Isaak BRISKERE

1880-1944 | Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Isaak BRISKERE

Ce travail a été réalisé durant l’année 2023-24 par des élèves de 3ème 4 et 5 du collège Les Blés d’Or à Bailly-Romainvilliers en France, encadrés par leurs professeurs Madame Jorrion, professeur de français et Mme Garilliere professeur d’histoire-géographie. Nous faisons partie du projet Convoi 77. Cette association a pour objet de regrouper autour des familles et des amis des déportés du convoi 77, toutes les personnes concernées par la Mémoire de la Shoah tout en apportant une contribution à la recherche et à l’enseignement de la Shoah. Les élèves de différents pays sont amenés à écrire les biographies des déportés du convoi 77 qui est le dernier grand convoi ayant quitté Drancy le 31 juillet 1944 à destination d’Auschwitz emportant vers le camp de la mort 1306 hommes, femmes et enfants. Nous allons vous présenter le portrait du déporté Isaak Briskere.

Isaak Briskere est le fils de Benjamin Briskere et de Mache Debrouchine. Il est né le 28 février 1880 à Metislawl en Russie. Nous avons eu du mal pour retrouver cette ville, mais il semble qu’elle se nomme aujourd’hui Moguilev ou Mogilev et se situe en Biélorussie.

Pendant son enfance nous supposons qu’il vivait seul avec ses deux parents car nous n’avons pas trouvé de mention d’autre famille. Nous avons trouvé par le biais des réseaux sociaux, un contact sur le site internet du judaïsme d’Alsace et
de Lorraine, un éventuel frère ou cousin, Samuel Brisker, qui est né en 1884 à Metislawl comme Isaac. Il est marié à Alta Gatul née elle aussi dans la même ville en 1899. Ils ont eu un fils en 1939 à Léningrad, Anatoliy Brisker. Tous trois ont survécu à la Shoah en URSS. Anatoliy a eu un fils Maxim qui vit actuellement en Floride et que nous avons essayé de contacter sans succès.
On suppose également que pendant cette période, il vivait en Russie et que quand il est parti à Paris, c’était pour fuir les nombreux problèmes en Russie comme la crise économique ou les pogroms. Les pogroms étaient des violences faites aux Juifs. Nous ne savons ni quand ni à quel âge il est arrivé en France. Nous n’avons trouvé aucune autre information au sujet de son enfance. On suppose pour son éducation qu’il a été formé à la confection, car il est devenu tailleur pour dames, en haute couture.

Certificat de nationalité / Certificat de mariage

Acte de décès / Dates de déportation

Isaac Briskère a épousé Léa Cahen le 26 Mars 1914. Il avait 34 ans et elle était âgée de 23 ans. Ce qui est un âge assez tardif pour se marier à cette époque et ils n’ont pas eu d’enfant. On suppose qu’il se sont rencontrés en France car elle vient de la région Alsace-Lorraine. Léa Cahen est née le 27 février 1891 à Augny en Alsace Lorraine. Ses deux parents sont Isidore et Irma Keymann. Sur l’acte de mariage fait dans le 1er arrondissement de Paris, on apprend que les parents de Isaac sont décédés, et que le père de Léa est marchand de bestiaux dans les alentours de Metz. Sa femme est sans profession comme Léa. Seul le père a fait le voyage à Paris pour le mariage. Il y retrouve des cousins de la famille qui sont témoins au mariage : Jacques et Georges Heinberg et Louis Hayen. Adolphe/Abraham Freidmann est tailleur et habite à la même adresse que celle déclarée par les époux, le 8 rue Saint Roch. Cependant sur les recensements de 1926 et 1931, on ne les retrouve pas, seuls Adolphe et sa famille se trouvent sur le recensement de 1926. Un contrat de mariage a été signé entre les époux ce qui tend à indiquer la possession de biens.

 

Le 23 mars 1927, il est naturalisé français, à 47 ans, par l’application des dispositions de l’article 8.5 au code civil. Ce qui prouve qu’il voulait sûrement s’intégrer à la population française en fondant une famille ou en ayant un travail, il était créateur de haute couture. Il possède une carte d’électeur dès 1935.

La première adresse connue d’Isaac fut le 73 rue Caumartin à Paris dans le 9e arrondissement, département de la Seine en 1935, il avait alors 55 ans.

Quand on voit la façade luxueuse de son appartement à Paris, on peut en conclure qu’il gagnait bien sa vie.
Durant l’occupation allemande de la seconde guerre mondiale, Isaac et sa femme se réfugient à Lyon, au 250 rue du Boileau. Il travaille dans l’atelier d’Augustine Barat depuis septembre 1941 comme elle le certifie dans un courrier en 1949. C’est un atelier et boutique de haute couture situés 6 rue Auguste Comte et 21 place Bellecour.
Le 19 juillet 1944, il est arrêté à son travail pour motif racial en tant qu’israélite et il est emprisonné à la prison de Montluc par la Gestapo, la police politique de l’état nazi.

La prison de Montluc a été construite en 1921 sur glacis sur le fort de Mont Luc, sa construction a été décidée en 1914, elle est mise en service en 1939 et elle fermera en 2009. Elle est très célèbre pour son rôle de détention pendant la seconde guerre mondiale et plus de 10 000 personnes ont transité dans ce centre, comme Jean Moulin et Marc Bloch.

Il a ensuite été transféré à Drancy le 24 juillet 1944 où il est enregistré avec la somme de 5400 francs, ce qui est une somme tout à fait conséquente pour l’époque. Une deuxième fiche au même nom sous une orthographe différente montre qu’il avait également 75 francs. A -t-il été fouillé deux fois ? Il reste dans ce camp quelques jours puis est déporté par le convoi 77 le 31 juillet 1944.

La déportation ou transport s’est déroulée du 31 juillet au 3 août 1944 donc 4 jours de déportation.
Le trajet se déroule en wagons à bestiaux et les conditions sont très difficiles, les déportés n’ont pas de quoi se nourrir et s’hydrater. Yvette Lévy qui fait partie de ce convoi raconte l’horreur du trajet, entassés, sans pouvoir s’allonger ou s’asseoir, sans hygiène…
Il arrive à Auschwitz où il décédera à l’âge de 64 ans. D’après son âge, on peut supposer qu’il a été envoyé dans les chambres à gaz lors de la sélection à la descente du wagon.
Sa femme a survécu, nous le savons car elle entamera dès 1946 des recherches pour retrouver son mari après la guerre comme le prouve les documents avec sa signature et son identité. Elle a déménagé au 23 rue de la Py à Paris dans le 20e. On connaît son adresse car elle est inscrite sur les documents administratifs. Isaac est devenu un « non rentré ». Le 15 février 1947, il est déclaré mort à Auschwitz le 5 août 1944. En juillet 1947, il est inscrit sur son acte de décès « mort pour la France ». Léa va recevoir une indemnité de 12 000 francs en compensation de la mort de son mari en 1955.

Contributeur(s)

Ce travail a été réalisé durant l’année 2023-24 par des élèves de 3ème 4 et 5 du collège Les Blés d'Or à Bailly-Romainvilliers en France, encadrés par leurs professeurs Madame Jorrion, professeur de français et Mme Garilliere professeur d'histoire-géographie.
1 commentaire
  1. klejman 2 mois ago

    Isaac et Léa ont eu une fille, Madeleine Colette, née à Paris 16e, le 20 décembre 1915, et morte à 20 ans. Elle est inhumée au cimetière de Pantin le 4 février 1936. Elle figure sur l’acte de naturalisation de son père, publié au Journal Officiel du 4 avril 1927. Son décès est attesté par une information dans l’Univers israélite du 14 février 1936 et le registre des inhumations du cimetière de Pantin.
    L’ entreprise de confection d’Isaac située 83 rue des Petits-Champs a fait faillite, la liquidation judiciaire a eu lieu en janvier ou février 1933 (parutions dans la presse en février).
    Attention aux apparences : Les immeubles parisiens peuvent être très luxueux en façade, mais cacher des arrière-cours moins glorieuses. Et si on habite dans une chambre de bonne… mais ayant pu se réfugier à Lyon, ils devaient avoir quelques moyens, notamment du côté de Léa.

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