Michel-Simon KROULEVETZKI

1883-1944 | Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Michel-Simon KROULEVETZKI (1883-1944)

Portrait sculpté de Michel-Simon Kroulevetzki
Source : Photographie par Jules Jaffrezic

Enfance et immigration

Le 2 février 1883, Samuel Kroulevetzki et Sippa Bogatine[1] accueillent la naissance de Michel-Simon Kroulevetzki. Fils d’une fratrie de huit enfants (deux frères et cinq sœurs), Michel-Simon est né à Nowogrodek, aujourd’hui en Biélorussie, dans l’oblast de Hrodna, situé à l’époque dans l’Empire russe. Nowogrodek, qui s’appelle désormais Navahroudak, se trouvait dans la « zone de résidence » de l’Empire russe. Cette zone regroupait les Juifs sur des territoires qui correspondent à l’Ukraine, la Biélorussie, la Lituanie et une partie de la Pologne. En dehors de cette « zone de résidence », les Juifs devaient obtenir une autorisation des autorités pour pouvoir y résider.

Cependant, même à l’intérieur de cette région, les Juifs étaient victimes d’antisémitisme, notamment à cause des lois promulguées le 15 mai 1882 sous le règne du tsar Alexandre III, après l’assassinat de son père, Alexandre II. Ces lois comprenaient des mesures antisémites telles que l’interdiction pour les Juifs de résider dans des villes de moins de 10 000 habitants, une restriction d’accès à l’éducation, appelée « quotas scolaires » (10 % d’élèves juifs maximum), ainsi qu’une limitation dans les professions de commerçants. Les Juifs ne pouvaient pas ou très peu ouvrir de boutiques dans les campagnes. De plus, l’Empire russe était traversé par de nombreux pogroms à partir de 1880 (Minsk, Gomel, Moguilev, Vitebsk). Le 14 août 1881, l’Okhrana fut créée. Selon le révolutionnaire Victor Serge, cette institution était le « prototype de la police moderne ». Cette police avait notamment pour mission de surveiller les Juifs. Elle effectuait, par exemple, des contrôles à la sortie des synagogues.

Navahrudak (Nowogrodek), ville de naissance de Michel-Simon
Kroulevetzki. Source : site Google Maps

Enfin, du 6 au 9 février 1903, se déroula le pogrom de Kichinev, en Moldavie. Ce pogrom eut des conséquences dans tout l’Empire russe, ce qui encouragea une forte immigration juive vers des pays comme la France, la Belgique, le Royaume-Uni ou les États-Unis.

C’est dans ce contexte politico-social antisémite que Michel-Simon décida de rejoindre la France à l’âge de 20 ans. À cette époque, la France était perçue comme un pays sûr pour la communauté juive, malgré un climat antisémite constant et grandissant. L’Affaire Dreyfus était toujours en cours, et la France traversait une période de tensions et de discriminations. Michel-Simon part sans avoir accompli ses obligations militaires[2].

Carte du réseau ferroviaire européen en 1865
Source : site Gallica, auteur L. Sagansan

Nous n’avons pas de renseignements sur les moyens de transport qu’a utilisés Michel-Simon pour arriver en France. Toutefois, en s’appuyant sur les cartes ferroviaires de l’Empire russe de cette époque ainsi que sur plusieurs textes sur l’immigration juive, nous pouvons supposer que Michel-Simon a pris la direction de la ville de Baranavitchy à pied ou en calèche. Cette ville était un nœud ferroviaire important de l’Empire russe. Puis, il a probablement rejoint Brest-Litovsk en train. De là, il est envisageable qu’il ait prit un train pour Varsovie, puis de Varsovie à Paris en passant par Berlin. En 1903, il existait déjà une ligne de chemin de fer reliant Berlin à plusieurs villes d’Europe, dont Paris.

Une fois arrivé à Paris, Michel-Simon Kroulevetzki s’installe au 20 rue de l’Hôtel-de-Ville, en lisière du Marais, où il reste l’année 1904, puis au 28 rue de l’Hôpital[3], pendant une autre année, et ensuite 119 rue des Boulets, ce qui ne correspond pas aux adresses qu’il donne lors de son mariage, en 1905.

Michel-Simon Kroulevetzki, qui signera tous les documents du prénom « Simon » et donne ce prénom lors des recensements, est alors serrurier.

Vie en France

L’installation en France et la naissance d’une famille

La première trace que nous avons de Michel-Simon est son mariage avec Anna Silberberg, une Juive polonaise, née en 1884 à Varsovie et arrivée en France avec ses parents en 1900. Elle réside avec sa famille 14 rue des Rosiers, dans le 4e arrondissement, au cœur du quartier juif du Marais, à quelques centaines de mètres d’où réside Michel-Simon en 1904. Michel-Simon et Anna se marient le 19 septembre 1905 à 10 heures à la mairie du 4e arrondissement.

Extrait de l’acte de mariage de Michel-Simon
Kroulevetzki© SHD.

Les parents des futurs époux (Samuel Kroulevetzki et Sippa Bogatine d’une part, et Salomon Silberberg et Schupé Alberberg de l’autre) sont présents.

Samuel et Sippa ont-ils fait le voyage depuis la Pologne ou bien résident-ils en France ?

Après le mariage civil, les époux et les parents vont célébrer le mariage religieux au Temple, 21bis rue des Tournelles. Selon une annonce parue dans l’Univers israélite, Michel-Simon Kroulevetzki résidait alors au 2 rue du Figuier, mais son adresse sur l’acte du mariage civil est le 14 rue des Rosiers, la même que celle de sa fiancée.

La même année, le couple Kroulevetzki déménage rue (ou boulevard) de l’Hôpital, puis au 14 rue Geoffroy-Saint-Hilaire, dans le 5e arrondissement. Le 2 juillet 1906, Anna donne naissance à leur premier enfant, Léon. C’est lui qui reprit les activités commerciales de son père après la guerre.

En 1907, les Kroulevetzki s’installent 40 rue Pascal, en lisière du 5e et du 13e arrondissement. Le 18 avril 1908, au domicile familial 11 rue de la Clef, dans le 5e arrondissement, naît Maurice, qui meurt le 25 février 1910, âgé de presque 2 ans, à l’hôpital pour enfants Armand-Trousseau, rue Michel-Bizot.

Les Kroulevetzki reviennent quelques temps vivre dans le Marais, dans un des immeubles insalubres de la rue des Jardins-Saint-Paul. C’est là que naît le 11 septembre 1909 le troisième enfant du couple, Marcel, qui meurt à l’hôpital Andral (Bastion 27, boulevard Mac-Donald) deux mois plus tard, le 29 novembre 1909.

En 1910, nouveau déménagement, au 81 rue Broca, et à divers numéros de la rue des Cordeliers de 1910 à 1913, toujours dans le 13e arrondissement.

En 1912, la famille déménage à nouveau, mais cette fois s’installe durant sept ans au 13 boulevard Blanqui (près de la place d’Italie, non loin de la mairie du 13e arrondissement).

Moins d’un an après avoir emménagé dans cet appartement, Anna donne naissance à Léontine, le 8 mars 1913.

Enfin, le 12 septembre 1916, en pleine Première Guerre mondiale, naît Félix. La fratrie se compose alors de l’aîné, Léon, de sa sœur cadette Léontine et du petit dernier, Félix.

On remarque que chacun des enfants porte un prénom français, signe évident de la décision du couple Kroulevetzki de s’intégrer en France. Ce que, d’une certaine manière, montre également leur décision de s’installer en dehors des quartiers traditionnellement habités par les Juifs originaires d’Europe de l’Est et Centrale[4]. Autre marque de cette volonté d’être français : par déclaration souscrite à la mairie de Villejuif, Félix devient français le 17 juillet 1925 (décret 9516 x25) et fait son service militaire, son frère et sa sœur sont également déclarés français à cette occasion.

On note également que si Simon ne sait pas signer sur son acte de mariage, il le saura très vite. On retrouve sa signature en 1910 sur l’acte de mariage de sa belle-sœur, également nommée Anna Silberberg, avec Joseph Simès.

Pendant la Première Guerre mondiale, Simon est marchand de meubles boulevard Blanqui, sans boutique. En 1919, Michel-Simon, Anna et leurs trois enfants s’installent au Kremlin-Bicêtre, une ville proche de Paris, en plein développement. Il déclare la profession de « brocanteur » sur le recensement de 1921 de la ville. Toutefois, il est propriétaire de l’immeuble qu’il habite, indique son dossier de demande de naturalisation, au 73 avenue de Fontainebleau.

En 1927, la famille quitte le Kremlin-Bicêtre pour le 26 rue Raspail, à Ivry-sur-Seine. Ils y restent jusqu’en 1931, peu après que Simon a vendu à la mairie l’immeuble qu’il avait acheté.

Carte des adresses de Michel-Simon Kroulevetzki
Sources : Google My Maps

Devenir français

En 1921, Simon débute les démarches administratives afin que lui, sa femme et surtout ses enfants soient français (c’est ce qu’il indique dans sa demande). Il est alors de nationalité polonaise. Ce dossier aboutit à leur naturalisation le 18 septembre 1929 (décret 3660 x 21).

Mais cette naturalisation a été compliquée, et ce pour différentes raisons. Le préfet de police souligne que le prétendant à la nationalité française « n’a été d’aucune utilité pour notre pays » pendant la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire qu’il n’a pas combattu, et est donc défavorable à sa naturalisation. La demande est « ajournée » le 13 février 1922.

Le couple Kroulevetzki a également eu des problèmes avec le fisc à cause d’impôts impayés s’élevant à 8.051 francs, somme que Simon régla plus tard, en 1927, à la perception de Gentilly. Mais aussi, les époux Kroulevetzki ont été condamnés à payer 25 francs pour coups et blessures contre monsieur Cligman le 1er avril 1927, d’après un rapport du parquet de la Cour d’Appel de Paris du 26 avril 1928. La demande de naturalisation reste en suspens en 1927, mais est réitérée en juin 1928. Les enfants n’y sont plus associés, car ils ont été naturalisés par déclaration devant le juge de paix.

L’ensemble des documents dans ces dossiers de demande de naturalisation[5] nous permettent d’en apprendre beaucoup sur Simon Kroulevetzki et représentent une vraie mine d’informations. Nous y découvrons notamment les détails de son mariage, le montant des impôts qu’il payait, ses différentes adresses et professions (brocanteur, serrurier, négociant, commerçant, chiffonnier) et des informations sur sa femme (dirigeante d’un magasin de chaussures d’après un document de 1927 et employée dans l’entreprise familiale), mais aussi des informations sur sa famille restée à Nowogrodek, ville qui appartient dès 1919 à la Seconde République de Pologne jusqu’au 17 septembre 1939[6] et l’invasion et l’annexion par les armées soviétiques, à la suite du pacte Molotov-Ribbentrop, qui partage la Pologne entre les Soviétiques et les nazis.

En 1926, Simon assure ne plus avoir de contacts avec sa fratrie en Pologne et ne connaît pas leur adresse, mais en 1928, il déclare qu’un de ses frères a fait son service militaire « en Amérique ».

Simon peut montrer son attachement à la France puisque son fils Félix a été sous les drapeaux, au 19e escadron du Train, 101e compagnie.

Anna se joint à la demande de naturalisation de son mari, mais signe d’une croix.

Acte de naturalisation de Michel-Simon Kroulevetzki
in KROULEVETZKI-Michel-Simon, préfecture de police, BB1 7444-3660x21_AN

La vie professionnelle de Simon Kroulevetzki

Avant sa naturalisation, Simon Kroulevetzki a donc exercé le métier de chiffonnier- brocanteur (en plus du métier de serrurier déjà mentionné)[7]. Entre 1914 et 1919, il pratique ce métier « sans boutique ni magasin », précise un document de la perception du 13e arrondissement. Il travaille et a des remises boulevard Blanqui, rue du Moulin-des-Prés (dans le 13e), ou encore rue de Jouy (Marais). En 1926, Auguste Calvet certifie que Michel-Simon Kroulevitzki exerce la profession de « marchand de chiffons et de chaussures » et réside 73 avenue de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre depuis septembre 1919.

En novembre 1926, Simon-Michel dépose à la préfecture de police une demande pour installer un dépôt et atelier de triage de chiffons, qui est transféré à partir de 1927 à Ivry-sur-Seine. Pour cette entreprise de vente de chiffons en gros, il emploie à cette époque 30 ouvriers.

Simon a également investi dans l’immobilier et loue des boutiques. Ainsi, en avril 1933, Les Annonces de la Seine indiquent que le bail que Simon Kroulevetzki consentait à L. Cwancygier est résilié. Il portait sur divers lieux « dépendants de l’immeuble sis à Ivry, rue de la Mairie 11 », qui étaient exploités pour le commerce d’habillement pour dames et chaussures, depuis septembre 1932.

En 1930, la famille Kroulevetzki quitte Ivry-sur-Seine et retourne au Kremlin-Bicêtre. Michel-Simon achète l’immeuble situé 74 avenue de Fontainebleau. Ce bien était estimé à 1,5 million de francs. Le 1er octobre 1932, Michel-Simon ouvre « Le Village de Commerce ».

Annonce pour l’ouverture du Village de Commerce,
L’Intransigeant du 10 avril 1932 ©site Retronews.

Ce fonds de commerce était composé de 60 boutiques, sur le marché du Kremlin-Bicêtre. Il louait le même nombre de logements dans son immeuble. Parmi les boutiques présentes dans ce Village de commerce, nous retrouvons des enseignes de « commerce de nouveautés » (n°53), « confections et fourrures » (n°4), « tissus et soieries », « chaussures au détails » (n°5), d’appareils d’électricité T.S.F et phonos » (n°44), une « petite teinturerie » (n°16), l’entreprise F. Et S. RUPRECHT et Cie qui exerçait « un fonds de commerce de confection pour hommes et dames, chemiserie, bonneterie en tous genre, chapellerie, nouveautés », selon une publication dans Les Annonces de la Seine : journal officiel d’annonces judiciaires, en date du 7 janvier 1935. Toujours selon cette annonce, l’entreprise possédait un capital de cent mille francs. Nous pouvons ainsi nous rendre compte de l’importance du Village de commerce et de sa taille. Une autre entreprise importante était présente au 74 avenue de Fontainebleau, « Aux Ouvriers Réunis ». Ce commerce vendait des pardessus, des costumes, des manteaux et des robes, selon plusieurs annonces dans des journaux comme celle du 31 octobre 1936 dans L’Humanité. Cette enseigne était assez importante au sein de la ville du Kremlin-Bicêtre, et elle patronna notamment le cross cyclo pédestre de l’hiver 1937. Appartenait-elle à Simon Kroulevetzki ou l’un de ses partenaires en affaire ?

En dehors de la ville du Kremlin-Bicêtre, Simon possédait d’autres espaces professionnels, qu’il louait[8].

La guerre et l’Occupation 

Les lois antisémites

Durant la Seconde Guerre mondiale, nous avons peu de traces de Michel-Simon Kroulevetzki, hormis sa fiche de recensement en tant que Juif de 1940. Il s’est déclaré le 10 octobre 1940, soit dès que les lois de Vichy ont imposé aux Juifs de se déclarer officiellement au commissariat de leur arrondissement ou commissariat. C’est à celui de « la circonscription de Gentilly » que Simon se fait recenser. Quand il se déclare il est encore domicilié au Kremlin-Bicêtre. Mais la fiche est révisée et son adresse est ensuite indiquée comme étant 129, bd Masséna, un immeuble dans un groupe d’Habitations à loyer modéré (HBM), en bordure du 13e arrondissement de Paris. Simon se déclare « brocanteur ».

Comme Français, les Krouveletzki ne sont pas directement touchés par la rafle du Vel d’Hiv’ des 16 et 17 juillet 1942, mais ils sont forcément informés de cette rafle massive qui, pour la première fois, arrête également des femmes, des enfants et des vieillards.

Déclaration en préfecture de Michel-Simon Kroulevetzki, 1940. KROULEVETZKI Michel-
Simon, fichier préfecture adultes ©Mémorial de la Shoah / Archives nationales de France,
FRAN107_F_9_5650_056644_L

Aryanisation de ses biens… et droit de travailler

Nous savons que Simon a continué à exercer son métier de commerçant et de diriger le « Village de commerce » jusqu’en 1942. Or, depuis 1940, Paris est occupée par les Allemands. Ils appliquaient alors leurs lois antisémites et exerçaient des violences à l’encontre des Juifs avec l’aide du gouvernement de Vichy. Parmi ces lois, le décret du 16 janvier 1941 qui avait pour objectif d’exclure de la vie économique les Juifs, et de ce fait leur interdire de posséder un commerce. La loi sur la spoliation (aryanisation) est complétée par l’article 1 de la loi du 22 juillet 1941 sur les « entreprises, biens et valeurs appartenant aux juifs ». C’est ainsi que le 10 mars 1942, l’immeuble du 74 avenue Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre de même que toutes les enseignes du « Village de commerce » dirigées par des Juifs sont saisis et administrés par M. Dez, un administrateur nommé par la Commissariat Général aux Questions Juives, résidant 44 rue de Dunkerque dans le 9e arrondissement de Paris. Simon est domicilié alors au 129 boulevard Masséna dans le 13e arrondissement, un des boulevards de ceinture qui font la limite entre Paris et Ivry-sur-Seine, et non loin du Kremlin-Bicêtre.

Le 14 février 1943, le Journal officiel de la République française annonce la confirmation de la spoliation d’un autre bien appartenant à Simon Kroulevetzki et à d’autres copropriétaires juifs : un immeuble, 84 rue Baronne-de-la-Roche, à Viry-Châtillon, à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris. Il est confié à l’administrateur provisoire M. Noireau. Ce bien avait été aryanisé le 3 avril 1942, soit 24 jours après l’immeuble et les boutiques du Kremlin-Bicêtre. Nous pouvons alors supposer que des entreprises similaires à celles du 74 avenue Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre étaient à cette adresse.

En juin 1943, une note non signée tapuscrite dans un dossier de la préfecture de police[9] précise que Michel est « brocanteur récupérateur » autorisé par le Commandant du Grand Paris (État-major administratif) a exercé son commerce de récupération de vieux papiers et chiffons en qualité d’employé de l’Administrateur commissaire sous contrôle particulier et par dérogation de l’ordonnance N°3 sur les mesures prises contre les Israélites en date du 26 avril 1941 ». Michel-Simon est donc employé par l’administrateur de ses biens…

Il est « inscrit au registre du commerce de la Seine » depuis le 11 mars 1941. Son administrateur provisoire se nomme M. Proust, domicilié 67 rue Croulebarbe, assisté d’un suppléant, M. Olive André, résidant bd Péreire.

Michel-Simon « est titulaire de la carte d’enregistrement n¨3.708 délivrée par le service de la récupération et de l’utilisation des déchets et vieilles matières le 30 juin 1942. »

La note indique également qu’il est « propriétaire d’immeubles et de terrains et est plusieurs fois millionnaire ».

« Le 4 août 1942, il a été inculpé de recel par le commissariat de Gentilly mais cette affaire n’a pas été jugée, les principaux inculpés étant partis travailler en Allemagne[10] », signale encore le rapport policier.

Conclusion : les « renseignements recueillis sur le compte de Kroulevetzki ne sont pas défavorables ». Nous ignorons à quelles fins a été commandé et établi ce rapport. Notons qu’il indique que Michel-Simon n’a que deux enfants, passant (volontairement ou non) sous silence l’existence de Léontine.

Maintenu dans la nationalité française… mais sans droits

Depuis la loi du 22 juillet 1940 pour réviser les naturalisations accordées en accord avec la loi de 1927, trop largement favorable aux étrangers aux yeux du régime de Vichy, l’administration française s’attèle avec zèle, et le soutien de la police, à examiner les dossiers de naturalisation et à contrôler ce que sont devenus les naturalisés. Près de 15.000 hommes et femmes, juifs ou non, perdent leur nationalité française.

Après examen et un avis défavorable du préfet de police en date du 7 octobre 1941, la Commission de révision des naturalisations maintient finalement Simon Krouveletzki dans la nationalité française. Il est signalé que leur fils Léon, marié en décembre 1930 et qui a divorcé, a été mobilisé en 1939 et 1940 et a pris part aux « hostilités ». Il a fait la campagne de Sarre, de Belgique et de Hollande et a été démobilisé à Lyon le 1er août 1940.

Félix a été incorporé le 20 octobre 1938, brigadier puis maréchal des Logis, a fait partie d’une unité combattante stationnée à Danmartin-les-Toul, en Meurthe et Moselle d’octobre 1939 au 28 avril 1940, puis a continué son parcours militaire à Biscarrosse et Aire-sur-Adour. La police indique qu’il « réside dans le sud de la France ».

Le mari de Léontine, présenté dans le dossier de naturalisation comme « notre compatriote » Isaac Schaumann, est mort à la guerre (à Mélin, en Belgique, le 13 mai 1940).

Or, si les époux Krouveletzki conservent leur nationalité française, comme Juifs, ils ont déjà perdu presque tous leurs droits.

Renseignements relatifs au maintien de la naturalisation de Michel-Simon Kroulevetzki
Source : KROULEVETZKI-Michel-Simon, Archives nationales de France, BB11-7444-3660x21_AN

Dès 1940, ils ont dû, comme tous les Juifs de la zone occupée, faire apposer la mention « Juif » sur leur carte d’identité. Au départ, il s’agit d’un tampon rouge, qui sera ensuite remplacé par un poinçon, rendant la carte moins falsifiable.

Comme tous les Juifs de plus de 6 ans de la zone occupée, depuis l’ordonnance du 29 mai 1942, Simon doit porter l’étoile jaune sur ses vêtements dès qu’il sort de chez lui. L’étoile, qu’il a dû acheter en triple exemplaires contre un point textile, doit être fermement cousue sur le côté gauche de la poitrine et doit être visible. Ne pas la porter ou la cacher peut conduire à l’internement au camp de Drancy et à la déportation.

Et c’est à propos de son étoile que nous retrouvons latracedeMichel-Simonle15février1943.

Un rapport de la direction générale de la police municipale du 13e arrondissement établi par le gardien de la paix François Prevot, matricule 4330, mentionne une altercation entre un soldat allemand et Simon.

Selon le rapport de police, le soldat allemand aurait contrôlé les pièces d’identité de Michel-Simon. Après avoir regardé les documents, le soldat aurait alors essayé de lui arracher son étoile juive et lui aurait asséné un coup au visage. Cette altercation se serait déroulée à 17h20 au métro porte d’Italie, non loin de chez les Krouveletzki. À l’arrivée de l’agent de police, le soldat allemand n’était déjà plus là. Deux témoins, André Olive et Maurice Decombe, ont attesté les faits, courageusement étant donné le contexte[11]. Avec sa carte d’identité marquée du mot « juif » et sans étoile sur son manteau, Simon aurait été immédiatement arrêté, avec les conséquences que l’on sait : enfermement au camp de transit de Drancy et déportation à plus ou moins brève échéance.

Quelques jours après, le 25 février, Léon est entendu par la police après une « intervention dans le débit (de boisson) 55 route de Choisy, alors qu’il jouait à la passe anglaise[12] ». L’affaire n’a semble-t-il pas été plus loin, mais malgré l’autorisation de travailler de Michel-Simon, la famille doit commencer à sentir l’étau se resserrer.

Rapport de Police sur l’agression subie par Michel- Simon
Source : KROULEVETZKI Michel-Simon, préfecture de police de Paris 77W 190 ©APP

Arrestation et déportation

L’arrestation arrive, un an et demi plus tard.

Le 10 juillet 1944, Michel-Simon et sa femme sont arrêtés par la Gestapo et des membres de la police française chez eux, 129 boulevard de Masséna, situé non loin de la Porte d’Italie. Ils auraient été emmenés au 11 rue des Saussaies, le quartier général de la Gestapo, selon leur fils Léon.

Simon et Anna sont conduits dans la nuit, à une heure du matin, au Dépôt de la préfecture de police[13]. Ils y arrivent en même temps que leur fils Félix[14], qui se trouvait rue des Saussaies (Sipo-Sd, ou Gestapo), arrêté par « l apolice allemande des questions juives »[15]

Tous les trois sont convoyés par un policier français, dans l’après-midi du 11 juillet, au camp de transit de Drancy, à quelques kilomètres au Nord-Est de Paris. À partir d’août 1941, ce camp a servi à la déportation de la plupart des Juifs de France et ce jusqu’à l’été 1944.

Renseignements de 1950 relatifs à l’arrestation de Michel- Simon Kroulevetzki et de son internement à Drancy, fournis par Léon Kroulevetzki.
Source : dossier
KROULEVETZKI-Michel-Simon, ©SHD de Caen, DAVCC 21P 260 819.
On remarque que l’enquêteur confond Léon et Félix, qui est déporté.

Arrivés au camp de Drancy, Michel-Simon reçoit le matricule 25.023, Anna le 25.025 et leur fils Félix le 25.024. Bien qu’il ait été arrêté à une autre adresse, nous savons que Félix a été pris lui aussi par la Gestapo puis emmené 11 rue des Saussaies. Il aurait retrouvé ses parents là-bas, puis tous furent emprisonnés à Drancy.

Dans l’ancienne cité de la Muette transformée en camp depuis le début de la guerre, Michel-Simon est assigné, tout comme son fils, à l’escalier 18, dans une chambrée d’hommes du 4e étage.

Simon ne dépose aucun argent ou bijou à la « fouille » de Drancy, alors que Félix dépose 13.923 francs.

Le 31 juillet 1944 au matin, sur ordre du commandant SS du camp Aloïs Brunner, 1306 Juifs dont Simon et les siens faisaient partie, sont déportés vers Auschwitz. Les détenus sont d’abord emmenés dans une cour, à l’arrière du camp ; là, des bus les attendent pour les diriger vers la gare de Bobigny. Depuis juillet 1943, la gare de Bobigny a remplacé la gare du Bourget comme lieu de départ des convois de déportation. Elle était plus proche, plus discrète, et facilitait la logistique pour les Allemands.

À Bobigny, les Juifs descendent des bus et embarquent dans des wagons à bestiaux. Ils sont 60 par wagon, sur de la paille. Il n’y a que très peu de place et les personnes ont dû rester debout à tour de rôle durant le transport.

Plan de situation du camp de Drancy et des gares du Bourget et de Bobigny
dans les années trente Source : ©LM Communiquer pour la ville de Bobigny

Ida Grinspan, déportée par le convoi 68 en février 1944, a raconté après son retour de déportation à quoi ressemblait un convoi de déportation vers Auschwitz-Birkenau. « La dernière vision d’un monde civilisé s’est abolie avec la petite gare vieillotte de Bobigny […]. L’enfer commence. Il naît avec l’enfermement absolu du wagon, dont l’unique lucarne ouvre son maigre rectangle grillagé sur le ciel d’hiver. On l’a souvent dit : pas de quoi s’étendre sur le plancher, à peine la place de s’asseoir sur quelques brins de paille. Au centre du plateau, un seau d’eau bientôt vide, et un baquet en guise de tinette, vite plein. Grincements d’aiguillages, essoufflements de locomotive à vapeur, jets de suie, râles, geignements. Pour tous vivres, un trognon de pain par personne. Un seul arrêt en rase campagne […], des sentinelles le long des voies, des imperméables couvrant les bottes, l’arme à la hanche […]. » « La puanteur ! La première dégradation que nous subissons, c’est d’aller aux toilettes devant tout le monde. […] Les adultes tendent un manteau, chacun d’un côté, pour éviter tant bien que mal la perte de dignité. Très vite, le récipient déborde. Le contenu se répand sur la paille. L’air est infesté, irrespirable. » En février 1943, il fait froid, en juillet 1944, très chaud. L’air ne circule pas dans le wagon surpeuplé et barricadé.
Ida Grinspan, déportée le 10 février 1944 par le convoi n° 68.

Yvette Lévy, survivante du convoi 77 décrit son expérience : « On n’avait pas de place pour être toutes assises, parce qu’on était trop nombreuses dans le wagon, on était assise sur les genoux de celles qui étaient assises. »

« Le seau pour les toilettes, on a essayé de l’accrocher pour qu’on ait un petit coin d’intimité quand on avait besoin d’aller aux toilettes. »

Le Convoi 77 prend la direction de la Pologne. Au bout de près de neuf heures de trajet, le train entre dans la gare de Novéant, ville frontalière avec l’Allemagne. Les cheminots français, qui assuraient le transfert des déportés de Bobigny descendent du train. Les cheminots allemands prennent la relève et mènent le convoi jusqu’à Auschwitz-Birkenau.

Itinéraire du Convoi de déportation n°77
Source : Site de l’association
Convoi 77.

Le Convoi 77 arrive dans la nuit du 2 au 3 août 1944 dans le camp d’Auschwitz II (Auschwitz- Birkenau). Dès leur arrivée, les déportés sont victimes de l’horreur concentrationnaire.

Guy Kohen témoigne de ce qu’il a vécu à l’arrivée de son convoi, le 69, quelques mois avant celle du convoi du 31 juillet 1944.

« Le 10 mars, au petit matin, nous arrivâmes à destination. Des coups brutaux furent frappés aux portes des wagons.

L’ordre : Préparez-vous à descendre ! nous fut donné. Puis les portes s’ouvrirent et nous vîmes sur le quai quelques SS, très peu, et de nombreux bagnards. […] Nous dûmes abandonner tous nos bagages sur le quai. »
Guy Kohen déporté le 7 mars 1944 par le convoi n° 69

Le 3 août 1944, à l’arrivée du convoi, la sélection a lieu. Les nazis divisent en deux groupes les déportés : dans le premier, ceux qui peuvent travailler dans le camp (terrassier, éplucheur de patates, etc.), dans le second les déportés « inaptes » selon les nazis (enfants, femmes avec enfants, personnes au-dessus de la cinquantaine, malades, blessés, infirmes, etc.) : ils étaient alors condamnés.

Sur 1306 déportés du Convoi 77, 836 ne passent pas la sélection. À l’âge 61 ans, Simon Kroulevetzki en fait partie, s’il a survécu au transport. Il est conduit dans les chambres à gaz le 3 ou 4 août 1944, tout comme sa femme. Leurs corps sont brûlés dans un four crématoire attenant aux baraquements des femmes, à Birkenau.

Les autres déportés du convoi entrent dans le camp et sont destinés aux travaux forcés. Ce fut le cas pour Félix.

Selon les données du Mémorial d’Auschwitz, plus de 1,1 millions de déportés sur 1,3 millions de déportés à Auschwitz-Birkenau y sont tués entre le 20 mai 1940 (ouverture d’Auschwitz I) et le 27 janvier 1945, jour de la libération par les soldats soviétiques du camp.

Environ un million sont des Juifs, environ 75.000 sont des Polonais et les Tsiganes représentent environ 20.000 morts des 23.000 Sintis et Rroms déportés dans le camp.

Ancêtre et héritage

Les deux autres enfants Kroulevitzki, Léontine et Léon, n’ont pas été déportés et ont survécu à la guerre. C’est à eux que reviendra la tâche de faire les démarches auprès des autorités françaises pour faire reconnaître la mort en déportation de leurs parents et de leur frère Félix (mort au camp de Vaihingen, Kommando de Natzwiller, le 22 mars 1945). Ils devront également s’occuper de la restitution de leurs biens aryanisés et d’obtenir réparation.

En juin 1958, une société est fondée qui figure sur les tables de successions et absences de Juvisy-sur-Orge et de Paris.

Jusqu’en 1942, Léon tenait un commerce de « bonneterie et confections » selon un article dans le Journal officiel d’annonces judiciaires. Il possédait un commerce au 142 avenue Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre. À cette adresse, auraient été entreposés 20m3 de chiffons, nous pouvons supposer que Léon reprit l’activité de chiffonnier de son père. Le commerce aurait brûlé en 1946.

Nous apprenons qu’il exploita ce commerce avec sa femme, Guittla-Mirla Ofman[16], épouse dont il divorça avant la guerre[17].

Nous n’avons en revanche que très peu d’éléments sur Léontine. Nous savons néanmoins qu’elle résidait au 129 boulevard Masséna après la guerre. Elle s’est mariée le 2 juin 1936 à Georges (Isaac) Schoumann, né en 1913 et décédé le 13 mai 1940 sur le champ de bataille, en Belgique[18], avec lequel elle a eu deux enfants. Elle a ensuite été en couple avec Raphaël Rozenker, né en 1907, un boutonnier qui travaillait pour la maison Chanel et qui vivait au Kremlin-Bicêtre.

Les enfants Kroulevetzki ont effectué les démarches administratives pour que la mention « déporté politique » soient accordés aux époux Kroulevetzki. Cette mention est accordée le 22 septembre 1958 pour Michel-Simon.

Léon et Léontine touchent (et se partagent) le pécule concédé aux personnes mortes en déportation, 12.000 francs (anciens).

La famille Kroulevetzki repose au cimetière parisien de Bagneux, dans un des carrés juifs. Les portraits en pierre de Michel-Simon et de sa femme, taillés sur le caveau, entretiennent leur mémoire. Les portraits de Léontine (morte le 1er décembre 1962), Léon (qui a suivi sa sœur de peu, est mort en juin 1963 à Neuilly-sur-Marne) et Félix (son corps a été ramené de Vaihingen en 1957) y sont présents également.

La mention « Morts pour la France déportés 31 juillet 1944 » est inscrite sur le monument. Elle a été attribuée le 28 mars 1961 à Michel-Simon.

La mention « mort en déportation » a été ajoutée en marge de l’acte de décès de Michel-Simon Kroulevetzki, à l’état civil du 13e arrondissement le 22 septembre 1996.

La tombe des Kroulevetzki se trouve dans la division 31 ligne 5 numéro 38[19].

Tombe de la famille Kroulevetzki au cimetière parisien de Bagneux
Source : Photographie de Jules Jaffrezic.

Biographie réalisée par Jules Jaffrezic et Amélie Burguet.

« Mes remerciements vont directement à madame Yvette Lévy, rescapée du Convoi 77 qui m’a accueilli chez elle le 30 avril 2025 pour me livrer son témoignage précieux et me permettre de devenir ainsi témoin de sa mémoire. » 

Jules remercie également

  • « l’association Convoi 77, qui m’a transmis la plupart des documents d’archives m’ayant permis de retracer la biographie de Michel-Simon Kroulevetzki,
  • le Mémorial de la Shoah (Paris) et leur service documentation pour m’avoir accueilli et m’avoir fourni des archives complémentaires,
  • les archives de Paris, les services du cimetière parisien de Bagneux, les archives de la ville de Viry-Châtillon,
  • Amélie Burguet, qui m’a accompagné tout au long de cette biographie ».

Notes & références

[1] On note que Moïse Bogatine, étudiant né en 1882 à Rostoff-sur-Don, s’est marié en 1909 à Paris. Il habitait rue Berthollet et sa fiancée rue Broca et rue Pascal, dans le Ve arrondissement, des rues où a vécu également Simon. Serait-il un cousin ? En 1926, sur le second dossier de demande de naturalisation, on apprend que les parents de Simon sont « décédés en Russie ».

[2] La conscription des hommes juifs est imposée par un décret en 1827. C’est une période longue, éprouvante pour les jeunes hommes qui sont soumis à l’antisémitisme et que l’on veut couper de leur pratique religieuse. Et parfois avec des résultats… Mais échapper au service dans l’armée tsariste est un motif récurrent d’émigration.

[3] La rue de l’Hôpital n’existe pas. S’agit-il du boulevard de l’Hôpital, près de l’hôpital de la Salpêtrière ?

[4] Même si de nombreux juifs vivaient dans les années 1920 dans le 5e, où avait été établie une communauté juive au Moyen Age (on y a retrouvé les vestiges d’une synagogue) avant l’expulsion des Juifs du royaume de France.

[5] Archives nationales, BB1 7444-3660×21

[6]. C’est pour cette raison que les archives antérieures à 1919 mentionnent Empire russe puis Pologne jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale et Russie pour les documents post-guerre pour signifier URSS. La Biélorussie appartenait à l’URSS. (Le terme Russie est utilisée pour tous les pays de la zone de résidence dans de nombreux documents d’immigrés juifs).

[7] Si dans les premières années de son mariage, la vie semble difficile comme en témoignent les multiples déménagements du couple dans des quartiers pauvres, après la Première Guerre mondiale, la situation économique du couple s’arrange, sans que l’on ne sache pour quelles raisons. Simon n’est plus serrurier et se lance dans des investissements profitables, sans doute en collaboration avec d’autres Juifs originaires de Pologne ou de Russie. Par ailleurs, on ignore ce qu’a fait Simon pendant la Première Guerre mondiale alors qu’il avait 31 ans en 1914.

[8] Pour en savoir plus : AN, dossiers de clients de l’étude notariale CXX, francearchives.gouv.fr

[9] APP dossier Michel Kroulevetzki, 77 W 190. Ce document est estampillé « Rayon juif ». Sur le Rayon juif, voir Nicolas Coiffait in rfgenealogie.com. C’est grâce à lui que nous avons eu connaissance de cette archive, qu’il en soit remercié.

[10] APP dossier Michel Kroulevetzki, 77 W 190.

[11] APP 77W 190

[12] Archives de la Préfecture de police de Paris, Michel Kroulevetzki 77 W 190, extrait de la procédure du 25 février 1941 classée.

[13] Archives de la préfecture de police de Paris, CC-2-8, consignations du 11 juillet 1944.

[14] Son adresse est 21 rue Franklin, Paris 16e.

[15] Michel Kroulevetzki, Archives de la préfecture de police de Paris, 77 W 190.

[16] Guittla Mirla Ofman, née à Radomsk (Pologne), le 7/20 juin 1908, fille d’Israël Ofman et Sarah Wajntraub, s’est ensuite remariée avec Aaron Davis. Elle est morte à Paris, dans le 13e, le 4 août 1971.

[17] Céline Rozenker figure comme son épouse sur des tables de successions et décès. Elle était la sœur de Raphaël Rozenker, compagnon de Léontine. On trouve une Céline Kroulevetzki en 1955 dans le Guide Paris-Hachette. Née en juillet 1914 à Paris 10e, fille du brocanteur Moïse, elle est morte le 29 avril 1986 à Paris 13e.

[18] Les obsèques du maréchal des Logis au 11e Régiment des Dragons portés, cités 2 fois à l’Ordre de l’armée, Croix de guerre 1939-1940 ont eu lieu le 12 novembre 1947. La famille fait passer un faire-part dans le journal socialiste Le Populaire et dans Combat.

[19] Face au nom d’un Salomon Silberberg sur le registre journalier des inhumations du cimetière parisien de Bagneux, les coordonnées de ce tombeau sont ajoutées, puis barrées en mai 1947. S’agit-il du père d’Anna ? Ou d’une confusion ?

Contributeur(s)

Biographie réalisée par Jules Jaffrezic et Amélie Burguet.

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