Lucie Bloc HIRSCH (1873 – 1944)
Portrait de Lucie Bloc ©DR, Nadia Bolle
NAISSANCE ET JEUNESSE
Lorsque Lucie Bloc naît dans une famille juive française depuis longtemps, Paris est encore particulièrement marquée par la Commune, qui s’est déroulée du 17 mars au 28 janvier 1871.
Durant 72 jours, la population s’est insurgée, guidée par un sentiment fort d’humiliation vis-à-vis de la défaite face aux Prussiens. De cette humiliation a résulté un rejet des conditions de la capitulation acceptées le 28 janvier par le gouvernement d’Adolphe Thiers pour mettre fin à la guerre franco-prussienne débutée en 1870.
La ville de Paris est devenue dès lors le théâtre de violents affrontements entre d’un côté les Communards, qui souhaitent défendre la ville face aux Prussiens plutôt que d’accepter une défaite, mais aussi fonder une République davantage sociale, et d’un autre côté le gouvernement d’Adolphe Thiers qui tente de mener une répression militaire à travers, notamment, l’armée dite versaillaise. Bien que ce mouvement insurrectionnel soit sévèrement réprimé, la République en est plus ou moins paradoxalement sortie renforcée, prouvant qu’elle est parvenue à se maintenir en place malgré l’insurrection.

Mère de Lucie Bloc, dessin au fusain de Lucie Bloc
© Nadia Bolle
En 1873, année de naissance de Lucie Bloc, les événements de la Commune n’ont pas été oubliés et le dernier soldat allemand quitte le territoire français le 24 mai 1873. C’est donc dans le contexte d’une révolte qui imprime à ce moment encore fortement les esprits que la petite Lucie voit le jour, le 17 novembre 1873 à 11h45, au 17 rue Réaumur, dans le IIIe arrondissement de Paris[1]. Elle a une sœur prénommée Camille, née en janvier 1870.
Acte de naissance de Lucie Bloc
© Archives de Paris
Cela est bien loin d’être anodin puisqu’en effet, il s’agit d’un arrondissement traditionnellement peuplé par la population juive, d’ailleurs historiquement connu sous le nom de « juiverie » au XIIe siècle. Cet arrondissement est prospère et il y fait bon vivre.
La rue Réaumur en 1862
©DR / CPArama
À la naissance de la sœur aînée de Lucie, la famille vivait 42 rue de Trévise, dans le IXe arrondissement (l’immeuble a été détruit).
Ses parents sont Clémence Becker, qui est sans profession, et Alfred Bloc[2], négociant[3]. Cette profession est d’ailleurs particulièrement exercée dans le IIIe arrondissement, dont l’activité économique est florissante.
La rue de Trévise aujourd’hui, Google Maps
En 1882, les lois scolaires de Jules Ferry, alors président du Conseil des ministres et ministre de l’Instruction publique, permettent de rendre l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire pour les enfants âgés de six à treize ans. Lucie compte donc normalement parmi les premiers enfants à en bénéficier[4]. Elle a probablement fréquenté une des écoles primaires de filles proches du domicile de ses parents, peut-être, à l’école Turenne, située au numéro 22 de la rue éponyme.
L’école Turenne aujourd’hui, Google Maps
Lucie est une jeune fille aux multiples talents dont, surtout, celui du dessin. Elle est remarquée et mentionnée dans des journaux.
Extrait de L’Univers israélite, 1er août 1889
Lucie Bloc reçoit à l’École nationale des Arts décoratifs, en Division supérieure, le premier prix dans la catégorie Histoire de l’art et en Sculpture. Journal des artistes
©DR, Nadia Bolle
En 1891, elle reçoit au moins deux prix à l’École nationale des Arts décoratifs, section jeunes filles, où elle étudie. L’année suivante, Lucie remporte le grand prix d’honneur de la même école où elle suit sa formation, ainsi que sept autres prix, deux seconds prix et des nominations et médailles, se réjouit un rédacteur des Archives israélites de France. Il désigne Lucie comme une de nos « jeunes coreligionnaires ».
En 1889, L’Univers israélite avait rappelé qu’un oncle maternel de Lucie enseignait la rhétorique au lycée de Nancy et avait été un collaborateur de ce journal destiné à la communauté juive.
L’article des Archives israélites de France publié le 4 août 1892 permet également d’apprendre que Lucie a obtenu le diplôme de professeur de dessin pour enseigner dans les Écoles normales (qui forment les institutrices).
En 1892, les travaux des élèves sont exposés à l’École des Arts décoratifs, 5 rue de Seine.
En avril 1895, Lucie voit plus grand : elle a envoyé « aux salons », selon Le Journal, « une sanguine et deux panneaux à la section des arts décoratifs ». Les Archives israélites précisent que l’œuvre s’intitule « Les Canards » et que les panneaux sont destinés à des dessus de porte et étoffes. Elle a également réalisé une faïence (voir Photo).
Un mois après qu’elle a présenté ses œuvres, la vie de Lucie prend un nouveau tournant.
MARIAGE ET VIE ADULTE
Lucie a 22 ans lorsqu’elle épouse Henri Hirsch, le 21 mai 1895. Son mari est né le 24 septembre 1867. Il a vingt-huit ans de plus qu’elle.
Leur mariage a lieu dans le IXe arrondissement de Paris, quartier où ils résident tous deux, chacun chez ses parents. Ils établissent un contrat de mariage auprès d’un notaire de Paris, maître Garanger.
Selon un livre publié par la petite-nièce de Lucie, celle-ci aurait été « mariée d’autorité », parce que « elle était artiste » et que « ça ne se faisait pas dans notre monde de bourgeoisie ». Selon elle, ils ne se seraient même pas rencontrés avant le mariage. « Mais elle a continué à peindre ». Les arrière-grands-parents, qui avaient pourtant laisser Lucie suivre des études d’art, l’ont « mariées avec un monsieur juif, bien sûr », assure-t-elle. La famille, en effet, est le prototype des « israélites français » : fidèle à sa religion, participant à la vie communautaire juive sans ostentation et totalement intégrée à la société française.
Acte de mariage de Lucie et Henri Hirsch
© Archives de Paris
La vie de Lucie entre 1895 et 1944 est peu documentée.
Comment a-t-elle vécu ce terrible moment de fracture française quand en 1895 débute ce qui sera appelé rapidement « L’Affaire Dreyfus », une accusation mensongère de trahison portée contre un capitaine israélite Alfred Dreyfus ? Les procès et campagnes d’agitation politique qui s’en suivront remettront fortement en question le pacte républicain qui laissait croire aux Juifs qu’ils étaient des citoyens comme les autres. L’antisémitisme, emmené notamment par le polémiste Édouard Drumont, devient virulent, et se solde en Algérie par des attaques antijuives meurtrières contre ceux qui sont devenus citoyens français en 1870 avec le décret Crémieux.
Nous ne savons rien non plus sur la manière dont Lucie a vécu la période de la Première Guerre mondiale[5].
Nous apprenons[6] que son père Louis Becker est mort le 28 août 1922, dans le IXe arrondissement, à son domicile 72, rue de Dunkerque et sa mère l’a suivi de peu, le 5 janvier 1923[7]
Le 122 boulevard Murat aujourd’hui, Google Maps (un HBM qui date des années 1930)
Une fois mariée, Lucie enseigne-t-elle le dessin et la peinture dans les écoles normales d’institutrices, métier pour lequel elle est diplômée ? Nous n’en savons rien, mais la brillante élève de l’École des Arts décoratifs de Paris n’a pas renoncé à exercer son goût et son talent pour l’art, et plus spécifiquement pour la peinture, intégrant sa passion dans son quotidien puisqu’en effet, Lucie s’illustre en tant qu’artiste-peintre. Une huile sur toile représentant un paysage urbain, signée de son nom et réalisée dans les années 1920, témoigne de son talent.
Journal intime de la petite-nièce de Lucie
©DR, Archives familiales
Émaux et dessin au fusain de Lucie Bloc
© DR, Nadia Bolle
En 1930, ils s’installent 122 boulevard Murat, dans le XVIe arrondissement, C’est un tout nouvel immeuble estampillé Habitation à Loyer Modéré (HBM), en général réservé par la ville de Paris aux familles nombreuses et pauvres[8], or Lucie et Henri n’ont pas d’enfant. La crise de 1929 a-t-elle fragilisé les finances du couple ? Sur le recensement de 1936, ils sont tous les deux indiqués comme « sans profession ».
LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE
La Deuxième Guerre mondiale, la défaite et l’Occupation allemande viennent tout perturber. Les lois anti-juives notamment vont bouleverser le quotidien de Lucie. Tout d’abord, les Hirsch, comme tous les Juifs des pays sous domination nazie, sont déclarés « indésirables », ne sont même pas des citoyens de seconde zone, car des droits de citoyens, ils en ont de moins en moins.
Après l’ordonnance allemande du 7 octobre 1940, la mention « Juive » (en rouge) est apposée sur sa carte d’identité, après qu’elle a été contrainte de se déclarer, avec Henri, comme « juive » au commissariat de leur quartier. Enfin, les petites économies d’Henri, constitué semble-t-il de diverses actions[9] (dont le montant n’est pas évalué) sont saisies, « aryanisées » par le Commissariat Général aux Questions Juives, une émanation de Vichy (en 1941) pour traiter toutes les questions liées à la politique anti-juive de l’État français.
Outre les difficultés liées au ravitaillement, Lucie doit coudre une étoile jaune au revers de son manteau à partir de juin 1942
Elle est française depuis toujours et ne comprend sans doute pas pourquoi, parmi ls dizaines d’interdictions qui pleuvent sur les Juifs en France, on interdit maintenant aux Juifs l’entrée dans les squares, au théâtre ou au cinéma. Comme tous les Juifs, depuis la 9e ordonnance allemande du 8 juillet 1942, elle est forcée de faire ses commissions entre 15 heures et 16 heures, alors que les magasins, déjà peu achalandés, sont souvent déjà vides, puis entre 11 heures et mdi, à partir de la fin 1942[10]. Dans la file d’attente, avec leur étoile juive solidement cousue sur le côté gauche de leur vêtement, les Juifs ne risquaient pas de passer inaperçus.
11 juillet 1944 : l’arrestation
Sans doute Lucie entend-elle avec soulagement les nouvelles qui font état du débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1944. C’est donc sans doute la stupeur quand elle est arrêtée, dans la nuit du 11 au 12 juillet, en compagnie d’Henri.
Elle est ensuite puis conduite au sinistre camp de transit de Drancy, en banlieue nord de Paris.
En fait, l’histoire de son arrestation est à peine croyable : la sœur de Lucie, Camille, veuve depuis 1942, est morte en mars 1944 et Lucie est venue dans son appartement, 1 rue Fontaine, dans le IXe, s’occuper de la succession. La concierge zélée collaboratrice appelle alors la Gestapo, qui va sceller le sort de Lucie et Henri.
DRANCY ET LA DÉPORTATION
Au camp de transit de Drancy, Lucie reçoit un numéro de matricule et est dépouillée de ses bijoux : une montre en or de dame, une bague en or avec perle et une bague en or avec pierres blanches et pierres bleues. Ils ont été remis, contre un reçu très officiel, dans la « baraque de fouille ».
En mauvaise santé, Lucie est emmenée à l’infirmerie, lieu effrayant et sordide. On manque de médicaments. L’infirmerie était organisée et animée par les prisonniers et médecins juifs internés eux-mêmes, tel le Dr Drucker, sous la supervision de l’administration du camp. Seuls les plus costauds résistent. Pour une vieille dame de 73 ans, on peut aisément imaginer la terreur et la solitude qui furent alors les siennes.
Le 31 juillet, c’est le départ dans le bruit et la fureur. Bien qu’elle soit a priori en mauvaise condition physique, Lucie est embarquée dans un wagon à bestiaux. Retrouve-t-elle Henri dans le wagon ? Vit-elle seule ce voyage terrible qui les mène « vers une destination inconnue » ? Ils sont déportés par le dernier convoi à quitter Drancy pour Auschwitz, le convoi 77.
Le « transport » part de Bobigny, et passe par Châlons-sur-Marne, Metz, Sarrebruck, Francfort, Erfurt, Leipzig, Dresde, Görlitz qui est la dernière étape en Allemagne. Le train parcourt alors les derniers mètres vers la Pologne. C’est d’abord Katowice, puis Auschwitz.
Itinéraire du convoi 77, Convoi 77
Comment décrire cette arrivée dans la nuit et le brouillard, les cris des chiens, les bousculades, le tri…des survivants l’ont fait dans des témoignages écrits ou enregistrés.
Henri et Lucie sont conduits à la mort. En effet, passé l’âge de 50 ans sauf exception, le tri était immédiat et les personnes âgées conduites aux chambres à gaz, quand elles avaient survécu au voyage éprouvant, sans eau, sans air, sans hygiène et sans place pour s’asseoir correctement sur la paille étalée dans un wagon à bestiaux et rapidement souillée.
Il n’est pas possible de savoir si Lucie a elle-même survécu à ce « voyage vers l’enfer ».
L’APRÈS-GUERRE
Hirsch née Bloc Lucie. Dossier n°21P 463 483
© SHD de Caen / DAVCC
La date du décès de Lucie Hirsch est fixée au 5 août 1944, date choisie pour les déportés décédés du convoi 77, dont aucune autre information ne vient confirmer la date de mort en déportation.
La nièce de Lucie, Louise Alkan, s’est manifestée auprès de la préfecture de Paris en février 1946, demandant l’ouverture d’un dossier en vue d’un établissement d’acte de décès et de l’attribution de la mention « Mort pour la France ».
Le décès sera officiellement déclaré le 28 novembre 1946 par le ministère des Anciens Combattants et Victimes de la Guerre et reporté sur son acte de naissance à la mairie du IIIe arrondissement.
Officiellement, Lucie est présumée avoir été survivante à son mari, ce qui permet à Louise Eva Revel, épouse de monsieur Georges Maurice Alkan, et Paul Revel, ses nièce et neveu, enfants de Camille née Bloc, d’être ses héritiers. Louise a deux enfants, Micheline Nicole et Caroline. Lucie Hirsh était héritière de mademoiselle Régine Mohange, célibataire et professeur de chant, résidant 21 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. La mère du mari de Lucie, Henri Hirsch, était une demoiselle Mohange. La succession est donc transmise aux neveux de Lucie.
Le 10 décembre 1947, un certificat d’exonération des droits de succession est remis à ses deux neveux, Louise Alkan et Paul Revel.
NOTRE RENCONTRE AVEC LA FAMILLE
En dessinant l’arbre généalogique de Lucie, Nadia Bolle est apparue et nous avons retrouvé sa trace. C’est l’arrière-petite-nièce de Lucie. Nous avons pu échanger avec elle, son frère et sa mère, qui nous ont également prêté des photos. Ce fut un moment de grande émotion, car nous avons pu mettre des visages sur Lucie et Henri.
Nous apprendrons alors que l’appartement des Hirsch a été repris par les Alkan. La mère de Nadia nous raconte ses souvenirs de petite fille arpentant les couloirs de l’appartement du boulevard Murat.
Extraits du journal intime de la petite-nièce de Lucie et grand-mère de Nadia Bolle
© Nadia Bolle
Dans ce texte extrait du journal intime de la petite-nièce de Lucie et grand-mère de Nadia Bolle, qui débute avant octobre 1944, la narratrice évoque la déportation de sa grand-tante Lucie et de son mari Henri. Elle espère qu’ils « pourront revenir, sauvés par les Américains ». « En attendant », la jeune femme qui réside chez ses parents, vient d’apprendre qu’elle est enceinte, alors qu’elle est déjà mère d’un garçon qui va rentrer au lycée, et envisage donc de récupérer le logement vacant. On apprend ainsi que lors de l’arrestation des Hirsch les « Allemands ont mis les scellés mais ne sont jamais revenus » (Paris a été libéré trois semaines après la déportation du couple Hirsch).
Louise Alkan[11] et son frère Paul acceptent que l’appartement soit récupéré par la petite famille qui s’agrandit. Après des démarches, l’affaire se fait, un bail de trente ans est signé.
Le texte nous permet de découvrir à quoi ressemblait l’appartement où ont vécu Lucie et Henri les quatorze dernières années de leur vie. « Moderne, quatre pièces avec le confort, et loyer très bas car ce sont des HLM ».
Un problème subsiste : le mari de la petite-nièce de Lucie n’est pas français et il est difficile dans ses conditions de trouver un travail… La tentative de naturalisation faite à partir de la Haute-Vienne, où ils étaient sans doute réfugiés, a échoué. Elle a donc décidé de travailler…
Le nom de Lucie Hirsch est gravé sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah à Paris, dalle 18, colonne 6, rangée 3. Mémorial de la Shoah.
Biographie réalisée par Agathe Auvrard, Marie-Charlotte Bellière, Hélène-Marie Darras-Madej, Jade Inglin, Romane Inglin, Jeanne Lemarchand, Naomi Obi, Lucas Penven, Mélissa Perrin et Axelle Zwaenepoel, élèves de la spécialité Humanités Littérature Philosophie Classe de Terminale (année scolaire 2025-2026), sous la direction de leur professeur Bénédicte Poutrain, lycée la Providence-Nicolas Barré, le Mesnil-Esnard (Seine-Maritime).
Notes & réferences
[1]Son aïeul Louis Becker est témoin de la naissance, de même que Eugène Becker, son oncle. Tous les deux négociants, ils vivent non loin, 188, rue Saint-Martin.
[2] Ils se sont mariés le 21 octobre 1869, à Paris IIIe. Alfred est né à Granvilliers, dans l’Oise, en 1835, et Clémence à Paris, en 1848. Leurs signatures sur l’acte de mariage témoignent d’une bonne instruction.
[3] En janvier 1870, Alfred Bloc, demeurant 207 rue Saint-Martin, s’est associé à Louis et Eugène Becker pour fonder l’entreprise « Louis Becker et fils et Alfred Bloc ». Ils exploitent une maison de commerce en lainages, toile et confection (Le Droit, 28 janvier 1870). Eugène Becker meurt en 1898.
[4] Notons que sa mère, Clémence Becker, née à Paris le 8 avril 1848 et dont la famille est originaire de Moselle, maîtrisait parfaitement l’écriture. Son père était négociant en tissus
[5] En revanche, un écho du Petit Troyen, sous la rubrique « Réfugiés, séparés et disparus » du 23 mars 1915 prie Mme Clémence Bloc de retirer son courrier à la mairie de Troyes. Était-elle une réfugiée, s’il ne s’agit pas d’une homonyme ?
[6] Grâce au site de généalogie en ligne Geneanet. Voir aussi l’annonce de son décès dans L’Univers israélite du 8 septembre 1922 et dans Le Matin. Les familles Revel, Hirsch, Alkan et Becker sont associées au faire-part. La réunion mortuaire a lieu au domicile du défunt. L’Univers israélite informe également de l’inhumation de Clémence.
[7] Alfred avait 86 ans. Un employé de la synagogue de la rue de la Victoire a déclaré son décès. Il est inhumé rapidement, selon la tradition juive, au cimetière du Père-Lachaise, dans un caveau familial. Clémence, la mère de Lucie, morte à l’âge de 74 ans, viendra rejoindre son époux après son décès le 4 janvier 1923. Par ses annonces, on comprend que la famille respecte les rites funéraires juifs. Cependant, aucune marque distinctive religieuse n’apparaît sur la tombe collective.
[8] Toutefois, la lecture du recensement de 1931 des immeubles qui sont regroupés sous le numéro 31 du boulevard Murat révèle une population qui s’apparente davantage aux classes moyennes, et on y note que les familles n’y sont vraiment nombreuses. Une spécificité du XVIe arrondissement, qui a toujours cherché à éviter les populations désargentées sur son territoire ? En revanche, les personnes nées à l’étranger, notamment en Russie et Pologne y sont largement représentées
[9] Se reporter à la biographie d’Henri Hirsch sur ce site.
[10] Michel Laffitte, « L’UGIF face aux mesures antisémites de 1942 » in, Coupables, Complices, Victimes, Les Cahiers de la Shoah, 2007, p. 123-180.
[11] La nièce de Lucie Bloc Hirsch, Louise Alkan, fille d’Alphonse Revel et Camille Bloc, est morte à Paris le 15 février1967.
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