Anna SUSSMANN

1909-1985 | Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Anna SUSSMANN

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Für unsere deutschsprachigen Leser*innen: Der Text ist unterhalb der französischen Version auch auf deutsch verfügbar.
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AVANT LA DÉPORTATION

Vie de famille et vie personnelle :

Anna (Anni, Anne) Sussmann naît le 8 octobre 1909 à Vienne sous le nom de Goldscheider. Ses parents sont Camilla Heller et Emmanuel Goldscheider, une famille juive. Elle a un frère, Paul Goldscheider, qui est déporté en septembre 1942.

Avant de fuir l’Autriche pour la France le 9 juin 1937, elle travaille comme infirmière. À Paris, en la mairie du 19e arrondissement, le 4 novembre 1937, elle se marie avec Heinrich (Henri, Heinrick) Sussmann, un peintre et illustrateur autrichien[1].

Acte de mariage d’Henri Sussman et d’Anne Goldscheider le 4 novembre 1937 en la mairie du 19ème arrondissement de Paris – Archives départementales de Paris.

 

De 1938 à 1941, ils vivent tous les deux au 8 place du Danube à Paris. Afin de pouvoir subvenir à leurs besoins, Heinrich vend quelques tableaux et Anna des bijoux ainsi que des tapis[2].

Vie dans la Résistance :

Anna et Heinrich entrent en mai 1941 dans la résistance antinazie à Marseille (qui se trouve alors en zone libre)[3]. Ils y font la connaissance d’un certain “Emile”, qui leur fournit de faux papiers au nom de Solvat. Un an après, en 1942, ils sont envoyés à Paris (en zone occupée) afin de travailler en tant qu’agents de liaison (particulièrement entre une femme et un dénommé Ullmann). Anna admettra plus tard avoir assuré ce travail jusqu’en juin 1943. Ainsi, elle et son mari participent à des actions de résistance contre l’armée allemande (propagande défaitiste, distributions de tracts, etc…).

Le premier décembre 1943, ils rejoignent les Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.)[4]. Anna participe régulièrement à des rencontres clandestines avec d’autres membres, surtout dans la rue de Rivoli. Elle sera par ailleurs surnommée “la femme Rivoli” et Heinrich “l’homme Rivoli”. Ils utilisent plusieurs faux noms, comme Selby, Sebastien ou Beranger, qui leur ont aussi été fournis par “Emile”. Cependant, depuis 1943, Anna et Heinrich sont pris en filature par la Gestapo et la Brigade spéciale, qui les perdent de vue en novembre de cette même année.

Arrestation :

L’arrestation, Ka Schmitz, mai 2023

À la suite de longues recherches et surveillances, les Sussmann sont retrouvés par la police. Anna et son mari sont finalement arrêtés le 1er juin 1944, alors qu’ils logent au 43 rue Truffaut à Paris, en tant que membres du M.O.I.[5] (Main d’Oeuvre Immigrée), un réseau communiste dont dépendait par exemple le groupe Manouchian (groupe de saboteurs arméniens, juifs, polonais et autres, responsables de plusieurs attentats).

Lors de leurs interrogatoires, ils commencent d’abord par nier toute implication. Suite à la torture de Heinrich sous les yeux d’Anna, il reconnaissent les faits reprochés et avouent qu’ils ont rencontré des membres du parti communiste (tels que Hoffmann, Strobel, Hagmüller).

Le couple est ainsi envoyé à Auschwitz et séparé après les interrogatoires de la Gestapo. Anna est d’abord internée dans plusieurs endroits avant de se faire déporter[6] :

  • Du 1er juin 1944 au 6 juin 1944 : elle est détenue et interrogée.
  • Du 6 juin 1944 au 31 juillet 1944 : elle est d’abord enfermée à Fresnes, où elle fait la rencontre de Lilli Auchman, puis envoyée avec elle au camp de Drancy.
  • Le 31 juillet 1944 : les deux femmes sont déportées au camp d’Auschwitz par le convoi n°77.

À AUSCHWITZ

Arrivée au camp :

Anna arrive au camp le 4 août 1944 et y reste jusqu’en octobre 1944. Elle est alors enceinte d’un enfant, et une autre détenue lui exhorte de cacher sa condition pour lui éviter la mort dans les chambres à gaz. Anna devient importante aux yeux des autres détenues, puisqu’elle dispose d’informations du monde extérieur. Elle leur apprend par exemple que l’Armée rouge était stationnée non loin du camp lors de son arrivée, et croit encore que l’Union Soviétique libérerait le camp. À l’inverse, quand les plus anciennes détenues lui parlent des crématoriums et des chambres à gaz, Anna n’arrive pas à y croire. Elle essaie tant bien que mal de ne pas penser aux atrocités commises dans le camp[7].

Le 20 août, Anna se plaint de douleurs et est autorisée par la doyenne du bloc à s’allonger sur du vieux pain, près d’un four, malgré l’interdiction. Se souvenant d’une visite dans une salle d’accouchement à l’hôpital Brigitta de Vienne, elle sait comment se comporter lors d’un accouchement. Après quelques heures, son enfant est né. Une co-détenue lui annonce alors qu’il s’agit d’un garçon, bien vivant. Anna lui donne le nom de Samuel Georg Sussmann. Cependant, Josef Mengele (médecin SS menant des expériences inhumaines sur les prisonniers durant la Seconde Guerre Mondiale) entre dans le bloc, avise l’enfant et l’arrache à sa mère avant de le jeter dans le four sous ses yeux.

“Il a pris l’enfant et l’a lancé dans le four brûlant”, dessin d’Andrea Jernej, Mai 2023.
Citation d’Anna Sussmann dans l’interview d’Anna & Heinrich Sussmann dans le journal Ö1 du 09.02.1985

Une détenue médecin hongroise lui propose d’aller à l’infirmerie tout en l’avertissant des sélections fréquentes (tri puis élimination des personnes n’étant pas aptes au travail). Anna est effectivement sélectionnée et envoyée aux douches, sans savoir ce qui sortirait des canalisations ; “Nous ne savions donc pas, allait-il sortir de l’eau ou du gaz ?”. ll s’agit finalement d’eau. Les détenus sélectionnés sont ensuite embarqués dans des wagons à bestiaux et choisis pour effectuer des travaux routiers deux jours plus tard. À ce moment-là, à l’aide de panneaux de signalisation, Anna suppose être dans les Sudètes.

Plus tard, dans la nuit du 28 octobre 1944, elle est emmenée avec d’autres prisonniers dans une usine d’armes à Weiskirchen-Kratzau. Pendant ce temps, les femmes des environs crient aux SS : « Espèces de salauds, pour vous, nous paierons la note ! », en lançant des pommes ou des morceaux de pain aux prisonniers[8].

Fuite de l’usine de Kratzau : [9]

Le 20 novembre 1944, un changement d’organisation du camp de Kratzau a lieu. De plus, pour éviter que le camp ne soit cible de bombardements, toutes les lumières sont éteintes durant la nuit. Ainsi, Anna et deux de ses camarades, l’allemande Lilli Segal et une autre femme hollandaise, saisissent cette opportunité et décident de fuir, profitant de la confusion et de l’obscurité.

La fuite, Ka Schmitz, Mai 2023
« Fichons le camp »

Il s’avère que “la femme hollandaise est la seule a avoir été reprise, martyrisée et mourut le lendemain…[10]. Anna et Lilli Segal réussissent à s’évader du camp sous le couvert de la nuit et atteignent d’abord un village, croyant qu’un prêtre catholique pourrait les héberger ou les cacher. Cependant, le prêtre qu’elles trouvent les reconnait tout de suite comme étant prisonnières de guerre et refuse de les héberger, par peur des conséquences. Elles continuent alors à marcher, malgré la faim et les chaussures trouées d’Anna rendant la fuite difficile, et entendent plus tard des voix d’hommes français, près de la ville de Zittau. Elles leur parlent et ils se présentent comme étant eux-mêmes prisonniers de guerre. Ils cachent les deux femmes pendant trois jours. Lorsqu’elles repartent, les hommes leur fournissent des vêtements offerts par une paysanne locale. Anna et Lilli Segal traversent ensuite Dresde, aidées par des femmes protestantes qui pensent qu’Hitler est l’antéchrist, et fournissent aux évadées de quoi se nourrir. Elles traversent ensuite Münich avant d’atteindre la Suisse le 3 décembre 1944, en contournant le lac Constance. Là, elles rendent compte de ce qui se passe à Auschwitz et organisent l’envoi de paquets de la Croix Rouge à leurs camarades restées enfermées.

Le 4 mars 1945, Anna quitte la Suisse et est rapatriée en France le 15 juin 1945. Elle est d’abord hébergée à l’hôtel Lutecia, qui sert alors de centre de rétention pour migrants.

Carte du parcours de l’évasion d’Anna et de Lilli Segal, 1991

Du côté d’Heinrich… :

Heinrich arrive au camp n°1 à Auschwitz, au bloc n°18, le 4 août 1944, où il fait la connaissance de Herman Langbein, un chasseur de nazis. Heinrich restera dans le même bloc jusqu’à la libération par l’armée soviétique, le 27 janvier 1945. Un jour, lors d’une sélection, il est choisi pour être assassiné. Toutefois, le camp de travail a besoin d’un graphiste et Heinrich est l’un des seuls six graphistes de la sélection. Ils sont alors habillés et soulagés de pouvoir continuer à vivre.

Le 18 janvier 1945, le camp doit être évacué puis détruit, du fait de l’arrivée des soldats soviétiques. Les détenus considérés comme faibles sont abattus sur-le-champ et l’on compte alors 80% de décès. Heinrich survit en se cachant dans le bunker à charbon avec quelques autres prisonniers. Le 27 janvier 1945, ils entendent des cris de l’extérieur, pensant que le camp allait être détruit. Heinrich se relève et grimpe par une petite fenêtre. À l’extérieur, Heinrich, qui ne pèse alors que 38 kilos, est accueilli par trois soldats de l’Armée rouge. Il se met alors à pleurer dans leurs bras[11]. Il est finalement rapatrié le 10 mai 1945 à Marseille via Odessa[12].

 

APRÈS LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Retour à Vienne :  

A la suite de tous ces événements, le couple Sussmann est enfin réuni et retourne en Autriche, où ils habitent à Vienne au 107 Sieveringerstraße. Anna a quitté le parti communiste après son retour dans son pays d’origine.

Une anecdote d’Heinrich Sussmann à propos de leur accueil à Vienne nous est rapportée : “Comme nous sommes retournés à Vienne en 1945 […], nous sommes allés un jour à la maison où ont vécu mes parents. Nous avons été salués par la concierge : ‘Jésus, les Juifs sont déjà de retour !’ ”[13]

Combat pour dédommagement et reconnaissance :

Pour obtenir le titre de déportée résistante, Anna et Heinrich doivent fournir des éléments montrant leur implication dans des groupes de résistance (des témoignages ainsi que des justificatifs de domicile en France à cette époque).

Carte de déporté résistant, n°209933789

René Camphin (ancien colonel des F.F.I.) atteste qu’Anna Sussmann a rejoint volontairement les FFI, le 1er décembre 1945.

De même, Laurence Belet (bibliothécaire auprès de la Bibliothèque Nationale, médaillée de la Résistance française) et Helene Fuhlrich ont aussi certifié que le couple vivait caché sous de faux noms, avant d’être arrêté et persécuté par la Gestapo. Ils étaient contraints de vivre dans des conditions inhumaines[14]. Finalement, le 28 septembre 1962, Anna reçoit un avis favorable de la Commission Nationale et se voit attribuer le titre de Déportée Résistante.

Lettre de René Camphin en date du 19 octobre 1945

Le 22 mai 1963, Anna Sussmann touche la pension militaire d’invalidité, suite à ses maladies (syndrome asthénique entre autres) qui la font souffrir de fatigue physique et intellectuelle, de troubles du sommeil… La plupart ont été contractées lors de la déportation mais n’ont été constatées qu’en 1963.

Fiche descriptive des infirmités donnant lieu à l’attribution d’une pension militaire d’invalidité ou de victime de guerre, dossier 01-75 138.614 / F3

Anna obtient une carte d’ancien combattant valable du 20 juin 1963 au 19 juin 1968. Elle permet de bénéficier de l’aide de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre[15].

Le 16 septembre 1971, Anna reçoit une carte d’invalidité valable jusqu’au 15 septembre 1976. Elle en reçoit une autre valable jusqu’au 12 juillet 1981, et enfin une valable du 3 juillet 1981 au 2 juillet 1986. Cette carte permet notamment à Anna de bénéficier d’une réduction de 75% sur les billets de train de la SNCF.

Carte d’invalidité, Anna Sussmann, n°721905

En 1972, Anna est citée comme témoin au procès de Josef Mengele. Mais comme la réception de la charge de témoin avait déjà provoqué une dépression nerveuse chez elle et aggravé son état de santé, qui était dû à son temps passé dans les camps de concentration, elle n’apparaît pas comme témoin.

Lettre de l’avocat d’Anna Sussmann à l’intention du tribunal pénal de Vienne,
indiquant qu’Anna ne se présentera pas pour raisons de
santé.

Anna Sussmann meurt le 6 Octobre 1985 quelque temps avant son mari (12 décembre 1986). Tous deux sont enterrés symboliquement avec leur fils Samuel Georg, au Cimetière Central de Vienne. Jusqu’à la fin de sa vie, Anna Sussmann a refusé de considérer certaines personnes, telles que Josef Mengele, comme des êtres humains.

Photos des pierres tombales de la Famille Sussmann au cimetière
central de Vienne.

En mémoire de sa déportation, il est possible de retrouver la trace d’Anna Sussmann sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah à Paris (17 rue Geoffroy-l’Asnier, 75004 Paris, France).

Photo personnelle extraite du Mur des Noms du Mémorial de la Shoah de Paris.

Sources :

  • Fonds d’archives du Mémorial de la Shoah de Paris
  • Archives de la DÖW
  • Livre Vom Widerspruch zum Widerstand, Lilli Segal, Verlag Neuer Weg, 1991
  • Livre Fringale de vie contre usine à mort, Régine Skorka-Jacubert, Le Manuscrit, 2009
  • Interview avec Anna & Heinrich Sussmann dans le journal du midi Ö1 datant du 09.02.1985 :

https://www.mediathek.at/katalogsuche/suche/detail/?pool=BWEB&uid=08F23EB9-0AA-00133-000006CC-08F170E3&vol=38772&cHash=a49fff8a8100ca0df2e6c412e3fca351

Auteurs :

Cette biographie a été réalisée par 6 élèves de l’Akademisches Gymnasium de Graz (Xavier Bodenlenz, Emmeline Bruere-Ngo, Levi Herrich, Andrea Jernej, Fanni Ratkai, Hans Stettner), sous la direction de leur professeure d’Histoire, Mme Laura Cencig, en coordination avec 5 élèves du lycée Galilée de Combs-la-Ville en Seine-et-Marne (Carla Iozzia, Ray Le Bars=Gauthier, Damien Mandon, Lou-Ann Mournetas-Fievez, Lina Saber Chérif), sous la direction de leur professeur d’Histoire-Géographie en section Abibac, M. Grégoire Dujardin.

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Anna SUSSMANN

VOR DER DEPORTATION

Familien- und Privatleben :

Anna (Anni, Anne) Sussmann wird am 8. Oktober 1909 in Wien als Goldscheider in eine jüdische Familie geboren. Ihre Eltern sind Camilla Heller und Emmanuel Goldscheider. Sie hat einen Bruder, Paul Goldscheider, der im September 1942 deportiert wird.

Sie arbeitet als Krankenschwester, bevor sie am 9. Juni 1937 von Österreich nach Frankreich flieht. Am 4. November 1937 heiratet sie in Paris den österreichischen Maler und Illustrator Heinrich (Henri, Heinrick) Sussmann[16].

Heiratsurkunde von Henri Sussman und Anne Goldsheider, am 4. November 1937, im Rathaus des 19. Arrondissement von Paris – Departementsarchive von Paris

Von 1938 bis 1941 lebt das Paar auf dem 8. Platz an der Donau in Paris. Um ihren Lebensunterhalt zu bestreiten, verkauft Heinrich einige Gemälde und Anna Schmuck und Teppiche[17].

Leben im Widerstand :

Sie treten im Mai 1941 in den Widerstand gegen die Nazis in Marseille (in der freien Zone) ein[18]. Dort treffen sie auf einen Mann namens Emile, der ihnen gefälschte Papiere mit dem Namen Solvat liefert. Ein Jahr später, 1942, werden sie nach Paris geschickt, um als Verbindungsbeamte (insbesondere zwischen einer Frau und einem Mann namens Ullmann) zu arbeiten. Anna gibt später an, diese Arbeit bis Juni 1943 geleistet zu haben. So beteiligen sich ihr Mann und sie an Widerstandsaktionen gegen die deutsche Armee (defätistische Propaganda, Verteilung von Flugblättern usw…).

Am 1. Dezember 1943 schließen sie sich den französischen Streitkräften des Innern (FFI) an[19]. Anna nimmt regelmäßig an geheimen Treffen mit anderen Mitgliedern teil, vor allem in der Rivoli-Straße, sie wird also „die Frau von Rivoli“ und Heinrich „der Mann von Rivoli“ genannt. Sie verwenden mehrere falsche Namen wie Selby, Sebastien oder Beranger, die ihnen von Emile zur Verfügung gestellt werden. Seit 1943 werden Anna und Heinrich jedoch von der Gestapo und einer Sonderbrigade beschattet, die sie im November desselben Jahres aus den Augen verloren hatten.

Verhaftung :

Nach langer Suche und Überwachung werden die Sussmanns von der Polizei gefunden. Anna und ihr Mann werden schließlich am 1. Juni 1944 verhaftet, als sie in der Rue Truffaut 43 in Paris als Mitglieder der M.O.I (Immigrant Workers) wohnen[20], einem kommunistischen Netzwerk, dem beispielsweise die Manouchian-Gruppe angehörte (Gruppe armenischer, jüdischer, polnischer und anderer Saboteure, die für mehrere Anschläge verantwortlich waren).

Die Verhaftung, Ka Schmitz, Mai 2023

Bei ihren Verhören bestreiten sie zunächst jede Beteiligung. Nach der Folter Heinrichs vor Annas Augen gesteht das Ehepaar die Vorwürfe und gibt zu, Mitglieder der kommunistischen Partei (Hoffmann, Strobel, Hagmüller) getroffen zu haben.

Das Ehepaar wird nach ihrem Gestapo-Verhör nach Auschwitz deportiert und getrennt. Anna wird vor der Deportation nach Auschwitz an mehreren Orten interniert:[21]

  • Vom 1. Juni 1944 bis zum 6. Juni 1944 : Sie ist inhaftiert und wird befragt.
  • Vom 6. Juni 1944 bis zum 31. Juli 1944 : Sie wird in Fresnes eingesperrt, wo sie Lilli Auchman trifft und dann mit ihr ins Lager Drancy überstellt wird.
  • Am 31. Juli 1944 : Die beiden Frauen werden mit dem Konvoi 77 ins Lager Auschwitz deportiert.

 

IN AUSCHWITZ

Ankunft im Konzentrationslager :

Anna kommt am 4. August 1944 im Lager Auschwitz an und bleibt dort bis Oktober 1944. Sie ist zu dem Zeitpunkt schwanger. Bei einem Gespräch mit einer gefangenen Polin rät ihr diese, unter keinen Umständen von ihrer Schwangerschaft zu erzählen. Sie ist für andere Häftlinge interessant, da sie über Informationen aus der Außenwelt verfügt. Sie erzählt ihnen zum Beispiel, dass die Rote Armee bereits hinter dem Gebirgszug der Beskiden sei, den man von Auschwitz aus am Horizont sehen kann. Sie glaubt fest daran, dass die Sowjetunion das Lager befreien wird, bevor sie gebären muss. Als ihr die ältesten Insassinnen von den Krematorien und Gaskammern erzählen, kann Anna es nicht glauben. Sie versucht, nicht an die Gräueltaten im Lager zu denken.[22]

Am 20. August spürt Anna am Morgen Wehen. Beim mehrstündigen Zählappell hat sie immer wieder Wehen. Deswegen bittet sie nach dem Zählappell die Blockälteste, ob sie wegen ihrer Wehen trotzdem in den Block dürfte, obwohl es verboten ist. Nachdem sie hineingelassen wird, darf sie sich auf altem Brot neben einem Ofen hinlegen. Durch eine Erinnerung an einen Besuch eines Kreißsaals in einem Wiener Spital weiß sie, wie man sich bei einer Geburt verhalten sollte. Nach kurzer Zeit wird ihr Kind geboren. Eine andere Gefangene ruft ihr zu: „Anni, es ist ein Bub! Und er lebt!“. Als Mengele (ein SS-Lagerarzt, der während des Zweiten Weltkriegs unmenschliche Experimente an Gefangenen durchführte) auftaucht, erstarren alle.[23]

“Und der hat das Kind genommen und hat es in den
brennenden Ofen geworfen.”, Zeichnung von Andrea Jernej, Mai 2023
Zitat von Anna Sussmann aus einem Interview mit Anna & Heinrich

Sussmann im Ö1 Mittagsjournal vom 1985.02.09

Eine ungarische Häftlingsärztin gibt Anna die Option, ins Krankenrevier des Lagers zu gehen, während sie sie auch vor der Gefahr häufiger Selektion (Sortierung von Gefangenen, die nicht mehr arbeitstauglich waren, um sie anschließend zu ermorden) warnt, die dort üblich sind. Diese Gefahr ist Anna egal. Anna wird tatsächlich ausgewählt und zu den Duschen geschickt. “Wir haben also nicht gewusst, kommt jetzt Wasser oder kommt Gas ?”. Es ist Wasser. Die ausgewählten Häftlinge werden anschließend in Viehwagen verladen. Nach zwei Tagen kommen sie an und während der Straßenarbeit, für die sie ausgewählt werden, kann Anni auf Basis von Wegweisern feststellen, dass sie im Sudetengebiet sein muss.

Später, am 28. Oktober, wird sie nachts mit anderen Gefangenen in eine Waffenfabrik in Weiskirchen-Kratzau geführt. Währenddessen schreien Frauen aus der Umgebung die SS-Leute an: „Ihr Dreckschweine, für euch werden wir einmal die Rechnung bezahlen!“. Sie werfen den Gefangenen Äpfel oder Brotstücke zu[24].

Flucht aus dem Werk Kratzau :[25]

Die Flucht, Ka Schmitz, Mai 2023

Am 20. November 1944 findet eine organisatorische Änderung des Lagers statt. Um zu verhindern, dass das Lager bombardiert wird, sind alle Lichter nachts aus. So erkennen Anna, ihre Freundin Lilli Segal und eine holländische Frau ihre Chance und beschließen, zu fliehen, indem sie die Dunkelheit nutzen.

Doch « die holländische Frau war die einzige, die zurückgenommen wurde, gemartert und am nächsten Tag starb… » [26]. Anna und Lilli Segal gelingt es, unter dem Deckmantel der Nacht aus dem Lager zu fliehen. Sie erreichen zunächst ein Dorf, in dem Glauben, dass ein katholischer Priester sie beherbergen oder verstecken könnte. Der Priester, den sie vorfinden, erkennt sie jedoch sofort als Kriegsgefangene an und weigert sich, sie aufzunehmen, aus Angst vor den Folgen. Trotz des Hungers und Annas durchlöcherter Schuhe, die die Flucht erschweren, gehen sie weiter und hören später Stimmen französischer Männer in der Nähe der Stadt Zittau. Sie sprechen mit ihnen und geben sich selbst als Kriegsgefangene aus. Die Männer verstecken die beiden Frauen drei Tage lang. Für den Heimweg versorgen die Männer sie mit Kleidung, die ihnen von einer einheimischen Bäuerin angeboten wird. Anna und Lilli Segal erreichen Dresden und werden von protestantischen Frauen unterstützt, die Hitler für den Antichristen halten und die Flüchtlinge mit Nahrung versorgen. Nach einigen Tagen und einer Umgehung des Bodensees erreichen sie am 3. Dezember 1944 die Schweiz. Dort berichten sie über die Ereignisse in Auschwitz und organisieren den Versand von Paketen des Roten Kreuzes an ihre eingesperrten Kameraden.

Am 4. März 1945 verlässt Anna die Schweiz und wird am 15. Juni 1945 nach Frankreich zurückgebracht. Sie wird zunächst im Hotel Lutecia untergebracht, das zu dieser Zeit als Auffanglager für Migranten dient.

Karte von Annas und Lilli Segals Weg, Vom Widerspruch
zum Widerstand, Lilli Segal, Verlag Neuer Weg, 1991

Heinrichs Gefangenschaft :

Heinrich kommt in Auschwitz ins Stammlager 1. Er kommt in den Block 18 und lernt Hermann Langbein kennen, einen Nazi-Jäger. Heinrich bleibt bis zur Befreiung im selben Block. Er wird eines Tages bei einer Selektion zur Tötung ausgewählt, hat jedoch Glück. Der Lagerarbeitskommandant braucht einen Grafiker und Heinrich ist einer von sechs Grafikern bei der Selektion. Sie werden eingekleidet und sind erleichtert, doch weiterleben zu dürfen.

Aufgrund des Anrückens der sowjetischen Soldaten sollte das Lager am 18.01.1945 evakuiert und später gesprengt werden. Die Schwächlichen werden beim Abmarsch sofort erschossen. Heinrich überlebt, weil er sich bis zuletzt mit ein paar anderen Gefangenen im Kohlebunker versteckt. Am 27.01 hören sie Geschrei von außen und denken, dass das Lager gesprengt wird. Heinrich rappelt sich auf und klettert durch ein kleines Fenster. Draußen wird der zurzeit 38 Kilogramm schwere Heinrich von drei Soldaten der Roten Armee empfangen. In ihren Armen weint er[27]. Er wird schließlich am 10. Mai 1945 über Odessa nach Marseille zurückgebracht.[28]

NACH DEM ZWEITEN WELTKRIEG

Zurück in Wien :

Nach all diesen Ereignissen trifft sich das Ehepaar Sussmann und kehrt nach Österreich zurück, wo sie in der Sieveringerstraße 107 in Wien wohnen. Anni tritt nach ihrer Rückkehr nach Österreich aus der kommunistischen Partei aus.[29]

Eine Anekdote von Heinrich Sussmann über ihren Empfang in Wien: „Wie wir nach Wien zurückgekommen sind, 1945 […] sind (wir) eines Tages in das Haus gegangen, wo meine Eltern gewohnt haben. Begrüßt wurden wir von der Hausbesorgerin: „Jessas, de Juden san scho wieder da! (Jesus, die Juden sind schon wieder da!)“.[30]

Kampf um Entschädigung und Anerkennung :

Um den Titel einer/eines Widerstandsdeportierten zu erhalten, müssen Anna und Heinrich Beweise für ihre Beteiligung an Widerstandsgruppen vorlegen (Zeugen- aussagen sowie Nachweise ihres Wohnsitzes in Frankreich zu dieser Zeit). René Camphin (ehemaliger Oberst der FFI) bezeugt, dass Anna Sussmann am 1. Dezember 1943 freiwillig dem FFI beigetreten ist.

Widerstands deportiertenkarte, n°209933789

Auch Laurence Belet (Résistance-Médaille und Bibliothekarin in der Nationalbibliothek) und Helene Fuhlrich bescheinigen, dass das Paar unter falschen Namen lebte, bevor es von der Gestapo verhaftet und verfolgt wurde. Sie waren gezwungen, unter unmenschlichen Bedingungen zu leben. Am 28. September 1962 erhält Anna eine positive Stellungnahme der Nationalen Kommission und damit den Titel Widerstandsdeportierte.

Brief von René Camphin, 19. Oktober 1945

Am 22. Mai 1963 erhält Anna Sussmann aufgrund ihrer Krankheiten – sie leidet unter anderem am asthenischen Syndrom, unter körperlicher und geistiger Erschöpfung und Schlafstörungen – die Militärinvalidenrente. Ein Großteil der gesundheitlichen Probleme tritt schon während der Zeit der Deportationen auf, wird aber erst 1963 konstatiert.

Beschreibung der Behinderungen, die zur Gewährung einer
militärischen Invaliditätsrente oder einer Kriegsopferrente führen,
Akte 01-75 138.614/ F

Anna erhält einen Veteranenausweis, der vom 20. Juni 1963 bis zum 19. Juni 1968 gültig ist. Er ermöglicht die Unterstützung des Nationalen Amtes für Kriegsveteranen und Kriegsopfer.

Am 16. September 1971 erhält Anna eine Invaliditätskarte, die bis zum 15. September 1976 gültig ist. Diese wird dann erneuert und ist damit bis zum 12. Juli 1981 gültig. Eine dritte Version behält ihre Gültigkeit bis 2. Juli 1986. Mit dieser Karte erhält Anna einen Rabatt von 75% auf die Zugtickets der SNCF (französische Zuglinie).

Invaliditätskarte, Anna Sussmann, n°721905

1972 wird Anna als Zeugin zu Gericht im Prozess gegen Josef Mengele geladen. Da aber schon der Empfang der Zeugenladung einen Nerven- zusammenbruch bei ihr auslöst und sich im Zuge auch ihre Depression, welche auf ihre Zeit in den Konzentrationslagern zurückzuführen ist, verschlechtert, erscheint sie nicht als Zeugin.

Brief von Anna Sussmanns Anwalt an den Wiener Gerichtshof, in dem er mitteilt, dass Anna aus gesundheitlichen Gründen nicht erscheininen wird.

Anna Sussmann stirbt am 6. Oktober 1985, einige Zeit vor ihrem Mann (12. Dezember 1986). Beide sind symbolisch mit ihrem Sohn Samuel Georg auf dem Wiener Zentralfriedhof beigesetzt. Für den Rest ihres Lebens weigert sich Anna Sussmann, bestimmte Personen wie Josef Mengele als Menschen zu betrachten.

Fotos der Grabsteine (Zentralfriedhof Wien)

Im Gedenken an sie ist Anna Sussmanns Name an der Wand des Mémorial de la Shoah in Paris zu finden (17 rue Geoffroy-l’Asnier, 75004 Paris, Frankreich)

 

Private Aufnahme aus dem Mémorial de la Shoah in Paris

Beteiligte Personen     

Diese Biographie wurde von 6 Schüler:innen des Akademischen Gymnasiums Graz (Xavier Bodenlenz, Emmeline Bruere-Ngo, Levi Herrich, Andrea Jernej, Fanni Ratkai, Hans Stettner), unter der Leitung ihrer Geschichte-Lehrerin Frau Laura Cencig und in Zusammenarbeit mit 5 Schüler:innen des Lycée Galilée aus Combs-la-Ville en Seine-et-Marne (Carla Iozzia, Ray Le Bars=Gauthier, Damien Mandon, Lou-Ann Mournetas-Fievez, Lina Saber Chérif), unter Leitung ihres Geschichte -und Geographie-Lehrers im Abibac-Programm, Herrn Gregoire Dujardin, verfasst.

Quellen :

  • Archivbestände des Mémorial de la Shoah (Paris)
  • Archivbestände des DÖW
  • Buch Vom Widerspruch zum Widerstand, Lilli Segal, Verlag Neuer Weg, 1991
  • Buch Fringale de vie contre usine à mort, Régine Skorka-Jacubert, Le Manuscrit, 2009
  • Interview mit Anna & Heinrich Sussmann im Mittagsjournal Ö1 vom 1985.02.09

https://www.mediathek.at/katalogsuche/suche/detail/?pool=BWEB&uid=08F23EB9-0AA-00133-000006CC-08F170E3&vol=38772&cHash=a49fff8a8100ca0df2e6c412e3fca351

 

Notes et références

[1] Mémorial de la Shoah, interrogatoire d’Anna Sussmann du 3 juin 1944

[2] Mémorial de la Shoah, interrogatoire de Heinrich du 2 juin 1944

[3] Certificat du “Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France”, réf. 42.315

[4] Certificat du colonel F.F.I. René Camphin, 19 octobre 1945

[5] Rapport d’arrestation d’Anna et Heinrich Sussmann du 1er juin 1944

[6] Demande d’attribution du titre de Déporté Résistant d’Anna Sussmann de 1958

7] D’après l’interview d’Anna & Heinrich Sussmann dans le journal Ö1 du 09.02.1985

[8] D’après l’interview d’Anna & Heinrich Sussmann dans le journal Ö1 du 09.02.1985

[9] D’après le livre autobiographique Vom Widerspruch zum Widerstand, Lilli Segal, Verlag Neuer Weg, 1991

[10] Extrait du livre Fringale de vie contre usine à mort, Régine Skorka-Jacubert, Le manuscrit, 2009

[11] D’après une interview d’Heinrich & Anna Sussmann pour Ö1 Mittagsjournal daté du 1985.02.09

[12] Dossier de demande d’attribution du statut de déporté ou interné résistant auprès du Ministère des anciens combattants, 01/07/1958

[13] D’après une interview d’Heinrich & Anna Sussmann pour Ö1 Mittagsjournal daté du 1985.02.09

[14] Lettre de Laurence Belet datant du 20 novembre 1963

[15] Carte de combattant volontaire de la résistance délivrée le 21 juin 1963

[16] Mémorial de la Shoah, 3/6/44, Anna Sussmanns Verhör

[17] Mémorial de la Shoah, 2/6/44, Heinrich Sussmanns   Verhör

[18] Urkunde vom “Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France” réf : 42.315

[19] Urkunde von Oberst F. F. I. René Camphin, 19. Oktober 1945

[20] Bericht über die Verhaftung von Anna und Heinrich Sussmann vom 1. Juni 1944

[21] Antrag von Anna Sussmann auf Verleihung des Titels “Deportierter Widerständler » von 1958

[22] Aus einem Interview mit Anna & Heinrich Sussmann im Ö1 Mittagsjournal vom 1985.02.09

[23] Aus einem Interview mit Anna & Heinrich Sussmann im Ö1 Mittagsjournal vom 1985.02.09

[24] Aus einem Interview mit Anna & Heinrich Sussmann im Ö1 Mittagsjournal vom 1985.02.09

[25] Nach dem autobiografischen Buch Vom Widerspruch zum Widerstand, Lilli Segal, Verlag Neuer Weg, 1991

[26] Auszug aus dem Buch Fringale de vie contre usine à mort, Régine Skorka-Jacubert, Le Maunscrit, 2009

[27] Laut Heinrichs Aussagen in einem Interview mit Anna & Heinrich Sussmann im Ö1 Mittagsjournal vom 1985.02.09

[28] Antragsdossier auf Zuerkennung des Status eines Deportierten oder Widerstandsinternierten beim Ministerium für ehemalige Kombattanten, 01/07/1958

[29] Aus einem Interview mit Anna & Heinrich Sussmann im Ö1 Mittagsjournal vom 1985.02.09

[30] Laut Heinrichs Aussagen in einem Interview mit Anna & Heinrich Sussmann im Ö1 Mittagsjournal vom 1985.02.09

Contributeur(s)

Cette biographie a été réalisée par 6 élèves de l’Akademisches Gymnasium de Graz (Xavier Bodenlenz, Emmeline Bruere-Ngo, Levi Herrich, Andrea Jernej, Fanni Ratkai, Hans Stettner), sous la direction de leur professeure d'Histoire, Mme Laura Cencig, en coordination avec 5 élèves du lycée Galilée de Combs-la-Ville en Seine-et-Marne (Carla Iozzia, Ray Le Bars=Gauthier, Damien Mandon, Lou-Ann Mournetas-Fievez, Lina Saber Chérif), sous la direction de leur professeur d’Histoire-Géographie en section Abibac, M. Grégoire Dujardin.
1 commentaire
  1. Chantal Borlée 5 mois ago

    Bonjour ,

    Je suis enseignante au niveau secondaire en Belgique. ( Français, Histoire )

    Je viens de prendre connaissance du Projet Convoi 77.

    Je tiens à vous féliciter vivement pour ce travail de mémoire que vous avez réalisé.
    Bien cordialement, Chantal Borlée

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