Anna TUGENDHAT

Naissance: | Arrestation: | Résidence: , ,

Anna TUGENDHAT

Deux classes, la Seconde D, composée d’élèves germanistes, et la Première Spécialité Histoire-Géographie-Géopolitique-Sciences politiques HGGSP du Lycée Marcel Pagnol de Marseille ont été complémentaires dans ce projet permettant de répondre à la problématique suivante: Qu’est ce qu’être une femme ou un enfant dans le processus d’extermination en Europe?

Pour cela, ils ont mené l’enquête à partir des archives de 6 déportés: 3 femmes Margarete ALT, Anna TUGENDHAT, Henriette COVO, 2 enfants Marcelle KORSSIA, Suzanne KOSLEWICZ et un adolescent, Marcel KRAJZELMAN. Chacune des classes a apporté ses compétences: la classe de Seconde composée de germanistes a permis de traduire les archives, de contextualiser et de réaliser une partie des enquêtes historiques, la classe de Première HGGSP ont été leurs tuteurs sur les enquêtes, ont développé un esprit critique sur les sources et ont développé les silences de l’Histoire de chaque déporté.

Ils ont formé des groupes en fonction des enquêtes à réaliser puis ont mutualisé leurs travaux. Aussi toutes les notices présentées sont complémentaires et s’organisent selon un plan similaire, ainsi pour Anna TUGENDHAT:

  1. Enquête: Qui est Anna TUGENDHAT ?

  2. Les silences de l’histoire d’Anna.

  3. L’exposition au CDI: mutualisation et présentation des travaux élèves sur l’ensemble des 6 enquêtes, sorties scolaires, témoignages, visios, les sources contre le silence de l’Histoire.

  4. Les témoignages élèves: Pourquoi est il important de travailler sur l’histoire des femmes ? des enfants et adolescents? En quoi votre travail permet il de lutter contre les préjugés?

  5. L’enquête traduite en Allemand: Die Ermittlung ins Deutsche übersetzt.

I) Enquête: Qui est Anna TUGENDHAT ?

1) Au commencement combien aviez vous d’archives de l’association sur Anna ? Qu’avez vous appris sur votre déportée avec ses archives ? Quelles sont les hypothèses que vous aviez émises ?

Au départ, on avait 0 archive dans le dossier des anciens combattants et victimes de guerre mis à notre disposition par l’association www.convoi77.org concernant Anna TUGENDHAT, on s’est donc demandé si cette personne existait vraiment.

2) Qu’avez appris en contactant les centres d’archives et/ou personnes ?

Avec les centres d’archives en ligne, nous avons appris que Anna LÖW ou LOEW est née à Wien en Autriche le 2 septembre 1894 comme l’atteste son acte de naissance1. Son père est Emil LÖW et sa mère est Julie LÖW née Arnstein. Elle a 2 frères: Robert LOEW né le 1er aout 1893, Otto LOEW né le 13 mai 1896, et une sœur Amalia LOEW 7 août 1900.

Arbre généalogique d’Anna réalisé par Myriam, Razanne et Yousra.

Il est précisé d’après Wolfgang SCHELLENBACHER que le mariage n’a probablement pas eu lieu à Wien, mais que tous les enfant sont nés à Wien2.

Acte de naissance d’Anna, cote Cm. 2152/1894, Archives de la communauté juive de Wien, obtenu en réponse à un mail envoyé par les élèves le 19 janvier 2022 au DÖW centre de documentation de la résistance autrichienne, d’après Wolfgang SCHELLENBACHER et Rz 2152/1894, archives IKG Wien en réponse à un mail envoyé par les élèves le 25 janvier 2022 d’après Susanne USLU-PAUER.

En 1938, c’est l’Anschluss, l’Autriche est annexée par les nazis. Anna a du fuir l’Autriche pour se réfugier dans l’Ouest de l’Europe. Les italiens occupent la principauté en novembre 1942, puis les allemands en septembre 1943.

Anna TUGENDHAT n’a pas été arrêtée à Nice comme il est actuellement mentionné dans la base de données du site Convoi 77, mais bien, a priori, à Monaco par la police allemande3. Elle fait partie des personnes juives qui se sont fait arrêter à Monaco par la police allemande pendant l’occupation en 1944. Pendant la guerre, elle a été incarcérée au camp de Drancy par le «Befehlshader der Sicherheitspolizel» de France le 30 janvier 19444.

Carte des lieux de la vie d’Anna réalisée par Myriam, Razanne et Yousra.


 

Dans les archives du Mémorial de la Shoah, nous avons trouvé qu’Anna TUGENDHAT a habité l’Hôtel de Paris à Monte Carlo5. Elle a dans son sac d’après le carnet de fouille 82, numéro de reçu 5 :1 bague or et perle, 2 médaillons or et pierres, 1 collier de perles avec fermoir, 1 fermoir de collier, 2 perles avec chaîne or cassée, 1 pendentif or et perle, 1 broche or, ainsi qu’un carnet de chèque du crédit foncier de Monaco.

carnet de fouille d’Anna à Drancy, https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=anna%20tugendhat&spec_expand=1&rows=20&start=0


Liste des déportés de Drancy avec le nom d’Anna TUGENDHAT https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=anna%20tugendhat&spec_expand=1&rows=20&start=0

A coté du prénom d’Anna sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah se trouve celui Norbert qui porte le même nom qu’elle. Nous supposons qu’il s’agit d’un membre de sa famille6. D’ailleurs sur l’ensemble de listes dactylographiées du 16 juillet 1943 au 12 décembre 1943 des internés au camp de Drancy et précisant pour chacun, le matricule, le nom et le prénom, l’âge, l’affectation et la catégorie à laquelle l’interné appartient, il est noté aussi le prénom d’Anna et de Norbert7 mais avec un orthographe différent de leurs noms TUGENDHADT. Michael BLOCHE, nous a confirmé que Norbert est son mari8.

Nous avons décidé de faire des recherches sur lui.

Norbert Otto TUGENDHAT est né à Eislingen9 aujourd’hui en Allemagne, le 10 novembre 189410. Il a trois demi sœurs : Lieselotte TUGENDHAT, Anna marie TUGENDHAT, Annaliese TUGENDHAT. Son père Bruno Bronislaw TUGENDHAT c’est remarier avec Friederike Fritzi TUGENDHAT. Norbert est un allemand et juif, au yeux du troisième Reich, il est considéré uniquement comme un juif.

Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 6 décembre 2021 aux archives de la Société des Bains de Mer de Monaco d’après Charlotte LUBERT.

Il est arrivé à l’Hôtel de Paris, où habite Anna, le 13 septembre 1943 est reparti le 14 septembre. Il revient la nuit du 16 au 17 septembre 1943, puis du 01 au 07 octobre 1943, du 09 au 10 octobre 1943 et sa dernière présence du 13 au 15 octobre 194311.. D’après le Mémorial de la Shoah, il a été arrêté et entre à plusieurs reprises à Drancy le 14 janvier 1944 et le 6 mai 1944. Sur ces deux carnets de fouille numéro 61 et 116 et ses numéros de reçu : 2490 et 2491 il possède une même adresse parisienne : 11 rue d’Odessa et beaucoup de bijoux comme Anna tels que des montres, diamants ou de l’argent de différentes nationalités : dollars américains, francs français ou lires italien12.

Carnet de fouille de Norbert à Drancy, https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=norbert%20tugendhat&spec_expand=1&rows=20&start=0


Carnet de fouille de Norbert à Drancy, https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=norbert%20tugendhat&spec_expand=1&rows=20&start=0

Nous avons émis deux hypothèses : il est aisé, ou participe à un trafic.

Norbert TUGENDHAT est sous surveillance de la Gestapo (Geheime Staatspo-lizei) de Coblence à une date non indiquée ; il a été incarcéré à une date non indiquée au camp de Drancy par le « Befehlshaber der Sicherheitspolizei » de France13.

Selon la chronologie des déportations figurant dans le Livre commémoratif des archives fédérales à Berlin, 1 300 personnes ont été déportées au camp de concentration d’Auschwitz le 31 juillet 1944. Le convoi y est arrivé le 3 août 1944. Il est toujours incarcéré au camp de concentration d’Auschwitz le 15 août 1944 car nous avons la trace d’un examen radiologique. Puis il a été déporté au camp de concentration de Natzweiler, commando d’Hailfingen à une date non indiquée venant d’Auschwitz – Oswiecim, numéro de détenu 40967. Le numéro de détenu 40967 du camp de concentration de Natzweiler a été attribué le 16/17 novembre 1944, catégorie de détenu sous le régime nazi : Schutzhaft » (détention de sûreté), « Jude » au mari d’Anna TUGENDHAT14.

Liste des déportés de Drancy avec le nom de Norbert TUGENDHAT https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=norbert%20tugendhat&spec_expand=1&rows=20&start=0

Norbert TUGENDHAT est décédé le 2 décembre 1944 à 8h00 au camp de concentration de Natzweiler, commando d’Hailfingen, numéro de détenu : 353. La cause de son décès est la faiblesse myocardiaque. Son corps été incinéré au crématoire de Reutlingen le 5 décembre 194415.

Anna a été déportée dans le convoi 77 et n’a pas survécu.  Elle est catégorisée comme détenue sous le régime nazi «judin» et a été déportée au camp de concentration d’Auschwitz le 31 juillet 194416.

Une stèle commémorative 17, en souvenir de chacune de ces personnes déportées, a été dévoilée le jeudi 27 août 2015, au cimetière de Monaco, en présence de S.A.S. le Prince et des autorités monégasques, civiles et religieuses. Les représentants diplomatiques des pays dont sont originaires les juifs déportés ont été également conviés ainsi que certains de leurs descendants ou ayants-droit1819.

https://www.monacomatin.mc/histoire/il-y-a-peu-de-temoins-en-vie-une-ong-juive-veut-acceder-aux-archives-de-la-guerre-a-monaco-442108 et Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1er décembre 2021 aux archives nationales de Monaco d’après Michael BLOCHE.

3) Y a-t-il eu des temps morts lors des recherches ? Pourquoi ? Pensiez vous réaliser une biographie aussi complète au commencement de vos recherches ?

Au début des recherches, nous ne pensions pas trouver autant d ‘éléments sur Anna et Norbert.

4) En quoi votre travail participe à la mémoire d’Anna ?

Notre travail a été de retrouver des traces de sa vie afin de lui rendre hommage, pour garder un souvenir d’Anna pour qu’elle puisse reposer en paix.

Lors de nos travaux, nous avons été contacté par Michaël BLOCHE, directeur de la mission de préfiguration des archives nationales de Monaco. Nous avons effectué une visio pour échanger des informations sur Anna le mardi 22 mars 2022 :

Anna venait tout les jours au Casino, elle devait être aisée.

Norbert a été arrêté à Paris avant Anna pour deux motifs : être juif et fabrication de faux papier. Il devait faire parti d’un trafic dans le Sud de la France pour aider des personnes apatrides.

Anna s’est faite arrêter à cause d’une fausse carte d’identité dans laquelle elle se nomme Adèle MONTAUDON20.

Nous émettons une hypothèse sur le casino et pensons qu’il s’agit peut être d’un lieu de trafic ou/et de résistance?

Rapport de la sûreté publique concernant l’arrestation d’Anna sous son pseudo Adèle MONTAUDON,  Direction de la Sûreté publique (DSP) : 031179 (dossier individuel d’Anna Tugendhat)/111000 (dossier collectif dans lequel le dossier individuel est classé).

Lors de nos travaux, nous avons été contacté par le Lycée Bundesgymnasium 19 de Wien en Autriche et ses étudiants à option histoire du G19, Gymnasiumstr. 83, 1190 Wien sous la direction de Martin KRIST. Nous avons effectué une visio pour échanger des informations sur Margarete le mardi 5 avril 2022 :

Le numéro 2 concernant son adresse correspond au 2ème étage où se trouve le logement de la famille d’Anna. Elle a été employée de banque. Elle quitte Wien pour Hamboug et se marie avec Norbert. En 1929, elle se trouve à Berlin. Elle reste 16 ans en Allemagne.

Le numéro de tatouage de Norbert est le B3943.

Sur un mur viennois de la Shoah des noms des juifs autrichiens assassinés de la Shoah à Wien, le nom et le prénom d’Anna TUGENDHAT sont notées.

Mur des noms du mémorial des victimes de la Shoah de Wien en Autriche, photos prise par Martin KIRST.


Mur des noms du mémorial des victimes de la Shoah de Wien en Autriche, photos prise par Martin KIRST.


Résidence d’Anna à Wien, photo prise par Martin KRIST.

Martin KRIST nous a envoyé, par mail le 10 mai 2022, le reste des recherches effectuées avec sa classe et nous a transmis les infos et les sources suivantes :

Anny Löw a vécu à Hörlgasse 5, 2e étage, jusqu’à son départ pour Hambourg le 2 mai 1923. Elle est employée de banque de profession. Elle épouse Norbert Otto Tugendhat le 19 mai 1923 à Hambourg. Ils ont émigré de Berlin Wilmersdorf en France le 1er janvier 1939. Le prénom d’Anna peut prendre différents orthographes: Anna, anni, anny.

Norbert est née le 10 novembre 1896 à Grosseislingen/Göppingen/Wurtemberg21.

II) Les silences de l’histoire d’Anna

1) Qu’est ce que « les silences » en Histoire ? Et les silences de l’histoire d’Anna ?

En histoire, les silences sont les actions, les traces de personnes qui ne sont pas reconnues, dont personne ne parlent. D’après Michelle PERROT, les femmes ont vécu ce silence de l’histoire jusqu’à peu. C’est la société, qui en en parlant pas, impose ce silence, qui, quand celui ci est brisé, provoque «trop de bruit ».
Aujourd’hui nous travaillons sur Anna TUGENDHAT toutefois notre travail-enquête est limité par le manque de documents et d’archives privées du convoi 77 : AUCUNE. Ce silence entraîne donc l’histoire incomplète d’Anna.
Pour trouver des infos il a fallu passer par les archives de Wein où elle est née sous le nom d’Anna LÖW ou LOEW. Elle change de nom en se mariant avec Norbert Otto et se nomme TUGENDHAT mais dans les ources, on trouve aussi le TUGENDHADT . Tout ces noms et leurs orthographes rendent plus difficile la réalisation des recherches. De plus, elle a été arrêtée à Monaco et non à Nice selon certaines archives.

2) Qu’est-ce qu’être une femme ?

Selon moi une femme est un genre comme l’homme. Une femme doit être égale à l’homme c’est à dire avoir les mêmes droits, salaires, être reconnue au même niveau que l’homme. Les femmes ont longtemps été considérées comme inférieures aux hommes, certaines femmes du passé se sont battues pour faire reconnaître leur droit comme Jeanne d’ARC, Georges SAND et d’autres encore. Aujourd’hui cela a évolué, leurs droits sont plus reconnus mais dans certains pays, elles sont toujours soumises à des règles. Nous sommes en train de travailler sur une femme du nom d’Anna TUGENDHAT.

3) Les formes de violences spécifiques à Anna ? Aux femmes ?

Anna a subi des violences mentales notamment :

  • avec la pression et le stress développés par la peur des nazis.
  • la fuite de son pays l’Autriche à cause des persécutions.
  • la mort de son mari Norbert dans un camps de concentration.

Anna a été, elle aussi, une femme déportée dans un camps d’extermination à Auschwitz où elle a été assassinée car elle n’était plus assez jeune pour travailler, elle avait 50 ans.
Il y a différentes sortes de violences spécifiques aux femmes, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Elles ont été créées notamment par l’idéologie nazie, qui évoque, par exemple, que le féminisme est une invention juive. Les nazis font des femmes des machines à bébé ou alors ils les font avorter et les stérilisent. Pour tuer les femmes trop faibles ou âgées, elles sont conduites directement dans des camps d’extermination. La force n’appartient jamais à la femme. Pendant la guerre, il y a eu de nombreux viols et après la guerre aussi : des séances de torture, des menaces et des femmes tondues. Les femmes ont peu été prises au sérieux et sont traitées de prostituées quand elles portent plainte sauf lorsqu’il s’agit de violeurs étrangers.
Les femmes juives, opposantes, résistantes ont été envoyées dans des ghettos, des camps de concentration ou d’extermination.
Après la guerre le silence s’impose.
Les femmes subissent des expériences atroces l’objectif est de les stériliser. Beaucoup de femmes souffrent, avec des signes évident d’inflammation d’organes. L’une des expériences est la stérilisation au rayon X. Les femmes en reviennent dans un état effrayant avec des vomissements et douleurs abdominales. Certaines ont été brûlées par rapport au rayon X. Aussi les médecins nazis procèdent à l’ablation d’un ovaire dans un premier temps puis le second quelques temps après. De plus, dans les camps de concentration, les mères sont séparées de leurs enfants, donc probablement torturées psychologiquement. Ils sont directement conduits dans les chambres à gaz en descendant des trains.
Les femmes dans les camps ont vécu leurs menstruations de différentes manières. Quand elles ont leurs règles, elles subissent un sentiments de honte, mais certains témoignages évoquent que, les avoir, leurs ont sauvé d’un viol car celles ci paraissent sales aux yeux des nazis.
De plus le manque d’hygiène provoque des infections qui peuvent mener à des opérations. Les femmes peuvent aussi ne plus avoir leurs règles par manque de nutrition ce qui peut les rendre stérile à vie. Elles utilisent des chiffons comme protection hygiénique mais en ont peu et ne sont pas propres.

4) Les rôles des femmes dans ou contre le processus d’extermination sont :

Anna et son mari Norbert sont impliqués dans la résistance notamment avec le trafic de passeport pour aider les juifs apatrides à fuir.
Les femmes ont aussi été importantes dans la résistance, à l’image de Danielle CASANOVA ou Simone MICHEL-LEVY. La plupart des femmes sont des agents de liaison des groupes de résistance, qui portent et distribuent souvent les journaux et les tracts. Elles supportent aussi les renseignements sur la concentration des troupes. Au moment de la libération, elles ont été écartées des combats armés. Le rôle des femmes dans la résistance a été minimisé. Anna TUGENDHAT a pu voir les femmes travailler à Auschwitz car elle y était présente.
Près de 500 000 allemandes ont été incorporées à la Wehrmacht et 3500 à la SS en tant qu’auxiliaires, surtout de surveillantes dans les camps (SS aufsherinen) Une fraction des femmes sont attirées par l’idéologie ou les aspects modernisateurs d’une régime . Peu de femmes sont de la sphère des « exécutrices », comme les gardiennes des « camps de la mort », qui ont contribué au système global d’assassinat et aux sélections. Les femmes n’ont pas participé aux différentes mise à mort.
Les femmes ont aussi été des victimes, notamment à cause d’une prostitution en relation avec des armées.  Pour les nazis, les femmes ne sont perçus que comme des procréatrices. Dans Mein Kampf, HITLER préconise de stériliser les femmes juives. En 1933, le régime adopte des lois démographiques et fixe des objectifs de stérilisation forcées de centaines de milliers de personnes. 90% des femmes sont mortes pendant les opérations. L’avortement eugénique est également pratiqué sur les femmes dites « indésirables ». Ce sont les prémices de la politique génocidaire.

5) En quoi votre travail participe à faire vivre la mémoire de la déportation ? D’Anna ?

Notre travail permet de faire vivre la mémoire de la déportation et des déportés en oubliant pas qu’ils ont exister. Grâce à notre travail, on retrace ainsi un bout de leur histoire mais aussi de l’histoire en général. S’ajoute à cela une prise de conscience et l’émergence de nouvelles pensées, notamment le féminisme avec l’holocauste. Cela participe au Women-studies, un courant qui retrace essentiellement l’histoire des femmes, il y a donc des conférences et le développement des institutions universitaires.
L’histoire d’Anna peut aujourd’hui être transmise et ainsi participer à la mémoire de la déportation, des déportés et des femmes.

6) Donner des adjectifs qualifiants la vie d’Anna?

REBELLE, DESHUMANISEE, MALTRAITEE, ENFER.

7) Quels sont les livres du CDI permettant de comprendre la vie d’Anna?

  • Femmes en résistance, Tome 4 : Mila Racine : une bande dessinée dans laquelle Mila a la même idée qu’Anna, avec ses faux passeports, et permet aux enfants de franchir clandestinement la frontière.
  • Dites le à vos enfants de Stéphane BRUCHFELD et Paul A. LEVINE, ce livre raconte l’histoire des femmes et des enfants considérés inaptes et destinés à la mort comme Anna.
  • La lettre à Conrad de Fred UHLMAN, car Anna et Conrad ont tout les deux participaient à la résistance contre Hitler.
  • Annette, une épopée, d’Anne WEBER, comme le personnage du livre, Annette, Anna participe à la résistance avec la vente de faux passeport.

III) L’exposition au CDI: mutualisation et présentation des travaux élèves sur l’ensemble des 6 enquêtes, sorties scolaires, témoignages, visios, les sources contre le silence de l’Histoire.

 

IV) Les témoignages élèves


V) L’enquête traduite en Allemand: Die Ermittlung ins Deutsche übersetzt.

1) Wie viele Dokumente über Anna Tugendhat hattet ihr am Anfang der Arbeit? Was habt ihr dank diesen Dokumenten erfahren?

Ganz am Anfang hatten wir überhaupt keine Dokumente auf der Website www.convoi77.org über Anna Tugendhat zur Verfügung.Wir haben uns ernsthaft gefragt, ob sie wirklich existiert hat!

2) Was habt ihr denn herausgefunden?

Wir haben Folgendes herausgefunden :Anna LÖW oder LOEW ist am 2.September 1894 in Wien geboren.Ihr Vater war Emil Löwund ihre Mutter war Julie Löw, geborene Arnstein. Sie hatte 3 Geschwister :

– Robert, am 1.August 1893 geboren,

– Otto, am 13.Mai 1896 geboren,

– Amalia, am 7.August 1900 geboren.

Laut Wolfgang SCHELLENBACHER, der beim DÖW arbeitet, sind alle Kinder in Wien geboren, obwohl die Hochzeit nicht in Wien stattfand.

Nachdem Deutschland Österreich annektiert hat, ist sie nach Frankreich geflohen und wurde in Monaco von der deutschen Polizei verhaftet. Sie hat dort in der Nähe vom Hôtel de Paris gewohnt.

Sie wurde vom Befehlshaber der Sicherheitspolizei nach Drancy geschickt.

Als sie festgenommen wurde, hatte sie dabei :

– einen wertvollen Ring mit Gold und Perlen,

– 3 Anhänger,

– eine Perlenhalskette,

– eine Perlenbrosche

– ein Scheckheft (Crédit foncier de Monaco).

Sie wurde am 31. Juli 1944 mit dem Konvoi 77 nach Auschwitz-Birkenau deportiert.

An der Pariser Shoah Namenswand kann man direkt neben Annas Name den Namen von Norbert lesen. Wir haben angenommen, dass es sich um ein Familienmitglied handelt. Auf den (vom 16. Juli 1943 bis zum 12. Dezember 1944 datierten) Listen findet man auch die Vornamen von Anna und Norbert, aber diesmal anders geschrieben .Michael BLOCHE hat bestätigt, dass Norbert tatsächlich ihr Mann ist .

Wir haben uns dafür entschieden, über Norbert weiter zu recherchieren.

Was Norbert betrifft, haben wir also andere wichtige Informationen (unter anderen auf der Website https://www.bundesarchiv.de/gedenkbuch/) gefunden :

Norbert ist am 10. November 1894 in Großeislingen/Göppingen/Württemberg geboren.

Er hatte drei Halbschwestern : Lieselotte TUGENDHAT, Anna Marie TUGENDHAT, Annaliese TUGENDHAT. Sein Vater, Bruno Bronislaw TUGENDHAT, hat Friederike Fritzi TUGENDHAT geheiratet. Norbert hat die deutsche Staatsangehörigkeit, aber für die Nazis war er nur ein Jude.

Er hat in Berlin (Wilmersdorf) gelebt. Er ist erst am 01. Januar 1939 nach Frankreich geflohen. Dort hat er wohnte in Paris (11 rue d‘Odessa) gewohnt. Er reiste viel und ist mehrmals nach Monaco gefahren, um Anna zu besuchen. In Monaco war er am 13. und am 14. September 1943, in der Nacht vom 16. September auf 17.September 1943, vom 1. Oktober bis zum 7.Oktober 1943, vom 9. Oktober bis zum 10. Oktober 1943 und vom 13. Oktober bis zum 15. Oktober 1943.

Die Gestapo in Koblenz hat sich für ihn interessiert und er war ständig unter Überwahrung.

Er wurde zweimal verhaftet und nach Drancy geschickt, und zwar am 14. Januar 1944 und am 6. Mai 1944. Als er festgenommen wurde, hatte er – wie Anna – viele Schmuckstücke und viele verschiedene Fremdwährungen dabei. Wir haben 2 Hypothesen formuliert : entweder war er wohlhabend oder er schmuggelte Waren.

Er wurde am 31. Juli 1944 von Drancy nach Auschwitz-Birkenau (Oswiecim), Konzentrations- und Vernichtungslager, deportiert. Er ist danach in Hailfingen-Tailfingen (Außenlager des KZ Natzweiler-Struthof) angekommen und trug als Häftling die Nummer 40967. Diese Nummer wurde ihm am 16. oder 17. November 1944 zugeteilt und er wurde unter den Kategorien „Schutzhaft“ und „Jude“ registriert. Er ist am 02. Dezember 1944 um 8.00 Uhr morgens an einer Herzinsuffizienz in Hailfingen-Tailfingen, Außenlager des KZ Natzweiler-Struthof gestorben. Er trug die Nummer 353. Er wurde am 5. Dezember 1944 im Krematorium in Reutlingen verbrannt.

Anna wurde mit dem Konvoi 77 deportiert. Sie hat nicht überlebt.

Sie wurde als „Jüdin“ verhaftet und wurde am 31. Juli 1944 nach Auschwitz-Birkenau deportiert.

Ein Gedenkstein wurde am Donnerstag, den 27. August 2015, im Friedhof von Monaco enthüllt. Zu dieser Enthüllung waren SAS der Prinz, Vertreter der zivilen und religiösen Behörden, Nachfolger und Offizielle der jüdischen Organisationen eingeladen.

3) Hättet ihr gedacht, dass ihr so viele Informationen finden würdet?

Wir dachten nicht, dass wir so viel herausfinden würden!

4) Inwiefern ist eure Arbeit für Anna wichtig?

Unsere Aufgabe bestand darin, Spuren von Anna wiederzufinden, damit wir Annas Andenken in Ehren halten können, damit wir eine Erinnerung von ihr haben, damit sie endlich in Frieden ruhen kann.

Online-Treffen am 22. März mit Michael Bloche, directeur de la mission de préfiguration des archives nationales de Monaco :
– Anna besuchte jeden Tag das Casino : sie war wahrscheinlich wohlhabend.

– Norbert wurde vor Anna in Paris verhaftet, und zwar aus zwei Gründen : er war Jude und er fälschte in Südfrankreich Ausweise (möglicherweise für heimatlose Juden).

Anna wurde wegen gefälschter Papiere verhaftet : sie trug den Namen von Adèle MONTAUDON.
Quelle : Direction de la Sûreté publique (DSP) : 031179 (dossier individuel d’Anna Tugendhat)/111000 (dossier collectif dans lequel le dossier individuel est classé).
Wir stellen eine Hypothese auf : Vielleicht war das Casino ein Ort, wo sich WiderstandskämpferInnen trafen oder man auf dem Schwarzmarkt Ausweise kaufen konnte.
Online-Treffen am 3. Mai 2022 mit dem Bundesgymnasium 19 (Gymnasiumstr. 83, 1190 Wien) :
Die Wiener SchülerInnen des Wahlpflichtfachs Geschichte des G19 haben unter der Leitung von Martin Krist eine sehr hilfreiche Arbeit geleistet und uns bedeutsame Informationen weitergegeben.

Hier ist eine Synthese, die Martin Krist uns am 10. Mai per Mail geschickt hat.

Anny Löw wohnte bis zu ihrer Abreise nach Hamburg am 2. Mai 1923 in der Hörlgasse 5, 2. Stock.

Von Beruf war sie Bankbeamtin.

Sie heiratete am 19. Mai 1923 in Hamburg Norbert Otto Tugendhat.

Die beiden emigrierten von Berlin Wilmersdorf am 1. Jänner 1939 nach Frankreich.

Anna/Anni/Anny Tugendhat geb. Löw wurde gemeinsam mit ihrem Mann am 31. Juli von Drancy nach Auschwitz-Birkenau deportiert.

An der Wiener Shoah Namenswand der ermordeten österreichischen Jüdinnen und Juden findet sich ihr Name (siehe dazu die beiden angehängten Fotos)

ZUSÄTZLICHES ZU Norbert Tugendhat:

Tätowierte Nr. in Auschwitz-Birkenau: B 3943

Von Auschwitz-Birkenau am 28. Oktober 1944 ins KZ Stutthof deportiert.

Ab November 1944: Hailfingen-Tailfingen, Außenlager des KZ Natzweiler-Struthof

Dort gestorben/ermordet am 02. Dezember 1944

BRAVO à Myriam, Razanne, Yousra, Kylian, Evan, Lilyann, Isaline et Marine sous la direction de leurs professeures Mme BOUILLON Laetitia professeure d’Allemand et Mme BOUTANT Morgane professeure d’Histoire-Géographie.

1Acte de naissance d’Anna, cote Cm. 2152/1894, Archives de la communauté juive de Wien, obtenu en réponse à un mail envoyé par les élèves le 19 janvier 2022 au DÖW centre de documentation de la résistance autrichienne, d’après Wolfgang SCHELLENBACHER et Rz 2152/1894, archives IKG Wien en réponse à un mail envoyé par les élèves le 25 janvier 2022 d’après Susanne USLU-PAUER.

2Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 19 janvier 2022 au DÖW centre de documentation de la résistance autrichienne, d’après Wolfgang SCHELLENBACHER.

3Informations obtenues en réponse à un mail envoyé le 1er décembre 2021aux archives de Monaco d’après Michael BLOCHE.

8Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1er décembre 2021 aux archives nationales de Monaco d’après Michael BLOCHE.

9Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1 décembre 2021 aux archives Arolsen d’après Sigrid HEBE.

10Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1 décembre 2021 aux archives Arolsen d’après Sigrid HEBE.

11 Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 6 décembre 2021 aux archives de la Société des Bains de Mer de Monaco d’après Charlotte LUBERT.

13Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1 décembre 2021 aux archives Arolsen d’après Sigrid HEBE.

14Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1 décembre 2021 aux archives Arolsen d’après Sigrid HEBE.

15Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1 décembre 2021 aux archives Arolsen d’après Sigrid HEBE.

16Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1er décembre 2021 aux archives nationales de Monaco d’après Michael BLOCHE.

17Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1er décembre 2021 aux archives nationales de Monaco d’après Michael BLOCHE.

18https://www.palais.mc/en/news/h-s-h-prince-albert-ii/event/2015/august/ceremonie-en-memoire-des-juifs-de-monaco-deportes-pendant-la-seconde-guerre-mondiale-3324.html et Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1er décembre 2021 aux archives nationales de Monaco d’après Michael BLOCHE.

19https://www.monacomatin.mc/histoire/il-y-a-peu-de-temoins-en-vie-une-ong-juive-veut-acceder-aux-archives-de-la-guerre-a-monaco-442108 et Informations obtenues en réponse à un mail envoyé par les élèves le 1er décembre 2021 aux archives nationales de Monaco d’après Michael BLOCHE.

20 Direction de la Sûreté publique (DSP) : 031179 (dossier individuel d’Anna Tugendhat)/111000 (dossier collectif dans lequel le dossier individuel est classé).

21Sources Martin KRIST:

Référence source du formulaire d’inscription : WSTLA, dossier d’inscription
Photos : Martin Krist
Plus d’informations sur Anny et Norbert Tugendhat :
https://www.bundesarchiv.de/gedenkbuch/
https://www.gedenkstaettenverbund-gna.org/images/downloads/gedenkstaettenrundschau/gr_16_webO.pdf P.29 – 31

 https://www.bundesarchiv.de/gedenkbuch/

22: sources silences de l’Histoire:

-Titiou LECOQ, Les grandes oubliées : Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes, l’Iconoclaste, Paris, 2021. Chapitre 15 : Deuxième Guerre mondiale: le rôle des femmes minimisé.

-Michelle PERROT, Les femmes ou les silences de l’Histoire, Flammarion, Paris, 2020. Quatrième de couverture.

-Association MNEMOSYNE, Coordination Geneviève DERMENJIAN, Irène JAMI, Annie ROUQUIER, Françoise THEBAUD, La place des femmes dans l’histoire, une histoire mixte, Belin, Paris, 2010. Chapitre : Femmes et hommes dans les guerres, les démocraties et les totalitarismes (1914-1945).

-Simone de BEAUVOIR, Le deuxième sexe, Tome I, Gallimard, Paris, 1949. Quatrième de couverture.

-Jo-Ann OWUSU, Les menstruations et l’holocauste History Today, numéro 69, mis en ligne le 5 mai 2019. https://www.historytoday.com/archive/feature/menstruation-and-holocaust

-Isabelle ERNOT, Le genre en guerre. « Exécutrices, victimes, témoins », Genre & Histoire, numéro 15, mis en ligne le 30 septembre 2015. https://journals.openedition.org/genrehistoire/2218,

-Isabelle ERNOT, Le genre en guerre : « Women and/in the Holocaust » : à la croisée des Women’s-Gender et Holocaust Studies (Années 1980-2010) », Genre & Histoire, numéro 15, mis en ligne le 30 septembre 2015. http://journals.openedition.org/genrehistoire/2223

Contributeur(s)

Myriam, Razanne, Yousra, Kylian, Evan, Lilyann, Isaline et Marine sous la direction de leurs professeures Mme BOUILLON Laetitia professeure d’Allemand et Mme BOUTANT Morgane professeure d’Histoire-Géographie.
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