carte de renseignement de domicile avec adresse du centre Louveciennes, archive obtenue grâce à l’association « Convoi 77 ».

2) Qu’avez appris en contactant les centres d’archives et/ou personnes ?

Nous n’avons pas appris grand chose avec les centres d’archives en ligne.

Dans le site mémorial de la Shoah, on a trouvé le nom de Suzanne et 2 autres déportées sur lequel nous travaillons avec les autres groupes : Marcelle KORSSIA et Marcel KRAJZELMAN4. Elle a bien été domiciliée au centre Louveciennes. C’est un centre de l’UGIF. L’UGIF : L’union générale des Israélites de France , ou UGIF, est fondée, sur injonction des Allemands, par une loi du gouvernement de Vichy du 29 novembre 1941. L’UGIF est un centre qui sert à regrouper tous les enfants dont les parents ont été déportés.

Liste de déportés de Drancy avec les noms de Suzanne KOLSEWICZ, Marcelle KORSSIA et Marcel KRAJZELMAN, https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=suzanne%20koslewicz&spec_expand=1&rows=20&start=0

Elle fait aussi partie de la Liste, datée du 25/07/1944, répertoriant quarante huit enfants et adultes transférées de Louveciennes à Drancy le 22 juillet 19445. La rafle de Louveciennes, place Dreux, se met en place au centre de l’UGIF, après la réquisition par les Allemands, du centre n°56, un ancien orphelinat agricole aménagé en maison d’enfants par l’UGIF. 41 enfants du centre et les monitrices sont arrêtés par Alois BRUNNER, le commandant du Camp de Drancy, qui a désigné des internés juifs de Drancy pour l’aider aux arrestations. 6 enfants vont être déportés, le lendemain, de Drancy vers Bergen-Belsen, par le Convoi No. 80, du  et survivront. 34 autres enfants sont déportés par le convoi No. 77 comme Suzanne incarcérée à Drancy puis part dans le convoi 77 le 31 juillet 1944. 33 sont assassinés dès leur arrivée à Auschwitz. Seule, Denise HOLSTEIN (17 ans), survit au camp de d’Auschwitz-Birkenau et de Bergen-Belsen6.

Suzanne est née à Marseille le 1er janvier 19407. On a contacté donc par téléphone le consistoire et les archives départementales et municipales de Marseille en plus de leur envoyer un mail. Mais nous n’avons pas eu d’autres informations.

Arbre généalogique de Suzanne réalisé par Sofia et Unsal.

Cette histoire nous a permis d’apprendre des éléments sur le contexte pendant l’occupation. On attribue le nom de rafles aux vagues d’arrestations organisées par les polices française et allemande pendant la Seconde Guerre mondiale contre les juifs et également dans les opérations contre les résistants. Les personnes raflées sont ensuite parfois libérées, souvent fouillées ou envoyées dans les camps de concentration ou d’extermination nazis. La plus connue des rafles contre les juifs est la rafle du Vél’ d’Hiv’ des 16 et 17 juillet 1942. En zone libre, la rafle du 26 août 1942, entièrement d’initiative française, a concerné 6584 juifs étrangers ou apatrides dont la plupart seront déportés vers Auschwitz et immédiatement assassinés.

Carte des lieux de la vie de Suzanne réalisée par Sofia et Unsal.

La mémoire de Suzanne est présente dans une exposition du Camp des Milles d’Aix en Provence que nous avons vue pendant notre sortie le 1 mars 2022.

Mémoire de Suzanne dans une exposition sur les enfants déportés au camp des Milles, photo prise lors de notre visite le 1er mars 2022.


Mémoire de Suzanne dans une exposition sur les enfants déportés au camp des Milles, photo prise lors de notre visite le 1er mars 2022.

3) Y a t eu des temps morts lors des recherches ? Pourquoi ? Pensiez vous réaliser une biographie aussi complète au commencement de vos recherches ?

Non, il n’y a pas eu de temps morts lors des recherches car on a eu des informations intéressantes très rapidement. Non, on ne pensait pas réaliser une biographie complète avant les recherches.

4) En quoi votre travail participe à la mémoire de Suzanne ?

Notre travail participe à la mémoire de notre déporté car on cherche des informations sur elle.  Nous honorons sa mémoire car elle nous permet de faire vivre son souvenir. Elle est une enfant dont on ne parle pas assez en pensant à cet événement.

II) Les silences de l’histoire de Suzanne:

1) Qu’est-ce que “les silences” en Histoire ?  Et les silences de l’histoire de Suzanne ?

Le silence désigne le fait de falsifier les dates de naissances pour oublier les traumatismes, il reste donc peu d’informations sur eux. Suzanne n’avait que 4 ans et il existe peu d’informations sur elle.

2) Qu’est-ce qu’être un enfant ? Un adolescent ?

Dans les camps de concentration, de la naissance à 16 ans, un individu est considéré comme “enfant”. Lors du triage, les “enfants” étaient emmenés dans les chambres à gaz pour être tués, et les adolescents de plus de 16 ans sont sélectionnés pour les travaux forcés. Suzanne n’avait que 4 ans et a donc été asphyxiée à son arrivée au camp de Auschwitz.

3) Quelles sont les formes de violences spécifiques à Suzanne ? Aux enfants et adolescents ?

Suzanne a été internée seule dans un des centres de l’UGIF qui accueille les enfants dont les parents ont été déportés. Elle change de lieu de « résidence » : Elle a été d’abord domiciliée au centre Louveciennes, un centre de l’UGIF, puis au camp de Drancy le 2 janvier 1944. Le lendemain, elle est déportée de Drancy vers Auschwitz-Birkenau par le convoi n°77. Elle a été assassinée à son arrivée au camp.
Les premières années de la vie d’un enfant étant les plus importantes, un enfant peut être marqué pour toujours et son développement inachevé. De telles conditions de vie dans l’insalubrité et la malnutrition, provoquent chez les enfants et adolescents en vie, d’énormes traumatismes. Ce sont des traumatismes psychologiques, ceux-ci peuvent être aussi dû à l’enfermement ou la perte de la famille. Suzanne a, elle, été accueillie dans un des centres de l’UGIF. Elle a donc été peut-être soumise à des violences physiques et verbales et a donc peut-être eu des traumatismes par la suite.

4) Les rôles des enfants dans ou contre le processus d’extermination sont :

Les adolescents sont réduits à des cobayes. Toutes les jeunes filles de 16 à 18 ans sont passées sous rayon X dans le but de les rendre stériles, et les garçons sont utilisés dans les travaux forcés où il est nécessaire d’avoir une force musculaire importante. Les enfants de moins de 16 ans sont directement conduits dans les chambres à gaz.

5) En quoi votre travail participe à faire vivre la mémoire de la déportation ? De Suzanne ?

Parce qu’on y apprend ce qu’ils ont vécu, que certains ont du mentir pour ne pas mourir et que tous ces enfants innocents sont morts pour aucune raison. On doit se rappeler d’eux et du fait qu’ils ont été des acteurs de cette histoire.

6) Donner des adjectifs qualifiants la vie de Suzanne?

FORTE, COURAGEUSE, RESISTANTE, INJUSTICE, MALHEUREUSE, MALTRAITEE.

7) Quels sont les livres du CDI permettant de comprendre la vie de Suzanne?

  • Le mémorial des enfants juifs déportés de France de Serge KLARSFELD. Le nom de Suzanne apparaît dans ce recueil mais il n’y a aucune information sur elle.
  • Parole d’étoiles sous la direction de Jean Pierre GUENO est un recueil de témoignages d’enfants qui ont vécu la guerre de 939 à 19
  • Auschwitz expliqué à ma fille d’Annette WIEVIORKA qui raconte l’histoire d’une mère qui répond aux questions de sa fille à Auschwitz.
  • Maus d’Art SPIELGELMAN une bande dessinée qui raconte le déroulement de la déportation des familles et des enfants.

Sources : 8

III) L’exposition au CDI: mutualisation et présentation des travaux élèves sur l’ensemble des 6 enquêtes, sorties scolaires, témoignages, visios, les sources contre le silence de l’Histoire.

IV) Les témoignages élèves

BRAVO à Sofia, Unsal, Florence, Alizé et Lorène sous la direction de leurs professeures Mme BOUILLON Laetitia professeure d’Allemand et Mme BOUTANT Morgane professeure d’Histoire-Géographie.

1Carte de renseignement de domicile avec adresse du centre Louveciennes, archive obtenue grâce à l’association « Convoi 77 ».

2Carte du fichier Drancy n°25536, archive obtenue grâce à l’association « Convoi 77 ».

3Carte de renseignement de domicile avec adresse du centre Louveciennes, archives du ministères des anciens combattants et des victimes de guerre, obtenues grâce à l’association « Convoi 77 ».

7Serge Klarsfeld, Le mémorial des enfants juifs déportés de France, FFDJF, 1994.

8sources des silences de l’Histoire:

-Michelle PERROT, Les femmes ou les silences de l’Histoire, Flammarion, Paris, 2020. Quatrième de couverture.

-Association MNEMOSYNE, Coordination Geneviève DERMENJIAN, Irène JAMI, Annie ROUQUIER, Françoise THEBAUD, La place des femmes dans l’histoire, une histoire mixte, Belin, Paris, 2010. Chapitre : Femmes et hommes dans les guerres, les démocraties et les totalitarismes (1914-1945).

-Mémoire vivante, Dossier pédagogique du CNRD 2008-2009, Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi, Bulletin de la Fondation pour la mémoire de la déportation, numéro 57, Paris, septembre 2008.

Contributeur(s)

Sofia, Unsal, Florence, Alizé et Lorène sous la direction de leurs professeures Mme BOUILLON Laetitia professeure d'Allemand et Mme BOUTANT Morgane professeure d'Histoire-Géographie.
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