Violette PARSIMENTO

1925 - 1945 | Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Violette Bar Siman Tov, 13 Novembre 1925-Avril 1945

par Roy Bar Siman Tov
Photo ci-contre avec son fiancé Elie Benso, reproduit avec ‘l’aimable autorisation de Serge Klarsfeld

 

Introduction

 

En juillet 2017, j’ai commencé des recherches sur les membres de ma famille qui ont péri pendant la Shoah.

Cette recherche a débuté avant un voyage de la mémoire en Pologne, et elle a changé ma vie.

 

Mon grand-père paternel, Nissim Bar Siman Tov, est né à Tiria, en Turquie. Ses parents s’appelaient Yaakov et Srouta. Mon grand-père avait sept frères. L’un d’eux s’appelait Haïm (Victor). Une fois adulte, Haïm a épousé Sarah. Ensemble, ils ont eu trois filles: Violette, Jeanine et Louise. Elles ont toutes été tuées pendant la Shoah. J’ai décidé de concentrer mes recherches sur cette branche de la famille.

 

Dans la première phase de mes recherches, j’ai été captivé par le regard de leur fille aînée, Violette: belle, élégante, gentille, douce, au regard enjoué. Sans pouvoir me l’expliquer, j’ai ressenti une grande proximité avec cette jeune fille. J’étais curieux d’approfondir mes recherches afin de découvrir de nouvelles informations sur elle.

 

Dans cette biographie, j’ai rassemblé les résultats du travail de recherche que j’ai conduit l’année dernière. Ces résultats s’appuient sur des témoignages de membres de la famille de Violette et des gens qui la connurent. Ce sont aussi les fruits d’entretiens que j’ai eus avec plusieurs femmes qui ont côtoyé Violette pendant la guerre et, enfin, de la consultation de nombreux documents d’archives.

 

Dans le cadre de ma recherche, je suis entré en contact et ai rencontré la merveilleuse famille Barembaum-Costi de France – Renée, Martine Costi, et ses filles Lise et Sarah (Sarah habite en Israël). Après la guerre, Haïm s’est remarié avec une femme qui se prénommait également Sarah et dont le premier mari avait été tué pendant la guerre. La fille de Sarah issue de son premier mariage, Renée, est la mère de Martine.

 

J’ai ainsi fait la connaissance d’une merveilleuse famille, qui m’a énormément aidé dans le cadre de mes recherches, notamment pour surmonter l’obstacle de la langue (je ne parle pas le français) et pour collecter de nouveaux éléments. J’ai été très ému de voir que, bien que nous n’ayons aucun lien de sang, les filles Barembaum se sont impliquées dans la recherche, elles étaient curieuses de découvrir de nouveaux détails avec moi et se sentaient proches de Violette et de ses sœurs. J’ai compris à cet instant que ma famille s’était agrandie.

 

 

 

 

 

 

Les membres de la famille Bar Siman Tov en France

 

En 1922, Haïm (Victor) et son frère Rafael, âgés respectivement de 16 et 18 ans, ont refusé de servir dans l’armée turque. Ils sont montés clandestinement à bord d’un bateau en direction du port de Marseille en France. Les deux frères se sont mariés à Paris: Rafael et Ester ont eu deux petites filles: Jacqueline et Solange. Haïm de son côté a épousé Sarah. Ensemble ils ont eu Violette, Jeanine et Louise.

 

Violette et ses parents, Haïm et Sarah                                           Jeanine et Louise, sœurs de Violette

 

Paris tombe aux mains des Nazis en juin 1940. Deux ans plus tard, en juillet 1942, 12 000 Juifs sont arrêtés et déportés vers le camp de transit de Drancy. Parmi eux se trouvait Rafael.

 

Le 23 septembre 1942, Rafael est déporté à Auschwitz à bord du convoi 36. A son arrivée, le numéro 64484 lui sera tatoué sur l’avant-bras. Le 1er février 1945, Rafael est déporté au camp de concentration de Dora en Allemagne. Il y survit jusqu’à la fin de la guerre, il y travaille dans le commando “Deks”. Malheureusement, il meurt de sur-nutrition à la libération du camp par les armées russe et américaine en janvier 1945. Il aurait été enterré dans une fosse commune. Sa femme et ses deux petites filles ont survécu à la guerre.

Haïm (Victor) est arrêté le 5 octobre 1943 et déporté le 11 octobre 1943, de Drancy vers l’île anglo-normande d’Aurigny (Alderney en anglais). La raison de cette déportation particulière peut être liée à sa nationalité turque (s’il l’avait encore) ou parce qu’il aurait déclaré qu’il était marié à une Aryenne (rapporté dans un entretien); ce sont les raisons citées par les spécialistes pour la constitution du convoi. Le camp de travail sur l’île d’Aurigny, qui se trouve dans la Manche, entre la France (près des côtes) et l’Angleterre. Dans ce camp, il n’y a pas de chambre à gaz. Les détenus effectuent des travaux forcés, pour la construction de fortifications du mur de l’Atlantique.

Dans le camp, Haïm fabrique des chaussures en bois. Il a survécu et a réussi à s’enfuir après avoir fait des chaussures pour la femme d’un officier. Quand Haïm retourne à son appartement parisien au 14 rue des Amandiers, il est totalement vide. Sa femme Sarah et ses deux filles, Jeanine, 7 ans et Louise, 8 ans, ont été arrêtées le 7 mars 1944. Elles ont été déportées à Auschwitz dans le convoi 69. Les deux petites filles ont été envoyées aux chambres à gaz à leur arrivée. Sarah a elle été assassinée en septembre 1944. Violette n’était pas chez elle quand sa mère et ses sœurs ont été arrêtées.

Victor (Haïm) Bar Siman Tov

  

Violette

 

La fille aînée de Haïm et Sarah, Violette, est née le 13 novembre 1925, dans le 20° arrondissement de Paris.

J’ai essayé de dénicher des informations sur Haïm par tous les moyens possibles. Lorsque j’ai rencontré Renée, la belle-fille de Haïm, je lui ai demandé s’il arrivait qu’il parle de ses filles. Haïm, comme beaucoup d’autres, a toujours refusé de parler de sa famille disparue pendant la Shoah parce que c’était trop douloureux. Il est mort à Paris en 1972 et a été enterré en Israël.

 

Lors d’un entretien avec une rescapée de la Shoah qui avait connu Violette pendant la guerre, Yvette Lévy née Dreyfuss, j’ai appris que Violette était une jeune fille charmante, douce, aux cheveux blonds et au nez retroussé. Yvette l’a décrite avec les mots suivants : “Ceux qui se souviennent de Violette gardent le souvenir d’une très belle jeune fille”. D’autres témoignages m’ont appris que Violette avait travaillé dans le traitement des peaux de chèvres afin de subvenir, après l’arrestation de Haïm, aux besoins de sa mère et de ses deux petites sœurs.

 

Lors de ma première rencontre avec les membres de la famille Barembaum, ils m’ont donné une information qui décrit parfaitement la personnalité unique de Violette. Lise Barembaum a raconté que lorsque Yvette Lévy et Mathilde Jaffé ont raconté ce qui leur était arrivé pendant la guerre, les deux femmes se sont arrêtées de parler, tout à coup, elles ont repris en disant qu’elles voulaient ensuite évoquer l’histoire de Violette. C’était comme si elles avaient voulu mettre Violette à part, lui donner un statut particulier. J’ai aussi écrit à Sylvie Turpyn, la fille de Mathilde Jaffé, qui m’a raconté que sa mère adorait Violette.

 

Comme dit plus haut, Violette n’était pas au domicile familial lorsque ses sœurs et sa mère ont été arrêtées. A l’âge de 19 ans, elle se retrouve seule, sans famille. Elle décide alors d’aller s’installer dans la maison des enfants de la rue Vauquelin, au numéro 9, à Paris, dans laquelle se trouvaient de jeunes orphelins dont les familles avaient été arrêtées. La maison était tenue par l’UGIF, selon l’accord signé entre l’UGIF, le gouvernement de Vichy et les nazis.

 

Dans cette maison, Violette et Yvette Lévy se sont rencontrées pour la première fois. Yvette a 18 ans lorsque l’armée allemande conquiert la France. Elle était cheftaine chez les scouts et s’occupait des enfants juifs orphelins qui avaient trouvé refuge dans la maison de la rue Vauquelin. Yvette a raconté dans la conversation que j’ai eue avec elle qu’elle et Violette sont montées à bord du même wagon de déportation pour Auschwitz et qu’elles ont fait l’objet de plusieurs sélections ensemble à Birkenau. Yvette a aussi confié que Violette ne parlait jamais de son père et de son arrestation. Elle parlait uniquement de ses sœurs et de sa mère.

Violette a été arrêtée dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944 dans le cadre des rafles organisées par les nazis dans les maisons de l’UGIF. Lorsqu’elle était à Drancy, Violette a décidé de se couper une natte de cheveux et a demandé à l’une de ses amies de la remettre à  son père dans le cas où celui-ci reviendrait vivant de déportation. Après la guerre, Haïm a reçu la natte de cheveux de sa fille mais n’a jamais parlé de cet épisode et n’a jamais dévoilé l’identité de l’amie qui la lui avait remise.

Pendant la guerre, Violette s’était fiancée à un jeune homme juif, Elie Benso, né à Paris le 16 avril 1925. Yvette Lévy a décrit Elie de la manière suivante: un garçon impressionnant, très beau, avec des cheveux bruns et très chaleureux. Yvette a ajouté que Violette et Elie étaient amoureux et qu’Elie était très gentil avec Violette. Lorsqu’Elie apprit que Violette avait été arrêtée et qu’elle allait être déportée, il ne put accepter l’idée d’être séparé d’elle. Il a donc insisté pour se faire arrêter aussi afin de monter avec Violette à bord du train. Le commandant du camp de Drancy l’a renvoyé chez lui à deux reprises. Mais quand Elie s’est présenté une troisième fois, il l’a fait entrer dans le camp, le condamnant ainsi à la mort. Elie a été déporté avec Violette à Auschwitz et a été gazé dès son arrivée le 3 août 1944.

Violette Bar Siman Tov et Elie Benso

 

                          Carte d’Identité                                                                       Fiche Drancy

 

 

La déportation de France

La déportation des Juifs de France a continué de juillet 1943 jusqu’en août 1944, sous le commandement d’Alois Bruner (l’assistant d’Adolf Eichmann, responsable des questions liées aux Juifs et à leur déportation à Paris).  Bruner commandait alors le camp de Drancy (à partir du 18 juin 1943) dans lequel étaient parqués les Juifs avant d’être déportés. En 13 mois, 21 convois furent envoyés à Auschwitz depuis la France (convois 57 à 77), avec à leur bord près de 20 000 Juifs, de nationalité française et étrangère. La déportation des Juifs depuis Paris s’est poursuivie malgré l’avancée des Alliés en direction de la capitale. Fin juillet, les Allemands ont perdu le contrôle du nord-ouest de la France et les alliés étaient sur le point de libérer la ville du Mans, à 200 kilomètres de Paris.

 

Violette a été arrêtée dans la maison de l’UGIF dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944 et a été déportée avec son fiancé Elie Benso le 31 juillet 1944 à bord du dernier convoi en partance de Drancy – le convoi 77. Les Américains n’étaient plus qu’à 150 kilomètres environ de Paris. Un mois après, Paris est libérée des Allemands par les troupes françaises épaulées par une division américaine.

Dans le convoi 77 se trouvaient 1 310 Juifs dans des wagons à bestiaux. Parmi eux, 800 ont été directement gazés à leur arrivée à Auschwitz. Plus de 300 enfants se trouvaient à bord du convoi, ils avaient été raflés dans des maisons d’orphelins à travers Paris. Ces enfants ont dû faire face à ce terrible voyage en train. Ils n’ont pas cessé de pleurer, effrayés, souffrant de la chaleur et de la soif. Yvette Lévy a raconté que des policiers en uniforme ont forcé des enfants en pyjama à monter dans le camion qui devait les transporter de l’orphelinat jusqu’à Drancy. Il faisait très chaud lorsque les 1 310 personnes ont été forcées de monter à bord des wagons à bestiaux, dans chaque wagon s’entassaient 60 personnes. “Nous étions tellement serrés, compressés les uns sur les autres comme des sardines”, a raconté Yvette. Il n’y avait qu’un seau d’eau et un seau vide pour faire ses besoins.

Dans un témoignage écrit, Yvette a choisi de parler de Violette, qui voyageait avec elle dans le même wagon pour Auschwitz. Yvette a raconté que même si elle était née à Paris, Violette n’a pas porté l’étoile jaune « parce qu’elle avait la nationalité turque ». De plus, Yvette a confié que le fiancé de Violette, qui était également dans le wagon, chantait la chanson “La Paloma” en espagnol à Violette dans le but de la rassurer et d’adoucir les conditions du transport avant son arrivée à Auschwitz. A la lecture du témoignage d’Yvette, j’ai réussi pour la première fois à m’imaginer dans ce wagon, avec Violette, partageant la même peur.

Le convoi de Violette est arrivé à Auschwitz-Birkenau le 3 août 1944, un mois avant l’arrivée d’Anne Frank et de sa famille dans ce même camp. Les Frank ont ensuite été déplacés à Bergen Belsen. Anne Frank est morte quelques mois avant la libération du camp. Yvette a écrit dans son témoignage qu’il est “impossible d’oublier l’arrivée à Auschwitz”. L’obscurité de la nuit, les projecteurs, les détenus en pyjama rayé, les hurlements des SS et les aboiements des chiens.

 

 

Auschwitz et le transfert vers Bergen Belsen

Dès son arrivée à Auschwitz, le convoi fait l’objet d’une sélection et les Nazis sélectionnent 183 femmes pour le camp de travail à Birkenau. Mathilde Jaffé a raconté que Violette était enceinte à son arrivée au camp. Le 27 octobre 1944, Mengele aurait effectué une énième sélection. Lorsqu’il a remarqué que Violette était enceinte, il en a fait une victime de ses terribles expériences. Violette n’a raconté que plusieurs mois après les expériences dont elle avait fait l’objet à Mathilde, lorsque les deux jeunes filles se sont retrouvées à Bergen Belsen.

 

Selon le témoignage d’Yvette Lévy, l’une des jeunes filles qui étaient avec elles, Blima Bertha Krauza, a retrouvé au camp son père, Monsieur Paulish, qui était kapo à Auschwitz. Son père a voulu la transférer vers un camp plus sûr, mais Blima ne voulait pas partir seule. Yvette Lévy a raconté que le groupe de jeunes filles ne voulait pas se séparer et qu’aucune ne s’est portée volontaire pour partir avec Blima.  A un moment, l’une des jeunes filles a proposé que Violette accompagne Blima à Bergen Belsen et Violette a accepté.

De nombreuses femmes d’Auschwitz ont été transférées à Bergen Belsen entre le 23 août 1944 et début février 1945. A Bergen Belsen, ces femmes travaillaient essentiellement dans des usines utilisées par les Allemands pour l’effort de guerre: des usines de construction d’avions et des usines d’armement. Les femmes remplaçaient les hommes allemands partis sur le front.

En novembre 1944, les vents particulièrement forts qui soufflaient ont détruit les tentes dans lesquelles les femmes dormaient à Bergen Belsen. Ces femmes ont donc été transférées vers l’hôpital du camp. Au cours de cette période, le typhus et d’autres épidémies ont fait des ravages dans tous les camps.

Lorsque Mathilda Jaffe est arrivée à Bergen Belsen le 4 janvier 1945, elle a retrouvé Violette qui lui a raconté que lorsqu’elle était à Auschwitz, Mengele lui a ouvert le ventre et y a introduit un foetus de chat.

Mathilde a refusé de raconter cela dans son témoignage, elle n’a confié le récit de Violette qu’à sa fille. C’est sa fille qui a accepté de me raconter cette histoire après plusieurs conversations. Dans son témoignage, Mathilde a dit la chose suivante: “Je ne peux pas en parler, j’ai trop peur d’y croire”.

Dès que j’ai appris cela, je me suis efforcé de retrouver des informations sur Blima (Bertha) Krauze afin qu’elle puisse me donner d’autres informations sur Violette: j’ai découvert grâce à des discussions avec des rescapés que son nom était Blima Krauz. Sur Internet, je n’ai trouvé qu’une source où le nom de Blima était rappelé: une conférence donnée en 2015 dans laquelle l’un des conférenciers a raconté les souvenirs de sa femme du temps de la guerre, désormais décédée, Blima. Lorsque j’ai contacté l’association américaine qui avait organisé la conférence, j’ai appris que Blima avait survécu et qu’elle était partie s’installer aux Etats-Unis où elle a vécu jusqu’à sa mort en 2011. Une autre opportunité de discuter avec une femme qui a partagé les derniers moments de Violette s’est envolée ainsi.

 

 

 

Une question restait en suspens: qu’était-il arrivé à Violette, quand était-elle morte et dans quelles circonstances?

Afin de répondre à ces questions, j’ai contacté le musée de Bergen Belsen. Je n’avais que peu d’espoir car je savais que les Allemands avaient fait disparaître tous les documents concernant les déportés avant de quitter le camp. Mais la réponse que j’ai reçue m’a permis d’ajouter une pièce importante au puzzle que je tentais de reconstituer.

Après la libération du camp de Bergen Belsen, le 15 avril 1945, les prisonniers français qui étaient encore dans un état convenable ont établi la liste des Français qui avaient survécu. Ils ont terminé cette liste le 19 avril 1945, quatre jours après la libération du camp. Dans cette liste, on retrouve le nom de Violette Bar Siman Tov (Parsimento) parmi les noms des déportés ayant survécu aux horreurs perpétrées par les nazis.

J’ai également appris qu’à la fin du mois d’avril, les prisonniers ont établi une nouvelle liste. Dans celle-ci, malheureusement, Violette ne figure plus.

Nous pouvons en déduire presque avec certitude que Violette a survécu à la guerre, mais qu’elle a succombé aux maladies graves qui sévissaient dans le camp, son corps étant extrêmement affaibli.

Concernant la date exacte de la mort de Violette, il y a deux possibilités:

  1. Violette est morte dans le camp de concentration avant que les femmes ne soient déplacées à l’hôpital qui étaient à quelques kilomètres du camp.
  2. La deuxième option est que Violette ait été placée à l’hôpital et qu’elle y soit morte rapidement.

Si l’hypothèse 1 est vérifiée, selon le musée de Bergen Belsen, Violette est enterrée dans l’une des fosses du camp sur lesquelles a été construit un monument dédié à la mémoire des victimes.

Si l’hypothèse 2 est vérifiée, Violette est enterrée dans la première rangée du petit cimetière accolé à la base militaire se trouvant encore à côté du camp.

Cette base militaire a servi de camp de réfugiés jusqu’en 1950 puis est devenue une base militaire de l’armée britannique jusqu’en 2016. Depuis 2016, le site est sous le contrôle de l’armée allemande et de l’OTAN.

On peut donc en déduire que Violette est morte entre le 19 et le 30 avril 1945.

Liste des noms des déportés ayant survécu (début liste et page comprenant Violette Parsimenteau – sic)

 

Liste des noms qui n’apparaissent plus dans la 2nde liste (début et page concernant Violette)

Certificat de décès de Violette

 

 

Conclusion

Violette est décédée à 19 ans et demi.

Ses dernières années ont été un cauchemar, elle les a passées dans un climat de peur, de douleur. Elle n’a pas cessé de tenter de survivre.

74 années plus tard, son histoire n’a pas été oubliée, et c’est là peut-être mon unique vengeance.

Dans le même temps, j’ai l’impression de m’être rappelé d’elle trop tard. J’ai appris que le temps avait une très grande importance parce qu’à chaque fois que je découvrais de nouveaux éléments, je comprenais que les gens qui auraient pu m’apporter les pièces manquantes du puzzle n’étaient déjà plus de ce monde.

Violette avait un partenaire de vie, Elie Benso, qui a donné sa vie au nom de l’amour infini qu’il lui portait. J’ai ressenti le besoin de retrouver les membres de la famille d’Elie et de leur raconter les détails que j’avais appris. Avec beaucoup d’efforts et grâce à l’aide de personnes exceptionnelles que j’ai rencontrées dans le cadre de mes recherches, j’ai pu retrouver les membres de la famille d’Elie. Ils sont dispersés dans plusieurs pays. Ils ne connaissaient pas bien l’histoire d’Elie. J’ai promis de leur montrer les résultats de ma recherche.

 

Violette m’accompagne depuis longtemps, avec son beau visage, son sourire, sa tendresse et sa douceur. Dernièrement, j’ai eu la chance de toucher quelque chose qui lui appartenait: la natte de cheveux qu’elle avait coupée à Drancy. Elle m’a été remise par la famille de la seconde femme de son père. Il est très dur pour moi d’expliquer ce que j’ai ressenti lorsque je l’ai serrée dans mes mains.

Lorsque j’ai découvert que nous avions la même date de naissance – le 13 novembre – j’ai compris que nous venions de refermer un cycle – un cycle resté ouvert durant de nombreuses années.

 

Roee Bar Siman Tov

Octobre 2019

Jérusalem, Israël

 

 

 

 

 

 

Remerciements

Famille Costi-Barembaum: Renée, Martine, Lise et Sarah

Yvette Lévy

Sylvia Turpyn, fille de Mathilde Jaffé

Georges Mayer, président de l’association “Convoi 77”

Laurence Klejman, historienne et chercheuse dans le domaine de la Shoah

Shlomo Balsam, chercheur à Yad Va’shem

Michael Ouaknine, résidente d’Ashdod

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parsimento_Violette et ses parents
Parsimento_Violette_soeurs Jeanine et Louise_a
Parsimento_Violette_pere Haim Bar Siman Tov
Parsimento_Violette et Elie Benso
Parsimento_Violette Carte Identite
Parsimento_Violette Fiche Drancy
Parsimento_Violette Blima Krauze report
Parsimento_Violette certificat deces
Parsimento_Violette liste disparus
Parsimento_Violette liste noms survivants debut
Parsimento_Violette liste survivants Parsim
Parsimento_Violette liste disparus page Violette
Parsimento_Violette_temoignage_yad-vashem_Jaffe
Parsimento_Violette_temoignage_Elie_Benso_maman
Parsimento_Violette_DAVCC_fiche_de_recherche
Parsimento_Violette_DAVCC_attestation_disparition
Parsimento_Violette_DAVCC_temoignage_mere_Benso
Parsimento_Violette_acte_deces
Parsimento_Violette_detention_pere
Parsimento_Violette_fiche_ministere_AC
Parsimento_Violette_archives_allemandes_nazies
Violette PARSIMENTO née le 13 novembre 1925 déportée de Drancy le 31 juillet 1944 par le convoi n°77.

Contributeur(s)

Roy Bar Siman Tov
2 commentaires
  1. Turpyn 3 semaines ago

    Roy, J’ai relu une fois de plus ton histoire bouleversante sur Violette et je voulais te dire combien je suis bouleversée par cette vie brisée mais surtout par ta détermination à donner à Violette toute la dignité qu’elle mérite. Personnellement je connais l’horreur de son histoire d’amour depuis mes 13 ans, j’en ai 65 ! maman (Mathilde Jaffé) m’a toujours parlé du fiancé mort par amour et … du chat … c’est pourtant si difficile à croire! Violette a toujours vécu dans le cœur de maman, et elle a toujours été pour moi l’image de la mémoire, Violette est un visage, une douceur, une page complète de l’histoire de ma mère. Après avoir lu le récit poignant de sa vie, je tiens à te dire à quel point je me sens proche de toi par l’émotion, par le sentiment que nous portons à nos disparus, nôtre âme persécutée trouve un chemin jusqu’à eux, ils sont notre horrible vérité dont nous sommes les porteurs de respect et de mémoire : voilà leur sépulture ! Violette a probablement guidé tes recherches, ses cheveux entre tes mains, vos dates de naissance identiques n’en sont-elles pas la preuve?! Je te souhaite maintenant de vivre en paix avec l’Histoire même si je sais que ce ne sera jamais possible vraiment! que cette année 2020 t’apporte le meilleur. mille tendresses de ma part. (Mathilde, ma maman a perdu la tête et a tout oublié … mais elle va bien, juste sa mémoire est partie peut-être retrouver sa sœur Esther morte à Bergen-belsen à 17 ans et …. Violette! Qui peut savoir ?… ) Sylvie ❤

  2. Roy bar Siman Tov 3 semaines ago

    Sylvie,
    Thank you very much for your comment. I appreciate it very much.
    Your mom and you were part of my research.
    I’m very happy that I met you so you could tell me things from Violette’s life.
    It’s an obligation for us to tell and remember the story of those who were murdered in the Holocaust.
    I hope you and your mom are well. All the best for the future.
    Thank you very much
    Roy Bar Siman Tov
    Israel

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

hébergement Umazuma - OVH

Vous êtes enseignant.e

PARTICIPEZ AVEC VOTRE CLASSE, À NOTRE RENCONTRE INTERNATIONALE !  

Le 27 janvier 2021, au Palais de l’Élysée, à Paris

Se connecter

Oubli de mot de passe ?