Azibuena Suzanne LEVY

1910-1999 | Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Azibuena Suzanne LEVY, née DAHAN (1910-1999)

Survivante

Azibuena Suzanne Lévy, née Dahan le 2 décembre 1910 à Oran, dans l’Algérie alors française, a grandi dans une famille juive séfarade appartenant aux milieux populaires urbains de la colonie.

Elle est la fille de Julie Simie Lévy, née le 4 mai 1887 à Tiaret (Oranie), ménagère, et de Mardochée Dahan[1], né le 20 juin 1881 à Oran, qui exerçait le métier de camionneur de chevaux, activité caractéristique des économies urbaines pré-motorisées d’Afrique du Nord. Son père avait de nombreux frères et sœurs, dont certains se sont installés ensuite à Marseille. Simie et Mardochée se sont mariés le 31 juillet 1907. Azibuena, troisième enfant de la fratrie, porte le prénom de sa grand-mère maternelle, née Akrich. Mais elle utilise son second prénom, Suzanne.

Acte de naissance de Mardochée Dahan, le père de Suzanne Dahan Lévy. On note que s’il est indiqué que le père de l’enfant et les témoins parlent français, ceux qui signent le font en caractères hébraïques, alors que les Juifs d’Algérie sont français depuis onze ans. © ANOM.

Une enfance compliquée

L’environnement familial de Suzanne Azibuena est marqué par le divorce de ses parents en 1913. Le 31 juillet 1913, L’Écho d’Oran publie une annonce légale qui indique le divorce de Simie Lévy et Mardochée Dahan, le 30 juillet. Simie Lévy est autorisée à s’installer chez ses parents, à Oran, rue Denfert-Rochereau. Mardochée Dahan, domicilié faubourg Saint-Eugène, maison Rios, est au moment du divorce « face l’Usine des Tramways électriques, quartier Saint-Charles ». Le divorce est prononcé aux torts et griefs exclusifs du mari. À trois ans donc, Suzanne est allée vivre avec sa mère et sa sœur Anna chez ses grands-parents maternels, Isaac, dit Monono, Lévy et Azibuena, née Akrich[2]. Sans doute ses oncles Judas dit Léon (né en 1894) et Salomon Lévy (né en 1896), et même peut-être sa tante Rachel, née en 1890, vivent-ils encore au foyer familial.

Azibuena Akrich avait pour langue maternelle l’espagnol. Le parlait-on à la maison ? L’a-t-elle transmise à ses petites-filles venues habiter chez elle ?

Mais Simie et Mardochée Dahan renouent : leur remariage officiel a lieu le 19 février 1924, à Oran (comme en atteste l’acte de naissance de Mardochée). Toutefois si les premiers enfants du couple sont nés autour des années 1908-1910, comme Anna, la sœur aînée de Suzanne (née en 1908, morte centenaire) et David Désiré (né et mort en1909, avant la naissance de Suzanne), deux des quatre fils suivants sont nés durant la période du « divorce » : David Georges (1920-2013) et Roland Isaac (1921-2007). Quant à Paul (1924-1962) et Alfred (1929), ils sont nés après le remariage de leurs parents. Un rapprochement s’est-il fait avant le remariage officiel ? Suzanne et Anna ont-elles repris une vie familiale avec leur père avant l’adolescence ? Quoi qu’il en soit, Suzanne a grandi en étant, avec Anna, l’aînée de frères bien plus jeunes qu’elle, dont il est fort probable qu’elle ait dû aider sa mère à les élever. On ignore si elle a appris un métier et si elle travaillait quand elle vivait à Oran.

Le mariage à Oran et l’installation à Lyon

Suzanne est une grande jeune femme d’un mètre soixante-sept[3]. Elle a 25 ans quand elle épouse le 4 septembre 1935, à Oran, Joseph Levy[4]. Sa mère étant elle-même née Lévy, et au su des pratiques familiales de mariage dans les milieux juifs algériens, il est possible que Joseph ait été un parent, proche ou éloigné, de Suzanne.

Le jeune couple s’installe à Lyon quelques mois plus tard. En traversant la Méditerranée, ils participent à ces mobilités intra-impériales qui voient de nombreux Juifs nord-africains s’installer en France métropolitaine dans l’entre-deux-guerres. Mais pourquoi ce choix de quitter l’Algérie ? Est-ce en raison de la montée en puissance de l’antisémitisme ? En effet, dans l’Algérie des années 1930, les Juifs évoluent dans un climat de tensions croissantes. L’accès à la citoyenneté française, conféré aux Juifs d’Algérie par le décret Crémieux de 1870, constitue un cadre juridique déterminant pour comprendre les trajectoires migratoires ultérieures, notamment vers la métropole. Ayant obtenu avec le décret Crémieux la pleine citoyenneté française le 24 octobre 1870[5], à condition de se conformer aux lois de la République et de n’avoir qu’un rapport privé avec leur religion (le judaïsme), « les israélites indigènes » ont acquis un statut qui les différencie des musulmans qui ont, eux, conservé celui de l’indigénat. Et cette égalité républicaine, qui a aussi été accordée en juin 1889 à tous les étrangers résidant en Algérie, place les Juifs dans une position singulière au sein de la société coloniale. Cette situation nourrit dans les années 1930 chez une partie des Européens d’Algérie un ressentiment ancien, réactivé et amplifié par la crise économique liée à la Grande Dépression. Dans ce contexte, l’antisémitisme se structure politiquement et socialement, porté par des réseaux de presse[6], des ligues et des discours dénonçant une prétendue influence juive, dans la continuité des thèses développées par Édouard Drumont[7].

Sans atteindre l’ampleur des violences de la fin du XIXe siècle, les années 1930 sont néanmoins marquées par un climat d’hostilité diffuse, fait de discriminations, de stigmatisations et d’agressions ponctuelles par la population musulmane (le « pogrom » du 5 août à Constantine en 1934), qui fragilise profondément les populations juives. Ce terreau antisémite contribue à préparer l’acceptation, en 1940, des mesures d’exclusion mises en œuvre par le régime de Vichy, notamment l’abrogation le 7 octobre du décret Crémieux, qui prive brutalement les Juifs d’Algérie de leur citoyenneté et les replonge dans une condition d’exclusion juridique et sociale.

D’autres interrogations émergent : pourquoi les Levy ont-ils choisi Lyon ? Et était-ce leur premier choix alors qu’ils sont arrivés d’Algérie en bateau à Marseille ? Y avaient-ils de la famille ou un réseau amical ? Si l’on repère la présence de membres de la famille Dahan à Marseille en 1943, qui seront victimes de la Shoah, les sources manquent encore pour savoir s’ils sont venus avant, en même temps ou après Joseph et Suzanne, et si d’autres proches s’étaient installés à Lyon[8].

En revanche, les adresses conservées dans les dossiers administratifs permettent de suivre l’implantation de Joseph et Suzanne dans l’est de l’agglomération lyonnaise, dans les quartiers populaires. Ils résident d’abord au 62 rue de la Villette dans le 3e arrondissement de Lyon, tout près de la gare de la Part-Dieu[9], puis, quand ils sont arrêtés en juin 1944 leur domicile est non loin, au 8 rue Étienne-Richerand[10]. Nous ne savons pas quand ils s’y sont installés. Peut-être à la naissance des enfants, quand ils ont eu besoin de plus d’espace ?

La naissance des enfants

La naissance de leur fille Bertille[11], le 28 décembre 1936 à Lyon laisse penser que le couple s’installe dans la capitale des Gaules courant 1936. Azibuena et Joseph y fondent une famille composée de trois enfants : Bertille, France et Daniel[12].

Joseph est tailleur, mais on ignore s’il est alors patron ou employé. Suzanne, qui a eu trois enfants en quelques années, s’occupe de la famille.

Ont-ils maintenu vivantes les traditions juives ? Fréquentent-ils la synagogue de rite ashkénaze du quai de Tilsitt, ou bien sont-ils devenus des fidèles de la synagogue de rite séfarade qu’ont fait construire les ouvriers juifs marocains implantés dans la ville voisine de Saint-Fons ? Ou bien ont-ils abandonné la religion ? Ont-ils conservé ou tissé des liens avec les Juifs algériens de l’agglomération lyonnaise ou ont-ils largué les amarres en quittant l’Algérie ? Nous espérons que des témoignages ultérieurs viendront répondre à ces questions.

La guerre, l’Occupation à Lyon et les conditions de l’arrestation

La guerre fait irruption dans la vie du ménage Levy en septembre 1939. Joseph a-t-il mobilisé, comme tous les hommes ? A-t-il été envoyé au front ? Suzanne a-t-elle dû chercher un travail ? Mais plus encore que la guerre, ce sont la défaite française et l’Occupation allemande, doublée d’une active politique de collaboration des autorités françaises qui vont entièrement bouleverser leur vie, comme celle des 330.000 Juifs français et étrangers qui vivent en France. Mais celle des Juifs français d’Algérie va être particulièrement troublée dès les premiers jours de la collaboration.

En effet, l’occupation nazie et le gouvernement antisémite de Vichy, favorable au maintien d’un empire colonial, entraînent de profonds bouleversements pour les Juifs d’Algérie. Le 7 octobre 1940, quatre jours après la promulgation de ce que l’on désigne comme le « premier statut des Juifs » qui fait des Juifs une catégorie sociale à part, le régime de Vichy abroge le décret Crémieux de 1870. Ce décret avait octroyé aux Juifs d’Algérie la nationalité française et la citoyenneté pleine et entière. Le retrait de leur nationalité et citoyenneté française opère pour les juifs d’Algérie (dont le nombre est environ 350.000 personnes) un nivellement par le bas avec les musulmans, toujours considérés comme « indigènes » par Vichy.

Joseph et Suzanne sont directement impactés par cette mesure[13]. On ignore si les Lévy se sont déclarés comme Juifs en 1940, mais c’est fort probable. En effet, les mesures antijuives touchaient l’ensemble du territoire français, et donc même la zone dite « libre ». Récemment arrivés à Lyon, ils ont dû être repérés par le voisinage. Et il n’était pas si simple de se soustraire aux injonctions de l’administration et de la police. Même si l’abrogation du décret Crémieux leur avait sans doute donné un avant-goût de la manière dont le maréchal Pétain entendait protéger la population, les Levy ont probablement déclaré au commissariat qu’ils étaient juifs, de parents juifs. Sur leurs nouvelles cartes d’identité, qui indiquaient donc qu’ils étaient « indigènes », et leurs cartes d’alimentation ils ont dû, après novembre 1942 et l’invasion de la zone libre par l’armée hitlérienne faire tamponner en rouge, puis graver, le mot « Juif ». En revanche, l’étoile jaune n’a jamais été imposée en zone libre ou sud, ce qui permettait une plus grande liberté de mouvements, malgré les rafles dans la rue et la mobilisation très active de la milice lyonnaise.

Durant l’Occupation, Suzanne est ménagère, tandis que son mari travaille comme ouvrier tailleur chez M. Devers, spécialiste en vêtements militaire[14], ce qui inscrit le couple dans une condition modeste, dépendante d’un tissu économique local fragilisé par la guerre. Nous ignorons si M. Devers était déjà l’employeur de Joseph avant les mesures antijuives, si Joseph a été frappé de l’interdiction d’être patron, ou encore si un autre employeur pour lequel il aurait travaillé avait vu ses biens aryanisés et son entreprise fermée.

De même, nous ne connaissons ni l’implication des Levy dans des réseaux de sauvetage de la communauté juive, ni ne savons s’ils avaient des contacts avec des résistants -— Lyon étant devenue dès 1941 un centre névralgique de la Résistance —, mais les Levy ont cherché à mettre leurs enfants à l’abri du danger. Quand l’ont-ils fait ? Nous ne le savons pas non plus, pas plus que par quelle filière, celles-ci étant nombreuses dans la région lyonnaise. Par l’OSÉ, l’un des réseaux de sauvetage des enfants juifs ? Par des filières d’entraide protestante ou catholique ? Par des réseaux personnels ? Mais le fait est qu’ils ont réussi à cacher leurs enfants qui, en juin 1944, se trouvent à Champagne-en-Valromey, dans l’Ain, nous y reviendrons.

Le 14 juin 1944, Joseph et sa femme Suzanne sont arrêtés lors d’un contrôle routier de l’armée allemande « près de Tenay », vers Artemare, dans l’Ain. La région subit alors une offensive des Allemands, bien décidés à en finir avec les maquis qui tentent d’en reprendre le contrôle.

Si cette arrestation est avérée, confirmée par les archives, la raison pour laquelle les Levy se trouvent sur cette route ne sont pas tout à fait claires. Les sources d’après-guerre relatives à leur arrestation présentent en effet des divergences qui imposent une lecture critique.

Joseph déclare dans son dossier de demande du statut de Déporté Politique qu’il a été arrêté en tant que réfractaire au STO. Ce que viennent confirmer plusieurs attestations rédigées en 1951, dans le cadre de démarches de reconnaissance administrative de ses droits en tant que déporté. Ainsi, Philippe Gendre, dans une attestation datée du 15 décembre 1951[15], affirme-t-il que les époux Lévy auraient quitté précipitamment « la ville » pour échapper à un ordre de réquisition de main-d’œuvre pour l’Allemagne, remis à Joseph par son patron, M. Devers, avant d’être arrêtés ensemble à Artemare « par la Wehrmacht le 11 juin 1944 ». De même, Yvonne Raouze, coiffeuse et voisine lyonnaise du couple, écrit le 24 novembre 1951[16] qu’Azibuena / Suzanne aurait suivi son mari, touché par un ordre de réquisition du STO, et que tous deux auraient quitté Lyon pour rejoindre le maquis de l’Ain[17]. Enfin, M. Devers lui-même, dans une attestation du 28 novembre 1951, confirme que Joseph travaillait bien chez lui au début de juin 1944 et dit lui avoir remis la convocation évoquée[18].

À première vue, ces documents semblent converger. Pourtant, plusieurs éléments conduisent à questionner l’explication d’une fuite en raison du STO, ou à tout le moins à la manier avec beaucoup de précaution. Le premier argument tient à l’année de naissance de Joseph Lévy : né en 1908, il a 36 ans et n’appartient pas aux classes d’âge habituellement concernées par le Service du travail obligatoire, qui touche prioritairement des hommes plus jeunes (classes 1940, 1941, 1942).

Le deuxième argument, plus décisif encore, est son identification comme Juif dans le contexte de l’Occupation. En pratique, les Juifs ne relèvent pas du STO au sens ordinaire du terme : ils sont soumis à d’autres formes de discrimination, d’exclusion, de travail forcé (dans des GTE, groupement de travailleurs étrangers), d’arrestation et d’internement qui ressortissent à la politique antijuive de Vichy et de l’occupant, et non au seul régime de la réquisition de main-d’œuvre. Il est donc possible qu’il y ait eu, dans les dossiers de l’après-guerre, une confusion rétrospective entre diverses catégories administratives de persécution, confusion facilitée par le fait que Joseph travaillait dans une entreprise liée à la confection de vêtements militaires et qu’il circulait hors de son lieu de résidence avec un document professionnel ou une convocation.

Le procès-verbal du 17 janvier 1951, dans lequel Joseph et Suzanne reviennent eux-mêmes sur leur arrestation, est central, mais il ne résout pas totalement ces contradictions. Joseph y déclare avoir été arrêté avec son épouse le 14 juin 1944 à Artemare, « au cours d’un contrôle », alors que « les routes étaient barrées »[19].

Il précise avoir ensuite été interné à la prison de Chambéry, puis remis à la Gestapo. Il ajoute : « le motif de mon arrestation est le suivant : réfractaire au travail obligatoire. Je devais en effet me présenter […] à Bron […] et j’avais la convocation sur moi ». Cette déclaration doit être prise au sérieux, puisqu’elle émane du principal intéressé. Néanmoins, elle ne peut être acceptée sans examen. D’une part, elle intervient plus de six ans après les faits, dans un contexte où les catégories de reconnaissance administrative — déporté politique, interné résistant, déporté résistant, victime de persécution — pèsent sur la formulation du récit. D’autre part, Joseph peut avoir repris la qualification qui lui a été signifiée ou qu’il a comprise au moment de son arrestation, sans que celle-ci ne corresponde exactement à sa situation juridique réelle. Il n’est donc pas exclu que la référence au STO[20] ait servi de langage administratif commode, ou qu’elle ait masqué, volontairement ou non, la dimension spécifiquement antijuive de l’arrestation. On notera toutefois qu’en juin 1944, à la différence de la convocation du « Billet vert » à Paris (14 mai 1941), les Juifs n’étaient pas convoqués au commissariat ou dans un centre quelconque, mais raflés ou arrêtés à domicile. Cette « convocation à Bron » reste donc mystérieuse, si tant est qu’elle ait existé. Notons que la somme importante que le couple transportait a dû attirer l’attention lors du contrôle, et qu’ils semblaient voyager avec leurs vrais papiers –et voyager était interdit aux Juifs sans dérogation particulière.

La déposition de Suzanne nuance d’ailleurs fortement l’hypothèse résistante. Elle déclare en effet : « je n’ai jamais eu aucune activité résistante » et précise que, lors de leur arrestation, le couple se rendait à Champagne-en-Valromey[21] pour voir leurs enfants. Cette phrase est essentielle. Elle fragilise le récit selon lequel les époux Lévy auraient quitté Lyon pour « rejoindre le maquis de l’Ain ». En l’état des sources, rien ne permet d’affirmer que Joseph Lévy ait appartenu à la Résistance. Le contexte du 6 juin 1944, moment où certains hommes gagnent effectivement le maquis après le Débarquement, a pu favoriser après coup une reconstruction héroïsant leur déplacement. Mais le dossier ne permet pas d’aller jusque-là. En revanche, il établit avec certitude que les enfants du couple ne vivent pas alors avec eux à Lyon. Cela ouvre une autre hypothèse, plus solide : celle de stratégies familiales de protection, fréquentes chez les familles juives traquées, consistant à éloigner ou cacher les enfants pour tenter de les soustraire à la persécution. Suzanne indique d’ailleurs qu’à leur retour, ils ont « retrouvé » ou « repris » leurs enfants à l’institut Bergier de Saint-Genis-Laval[22], dans la banlieue lyonnaise, ce qui confirme l’existence d’une séparation familiale organisée, même si ses modalités exactes restent à documenter. Les enfants ont donc été pris en charge par un réseau de solidarité jusqu’au retour de leurs parents.

L’arrestation intervient donc le 14 juin dans l’Ain, dans un contexte mêlant circulation suspecte, contrôles renforcés, traque des Juifs et possible présence sur Joseph d’un document interprété comme une convocation ou une pièce liée à une réquisition.

De la prison à Auschwitz

Après son arrestation, Azibuena (Suzanne) Lévy connaît un parcours carcéral et concentrationnaire bien documenté. Elle est d’abord internée à Aix-les-Bains du 15 au 19 juin 1944, où elle a été « mise dans les mains de la gestapo »[23] avec son mari Joseph. Puis ils sont transférés ensemble à la prison de Chambéry, où ils restent jusqu’au 7 juillet 1944. De là, ils sont dirigés vers la sinistre prison de Montluc, à Lyon – pas très loin de là où ils habitaient.

Quand elle résume son parcours de prison en prison, quelques années après sa déportation, les dates sont un peu floues dans la mémoire d’Azibuena/Suzanne et de Joseph, à supposer même qu’ils aient su exactement quels étaient les jours où ils ont été ballotés de Chambéry à Lyon. Ils restent donc dans l’imprécision : « un mois environ après notre arrestation », indiquent-t-ils. Quoi qu’il en soit, Azibuena/Suzanne passe bien avec Joseph par la prison Montluc, principal lieu d’internement et de transit de la répression allemande dans la région lyonnaise, avant d’être transféré et d’arriver à Drancy le 4 juillet 1944. Azibuena/ Suzanne y reçoit le numéro matricule 24.709, tandis que Joseph reçoit le matricule 24 708. L’enregistrement à la « fouille » de Drancy fait apparaître une somme de 13. 767 francs[24], déposée au nom de Joseph. Une somme très élevée pour un couple dont le seul membre qui travaille est ouvrier tailleur. Cette donnée mérite d’être questionnée. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées : il peut s’agir des économies du ménage emportées au moment de la fuite ou du déplacement vers les enfants ou d’une somme comprenant des biens convertis en numéraire. Il est impossible de trancher. Mais ce chiffre nuance l’image que l’on peut avoir d’une stricte misère ouvrière des époux Lévy : comme beaucoup de familles juives menacées, ils ont pu tenter de partir avec les liquidités dont ils disposaient. Autre hypothèse invérifiable : ils transportent des fonds de la Résistance pour les remettre au maquis.

Suzanne est internée dans la partie des femmes du camp de Drancy. Elle ne retrouve Joseph que la veille du départ pour un ailleurs dont ils ne savent rien. La veille au soir, en effet, les familles désignées pour le prochain convoi étaient réunies, séparées de ceux qui restaient au camp. C’est aussi dans une cour séparée et loin des regards qu’ils sont tous descendus au petit matin du 31 juillet 1944 attendre les bus qui les emportaient vers la gare de Bobigny, où attendait le train pour Auschwitz.

Le 31 juillet 1944, Azibuena/Suzanne est donc déportée avec son mari. Ce convoi, que l’on dénommera après-guerre convoi 77, emporte 1.306 personnes, dont de nombreuses femmes et 323 enfants. Le plus jeune déporté, Alain Blumberg, avait 15 jours et était né au camp ; le plus âgé, Benoît Lévy, avait 87 ans.

Le témoignage de Régine Skorka-Jacubert, elle-même déportée par ce convoi, et ceux d’autres survivants du convoi permettent de restituer la dureté du voyage : entassement, paille sur le plancher, absence d’eau et d’air, impossibilité pour tous les déportés de tenir assis dans le wagon, saleté (un seau hygiénique par wagon), mélange des âges, aucune intimité, la folie qui gagne certains, peur constante de la mort, et présence directe de morts pendant le transport, tentatives d’évasion violemment réprimées. Régine Skorka-Jacubert et son frère Jérôme Scorin évoquent notamment la répression après une tentative collective d’évasion coordonnée du train par la résistance du camp de Drancy soulignant la brutalité immédiate du dispositif concentrationnaire.

À l’arrivée du train, dans la nuit du 3 août, les Allemands procèdent à la première sélection. Les femmes « jeunes » et les hommes « jeunes » sont envoyés dans des files différentes. Suzanne est séparée de son mari et « sélectionnée pour le travail », échappant ainsi à la mise à mort immédiate qui frappe une large partie des déporté-e-s. Elle ignore alors que son mari a été lui aussi sélectionné pour entrer dans le camp[25].

À peine arrivée à Birkenau, après une douche froide (sans serviette pour se sécher) et une désinfection, elle est rasée (tête et parties intimes) par des détenues allemandes, tatouée (nous n’avons pas son numéro de matricule, qui ne figure sur aucun document retrouvé, mais il commence par A-16), dépossédée de ses vêtements et de son identité. Elle est internée dans le complexe concentrationnaire d’Auschwitz-Birkenau, notamment dans des secteurs issus de la réorganisation du camp après la liquidation du « camp des Tsiganes » juste avant l’arrivée du convoi 77 à l’été 1944.

Les marches de la mort, Ravensbruck, Bergen Belsen et la libération

Azibuena/Suzanne est à Birkenau jusqu’à l’évacuation du camp le 18 janvier 1945, moment où elle est contrainte de participer aux marches de la mort vers l’ouest dans des conditions extrêmes[26]. Le 22 janvier 1945, elle est enregistrée au camp de Ravensbrück, principal camp féminin du système concentrationnaire nazi où sont également envoyées les résistantes françaises[27].

En janvier 1945, le camp de concentration de Ravensbrück se trouve dans une situation de désorganisation extrême, révélatrice de l’effondrement progressif du système concentrationnaire nazi face à l’avancée de l’Armée rouge. Conçu comme le principal camp de concentration pour femmes du Reich, Ravensbrück atteint alors un niveau de surpopulation critique : des dizaines de milliers de détenues issues de toute l’Europe occupée y sont entassées dans des conditions sanitaires catastrophiques. Le froid hivernal, particulièrement rigoureux durant en 1944-1945, aggrave encore la mortalité déjà très élevée, dans un contexte marqué par la pénurie alimentaire, la propagation d’épidémies (typhus notamment) et l’épuisement physique généralisé.

À cette date, le camp fonctionne également comme un espace de transit et de redistribution des détenues évacuées des camps situés plus à l’est, notamment après les marches forcées consécutives à l’évacuation d’Auschwitz et l’avancée de l’Armée rouge. L’arrivée massive de ces convois accentue la désorganisation logistique et renforce la brutalité du régime disciplinaire. Parallèlement, le système d’exploitation économique des détenues se poursuit jusqu’aux derniers mois de la guerre : certaines femmes sont affectées à des kommandos de travail lié à l’industrie d’armement allemande, tandis que d’autres sont victimes de sélections entraînant leur mise à mort, notamment dans les installations de gazage mises en place tardivement sur le site.

Dans ce contexte de désagrégation, Ravensbrück devient en janvier 1945 un lieu où se combinent saturation concentrationnaire, radicalisation de la violence et précipitation des décisions nazies, annonçant à la fois la fin imminente du système et l’intensification paradoxale de sa brutalité. Cette situation s’inscrit pleinement dans la phase terminale de la politique concentrationnaire, marquée par les évacuations, les marches de la mort et la volonté persistante des autorités SS de maintenir l’exploitation et la répression jusqu’à l’effondrement final du Reich.

Après ce passage par Ravensbruck, Azibuena/Suzanne est transférée à Bergen-Belsen, à une date inconnue[28], où elle retrouve plusieurs déportées du convoi 77 comme Louise Mochon[29]. Elle est libérée le 15 avril 1945 par les troupes britanniques après la reddition des SS qui ont la charge du camp. Ébahis, les soldats y trouvent près de 60.000 prisonniers et un camp ravagé par de terribles épidémies de typhus, de fièvre typhoïde, de tuberculose et de dysenterie. Les victimes de la maladie gisent à même le sol. Les Britanniques sont horrifiés par le spectacle et mettent rapidement en place des hôpitaux de campagne.

Le retour en France de Suzanne, le 28 mai 1945, s’effectue dans un état de grande faiblesse physique, attesté par une perte de 15 kilogrammes (elle pèse 64 kilos, un mois et demi après sa libération) et la nécessité d’un transport allongé par voie ferroviaire[30]. Sa dentition est très abimée et, comme de très nombreuses survivantes, elle souffre d’aménorrhées. On apprend également que Suzanne a été atteinte du typhus et est indiquée comme « en convalescence » à son retour. Une mention de deux maladies infectieuses est suivie de la date « mars 1935 ». Est-ce mars 1945 ou a-t-elle été malade en mars 1935 ?

Suzanne indique sur le même document de retour qu’elle est « ouvrier tailleur », mais est-ce de son métier ou de celui de son mari dont elle parle ?

Les méandres de l’administration après-guerre

Comme pour de nombreux survivants, le retour s’accompagne d’un processus de reconnaissance administrative progressif. Azibuena / Suzanne remplit un dossier pour obtenir le statut de Déporté politique (c’est-à-dire déportée en tant que Juive). Le 21 mars 1948, la commission de contrôle accepte de classer Azibuena/Suzanne dans la catégorie « déporté politique »[31]. Elle obtient ce statut de déportée le 17 juillet 1952, puis la carte correspondante le 13 août 1952[32]. Alors que son mari avait assuré rejoindre un maquis dans l’Ain, elle-même dit lors d’une enquête dans les années 1950 qu’elle n’a « aucune activité dans la Résistance ». Mais il n’était pas utile qu’elle en ait eu une pour rejoindre le maquis… ou, de toute façon, il y avait peu ou pas de femmes.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la reconnaissance administrative et matérielle des déporté-e-s s’inscrit dans un processus lent et tardif, révélateur des difficultés de la reconstruction individuelle et institutionnelle. Ainsi, dans le cadre des dispositifs mis en place par la République française au début des années 1950, un décret du 14 février 1953 prévoit l’attribution d’un « pécule » « aux déportés et internés politiques », en application de la loi du 19 juillet 1952 relative aux « victimes de guerre ». Ce pécule constitue une forme d’indemnisation symbolique, car d’un montant minime, destinée à reconnaître les souffrances subies.

Le cas d’Azibuena illustre concrètement cette politique de réparation. Une fiche de contrôle établie par la délégation interdépartementale du ministère des Anciens Combattants à Lyon atteste du versement d’une somme de 14.400 (anciens) francs, adressée à l’intéressée le 15 avril 1954[33].

Toutefois, au-delà de sa dimension matérielle, ce pécule met en lumière le décalage entre la violence extrême de l’expérience concentrationnaire et la réponse institutionnelle apportée par l’État. Intervenant près d’une décennie après la Libération, cette indemnisation tardive souligne les lenteurs administratives mais aussi les hésitations politiques à appréhender pleinement la spécificité des persécutions subies, notamment par les Juifs déportés. Elle s’inscrit dans un cadre plus large où la mémoire des victimes reste encore en construction, oscillant entre reconnaissance officielle, silence social et difficultés individuelles de réintégration.

D’après les dossiers constitués dans l’immédiat après-guerre, Suzanne et Joseph résident au moment de leur arrestation au 8 rue Étienne-Richerand, dans le 3ᵉ arrondissement de Lyon. Cette adresse est encore mentionnée en 1948. Toutefois, leur absence dans le recensement de cette même année indique qu’ils ont vraisemblablement quitté les lieux entre-temps, sans doute pour s’installer à Villeurbanne.

En janvier 195, les sources confirment la présence de Suzanne au 25 de la rue Francis de Pressensé et celle de Joseph au 25 Grande-Rue des Charpennes (devenue rue Gabriel-Péri) à Villeurbanne. En 1954, elle est également domiciliée aux Charpennes quand elle reçoit son pécule.

Après 1963, nous perdons leur trace à tous les deux.

Les archives montrent que mère de Suzanne est morte à Lyon en 1983. Est-elle venue rejoindre sa fille dans la région lyonnaise ? Au moment de l’indépendance algérienne, ou avant ?

Azibuena Suzanne Lévy meurt le 30 décembre 1999, à Villeurbanne. Son parcours, reconstitué à partir de sources administratives et testimoniales souvent tardives, met en lumière la complexité des trajectoires individuelles dans la France occupée, à l’intersection de la persécution antisémite, des dynamiques locales de répression et des reconstructions mémorielles de l’après-guerre.

De même que pour la biographie de son mari, Joseph Levy, l’analyse critique des documents souligne la nécessité de dépasser les catégorisations administratives pour restituer la logique propre de la persécution des Juifs, particulièrement dans les derniers mois de l’Occupation, où la désorganisation des autorités et l’intensification des contrôles produisent des formes d’arrestation qui échappent aux grilles d’interprétation simplifiées.

 

Nous n’avons pas été en mesure de trouver une photographie de Suzanne. Nous espérons que ce travail biographique pourra arriver jusqu’à ses descendants qui pourront le compléter et apporter de nouveaux documents. Et lui donner un visage.

 

Cette biographie a été réalisée durant l’année 2025-2026 par la classe de Terminale du lycée Jean-Bouin de Saint-Quentin (Aisne), sous la direction de leur professeur d’histoire, Damien Bressolles.

Notes & références

[1] Mardochée Dahan est mort le 10 novembre 1950 à Oran, et Simie Julie en 1983, âgée de 95 ans, à Lyon. Le père de Mardochée, David était cordonnier et né au Maroc. Sa mère, Tata El-Baz, avait 28 ans à la naissance de son fils. Le père de Simie, prénommé Isaac, était surnommé Monono. Né en 1844 à Tétouan au Maroc, il est mort en 1939 à Oran, à 95 ans ; sa mère, Azibuena Akrich, née également à Tétouan au Maroc en 1857, est morte à Oran en 1947, à 90 ans. Ils se sont mariés à Oran en 1875.

[2] Isaac est employé de commerce au moment de son mariage, le 17 novembre 1875, avec Azibuena, qui est alors domestique. Le père d’Isaac, Judas Lévy, bourrelier, vit à Oran et sa mère, Gratia, est morte à Tétouan en 1854. Le père d’Azibuena Akrich, également originaire de Tétouan, est mort à Oran en 1868. Sa mère, Semha, est présente au mariage, de même que des membres de sa famille paternelle. Cela signifie qu’originaires du Maroc, les deux familles sont arrivées en Algérie avant la promulgation du décret Crémieux. Ils se sont mariés entre « pays », et peut-être même familles. Le registre de mariage consigne que la traduction a été faite en espagnol et en arabe, par un interprète. Les époux savent signer, des témoins signent en hébreu.

[3] Mensurations figurant sur sa fiche médicale de retour des camps, voir plus loin et Dossier individuel de déporté politique de Levy née Dahan Azibuena, Suzanne, 21 P 563 596, SHD Caen.

[4] Copie de l’extrait de naissance d’Azibuena Dahan, extraits du registre d’actes de naissances de la ville d’Oran (6 février 1951), dossier de Levy née Dahan Azibuena, Suzanne, ibid.

[5] Les décrets ont été adoptés par le gouvernement de Défense nationale à Tours. Le 14 juillet 1865, un sénatus-consulte avait déjà permis que les indigènes musulmans, les indigènes israélites et les étrangers résidant depuis plus de trois ans sur le territoire de l’Algérie puissent demander les droits et bénéficier de la qualité de citoyen français. Sans aucun succès, peut-être parce que les autorités sur place n’ont pas cherché à en faire la publicité, et/ou que les juifs et musulmans n’aient pas voulu renoncer à leur droit coutumier.

[6] Tel, par exemple, L’Éclair algérien (1936-1938), « organe national-socialiste français d’union contre la domination juive ».

[7] Édouard Drumont (1844-1917) est un journaliste et écrivain français, figure centrale de l’antisémitisme politique en France à la fin du XIXe siècle. Il se fait connaître avec la publication de son ouvrage La France juive (1886), immense succès éditorial, dans lequel il développe une vision complotiste et racialisée de la société française, accusant les Juifs de dominer la finance, la presse et la politique. Fondateur du journal La Libre Parole en 1892, il contribue à diffuser largement ces idées dans l’opinion publique, notamment pendant l’Affaire Dreyfus. Élu député d’Alger en 1898, il incarne également l’implantation durable de l’antisémitisme en Algérie coloniale. Son influence dépasse sa propre carrière, ses thèses nourrissant les mouvements antisémites jusqu’au début du XXe siècle. Cf. aussi Geneviève Dermenjian, Antijudaïsme et antisémitisme en Algérie coloniale. 1830-1962, Presses Universitaires de Provence, 2018. Préface de Benjamin Stora.

[8] Plusieurs membres de la famille Dahan, qui vivaient à Marseille ont été arrêtés et déportés en 1943 par le convoi 52, tels ses oncles Judas-Léon et Makhlouf (dit Maurice), ainsi que leur famille (sources : arbre généalogique de David barkastudio sur Filiae et Mémorial de la Shoah.

[9] Cette partie du quartier a été entièrement rasée et reconstruite ces dernières années. En revanche, l’immeuble du 8 rue Étienne-Richerand est toujours debout.

[10] Dossier SHD de Suzanne Azibuena Levy, née Dahan, op. cit.

[11] Elle meurt à Villeurbanne le 26 mai 2017.

[12] Recherche généalogique sur le site Geneanet. Le gestionnaire de l’arbre familial ne laisse pas l’accès aux dates de naissance des deux autres enfants. La fiche médicale de retour des camps de Suzanne, en juin 1945, indique qu’elle a « deux » enfants. Erreur ou le couple avait-il perdu un enfant avant la déportation ?

[13] Le décret ne sera rétabli qu’en 1943, soit près de douze mois après le débarquement anglo-américain en Algérie du 8 novembre 1942. C’est le Comité français de libération nationale créé à Alger le 3 juin 1943, qui finalement le 21 octobre 1943 redonnera leur citoyenneté française aux Juifs d’Algérie. Cela ne concerne évidemment pas les Juifs de Métropole alors pris dans la nasse antisémite collaborationniste et nazie

[14] Attestation de M. Devers sur les circonstances de l’arrestation d’Azibuena et Joseph Lévy (16 novembre 1951), ibid, Joseph Levy, 21 P 563 744, SHD Caen.

[15] Attestation de Philippe Gendre sur le motif et les circonstances de l’arrestation d’Azibuena et de Joseph Levy (15 décembre 1951), ibid.

[16] Attestation d’Yvonne Raouze sur le motif et les circonstances de l’arrestation d’Azibuena et de Joseph Levy (24 novembre 1951), ibid.

[17] Environ 200.000 réfractaires au STO sont entrés dans la clandestinité, dont environ 50.000 ont rejoint les maquis. Ils étaient presque dans leur vingtaine.

[18] Attestation de M. Devers sur les circonstances de l’arrestation d’Azibuena et Joseph Lévy (16 novembre 1951), ibid.

[19] Procès-verbal de gendarmerie du 17 janvier 1951 dans le cadre de l’attribution du titre de déporté (e) politique de Joseph et Azibuena Levy, déclaration de Joseph Levy, Dossier individuel de déporté politique de Joseph Levy, 21 P 563 744, SHD Caen

[20] Voir cet intéressant site de l’ANMTF (Fédération nationale des victimes et rescapés des camps nazis du travail forcé) et son article sur le STO dans le Rhône : https://www.travail-force.fr/releve-forcee-et-sto-dans-le-rhone/

[21] Procès-verbal de gendarmerie du 17 janvier 1951 dans le cadre de l’enquête pour l’attribution du titre de déporté (e) politique de Joseph et Azibuena Levy, déclaration d’Azibuena / Suzanne Levy, Dossier individuel de déporté politique de Joseph Levy, 21 P 563 744, SHD Caen

[22] Il existe à St Genis Laval un « Institut Bergier – asile agricole et école élémentaire de la Société des enfants pauvres de Lyon ». Cet asile Bergier a été créé par des francs-maçons. Après-guerre, l’OSÉ (Organisation de sauvetage des enfants) a créé à St Genis Laval une maison destinée à accueillir les enfants déportés.

[23] Procès-verbal de gendarmerie du 17 janvier 1951 dans le cadre de l’enquête pour l’attribution du titre de déporté (e) politique de Joseph et Azibuena Levy, déclaration de Joseph Levy, Dossier individuel de déporté politique de Joseph Levy, 21 P 563 744, SHD Caen.

[24] Bordereau après la fouille de Joseph Levy (27 juillet 1944), Carnet de fouille du camp de Drancy, Archives du Mémorial de la Shoah.

[25] Se référer à la biographie de Joseph Levy.

[26] Sur les marches de la mort, voir https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/article/death-marches

[27] Demande d’attribution du titre de Déportée Politique d’Azibuena/Suzanne Levy (3 avril 1952), ibid.

[28] Pour comprendre les conditions de vie à Bergen-Belsen se référer au témoignage de Denise Holstein de https://convoi77.org/autobiographies-et-biographies-de-deportees-du-convoi-n77/

[29] Voir sa biographie sur le site du convoi 77 : https://convoi77.org/deporte_bio/louise-mochon/

[30] Fiche médicale d’Azibuena/ Suzanne Levy constituée après son retour de déportation (s.d), ibid.

[31] Avis destiné au bureau des fiches et de la direction de l’état civil et des recherches, (16 mars 1948), Dossier individuel de déportée politique d’Azibuena Levy, 21 P 563.596, SHD Caen

[32] Demande d’attribution du titre de déporté politique d’Azibuena Levy (3 avril 1952), ibid.

[33] Fiche de contrôle établie par la délégation interdépartementale du ministère des Anciens Combattants à Lyon (15 avril 1954), ibid.

Contributeur(s)

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