Flora CAHEN (1874-1944) et Mirthil CAHEN (1873-1944)
Flora et Mirthil Cahen, archives personnelles, ©Howard Baum
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Für unsere deutschsprachigen Leser*innen: Der Text ist unterhalb der französischen Version auch auf deutsch verfügbar.
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La biographie que vous allez lire a été écrite par les élèves de 3e A du Collège-Lycée Franco- Allemand de Buc (Yvelines), encadrés par Lisa Rech et Marianne Hoock-Douilly, professeures d’allemand, et Hélène Guerder, professeure d’histoire. Il s’agit d’un lycée placé sous la tutelle des États français et allemand axé sur le biculturalisme et l’amitié franco-allemande. Ce travail est donc présenté en langues française et allemande, en accord avec la logique de notre établissement, mais également en langue anglaise pour que les descendants de Flora et Mirthil Cahen, habitant aux États Unis, puissent le lire.
Nos recherches ont porté sur trois déportés, Flora et Mirthil Cahen, ainsi que Riven Kirschbaum. Notre travail nous a conduits à voyager de Paris, où tous trois ont vécu, à Berlin, où Riven Kirschbaum est né. Il nous semblait important d’en apprendre davantage sur leur vie dans ces lieux avant, pendant, et pour Riven Kirschbaum après la Seconde Guerre mondiale.
Bien que la biographie que vous vous apprêtez à lire ne concerne que Flora et Mirthil Cahen, nous vous encourageons également à lire celle de Riven Kirschbaum.
Bonne lecture !
I. ORIGINES DE MIRTHIL
Mirthil Marx Cerf Cahen naît le 4 mai 1873 à Metzervisse, alors en Allemagne (actuellement en France, dans le département de la Moselle), où sa famille, est implantée, depuis plusieurs générations. Ses parents, Louis Cahen et Mathilde Cerf [1] sont de confession juive. Louis Cahen est boucher.
Cahen, Mirthil, acte de naissance, mairie de Metzervisse
Ce village mosellan accueille une communauté juive au moins depuis le XVIIIe siècle[2]. En 1748, une petite synagogue y est construite, ce qui permet à la communauté de s’agrandir. Cette synagogue se trouve au 13 de la Grand’rue, mais elle n’est pas visible depuis la rue : on y accède par une maison privée, généralement celle du ministre officiant[3]. Au milieu du XIX° siècle, 17 % de la population metzervissoise est juive[4]. Le quotidien de la communauté juive du village est très proche de celui des autres habitants : tous pratiquent le même patois, le francique luxembourgeois. Beaucoup comprennent également le français et l’allemand[5].
Les membres de la communauté juive exercent à Metzervisse différents métiers : boucher, marchand de bestiaux, colporteur, intermédiaire auprès des paysans pour les denrées de première nécessité, épiciers…[6] Il y a à Metzervisse un cimetière juif qui serait l’un des plus anciens du département (probablement construit peu après la synagogue ; ce cimetière se situe aujourd’hui sur la D60, dans le centre du village).
Le cimetière israélite de Metzervisse depuis la D60, archives personnelles,
© Hélène Guerder, 2024
Mirthil est le frère de Régine Cahen (née en 1869), Berthe-Hortense Cahen (née en 1871), ainsi que de Simon Cahen, né en 1878, qui sera lui aussi assassiné en déportation à Auschwitz le 15 février 1944 avec sa femme, Laura Schwartz[7].
FLORA
Flora Kaufmann naît le 8 mai 1874 à Hilbringen, un quartier de la ville de Merzig, en Sarre (Allemagne)[8].
Kaufmann, Flora, acte de naissance, Landesarchiv, Saarbrücken
Cette région fait partie de l’Empire allemand depuis sa création en 1871. Flora est issue d’une famille juive de trois enfants. Ses parents se prénomment Karoline et Feist, sa sœur Ida (née le 13 novembre 1878) et son frère Hermann.
Ida, Flora et Hermann Kaufmann © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Flora passe sa jeunesse dans cette petite ville sarroise d’environ 6.000 habitants, où la communauté juive représente autour de 8% de la population[9]. On y trouve une synagogue et plusieurs commerces tenus par des familles juives, dont le Kaufhaus Kahn, au 15 Kirchplatz, un bâtiment qui existe encore aujourd’hui[10].
Feist Kaufmann meurt en 1891, alors que Flora a 17 ans et sa sœur Ida, 13 ans.
Le bâtiment du Kaufhaus Kahn, Archives personnelles © Hélène Guerder, 2024
La sœur de Flora, Ida[11], se marie en 1900 avec Julius Kahn[12]. Julius Kahn (né en 1867) est marchand de bestiaux. Ida et Julius vivent au 66 Hochwaldstraße à Merzig[13].
II. VIE COMMUNE À METZERVISSE ET À THIONVILLE
Flora et Mirthil Cahen se marient le 17 janvier 1899 à Metzervisse[14], alors toujours allemande. Leur fille aînée Mathilde y naît le 13 mars 1900[15], puis leur cadette Ester y vient au monde le 22 février 1902[16]. Ils habitent au 53 Grand-Rue. Au rez-de-chaussée se trouve leur épicerie.
L’épicerie de Mirthil et Flora Cahen © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Le 3 août 1914, quand la guerre est déclarée contre la France, Mirthil est mobilisé dans l’armée allemande.
Cahen, Mirthil © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Il est envoyé en Prusse-Orientale en tant que soldat du rang, pendant que Flora et leurs filles restent à Metzervisse.
Après la fin de la Première Guerre mondiale, à partir du 11 novembre 1918, la Moselle redevient française. Les Cahen deviennent alors français.
Le 18 août 1921, à Metzervisse, Mathilde épouse Max Baum, un médecin allemand né à Bacharach (Rhénanie-Palatinat) le 21 mars 1894, et domicilié à Hilbringen (Sarre), à seulement 32 km de Metzervisse.
Sur l’acte de mariage, il est stipulé que les époux sont « de religion israélite »[17]. Le régime du Concordat en Alsace-Moselle implique un régime spécifique des cultes depuis 1802. La religion est donc indiquée sur les actes de la vie civile.
En épousant un étranger, Mathilde perd la nationalité française et prend celle de son mari.
Acte de mariage de Mathilde Cahen et Max Baum, mairie de Metzervisse
Le couple réside ensuite dans la Mechenerstraße à Hilbringen, où leur fils unique, Edgar Baum, voit le jour le 13 octobre 1922[18].
Edgar Baum, Acte de naissance n° 110, Landesarchiv Saarbrücken
Quelques semaines plus tard, la famille est endeuillée. Ester (dite Else) Cahen, la fille cadette de Flora et Mirthil, meurt de maladie, le 26 novembre 1922, au domicile de ses parents à Metzervisse. Elle avait 20 ans, était sans profession et célibataire. On remarque l’erreur portée sur son acte de décès, qui la déclare « catholique », puis « israélite ».
Flora et Esther Cahen, © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Cahen, Ester, acte de décès, mairie de Metzervisse
Flora et Mirthil ont un domicile à Thionville, où Mirthil s’établit comme réparateur de meubles. Nous ne savons pas s’il s’agit d’un déménagement ou d’un deuxième domicile et nous ignorons également la date précise de ce changement.
Mirthil Cahen © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Edgar Baum, leur unique petit-fils, les y rejoint en 1934, quittant ainsi le foyer familial en Sarre allemande en raison de la détérioration de la situation des Juifs sous le IIIe Reich. À ce moment-là, il ne parle pas le français, mais parvient à devenir rapidement un très bon élève[19].
Mathilde et Max Baum, ses parents, décident à leur tour de s’installer en France pour fuir les persécutions antisémites quand la Sarre est rattachée au IIIe Reich suite au référendum de 1935 sur son statut. Ils sont contraints d’abandonner leur belle maison, le cabinet médical, leur voiture et tous leurs biens. Le couple s’installe à Paris, dans un petit appartement de deux pièces au 12/14 rue du général Niox, dans le XVIe arrondissement. Le statut de réfugié sarrois empêche Max Baum d’exercer sa profession de médecin en France. Il ne parle alors pas le français et prend des cours pour accélérer son intégration et pouvoir devenir français plus tard. Pour vivre, Max devient masseur. Edgar reste avec ses grands-parents maternels à Thionville, où il est choyé et s’épanouit à l’école jusqu’en 1938. À cette date, il doit quitter l’école (il a alors 16 ans) et rejoint ses parents à Paris, sans perspective de poursuite d’études. Un client de son père travaillant dans les affaires lui propose un emploi d’apprenti dans sa société. Edgar n’aime pas travailler dans le commerce, mais est reconnaissant de cette opportunité. Max Baum, le gendre de Flora et Mirthil, obtient, ainsi que pour sa femme Mathilde et son fils Edgar, la nationalité française par décret le 19 janvier 1939[20].
Journal officiel du 29 janvier 1939
On retrouve Mirthil et Edgar en famille avec des cousins à Alençon, dans l’Orne à la Pentecôte 1939. Ils posent sur une photo de groupe, confiée par Béatrice Heffès au Mémorial de la Shoah[21].
III. VIE PENDANT LA GUERRE, ARRESTATION ET DÉPORTATION
Le 19 août 1939, nouveau drame pour Mirthil et Flora : leur fille Mathilde meurt à Paris à l’âge de 39 ans après une brève maladie. C’est une tragédie pour son fils Edgar, qui est persuadé que la maladie de sa mère est liée au désespoir né de l’exil contraint de la Sarre[22]. Elle est inhumée le 22 août dans le cimetière juif de Metzervisse[23]. La guerre éclate quelques jours plus tard, empêchant ainsi de respecter le temps du deuil, la shiva[24].
Max Baum, le mari de Mathilde, s’engage dans l’armée française[25]. Suite au décès de Mathilde, Flora et Mirthil Cahen viennent en septembre 1939 à Paris rejoindre leur petit-fils Edgar, âgé de 17 ans[26]. Ils abandonnent leur grand appartement à Thionville et s’installent au 12/14 rue du général Niox, dans l’appartement occupé précédemment par leur fille et sa famille. Tous leurs biens en Moselle sont alors spoliés[27].
Le 21 juin 1940, les Allemands occupent Paris. Edgar fuit à bicyclette pendant l’exode[28]. Flora et Mirthil, âgés de 66 et 67 ans, décident de rester dans la capitale occupée. Edgar s’installe quelques temps à Limoges, où il croise par hasard son père qui se cache des polices française et allemande qui traquent alors les Juifs allemands pour les envoyer dans des camps de concentration (Max et Edgar, comme de nombreux étrangers et des Juifs, seront déchus de la nationalité française le 26 janvier 1942, après un examen de leur situation en 1941)[29].
Journal officiel du 30 janvier 1942 p.421, “décret n°113 du 26 janvier 1942 portant retrait de la nationalité française” (Ministère de la Justice”)
En 1941, Edgar s’établit à Lyon et apprend que son père s’est remarié, à Nieul, en Haute- Vienne le 18 janvier 1942 avec Régine Raber, dite Bronner. Malgré le danger, Edgar franchit deux fois la ligne de démarcation pour voir ses grands-parents maternels à Paris. Ses grands- parents paternels allemands sont déportés à Theresienstadt, où ils sont assassinés par les nazis[30]. Edgar constate que Flora et Mirthil souffrent durement des restrictions alimentaires[31]. À la fin de l’année 1942, Edgar revient les voir avec une fausse identité et des coupons de rationnement contrefaits[32]. Il s’occupe autant que possible de ses grands-parents, mais sans vivre avec eux pour ne pas les mettre en danger en cas d’arrestation par la Gestapo[33]. Flora et Mirthil ont alors plus de 70 ans et vivent dans le plus grand dénuement. Leur petit-fils Edgar les aide de son mieux, comme il l’indiquera des années plus tard dans ses mémoires. Max Baum vit également désormais à Paris avec sa nouvelle femme et travaille comme interprète[34].
À partir du 7 juin 1942, comme tous les Juifs vivant en zone occupée, Flora et Mirthil doivent porter l’étoile jaune[35]. Grâce à son cousin Louis, Edgar trouve un emploi dans une usine travaillant pour l’Allemagne. Le dirigeant allemand de cette entreprise sait qu’il est juif et le sauve d’une arrestation et de la déportation en 1944, alors que la police est venue l’arrêter suite à une dénonciation[36].
Dans son journal, Ida Kahn mentionne à plusieurs reprises Mirthil et Flora ainsi qu’Edgar entre le 18 février et le 23 septembre 1942. Il y est question d’échanges de lettres, de bonnes et moins bonnes nouvelles ayant trait à la vie sous l’occupation et des efforts de Mirthil pour avoir des nouvelles de membres de la famille internés à Pithiviers (Gustel Bonnem, fille d’Ida et Julius, ses enfants Berthold et Edith)[37], après la rafle de juillet à Alençon et ses environs.
Julius et Ida Kahn, qui s’étaient installés en 1935 dans l’Orne à Alençon, sont arrêtés à leur domicile du 25 rue des Granges le 9 octobre 1942 avec Rébecca Bonnem (79 ans) et Rudolf Bonnem (13 ans)[38]. Ils sont envoyés le 5 novembre 1942 d’Alençon à Drancy, d’où ils repartent le lendemain pour Auschwitz, par le convoi 42. Aucun ne survivra.
Le 11 juillet 1944, quelques semaines après le Débarquement allié en Normandie, Flora et Mirthil, respectivement âgés de 70 et 71 ans, sont arrêtés à leur domicile au 12/14 rue du général Niox et internés au camp de transit de Drancy.[39]
Serge Klarsfeld, Mémorial de la Déportation des Juifs de France, consultable au Mémorial de la Shoah, Paris
Flora et Mirthil sont déportés avec 1304 autres personnes de Drancy à Auschwitz dans le convoi n°77, dernier grand convoi parti de la gare de Bobigny en direction d’Auschwitz, le 31 juillet 1944, vingt jours après leur arrivée à Drancy et seulement trois semaines avant la Libération de Paris. Compte tenu de leur âge avancé, ils sont assassinés avec 834 autres déportés, dont plus de 250 enfants, dès leur arrivée à Auschwitz II Birkenau le 3 août 1944[40], à moins que, comme de nombreuses personnes âgées ou malades, ils n’aient pas résisté aux terribles conditions du voyage de déportation.
Après la Libération de Paris, Louis, le cousin d’Edgar Baum, reprend l’appartement de Flora et Mirthil qui est resté intact, les nazis n’ayant pas eu le temps de le piller. Edgar s’engage dans l’armée française en septembre 1944 et participe aux combats jusqu’en mai 1945 comme opérateur radio après deux mois de formation et d’entraînement militaire. Après le 8 mai 1945, il fait partie des troupes d’occupation en Allemagne. Il est libéré de ses obligations militaires en décembre 1945 et revient à Paris[41].
Une plaque commémorative à l’entrée du cimetière israélite de Metzervisse porte l’inscription « à la mémoire des descendants de Louis et Mathilde Cahen morts à Auschwitz sans sépulture victimes du nazisme ». En tout, seize personnes de la famille Cahen sont assassinées à Auschwitz.
Plaque se situant dans le cimetière israélite de Metzervisse, archives personnelles,
© Hélène Guerder, 2024
IV. DESCENDANTS AMÉRICAINS
Edgard Baum, le petit-fils de Flora et Mirthil et leur unique descendant direct, émigre le 9 juillet 1946 aux Etats-Unis[42]. Il y rejoint son grand-oncle maternel, Hermann Kaufmann (le frère de Flora), qui vit près de Los Angeles depuis 1930[43]. Il se marie le 24 mars 1951 avec Estelle S. Podlipski, née le 7 février 1924 à New York.[44] Ils ont deux enfants : Marsha (née en avril 1953) et Howard (né le 17 mars 1964)[45]. Edgar Baum meurt à Los Angeles le 9 octobre 2012[46].
Nous avons retrouvé Howard Baum (l’arrière-petit-fils de Flora et Mirthil Cahen) et son fils Brandon grâce aux réseaux sociaux et nous sommes entrés en contact avec eux le 8 janvier 2025. Nous avons ensuite eu la chance d’échanger par visioconférence, le 6 février 2025 avec Howard, sa femme Rosa et leurs 3 enfants : Brandon, Joshua et Savannah[47].
Photographie des descendants américains de Flora et Mirthil Cahen. De gauche à droite : Joshua et Brandon, les arrière-petits-fils de Flora et Mirthil, Howard, leur arrière-petit-fils, qui tient dans ses bras l’arrière-arrière- arrière-petit-fils de Flora et Mirthil, Oliver ; Rosa, la femme d’Howard. Savannah, l’arrière-arrière-petite-fille de Flora et Mirthil est la deuxième en partant de la droite. ©Archives personnelles Brandon Baum.
Lors de la visioconférence, Howard nous a confié que son père (Edgar Baum) n’avait jamais raconté son expérience de la guerre. Cependant, il a écrit ses mémoires en 2004 pour ses petits-enfants, Brandon, Joshua et Savannah. Dans ce texte, que Howard a eu la générosité de nous transmettre, Edgar retrace une grande partie de sa vie, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale[48].
V. DESCENDANTS FRANÇAIS
Ida Kahn, la sœur de Flora, qui habite Merzig, quitte la Sarre avec toute sa famille en 1935, année du rattachement de la Sarre à l’Allemagne, pour fuir les persécutions antisémites du régime national-socialiste[49].
Ida et son mari Julius rejoignent à Alençon dans l’Orne leur fils aîné Alfred Kahn et son épouse, ainsi que leur fille Béatrice et le reste de leur famille, en tout 19 personnes[50].
Ida écrit un journal[51] qu’elle commence le 12 février 1942 : elle y documente non seulement les difficultés de la vie quotidienne pour une famille juive pendant la guerre, mais aussi la fuite en zone libre de certains membres de la famille, ou bien encore les arrestations successives d’autres membres de la famille, source pour elle d’une angoisse intense.
Elle rédige la dernière page de son journal le 6 octobre 1942, trois jours avant son arrestation le 9 octobre[52].
Ida mentionne plusieurs fois Mirthil et Flora dans son journal. Les annexes du journal comportent un arbre généalogique de sa famille[53] dans lequel figure Herbert Friedemann, petit-fils d’Ida et petit neveu de Flora et de Mirthil, aujourd’hui âgé de 95 ans. C’est la dernière personne vivante à avoir côtoyé Flora et Mirthil Cahen.
Le 11 mars 2025, Herbert Friedemann a témoigné devant nous de ce qu’il a vécu durant la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment évoqué les deux tentatives de passage de la ligne de démarcation avec sa mère et ses frères pour rejoindre son père, puis l’arrivée en zone libre en novembre 1941, avant de rejoindre le 28 février 1943 Saint-Nicolas-La-Chapelle, en Savoie, qui se trouve en zone italienne[54]. Il nous a décrit avec beaucoup de détails sa vie d’enfant caché et le risque permanent de se faire arrêter par des Nazis. Ce témoignage précieux nous a permis de mieux nous représenter la vie des Juifs cachés en France entre 1939 et 1945.
Témoignage d’Herbert Friedemann au Lycée Franco-Allemand, 11 mars 2025
Notes & réfences
[1] Cahen, Mirthil, acte de naissance, mairie de Metzervisse.
[2] Jacki Kleiser, La Communauté juive de Metzervisse, vie et culture, autoédition, don de la mairie de Metzervisse, p.1.
[3] Jacki Kleiser, op. cit., p. 3. Il s’agit du hazzan, ou « chantre », qui chante à la synagogue.
[4] Jacki Kleise, op. cit., p. 2.
[5] Jacki Kleiser, op. cit., p.12.
[6] Jacki Kleiser, op. cit
[7] https://lesdeportesdesarthe.wordpress.com/cahen-simon/
[8] Flora Kaufmann, acte de naissance, Geburtsakt Nr. 47, Landesarchiv Saarbrücken
[9] https://de.wikipedia.org/wiki/Merzig
https://de.wikipedia.org/wiki/Synagoge_(Merzig)
[10] Il s’agit du Kahn Restaurant Bar qui perpétue la mémoire du lieu par une exposition de photos et la mise en valeur de la façade historique du Kaufhaus ; voir aussi https://www.alemannia- judaica.de/images/Images%20331/SZ%202012%200712%20Juedisches%20Leben%205.pdf
[11] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, traduction et présentation Joë Friedemann, collection histoire- Éditions Elkana, Avant-propos, p. 7.
[12] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op.cit., p. 75.
[13] https://www.erinnert-euch.de/de/erinnerungsort/1199/1204/1355/hochwaldstra%C3%9Fe—stolpersteine- familie-kahn/
[14] Acte de mariage de Mirthil et Flora Cahen, Mairie de Metzervisse
[15] Acte de naissance de Mathilde Cahen, Mairie de Metzervisse
[16] Acte de naissance d’Ester Cahen, Mairie de Metzervisse
[17] Acte de mariage de Mathilde Cahen et Max Baum, Mairie de Metzervisse
[18] Edgar Baum, Acte de naissance n° 110, Landesarchiv Saarbrücken.
[19] Mémoires d’Edgar Baum, p. 2, archives privées de Howard Baum (Etats-Unis).
[20] Mémoires d’Edgar Baum, p. 2_3, archives privées de Howard Baum (Etats-Unis). AN, dossier de naturalisation 14694 X 38. Journal officiel, 29 janvier 1939.
[21] https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=id:411561#
[22] Mémoires d’Edgar Baum, ibid., p. 3.
[23] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op.cit., p. 29-30 : « 19.8.1942. Il y a trois ans, Alfred et moi sommes partis à Paris pour nous rendre au chevet de Thilde en train de mourir. […] Mardi, le 22 août 1939 a eu lieu l’inhumation en présence d’une très nombreuse assistance ».
[24] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, ibid., p. 58.
[25] Mémoires d’Edgar Baum, op.cit., p. 3,
[26] Mémoires d’Edgar Baum, ibid.
[27] Mémoires d’Edgar Baum, ibid.
[28] Mémoires d’Edgar Baum, ibid., p. 4
[29] Archives Nationales, Cotes : BB/27/1422-BB/27/1445 ; Les dénaturalisés de Vichy : lettres A à C. Décret publié dan le Journal officiel du 30 janvier 1942.
[30] Mémoires d’Edgar Baum, op.cit., p. 5. Theresienstadt (Terezin) est un camp de déportation nazi en Tchécoslovaquie occupée par les armées du IIIe Reich.
[31] Mémoires d’Edgar Baum, op.cit., p. 4.
[32] Mémoires d’Edgar Baum, ibid., p. 5.
[33] Mémoires d’Edgar Baum, ibid., p. 4.
[34] Mémoires d’Edgar Baum, ibid., p. 5.
[35] Verordnungsblatt des Militärbefehlhabers in Frankreich (VOBIF) du 7 juin 1942
[36] Mémoires d’Edgar Baum, p. 5, ibid.
[37] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op.cit.
[38] Procès-verbal rédigé par le commissaire de police d’Alençon en date du 17 octobre 1942 portant la mention « Arrestation de Juifs », publié dans Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op.cit. p. 67.
[39] Mémoires d’Edgar Baum, op.cit., p. 6.
[40] Serge Klarsfeld, Mémorial de la Déportation des Juifs de France.
[41] Mémoires d’Edgar Baum, ibid, p. 6.
[42] Mémoires d’Edgar Baum, 11.2. 2004, ibid., p. 6.
[43] Mémoires d’Edgar Baum, 11.2. 2004, ibid., p. 6, ibid.
[44] Arbre généalogique de la famille Baum, transmis par Howard Baum (Etats-Unis).
[45] Mémoires d’Edgar Baum, 11.2. 2004, ibid.
[46] https://fr.findagrave.com/memorial/109772335/edgar-baum
[47] Arbre généalogique de la famille Baum, archives personnelles de Howard Baum (Etats-Unis)
[48] Mémoires d’Edgar Baum, ibid., p. 2.
[49] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op. cit., p. 76 (annexes)
[50] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op. cit., p. 7, 8 et 9 (avant-propos)
[51] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op. cit.
[52] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op.cit., p. 65 (annexes).
[53] Le Journal d’Ida Kahn, février-octobre 1942, op.cit., p. 72-73 (annexes).
[54] Jusqu’en septembre 1943, la zone d’occupation italienne est une terre de refuge pour les Juifs persécutés. « En effet, les autorités italiennes assurent une certaine protection aux Juifs présents sur ce territoire, s’abstenant d’appliquer nombre de mesures antisémites mises en place par les Allemands et les autorités de Vichy dans le reste de la France », in: museedelaresistanceenligne.org
This biography of Mirthil & Flora CAHEN has been translated into English.
Flora CAHEN (1874-1944) et Mirthil CAHEN (1873-1944)
Flora et Mirthil Cahen, archives personnelles, ©Howard Baum
Die Biographie, die Sie lesen werden, wurde von den Schülern der 9. Klasse des Deutsch-Französischen Gymnasiums von Buc mit der Hilfe von Hélène Guerder (Geschichtslehrerin), Lisa Rech und Marianne Hoock-Douilly (Deutschlehrerinnen) geschrieben. Es handelt sich um ein Gymnasium, das vom französischen und vom deutschen Staat gefördert wird und im Zeichen der Deutsch-Französischen Freundschaft und Bikulturalität steht. Deshalb ist diese Arbeit auf Französisch und auf Deutsch geschrieben. Eine Übersetzung auf Englisch wurde auch gemacht, damit die Nachkommen der Familie, die in den USA leben, sie auch verstehen können.
Wir haben über Flora Cahen, Mirthil Cahen und Riven Kirschbaum recherchiert. Unsere Arbeit führte uns von Paris, wo alle drei gelebt haben, nach Berlin, wo Riven Kirschbaum geboren wurde.
Obwohl diese Biographie nur Flora und Mirthil Cahen betrifft, laden wir Sie ein, auch die Biographie von Riven Kirschbaum zu lesen.
Viel Spaß beim Lesen!
Übersetzung: Elena Domi, Schülerin der 9.Klasse (3A)
I. HERKUNFT
MIRTHIL
Mirthil Marx Cerf Cahen wird am 4. Mai 1873 in Metzervisse geboren, damals in Deutschland (heute in Frankreich, in der Mosel), wo seine Familie, darunter seine Eltern, Louis Cahen und Mathilde Cerf, schon seit mehreren Generationen lebte. Seine Eltern sind jüdischen Glaubens. Louis Cahen ist als Metzger tätig.
Cahen, Mirthil, acte de naissance, mairie de Metzervisse
In diesem Dorf in der Mosel wohnt mindestens seit dem 18. Jahrhundert eine jüdische Gemeinde. 1748 wird dort eine kleine Synagoge gebaut, was der jüdischen Gemeinde ermöglicht, sich zu vergrößern. Diese Synagoge befindet sich Grand’Rue Nummer 13. Sie ist nicht von der Straße aus sichtbar: Man kommt durch ein privates Haus hinein, meistens das vom Chasan. In der Mitte des 19. Jahrhunderts ist 17 % der metzervisser Bevölkerung jüdisch. Der Alltag der jüdischen Bewohner ist dem der anderen Einwohner sehr ähnlich: Alle sprechen denselben Dialekt, das luxemburgische Moselfränkisch. Viele verstehen auch Französisch und Deutsch.
Die Mitglieder der jüdischen Gemeinde üben in Metzervisse verschiedene Berufe aus: Schlachter, Viehhändler, Hausierer, Zwischenhändler für Grundnahrungsmittel bei den Bauern, Lebensmittelhändler… In Metzervisse gibt es einen jüdischen Friedhof, der einer der ältesten des Departements ist (wahrscheinlich kurz nach der Synagoge gebaut; heute befindet sich dieser Friedhof an der D60, in der Mitte des Dorfes).
Le cimetière israélite de Metzervisse depuis la D60, archives personnelles,
© Hélène Guerder, 2024
Mirthil ist der Bruder von Regine Cahen (geboren 1869), von Berthe-Hortense Cahen (geboren 1871) und von Simon Cahen, geboren 1878, der während seiner Deportation in Auschwitz am 15. Februar 1944 mit seiner Frau Laura Schwartz ermordet wurde.
FLORA
Flora Kaufmann wird am 8. Mai 1874 in Hilbringen, einer Ortschaft des Bezirks Merzig im Saarland (Deutschland), geboren.
Kaufmann, Flora, acte de naissance, Landesarchiv, Saarbrücken
Dieses Gebiet ist seit seiner Gründung 1871 Teil des Deutschen Reiches. Flora stammt aus einer jüdischen Familie mit drei Kindern. Ihre Eltern heißen Karoline und Feist, ihre Schwester Ida und ihr Bruder Hermann.
Ida, Flora et Hermann Kaufmann © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Flora verbringt ihre Jugend in dieser kleinen saarländischen Stadt von ungefähr 6000 Einwohnern, wo die jüdische Gemeinde ungefähr 8% der Bevölkerung ausmacht. Man findet dort eine Synagoge und mehrere Geschäfte, die von jüdischen Familien geführt werden, darunter das Kaufhaus Kahn, Kirchplatz 15, ein Gebäude, das heute noch steht.
Feist Kaufmann stirbt 1891, als Flora 17 Jahre alt ist und ihre Schwester Ida 13.
Le bâtiment du Kaufhaus Kahn, Archives personnelles © Hélène Guerder, 2024
Floras Schwester Ida, die am 13. November 1878 geboren wird, heiratet 1900 Julius Kahn. Julius Kahn (geboren 1867) ist Viehhändler. Ida und Julius leben Hochwaldstraße 66 in Merzig.
II. GEMEINSAMES LEBEN IN METZERVISSE UND THIONVILLE
Flora und Mirthil Cahen heiraten am 17. Januar 1899 in Metzervisse, das damals noch zu Deutschland gehört. Ihre älteste Tochter Mathilde wird dort am 13. März 1900 geboren und ihre zweite Tochter Ester kommt dort am 22. Februar 1902 zur Welt. Sie wohnen in der Grand Rue 53. Im Erdgeschoss befindet sich ihr Krämerladen.
L’épicerie de Mirthil et Flora Cahen © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Im Jahr 1914, als der Krieg gegen Frankreich ausbricht, wird Mirthil in die Wehrmacht eingezogen.
Cahen, Mirthil © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Mirthil wird als einfacher Soldat nach Ostpreußen geschickt, während Flora und ihre Töchter in Metzervisse bleiben.
Am Ende des Ersten Weltkrieges, ab dem 11. November 1918, wird die Mosel Französisch. Die Cahen werden Franzosen.
Am 18. August 1921 heiratet Mathilde in Metzervisse den deutschen Arzt Max Baum, der in Bacharach (Rheinland-Pfalz) geboren wurde und in Hilbringen (Saarland), nur 32 Kilometer von Metzervisse entfernt, wohnhaft ist.
Auf der Heiratsurkunde wird vermerkt, dass das Brautpaar “israelitischen Glaubens” ist. Seit 1802 führt in der Tat das « Concordat » im Elsass und in der Mosel dazu, dass die religiöse Angehörigkeit in allen offiziellen Dokumenten angegeben wird.
Da sie einen Ausländer heiratet, verliert Mathilde ihre französische Staatsangehörigkeit und erhält diejenige ihres Ehemannes.
Acte de mariage de Mathilde Cahen et Max Baum, mairie de Metzervisse
Das Ehepaar wohnt dann in der Mechenerstaẞe in Hilbringen, wo der einzige Sohn Edgar Baum am 13. Oktober 1922 geboren wird.
Edgar Baum, Acte de naissance n° 110, Landesarchiv Saarbrücken
Einige Wochen später erleidet die Familie einen Verlust. Ester Cahen (auch Else genannt), Mirthils und Floras jüngste Tochter, stirbt am 26. November 1922, im Haus ihrer Eltern in Metzervisse an einer Krankheit. Sie ist 20 Jahre alt, ohne Beruf und ledig. Man bemerkt einen Fehler in ihrer Sterbeurkunde, die sie zuerst als « katholisch » und dann als « jüdisch » registriert.
Flora et Esther Cahen, © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Cahen, Ester, acte de décès, mairie de Metzervisse
Flora und Mirthil haben einen Wohnsitz in Thionville, wo Mirthil sich als Möbelrestaurator niederlässt. Wir wissen nicht, ob es sich um einen Umzug oder einen zweiten Wohnsitz handelt und wir kennen das genaue Datum dieses Wechsels nicht.
Mirthil Cahen © Mémorial de la Shoah/Coll. Simon Oungre
Edgar Baum, ihr einziger Enkel, kommt im Jahr 1934 zu ihnen, nachdem er sein Familienheim im deutschen Saarland wegen der Verfolgung der Juden im Dritten Reich verlassen hat. Er spricht in dieser Zeit kein Französisch, aber es gelingt ihm, sehr schnell ein sehr guter Schüler zu werden.
Seine Eltern Mathilde und Max Baum beschließen nach Frankreich zu ziehen, um der antisemitischen Verfolgung zu entkommen, als das Saarland nach der Volksabstimmung 1935 an das Dritte Reich angeschlossen wird. Sie müssen ihre schöne Wohnung, die Arztpraxis, ihr Auto und ihr gesamtes Vermögen hinter sich lassen. Max Baums Status als saarländischer Flüchtling hindert ihn daran, als Arzt in Frankreich zu arbeiten. Er spricht damals kein Französisch und nimmt Kurse, um seine Integration zu fördern und um später Franzose werden zu können. Das Ehepaar zieht nach Paris, in eine kleine 2-Zimmer-Wohnung in der General-Niox Straße 12/14, im 16. Arrondissement. Um seinen Lebensunterhalt zu verdienen, wird Max Masseur. Edgar bleibt bei seinen Großeltern mütterlicherseits in Thionville, wo er umsorgt wird und bis 1938 in der Schule aufblüht. Zu diesem Zeitpunkt muss er die Schule verlassen (er ist damals 16 Jahre alt) und schließt sich seinen Eltern in Paris ohne Aussicht auf ein weiteres Studium an. Ein Kunde seines Vaters, der in der Wirtschaft arbeitet, bietet ihm eine Lehrstelle in seiner Firma an. Edgard gefällt es nicht, in der Wirtschaft zu arbeiten, aber er ist für diese Gelegenheit dankbar. Max Baum, Floras und Mirthils Schwiegersohn, erhält durch ein Dekret am 19. Januar 1939 die französische Staatsangehörigkeit für sich, seine Frau Mathilde und seinen Sohn Edgar.
Journal officiel du 29 janvier 1939
Mirthil und Edgar finden sich zu Pfingsten 1939 bei ihren Cousins in Alençon, im Département Orne wieder. Sie posieren auf einem Gruppenfoto, das von Béatrice Heffès dem Mémorial de la Shoah anvertraut wird.
III. LEBEN WÄHREND DES KRIEGS UND DEPORTATION
Am 19. August 1939 stirbt Mathilde im Alter von 39 Jahren nach einer kurzen Krankheit in Paris. Für ihren Sohn Edgar ist es eine Tragödie, denn er ist überzeugt, dass die Krankheit seiner Mutter mit der Verzweiflung zusammenhängt, die aus dem erzwungenen Exil aus dem Saarland resultiert. Sie wird am 22. August auf dem jüdischen Friedhof in Metzervisse beerdigt. Der Krieg bricht wenige Tage später aus und verhindert so die Einhaltung der Trauerzeit, der Shiva.
Max Baum, Mathildes Ehemann, tritt in die französische Armee ein. Nach dem Tod ihrer Tochter Mathilde reisen Flora und Mirthil Cahen im September 1939 zu ihrem 17-jährigen Enkel Edgar nach Paris. Sie geben ihre große Wohnung in Thionville auf und ziehen in die Rue du Général Niox 12/14, in die Wohnung, die zuvor von Max, Mathilde und Edgar Baum bewohnt war. Ihr gesamter Besitz in der Mosel wird geplündert.
Am 21. Juni 1940 besetzen die Deutschen Paris. Edgar flieht während des Exodus mit dem Fahrrad. Flora und Mirthil, die 66 und 67 Jahre alt sind, beschließen, in der besetzten Hauptstadt zu bleiben. Edgar lässt sich für einige Zeit in Limoges nieder, wo er zufällig seinen Vater trifft, der sich vor den französischen und deutschen Polizisten versteckt, die zu dieser Zeit deutsche Juden verfolgen, um sie in Konzentrationslager zu schicken (Max und Edgar, wie vielen Ausländern und Juden wurde die französische Staatsangehörigkeit am 26. Januar 1922 nach einer Untersuchung ihrer Situation 1941 aberkannt).
Journal officiel du 30 janvier 1942 p.421, “décret n°113 du 26 janvier 1942 portant retrait de la nationalité française” (Ministère de la Justice”)
1941 lässt sich Edgar in Lyon nieder und erfährt, dass sein Vater am 18. Januar 1942 in Nieul, im Departement der Haute-Vienne, Régine Raber, auch Bronner genannt, geheiratet hat. Trotz der Gefahr überquert Edgar zweimal die Demarkationslinie, um seine Großeltern mütterlicherseits in Paris zu besuchen. Seine deutschen Großeltern väterlicherseits werden nach Theresienstadt deportiert, wo sie von den Nazis ermordet werden. Edgar stellt fest, dass Flora und Mirthil stark unter den Lebensmittelrestriktionen leiden.
Am Ende des Jahres 1942 kommt Edgar mit einer gefälschten Identität und gefälschten Lebensmittelkarten zu ihnen zurück. Er kümmert sich so viel wie möglich um seine Großeltern, ohne jedoch mit ihnen zu leben, um sie nicht der Gefahr einer Verhaftung durch die Gestapo auszusetzen. Flora und Mirthil sind damals mehr als 70 Jahre alt und leben in größter Armut. Ihr Enkel Edgar hilft ihnen so gut er kann, wie er es Jahre später in seinen Memoiren erklärt. Max Baum wohnt von nun an auch mit seiner zweiten Frau in Paris und arbeitet als Dolmetscher.
Ab dem 7. Juni 1942 müssen Flora und Mirthil, wie alle Juden, die in der besetzten Zone leben, den Judenstern tragen. Dank seinem Cousin Louis findet Edgar eine Stelle in einer Fabrik, die für Deutschland arbeitet. Der deutsche Leiter dieser Firma weiß, dass er Jude ist und rettet ihn 1944 vor einer Verhaftung und der Deportation, als die Polizei kommt, um ihn nach einer Denunzierung festzunehmen.
Zwischen dem 18. Februar und dem 23. September 1942 erwähnt Ida Kahn mehrmals Mirthil, Flora und Edgar in ihrem Tagebuch.
Darin geht es um Briefe, gute und weniger gute Nachrichten, die das Leben unter der Besetzung schildern und Mirthils Bemühungen zeigen, um Informationen über die Mitglieder der Familie (Gustel Bonnem, Idas und Julius Tochter und ihre Kinder Berthold und Edith) zu erhalten, die nach Razzien in Alençon und seiner Umgebung in Pithiviers interniert sind.
Julius und Ida Kahn, die sich 1935 im Departement der Orne in Alençon niedergelassen hatten, werden ihrerseits am 9. Oktober 1942 an ihrem Wohnort in der Rue des Granges 25 mit Rébecca Bonnem (79 Jahre alt) und Rudolf Bonnem (13 Jahre alt) festgenommen. Sie werden am 5. November 1942 von Alençon nach Drancy verschickt, von wo sie am nächsten Tag nach Auschwitz mit dem Transport 42 wieder losfahren. Keiner überlebt.
Am 11. Juli 1944, einige Wochen nach der Landung der Alliierten in der Normandie, werden Flora und Mirthil, die jeweils 70 und 71 Jahre alt sind, an ihrem Wohnort in der Rue du Général Niox 12/14 verhaftet und im Transitlager Drancy interniert.
Serge Klarsfeld, Mémorial de la Déportation des Juifs de France, consultable au Mémorial de la Shoah, Paris
Flora und Mirthil werden am 31. Juli 1944, zwanzig Tage nach ihrer Ankunft in Drancy und nur drei Wochen vor der Befreiung von Paris mit 1304 anderen Personen von Drancy nach Auschwitz mit dem Transport 77, dem letzten großen Transport, der vom Bahnhof von Bobigny in Richtung Auschwitz abgefahren ist, deportiert. Angesichts ihres fortgeschrittenen Alters werden sie mit 834 anderen Deportierten, darunter mehr als 250 Kindern, gleich nach ihrer Ankunft in Auschwitz II Birkenau am 3. August 1944 ermordet, es sei denn, sie haben den schrecklichen Bedingungen des Transports nicht standgehalten.
Nach der Befreiung von Paris übernimmt Louis, Edgar Baums Cousin, Floras und Mirthils Wohnung, die unversehrt geblieben ist und von den Nazis nicht geplündert wurde. Edgard engagiert sich im September 1944 in der französischen Armee und nimmt bis Mai 1945 als Radio-Betreiber nach einer zweimonatigen Ausbildung und einem militärischen Training an den Kämpfen teil. Nach dem 8. Mai 1945 ist er bei den Besatzungstruppen in Deutschland. Er wird im Dezember 1945 aus der Wehrpflicht entlassen und kommt zurück nach Paris.
Im jüdischen Friedhof von Metzervisse trägt eine Gedenktafel die Inschrift: “à la mémoire des descendants de Louis et Mathilde Cahen morts à Auschwitz sans sépulture victimes du nazisme” (in Erinnerung an die Nachkommen von Louis und Mathilde Cahen, ohne Begräbnis in Auschwitz als Opfer des Nationalsozialismus gestorben). Insgesamt werden 16 Mitglieder der Familie Cahen in Auschwitz ermordet.
Plaque se situant dans le cimetière israélite de Metzervisse, archives personnelles,
© Hélène Guerder, 2024
IV. AMERIKANISCHE NACHKOMMEN
Edgard Baum, Floras und Mirthils Enkel und ihr einziger direkter Nachkomme, wandert im Juli 1946 in die USA aus. Er schließt sich seinem Großonkel mütterlicherseits, Hermann Kaufmann (Floras Bruder) an, der seit 1930 in der Nähe von Los Angeles lebt. Er heiratet am 24. März 1951 Estelle S. Podlipski, geboren am 7. Februar 1924 in New York. Sie haben zwei Kinder : Marsha (geboren im April 1953) und Howard (geboren am 17. März 1964). Edgar Baum stirbt am 9. Oktober 2012 in Los Angeles.
Wir haben Howard Baum (Flora und Mirthil Cahens Urenkel) und seinen Sohn Brandon dank der sozialen Netzwerke wiedergefunden und sind am 8. Januar 2025 mit ihnen in Kontakt getreten. Am 6. Februar 2025 hatten wir das Glück, eine Videokonferenz mit Howard, Rosa, seiner Frau und ihren drei Kindern, Brandon, Joshua und Savannah zu haben.
Photographie des descendants américains de Flora et Mirthil Cahen. De gauche à droite : Joshua et Brandon, les arrière-petits-fils de Flora et Mirthil, Howard, leur arrière-petit-fils, qui tient dans ses bras l’arrière-arrière- arrière-petit-fils de Flora et Mirthil, Oliver ; Rosa, la femme d’Howard. Savannah, l’arrière-arrière-petite-fille de Flora et Mirthil est la deuxième en partant de la droite. ©Archives personnelles Brandon Baum.
Während der Videokonferenz hat uns Howard erzählt, dass sein Vater (Edgar Baum) nie über seine Kriegserlebnisse berichtet hatte. Jedoch schreibt er 2004 seine Memoiren für seine Enkel: Brandon, Joshua und Savannah. In diesem Text, den Howard uns freundlicherweise geschickt hat, erzählt Edgar einen Großteil seines Lebens vor, während und nach dem Zweiten Weltkrieg.
V. FRANZÖSISCHE NACHKOMMEN
Ida Kahn, Floras Schwester, die in Merzig wohnt, verlässt 1935 mit ihrer ganzen Familie das Saarland, im Jahr des Anschlusses des Saarlandes an Deutschland, um der antisemitischen Verfolgung des nationalsozialistischen Regimes zu entkommen.
Ida und ihr Mann Julius schließen sich ihrem älteren Sohn Alfred Kahn und seiner Frau, sowie ihrer Tochter Beatrice und dem Rest der Familie, insgesamt 19 Personen in Alençon im Departement der Orne, an.
Ida führt ein Tagebuch, das sie am 12. Februar 1942 beginnt: Sie dokumentiert darin die Schwierigkeiten des Alltags einer jüdischen Familie während des Kriegs, aber auch die Flucht einiger Familienmitglieder in die freie Zone, oder auch die
aufeinanderfolgenden Verhaftungen anderer Familienmitglieder, Quellen intensiver Angst für sie. Sie schreibt die letzte Seite ihres Tagebuches am 6. Oktober 1942, drei Tage vor ihrer Verhaftung am 9. Oktober. In ihrem Tagebuch erwähnt sie mehrmals Mirthil und Flora. Die Anhänge des veröffentlichten Tagebuches enthalten einen Stammbaum ihrer Familie, auf dem Herbert Friedemann Floras und Mirthils Großneffe, der heute 95 Jahre alt ist, erscheint. Er ist der letzte lebende Mensch, der Flora und Mirthil Cahen gekannt hat.
Am 11. März 2025 hat er uns von dem, was er im Zweiten Weltkrieg erlebt hat, berichtet. Er hat insbesondere zwei Versuche erwähnt, die Demarkationslinie mit seiner Mutter und seinen Brüdern zu überqueren, um sich seinem Vater anzuschließen, und dann die Ankunft in die freie Zone am 28. Februar 1942, bevor er Saint-Nicolas-La-Chapelle, in Savoyen, in der italienischen Zone am 30. Juli 1942 erreicht.
Er hat uns sein Leben als verstecktes Kind und das ständige Risiko, von den Nazis verhaftet zu werden, mit vielen Details beschrieben
Dieses wertvolle Zeugnis hat uns geholfen, das Leben der Juden, die zwischen 1939 und 1945 in Frankreich versteckt waren, besser zu verstehen.
Témoignage d’Herbert Friedemann au Lycée Franco-Allemand, 11 mars 2025
This biography of Flora & Mirthil CAHEN has been translated into English
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