Léon GUTHEIM

1901-1944 | Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Léon GUTHEIM

©Mémorial de la Shoah/Coll. Maurice Zytnicki

Naissance et jeunesse entre Varsovie et Paris

Dans le cœur battant de Varsovie, à l’aube du XXe, une petite âme vient de s’éveiller au monde. On l’appelle Lejb ou Lejba. Ses parents, Szulim Icek Gutheim et Estera Goldberg [1]—ou Salomon et Esther pour les registres français — se sont rencontrés dans l’effervescence d’une ville où la misère côtoie les rêves. Salomon recouvre les meubles de tissus. Esther, elle, s’occupe de leur foyer.

Szulim et Estera, épris l’un de l’autre, bien que non encore unis par le mariage civil[2], mettent au monde le 30 mai 1901 leur premier enfant, Léon. L’acte de naissance[3] est inscrit au registre des naissances « des personnes de religion non chrétienne » sous le n°515 à Varsovie le 15 juillet 1901. Il est né dans la maison n°1134.

Au début du XXe siècle, dans une Pologne où l’antisémitisme revient par vagues, être juif peut être dangereux. Le pays fait face à un chômage important, lié notamment aux difficultés économiques de l’après-guerre russo-japonaise. Le climat est insurrectionnel à Varsovie. En 1904, Szulim, Estera et leurs trois enfants, Léon, Rachel (née le 16 juillet 1902) et Albert Abraham (né le 21 septembre 1904), quittent Varsovie pour Paris avec l’espoir d’une vie meilleure.

C’est à Paris que naissent Maurice, le 26 juillet 1906 dans le 5e arrondissement, puis Jacob, le 7 mai 1909 dans le 4e arrondissement, au 15 rue Sévigné et enfin David, le 28 août 1910 dans le 4e arrondissement, lui aussi. Ces derniers enfants, sont français par le droit du sol, leur père ayant souscrit une déclaration devant le juge de paix du quartier. Les noms de Maurice et Jacob sont orthographiés GUTTHEIM à l’état civil.

Leur vie est modeste comme souvent pour les immigrés récemment arrivés. Szulim travaille comme cartonnier et Estera s’occupe de son foyer et est également casquettière. Au gré des emplois, des prix des loyers et de l’agrandissement de la famille, les déménagements se succèdent. Entre 1904 et 1910, Szulim, Estera et leurs enfants habitent au 22 rue des Rosiers, au 38 rue des Trois Bornes (11e arrondissement), au 14 rue Ferdinand Duval, au 15 rue de Sévigné, à Paris 4e arrondissement.

Le 14 novembre 1910, Salomon meurt, à l’Hôtel-Dieu, dans l’île de la Cité. Il avait 33 ans et est inhumé dans le carré juif du cimetière de Bagneux le 16 novembre, en banlieue parisienne. Léon a alors 9 ans et son plus jeune frère, David, deux mois et demi.

Léon et sa famille quittent alors Paris pour Varsovie. Ils y reviennent cependant, onze ans plus tard, en 1921, sans doute en raison de l’antisémitisme latent en Pologne et des difficultés économiques[4] .

Avant son retour en France, Léon a effectué son service militaire en Pologne comme homme de troupe au 4e Régiment d’infanterie, dans la 2e compagnie, à partir du 1er février 1920 jusqu’au 13 mars 1921 comme l’indiquent son dossier de naturalisation aux archives nationales et une note de la Préfecture de police du 28 mai 1942. Il est alors libéré de ses obligations militaires en Pologne[5].

En 1921, à Paris, Léon habite avec sa mère et ses frères et sœurs. Ils résident 18 place du Marché-Sainte- Catherine, puis au 5 sur la même place, et au 2 rue Caron (en 1922). Et enfin, au 93 rue Saint-Antoine[6]. Toujours dans des quartiers animés où vivent des ouvriers et des artisans souvent juifs et où l’on parle yiddish.

Les années passent. Estera élève ses enfants[7], avec l’aide de Léon. Les enfants sont scolarisés, puis travaillent. Rachel est sténo-dactylo, comme beaucoup de filles à l’époque, ce qui indique une certaine promotion sociale par rapport au statut d’ouvrier. Elle travaille au magasin du Louvre. Albert est aide-comptable, tandis que Maurice est dans un premier temps livreur puis épicier. Jacob et David, à l’instar de Léon, sont apprentis tapissiers. Léon, un temps cartonnier, devient ouvrier au sein de la Maison Reiss, située au 21 faubourg Saint-Antoine, dans le 11e arrondissement de Paris, dans le quartier Bastille.

Léon, né à Varsovie comme ses parents, désire acquérir la nationalité française. Il dépose une demande le 16 juin 1926. Il habite alors 5, place du Marché-Sainte-Catherine à Paris, dans le 4e arrondissement. L’enquête qui est menée sur lui et sa famille est positive[8]. Pour les autorités, il est bien assimilé et montre le désir de rester en France. Léon s’exprime couramment en français, mais maitrise probablement mal l’écrit. Il n’a en effet pas rédigé seul sa lettre de demande de naturalisation et la signature de son nom est maladroite. Il obtient sa naturalisation le 26 septembre 1928, tout comme son frère Maurice, sa sœur Rachel et Estera, leur mère.

Et il est donc français quand il se marie.

Le mariage et la vie de Caroline et Léon Gutheim

Le 20 août 1929, l’union civile de Léon Gutheim et Caroline Goldenberg est célébrée à la mairie du 13e arrondissement de Paris. C’est dans ce quartier que Caroline vit avec ses parents.

Leurs sourires, ce jour-là, sont immortalisés sur une jolie photo de mariage. Entourés de leur famille, Léon et Caroline ne célèbrent pas seulement un mariage mais lient leur destin guidé par l’amour et la promesse d’un foyer heureux.

La mariée, Caroline, est la fille de Philippe Goldenberg et Berthe Orestain (Horenstein).

Elle est née à Paris le 12 mai 1903, dans le 18e arrondissement et est française de nationalité, aux origines roumaine et ukrainienne par ses parents.

Caroline et Léon Gutheim se marient sans signer de contrat de mariage, car ils ne possèdent rien. Caroline est vendeuse.

Depuis le mariage, la famille vit au 21 rue Oudry à Paris, dans le 13e arrondissement, loin du Marais. Leur premier enfant, un garçon prénommé Serge, voit le jour le 1er août 1930 à Paris à quatre heures cinq au 83 boulevard de l’hôpital. Mauricette naît quant à elle le 9 juillet 1934 à 6h00 du matin à Paris dans le 14e arrondissement, au 74 Boulevard Denfert Rochereau à la maternité de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul.

Pour assurer le bien-être des siens, Léon travaille toujours comme ouvrier tapissier au sein de la Maison Reiss, au Faubourg Saint-Antoine, vers la Bastille. Son salaire est très modeste : 1.200 francs par mois. Caroline n’a pas d’emploi et s’occupe du foyer.

La guerre

Dossier de naturalisation BB 11-10294 © Archives Nationales

En raison de la déclaration de guerre le 3 septembre 1939 et de l’ordre de mobilisation générale, Léon est rappelé sous les drapeaux le 14 novembre 1939, pour servir son nouveau pays, la France. Il est affecté au 213e régiment régional d’infanterie de Saint Cyr. La France a signé l’armistice le 22 juin 1940 et Léon est dégagé de ses obligations militaires, le 23 août 1940 à Artix, à l’ouest de Pau, dans les Basses-Pyrénées (aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques). Mais il n’a pas combattu. Ses frères, Maurice et Jacques (Jacob) seront, quant à eux, faits prisonniers.

De retour à Paris, Léon reprend son travail du 4 octobre 1940 au 9 avril 1941. Le 10 mai 1941, il quitte la Maison Reiss pour exercer son métier à la Maison Tavernier, située dans la même rue. Léon gagne alors 600 francs par semaine.

La vie de Léon sous l’État français et les lois anti-juives

Du fait de sa naturalisation en 1928, ses enfants, nés en France, sont français par le droit du sol. Mais Léon est visé comme tous les Juifs de France par les mesures des décrets-lois du « Statut des juifs » imposés par le régime de Vichy en octobre 1940.

Sa naturalisation, qui aurait pu être révoquée[9], est finalement maintenue par la commission de naturalisation du 23 novembre 1942. En effet, Léon est inconnu des services de police et des services judiciaires. Une enquête est menée sur lui, d’où il résulte qu’il travaille dur. Les documents visés par la police attestent de sa bonne conduite et de sa bonne moralité. Les époux Gutheim sont de « confession israélite » et sont en règle avec les ordonnances allemandes. Ils sont « bien assimilés » et fréquentent uniquement des Français[10]. Les autorités françaises les qualifient de « loyaux » vis-à-vis de la France et ils ne montrent pas d’idée politique spécifique, selon la Police à la date du 28 mai 1942 (rapport de la Préfecture de Police). Les enfants sont scolarisés à l’école communale, indique également l’agent qui a mené l’enquête.

Mais même s’ils sont en règle, la vie devient plus difficile encore pour les Juifs et donc pour la famille Gutheim.

Le malheur frappe la famille de Caroline. Marguerite Goldenberg, née le 27 février 1909, sa sœur cadette, est arrêtée et déportée avec son époux David Davidovici, de nationalité roumaine[11] et dentiste dans le XXe arrondissement, vers une « destination inconnue » par le convoi 32 du 14 septembre 1942. Léon, proche de la famille de Caroline, avait été le témoin de mariage du couple, le 6 juillet 1932. La belle-sœur de Marguerite, Ella, elle aussi dentiste, est déportée par le convoi 44 du 9 novembre 1942 et assassinés à Auschwitz.

La peur est constante. Les rafles, les dénonciations et les contrôles d’identité poussent probablement Caroline, Léon Gutheim et de leurs enfants, Serge et Mauricette, à quitter Paris.

L’année 1944…

La famille Gutheim réussit à se rendre à Lyon[12] et s’installe au 36 rue Moncey, dans le 3e arrondissement, espérant y trouver refuge. En vain.

C’est dans l’atelier dans lequel il travaille comme tapissier, comme l’indique le dossier de l’OSÉ des enfants Gutheim, que Léon est arrêté par la Gestapo le 18 juillet 1944. Peut-être a-t-il été dénoncé… Il est conduit à la prison de Montluc à Lyon où il est interné. Caroline est arrêtée ce même 18 juillet à son domicile et conduite elle aussi à la prison de Montluc. Leur vie bascule. Leurs enfants, Serge et Mauricette, échappent au pire : ce jour-là, ils se trouvent à la campagne. Ce hasard sauve leur vie. Mais ils ont perdu à jamais leurs parents, arrêtés pour motif « racial », autrement dit, en raison de leur appartenance supposée à la « race » juive.

Léon et Caroline sont peut-être entassés dans la « baraque aux juifs » dans la cour de la prison Montluc ou peut-être étaient-ils dans une cellule de la prison… Ils sont ensuite emmenés à la gare de Perrache sous bonne escorte. Un train de voyageurs les y attend à destination du camp d’internement de Drancy, en banlieue parisienne.

Le 24 ou 25 juillet 1944, Léon y est enregistré sous le numéro de matricule 25.776 et Caroline sous le numéro 25.777, comme l’indiquent les archives consultables au Mémorial de la Shoah.

Le camp de transit de Drancy est sous la surveillance des SS depuis 1943. Il est devenu un véritable camp de concentration. À son arrivée à Drancy, la somme qui a été confisqué à Léon à Lyon est notifiée sur les registres du carnet de fouilles. 270 francs le 25 juillet 1944. Mais curieusement, le 27 juillet 1944, un autre reçu atteste d’un montant de 1170 francs. Il reçoit donc deux reçus de ses dépôts, car l’utilisation d’argent est interdite dans le camp. Son petit pécule est de facto spolié. Léon est assigné à l’escalier 5 et à une chambrée du 4e étage. Il est avec les hommes. Il fait très chaud en cet été 1944 et les conditions d’hygiène et de vie sont déplorables. Mais les Gutheim ne resteront pas longtemps à Drancy. Dès leur arrivée, leur sort est scellé. Ils feront partie du prochain convoi, que le responsable SS du camp, Alois Brunner veut absolument faire partir alors que les armées alliées sont presque aux portes de Paris.

Le 31 juillet 1944, hommes, femmes et enfants sont rassemblés à l’aube dans une petite cour du camp de Drancy. Ils sont conduits en autobus jusqu’à la discrète gare de Bobigny[13], distante de trois kilomètres. Des nombreux autocars qui font la navette entre le camp et la gare sortent des enfants, beaucoup d’enfants, des femmes, des hommes, des vieillards. Ils sont 1306 au total, juifs naturalisés, français ou étrangers. On les fait rentrer dans des wagons à bestiaux avec d’autres. Ils sont entassés. 60 par wagon. Privés de nourriture et d’eau. Privés d’air sous un soleil de plomb.

Chaque wagon dispose d’une tinette, un simple récipient en tôle où les passagers comprennent qu’ils doivent faire leurs besoins. Sans humanité. À la vue de tous. Le train fait plusieurs arrêts, mais personne ne peut descendre sauf une personne par wagon, désignée pour aller chercher de l’eau. Heure après heure, jour après jour, le désespoir gagne les esprits. À l’intérieur du train, on n’y voit rien mais on entend des cris, des râles et des pleurs. Certains déjà sont morts sous la chaleur, le manque d’air et d’eau, l’absence de soins, ou la peur d’aller vers une destination dont on ne sait rien…

Après trois jours et trois nuits de trajet, ils arrivent à destination, épuisés, apeurés dans la nuit du 3 août 1944. Le train s’arrête, après deux heures où rien ne se passe, les portes des wagons s’ouvrent. Des SS, accompagnés de leurs chiens, ordonnent en allemand aux déportés de sauter du train, de laisser leurs affaires dans le train. Un groupe d’individus, en pyjamas rayés entrent dans les wagons et sillonnent entre les groupes qui sont formés par les SS. Les lumières de projecteurs sont braquées sur les déportés terrorisés. Les ordres sont hurlés en allemand. Beaucoup ne les comprennent pas. Les aboiements des chiens empêchent de bien entendre. Dans la bousculade, ils sont séparés en trois files. Les femmes avec des enfants, les « vieux », les handicapés, les malades, les enfants, les nourrissons et leurs mères sont immédiatement accompagnés vers des camions. Ensuite, les femmes qui ont l’air jeunes et fortes, et les hommes, entre 15 et 45 ans sont séparés en deux files. Ils sont mis en rang par cinq pour être « sélectionnés », par des médecins allemands.

Léon et Caroline, chacun dans sa file, sont dirigés en camion vers le camp. Vers l’une des quatre chambres à gaz du camp d’Auschwitz II. On leur dit qu’ils vont prendre une douche, qu’ils doivent se déshabiller. Les femmes et les enfants rentrent dans une salle, les hommes dans une autre. Les portes sont verrouillées. Le Zyklon B se diffuse par les conduits d’aération.

Léon et Caroline Gutheim sont ainsi assassinés par les nazis le 3 août 1944. Ils font partie des 836 déportés du convoi 77 qui sont gazés et brûlés dans un four crématoire simplement parce qu’ils étaient juifs.

Les enfants, Serge et Mauricette Gutheim

Les enfants Gutheim, absents au moment de l’arrestation de leurs parents, se retrouvent seuls. Jeannette, leur tante maternelle, qui s’est mariée à Lyon quelques semaines auparavant[14] et a tout juste 22 ans, ne peut évidemment pas les garder : les nazis savent qu’ils existent et peuvent les rechercher. Il faut donc les cacher. Ils sont pris alors en charge par l’OSÉ (Œuvre de Secours aux Enfants), qui paie leur pension à hauteur de 600 francs par mois.

Serge et Mauricette trouvent refuge chez madame Magny, rue Bergon, dans le quartier de Vaise, à Lyon. Le 7 décembre 1944, ils y sont toujours, comme le stipule le dossier de l’OSÉ.

Le 3 septembre 1944, soit même pas deux mois après l’arrestation de leurs parents, les enfants ont assisté à la libération de Lyon.

Puis, ils sont accueillis par madame Dupeyron, à Cusset dans la banlieue de Villeurbanne dans le Rhône (69). C’est une femme au cœur meurtri parce que son fils est tombé au combat en 1940. Depuis, elle voue une haine silencieuse à l’occupant allemand. Elle défie les lois du régime de Vichy. Pour cette raison, elle accueille chez elle des enfants confiés par des organisations juives jusqu’en 1945, dont Serge et Mauricette Gutheim, ou le petit Marcel Gleiser. Les organisations juives de résistance payent la pension des enfants.

Après la guerre, Mauricette revient à Paris. En 1946, elle est envoyée dans une maison d’enfants de l’OSÉ, les Glycines, à Draveil au 83, rue Henri Barbusse. Une jolie photo témoigne de son séjour. Là, des enfants dont les parents ont disparu dans la Shoah essayent de se reconstruire. Ils sont élevés dans la culture juive, mais sans plus.

Les enfants placés par l’OSÉ sont suivis de près. On leur rend visite, on s’assure que les vaccins sont à jour. Le 7 décembre 1944, Mauricette est décrite comme ayant une bonne santé, comme n’étant pas très forte en classe mais elle s’améliore (Dossier OSÉ). Sa grande franchise est mise en avant. En décembre 1946, Mauricette est qualifiée d’intelligente et d’éveillée (Dossier OSÉ).

Il lui a fallu grandir différemment des autres enfants, sans parents et dans la peur.

En 1947, Mauricette part vivre à Sainte-Geneviève-des-Bois (Seine et Oise) auprès de sa tante, Jeannette Goldemberg, la sœur de sa mère. La famille loue ou possède une maison dans cette petite ville non loin de Paris.

Un conseil de famille est nommé pour prendre en charge les intérêts des orphelins. Un document indique que Samuel Goldemberg, mari de Jeannette, est désigné comme tuteur.

Jeannette et Samuel Goldemberg, ont aidé Serge et Mauricette après la guerre. Ils ont engagé des démarches en leur nom[15] afin d’obtenir la mention « Mort pour la France » sur le certificat de décès de leurs parents et le statut de « déportés politiques pour motif racial ». Serge et Mauricette ont obtenu le statut de pupilles de la Nation.

En 1962, Mauricette s’installe au 20 rue Oudry dans l’appartement de ses parents dans le 13e arrondissement de Paris.

Serge, quant à lui, s’installe en Suède et obtient la nationalité suédoise le 19 avril 1961. Il s’y est marié quelques années plus tôt, en 1958, à Stockholm avec Monique Germaine Simon, née en 1936. Ensemble, ils ont eu deux fils, Armand et Allan.

Mauricette s’est éteinte le 27 juillet 2016 à Azerables, dans la Creuse, âgée de 82 ans. Elle est enterrée au cimetière de Lourdoueix-Saint-Michel, dans l’Indre, avec la famille Lacharpagne.

Son frère, Serge est mort à 91 ans, le 13 mai 2022, à Helsingborg, en Suède.

Pour en savoir plus sur les frères et sœurs de Léon

Rachel GUTTHEIM est morte à Émerainville, hameau de Malnous (Seine et Marne), le 20 décembre 1979. Elle demeurait à Paris dans le 2e arrondissement 58 rue Greneta. Elle était mariée avec Pavel Plich.

Albert GUTTHEIM meurt à Paris le 26 mars 1956. Il est comptable, célibataire et domicilié 41 rue de Saintonge. C’est son frère Maurice, domicilié à la même adresse, qui fait la déclaration de décès de Léon à la mairie du 4e arrondissement.

Maurice GUTTHEIM, né dans le 5e arrondissement de Paris, le 26 juillet 1906, domicilié 5 rue de l’Amiral-Ronsin, à Paris 15e, retraité et veuf de Marguerite Yung, est mort à l’hôpital.

David GUTHEIM (avec un seul t), tapissier également, se marie le 22 octobre 1956 avec Simonne Bodvillle, à Paris 17e. Il meut le 7 avril 1987 à Chatenay-Malabry. Il a fait sa bar-mitsvah à la synagogue des Tournelles le 8 septembre 1923.

Ce travail a été mené avec une classe de 36 élèves de 1re bac pro AMA (Artisanat et métiers d’art) en CVPM (Communication visuelle plurimédia) et MV (Marchandisage visuel) du Pôle des arts graphiques au lycée de La Joliverie, à Nantes, durant l’année scolaire 2025-2026.

©Archives départementales du Rhône

Notes & références

[1] Ester Goldberg est née à Varsovie en 1881. Szulim Icek (Isaac) est né en 1877.

[2] Nous n’avons pas trouvé la trace de leur mariage religieux.

[3] Certificat de naissance traduit du polonais de Lejba Gutchajm ou Gutheil, in dossier de naturalisation AN. BB 10294 28466×27.

[4] La création de la Deuxième République de Pologne, le 11 novembre 1918, ouvre une période d’instabilité politique, économique et sociale.

[5] Document traduit du polonais dans son dossier de naturalisation AN, BB11-10294 28466×27. Léon est mobilisable en Pologne à Varsovie, en cas de mobilisation provisoire.

[6] Léon est essentiellement domicilié chez sa mère, mais on le trouve également, sans doute dans un meublé, avec un collègue tapissier, Joseph Ginglarès (né en 1866), 5, place du Marché-Sainte-Catherine.

[7] En 1926, Estera est cuisinière chez Jonard, indique le recensement parisien.

[8] Il est décrit comme « bien assimilé », qui « désire rester définitivement en France, où il a été élevé ». Léon parle « couramment la langue française ». Le décret de naturalisation 10943-28 est publié au Journal officiel du 7 octobre 1928.

[9]La loi du 22 juillet 1940 porte sur la révision des naturalisations obtenues depuis 1927. Environ 15.000 personnes, parmi lesquelles de nombreux Juifs, sont déchues de leur nationalité entre 1940 et 1944 par le régime de Vichy. La loi du 10 août 1927 avait élargi l’accès à la nationalité française pour faire face à la décrue de la natalité et aux nombreux morts de la Première Guerre mondiale.

[10] Dans l’immeuble du 20 rue Oudry, à part Léon, né en Pologne, il n’y a en 1936 que deux étrangers, un Suisse et un Italien. Le quartier de la Salpêtrière n’a rien à voir avec le Marais.

[11] Bien que née française, Marguerite a perdu sa nationalité en se mariant, selon le code civil napoléonien encore en vigueur sous la IIIe République.

[12] Les Juifs étaient assignés à résidence et ne pouvaient pas voyager.

[13] De l’été 1943 à l’été 1944, la gare de Bobigny est l’un des lieux principaux de la déportation des Juifs de France. Durant cette période, 22.407 hommes, femmes et enfants – soit un tiers des déportés juifs de France – sont conduits du camp de Drancy à la gare de Bobigny pour être déportés vers Auschwitz-Birkenau. Un Mémorial y a été érigé et inauguré en juillet 2023. https://www.fondationshoah.org/lieux-de-memoire/memorial-de-lancienne-gare-de-deportation-de-bobigny

[14] Jeannette Goldenberg, la sœur de Caroline, réfugiée également à Lyon, se marie le 29 juin 1944 à la mairie du 3e arrondissement avec Samuel Goldemberg.

[15] C’est Maurice ou Albert GUTTHEIM, un des frères de Léon, qui reçoit le premier certificat de déportation de Léon et Caroline. Leur adresse, 41 rue de Saintonge, figure sur de nombreux documents (et on sait qu’ils habitaient à cette adresse grâce à l’attestation de décès d’Albert en 1955). Puis la sœur de Caroline, Jeannette, et son mari Samuel Goldemberg, prennent le relais.

Contributeur(s)

Ce travail a été mené avec une classe de 36 élèves de 1re bac pro AMA (Artisanat et métiers d’art) en CVPM (Communication visuelle plurimédia) et MV (Marchandisage visuel) du Pôle des arts graphiques au lycée de La Joliverie, à Nantes, durant l’année scolaire 2025-2026.

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