Anna KROULEVETZKI

1884-1944 | Naissance: | Arrestation: | Résidence:

Anna KROULEVETZKI (1884-1944)

Photographie du portrait sculpté d’Anna Kroulevetzki sur sa tombe au cimetière de Bagneux
©Jules Jaffrezic.

I. Enfance et immigration

Le 15 mai 1884, Salomon Silberberg et Schupé Alberberg donnent naissance à Anna Silberberg. De ce couple nous ne savons quasiment rien, sinon qu’ils ont quitté la Pologne et marié leur fille en France.

Anna naît à Varsovie, en Pologne, situé à l’époque dans « le Royaume du Congrès », rattaché directement à l’Empire russe. Plus spécifiquement dans la « zone de résidence », où les Juifs étaient rassemblés et qui comprenaient les territoires de l’Ukraine, la Biélorussie, la Lituanie et une partie de la Pologne.

Pour pouvoir résider en dehors de cette « zone de résidence », les Juifs devaient obtenir une autorisation des autorités. Cependant, même à l’intérieur de cette région, les Juifs étaient victimes d’antisémitisme, notamment à cause des lois promulguées le 15 mai 1882 sous le règne du tsar Alexandre III, après l’assassinat de son père, Alexandre II. Ces lois comprenaient des mesures antisémites telles que l’interdiction pour les Juifs de résider dans des villes de moins de 10.000 habitants, une restriction d’accès à l’éducation, appelée « quotas scolaires » (10% d’élèves juifs maximum), ainsi qu’une limitation dans les professions de commerçants. Les Juifs ne pouvaient pas ou très peu ouvrir de boutiques dans les campagnes. À partir de 1880, l’Empire russe est la proie de nombreux pogroms (Minsk, Gomel, Moguilev, Vitebsk).

Le 14 août 1881, l’Okhrana est créée. Selon Victor Serge, cette institution était le « prototype de la police moderne ». Cette police avait notamment pour mission de surveiller les Juifs. Elle effectuait, par exemple, des contrôles à la sortie des synagogues.

Ce contexte de persécution antisémite encouragea une forte immigration juive vers des pays comme la France, la Belgique, le Royaume-Uni ou les États-Unis. C’est dans ce contexte qu’Anna et ses parents[1] décidèrent de rejoindre la France.

À cette époque, la France était perçue comme un pays sûr pour la communauté juive, malgré un climat antisémite constant et grandissant et les soubresauts de l’affaire Dreyfus.

D’après plusieurs sources telles que les cartes ferroviaires de l’Empire russe de cette époque ainsi que plusieurs textes sur l’immigration juive, nous pouvons supposer qu’Anna et ses parents ont rejoint Paris en train depuis Varsovie.

Carte du réseau ferroviaire européen en 1865
Source : site Gallica, auteur L. Sagansan

II. Vie en France

Les Silberberg arrivent vers 1900, Anna est encore mineure, mais elle travaille comme couturière. C’est en tout cas la profession qui figure sur son acte de mariage, en 1905. La famille s’installe dans le Marais, un quartier pauvre du centre de Paris, où s’entassent les arrivants juifs de l’Est depuis quelque temps. Ils y ont recréé une vie juive, avec ses commerces et lieux de culte. On le surnomme le pletzl (la place, en yiddish). Nous ignorons quelle langue parlait Anna, mais nous savons qu’elle n’avait pas appris à écrire en caractères romains et ne pouvaient pas signer les documents officiels.

Le mariage

La première trace que nous avons d’Anna Silberberg en France est son mariage avec Michel-Simon Kroulevetzki[2], un Juif biélorusse arrivé en France en 1903 et originaire de la ville de Nowogrodek (Navahroudak aujourd’hui). Anna, réside avec sa famille au 14 rue des Rosiers dans le 4e arrondissement.

Michel-Simon et Anna se marient le 19 septembre 1905 à 10 heures à la mairie du 4e arrondissement. Les parents des époux (Samuel Kroulevetzki et Sippa Bogatine[3] d’une part, et Salomon Silberberg et Schupé Alberberg de l’autre) étaient présents. Une fois le mariage civil célébré, les époux et les parents se dirigent à la synagogue située 21bis rue des Tournelles. La cérémonie religieuse débute à 14 heures et 15 minutes[4]. Les deux adresses se trouvent à 16 minutes à pied l’une de l’autre.

La même année, le couple Kroulevetzki déménage au 14 rue Geoffroy Saint-Hilaire, dans le 5e arrondissement. Le 2 juillet 1906, Anna donne naissance à leur premier enfant, Léon[5].

C’est lui qui reprendra les activités commerciales de son père après la guerre.

Extrait de l’acte de mariage de Michel-Simon Kroulevetzki
© préfecture de police de Paris, BB11-7444-3660x21_AN

Beaucoup de déménagements et construction d’une famille

Anna va connaître beaucoup de déménagements, plusieurs grossesses et la perte de plusieurs bébés avant que sa vie de famille et professionnelle s’éclaircisse.

En 1907, la famille s’installe au 40 rue Pascal, dans le 13e arrondissement. En 1908, Anna donne naissance à Maurice. En 1909, la famille est alors revenue dans le Marais, 31 rue des Jardins Saint-Paul[6], où le 11 septembre naît un troisième enfant, Marcel, qui meurt le 29 novembre suivant à l’hôpital Andral, dans le 19e arrondissement[7]. Maurice décède le 28 février 1910, âgé de 2 ans à l’hôpital Trousseau pour enfants[8].

À sa mort, la famille habite 81 rue Broca, puis elle s’installe 48 rue des Cordeliers, de nouveau dans le 13e arrondissement.

En 1912, la famille déménage à nouveau et connaît un peu de stabilité. Elle s’installe durant sept ans au 13 boulevard Blanqui (13e arrondissement). Moins d’un an après avoir emménagé dans cet appartement, Anna accouche de Léontine, le 3 mars 1913. Enfin, le 12 septembre 1916, c’est la naissance de Félix[9].

En 1919, Michel-Simon, Anna et leurs trois enfants, Léon, Léontine et Félix, s’installèrent au 73 avenue du Kremlin-Bicêtre, une ville proche de Paris [10].

Dans les années qui suivent, la situation financière de la famille va grandement s’améliorer. Simon se lance dans le commerce et acquiert différents locaux commerciaux[11].

En 1927, la famille va vivre au 26 rue Raspail à Ivry-sur-Seine jusqu’en 1930, date à laquelle Michel-Simon a vendu à la mairie l’immeuble qu’il avait acheté. En 1930, Michel-Simon a vendu son atelier de chiffons, selon les recherches sur lui quand il est question de le « dénaturaliser », en 1941.

Carte des adresses des Kroulevetzki
Sources : Google My Maps

Naturalisation

Acte de naturalisation de Michel-Simon Kroulevetzki
©préfecture de police de Paris, BB11-7444-3660x21_AN

En 1921, Michel-Simon débute les démarches administratives afin que lui et sa femme soient naturalisés français.

Après deux ajournements, la demande du couple aboutit huit ans plus tard, le 18 septembre 1929[12].

Cette naturalisation a été compliquée pour différentes raisons. Le couple Kroulevetzki a notamment eu des problèmes avec le fisc à cause d’impôts impayés s’élevant à 8.051 francs, somme que Michel-Simon régla en 1927 Mais aussi, les époux Kroulevetzki ont été condamnés à payer 25 francs pour coups et blessures contre un « monsieur Cligman » d’après un rapport du parquet de la Cour d’Appel de Paris daté du 26 avril 1928. Anna est impliquée dans cette vive dispute, mais les coups n’entrainèrent pas d’interruption de travail.

Malgré le peu d’archives que nous possédons sur Anna, nous apprenons également qu’elle a été propriétaire d’un magasin de chaussures. D’après un document de 1927, elle a également été employée dans l’entreprise de chiffons de son mari avec son plus jeune fils, Félix. Or, plusieurs archives mentionnent « ménagère » (femme au foyer) ou « couturière » comme profession[13].

III. La guerre

1. Paris et l’Occupation

Durant la guerre, nous avons peu de traces d’Anna Kroulevetzki. Nous avons pour information sa fiche de recensement de 1940. En effet, les lois de Vichy, les « statuts des Juifs », et les ordonnances allemandes complémentaires imposent alors aux Juifs de se déclarer officiellement au commissariat de leur arrondissement ou de leur ville.

Déclaration en préfecture de Anna Kroulevetzki, 1940
fichier préfecture adultes ©Mémorial de la Shoah/ Archives nationales de France,
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La guerre est un choc financier pour la famille Kroulevetzki. En effet, dès 1942, les commerces de Simon sont confisqués et notamment le « Village du commerce », un ensemble de 60 boutiques qu’il avait fondé en 1932. Toutes les boutiques détenues par des Juifs furent spoliées et confiées à l’administrateur Dez qui travaillait pour le compte du Commissariat Général aux Questions juives.

Le 14 février 1943, une annonce passe dans le Journal officiel de l’État français. Cette dernière fait référence à la spoliation d’un autre bien appartenant à Michel-Simon Kroulevetzki et à d’autres copropriétaires juifs, immeuble au 84 rue Baronne-de-la-Roche, à Viry-Châtillon. Ce bien est confisqué le 3 avril 1942, soit 24 jours après l’immeuble et les boutiques du Kremlin-Bicêtre. La spoliation de ce bien se fait dans le cadre de l’article 1 de la loi du 22 juillet 1941, dite d’aryanisation, qui portait sur les « entreprises, biens et valeurs appartenant aux juifs ».

La famille part s’installer au 129 boulevard Masséna, un HBM du 13e arrondissement.

Photo du 129 boulevard Masséna Source : Google Maps

2. Arrestation et déportation

Le 11 juillet 1944[14], Anna et son mari sont arrêtés par la Gestapo et des membres de la police française chez eux, 129 boulevard de Masséna, situé non loin de la Porte d’Italie. Ils sont emmenés 11 rue des Saussaies, le quartier général de la Gestapo.

La famille Kroulevetzki est ensuite transférée au camp de transit de Drancy, au Nord-Est de Paris.

À partir d’août 1941, ce camp sert à la déportation des Juifs de France et ce jusqu’à l’été 1944. Drancy fut d’abord dirigé par Theodor Dannecker jusqu’en juillet 1942, Heinz Röthke jusqu’en juin 1943 puis par Aloïs Brunner à partir de 1943. Sur 75 721 juifs déportés depuis la France, le camp de Drancy servit à la déportation de 63 000 d’entre eux. Sur ces plus de 60 000 personnes, seules 2000 personnes reviendront des centres de mise à mort et camp de concentration. Drancy était surnommée « l’antichambre de la mort ».

Arrivés au camp de Drancy, Anna se voit attribuer le matricule 25 024, Michel-Simon le 25 023, et leur fils Félix le 25 025. Bien qu’il ait été arrêté à une autre adresse, nous savons qu’il fut arrêté lui aussi par la Gestapo puis emmené rue des Saussaies.

Il aurait retrouvé ses parents là-bas, puis tous furent emprisonnés à Drancy. Dans ce camp d’internement, Anna a été assignée à l’escalier 18, dans une chambrée du 2e étage.

Fiche administrative de Michel-Simon Kroulevetzki, Drancy
Source fichier Drancy adultes ©Mémorial de la Shoah/ Archives nationales
de France, FRAN107_F_9_5708_175273_L

Le 31 juillet 1944 au petit matin, Aloïs Brunner ordonne la déportation de 1306 juifs dont la famille Kroulevetski fait partie. Les prisonniers sont d’abord conduits dans une cour, à l’arrière du camp, derrière des barrières pour empêcher que les prisonniers qui restent dans le camp ne les voient partir.

Là des bus les attendent pour les diriger vers la gare de Bobigny. Depuis juillet 1943, la gare de Bobigny a remplacé la gare du Bourget. Elle était plus proche de Drancy et facilitait la logistique pour les Allemands. Sur le quai, les déportés embarquent dans des wagons à bestiaux. Il n’y avait que très peu de place et les personnes devaient rester débout, et il faut établir des roulements pour que les personnes puissent s’asseoir à tour de rôle.

Plan de situation du camp de Drancy et des gares du Bourget et de Bobigny dans les années trente
Source : @LM Communiquer pour la ville de Bobigny

« La dernière vision d’un monde civilisé s’est abolie avec la petite gare vieillotte de Bobigny […]. L’enfer commence. Il naît avec l’enfermement absolu du wagon, dont l’unique lucarne ouvre son maigre rectangle grillagé sur le ciel d’hiver. On l’a souvent dit : pas de quoi s’étendre sur le plancher, à peine la place de s’asseoir sur quelques brins de paille. Au centre du plateau, un seau d’eau bientôt vide, et un baquet en guise de tinette, vite plein. Grincements d’aiguillages, essoufflements de locomotive à vapeur, jets de suie, râles, geignements. Pour tous vivres, un trognon de pain par personne. Un seul arrêt en rase campagne […], des sentinelles le long des voies, des imperméables couvrant les bottes, l’arme à la hanche […]. » « La puanteur ! La première dégradation que nous subissons, c’est d’aller aux toilettes devant tout le monde. […] Les adultes tendent un manteau, chacun d’un côté, pour éviter tant bien que mal la perte de dignité. Très vite, le récipient déborde. Le contenu se répand sur la paille. L’air est infesté, irrespirable. »

Ida Grinspan (1929-2018), déportée le 10 février 1944 par le convoi n° 68

Yvette Lévy, survivante du convoi 77, décrit son expérience : « On n’avait pas de place pour être toutes assises, parce qu’on était trop nombreuses dans le wagon, on était assise sur les genoux de celles qui étaient assises. » Elle ajoute : « Le seau pour les toilettes, on a essayé de l’accrocher pour qu’on ait un petit coin d’intimité quand on avait besoin d’aller aux toilettes. »

Le Convoi 77 a pris la direction de la Pologne. Après 8h45 de trajet, le train est entré en gare de Novéant, ville frontalière avec l’Allemagne. Les cheminots français, qui assuraient le transfert des déportés de Bobigny, descendent du train. De là, des cheminots allemands conduisent le convoi jusqu’à Auschwitz-Birkenau.

Itinéraire du Convoi de déportation n°77
Source : Site de l’association Convoi 77

Le convoi arrive dans la nuit du 2 au 3 août 1944 au camp d’Auschwitz II (Auschwitz-Birkenau). Dès leur arrivée, les déportés sont confrontés à l’horreur. Des soldats leur aboient dessus, des chiens s’approchent pour les mordre. Des hommes en pyjama rayé leur prennent leurs bagages. Des officiers et des médecins nazis sont aussi à l’arrivée du convoi. Des lumières aveuglantes ajoutent de l’angoisse à la situation. Tout le monde hurle, pleure… Les morts du transport, nombreux, sont jetés sans ménagement des wagons.

Guy Kohen témoigne de ce qu’il a vécu : « Le 10 mars, au petit matin, nous arrivâmes à destination. Des coups brutaux furent frappés aux portes des wagons. L’ordre Préparez-vous à descendre, nous fut donné. Puis les portes s’ouvrirent et nous vîmes sur le quai quelques SS, très peu, et de nombreux bagnards. […] Nous dûmes abandonner tous nos bagages sur le quai. »

Guy Kohen, déporté le 7 mars 1944 par le convoi n° 69

 Le 3 août 1944, la sélection a lieu à l’arrivée du train. Les nazis divisent en deux groupes les déportés : dans le premier, ceux qui semblent être en état de travailler dans le camp (terrassier, éplucheur de patates, etc.), dans le second, les déportés « inaptes » selon les critères des médecins SS : enfants, vieillards, personne avec un enfant, invalides : ils étaient alors condamnés.

Sur 1306 juifs du Convoi 77, la plupart ne passent pas la sélection. Anna en fait partie, tout comme son mari. Ils sont conduits par camion dans les chambres à gaz le 3 août 1944, Ceux qui sont sélectionnés pour le travail entre dans le camp pour participer aux travaux forcés, c’est le cas de Félix.

Les époux Kroulevetzki sont assassinés le 3 août 1944 dans les chambres à gaz du camp d’Auschwitz-Birkenau. Plus de 1,1 million de déportés sont tués à Auschwitz-Birkenau entre le 20 mai 1940 (ouverture d’Auschwitz I) et le 27 janvier 1945 (libération par les soldats soviétiques du camp).

IV. L’après-guerre

Les deux autres enfants d’Anna, Léontine et Léon n’ont pas été déportés et ont survécu.

Après-guerre, Léon possédait un commerce au 142 avenue Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre. Jusqu’en 1942, Léon exerçait un commerce de « bonneterie et confections » selon un article du Journal officiel d’annonces judiciaires. Nous y apprenons qu’il exploitait ce commerce avec sa femme, Guittla-Mirla Ofman, dont il divorça avant la guerre.

Nous n’avons en revanche que très peu d’éléments sur Léontine. Nous savons néanmoins qu’elle résidait à l’adresse familiale du 129 boulevard Masséna après la guerre. Elle s’était mariée en 1936 avec Isaac Georges Schoumann[15], tué le 13 mai 1940 sur le champ de bataille à Mélin, en Belgique. Elle aurait eu deux enfants. Elle ne s’est pas remariée, mais semble avoir vécu avec Raphaël Rozenker, Juif ukrainien né à Paris, qui habitait en 1921 également au Kremlin-Bicêtre, et repose dans la tombe familiale.

Léon et Léontine Kroulevetzki ont effectué les démarches administratives pour obtenir le statut de « déporté politique » pour leurs parents et leur frère. Cette mention est accordée le 22 septembre 1958. Léon et Léontine ont obtenu le pécule de 12. 000 francs (anciens) pour « réparation », pour chacun de leur parent.

La famille Kroulevetzki repose au cimetière parisien de Bagneux. Les portraits en pierre de Michel-Simon et de sa femme sont taillés sur le caveau. Les photos de Léontine, morte en 1962, Léon, mort en 1963, et Félix sont fixées sur la tombe. Le corps de Félix a été rapatrié d’Allemagne dans un cercueil militaire en métal et inhumé le 8 juillet 1957.

La mention « Morts pour la France déportés 31 juillet 1944 » est gravée sur l’imposant tombeau. La tombe des Kroulevetzki se trouve dans la division 31, ligne 5, numéro 38.

Tombe de la famille Kroulevetzki au cimetière parisien de Bagneux
Source : Photographie de Jules Jaffrezic

 

Biographie réalisée en 2025 par Jules Jaffrezic, étudiant en histoire, et Amélie Burguet. Jules Jaffrezic a créé l’association Les étudiants de la mémoire à Verneuil-sur-Seine.

Jules Jaffrezic remercie :

– l’association Convoi 77 qui m’a transmis la plupart des documents d’archives m’ayant permis de retracer la biographie d’Anna Kroulevetzki

– le Mémorial de la Shoah (Paris) et son service documentation pour m’avoir accueilli et pour m’avoir fourni des archives supplémentaires

– les archives de Paris, les services du cimetière parisien de Bagneux, les archives de la ville de Viry-Châtillon,

– Amélie Burguet qui m’a accompagné tout au long de cette biographie

Mes remerciements vont directement à madame Yvette Lévy, rescapée du Convoi 77 qui m’a accueilli chez elle le 30 avril 2025 pour me livrer son témoignage précieux et devenir ainsi témoin de sa mémoire.

Notes & références

[1]Les Silberberg arrivent vers 1900, Anna est encore mineure, mais elle travaille comme couturière (C’est la profession qui figure sur son acte de mariage, en 1905). La famille s’installe dans le Marais, un quartier pauvre du centre de Paris, où s’entassent les arrivants juifs de l’Est depuis quelque temps. Ils y ont recréé une vie juive, avec ses commerces et lieux de culte. On le surnomme le « pletzl » (la place, en yiddish)

[2] Né en 1883, Michel-Simon se déclare serrurier. Le futur époux est domicilié à la même adresse qu’Anna et sa famille[2]. Se sont-ils rencontrés parce qu’ils étaient voisins ?

[3] Les parents de Michel-Simon, bien que domiciliés à « Novgroudok », sont présents le jour du mariage.

[4] Comme l’indique L’Univers israélite du 15 septembre 1905. On note que sur l’annonce du journal, Michel Kroulevetzki est censé vivre 7, rue du Figuier, toujours dans ce quartier du Marais, non loin de la Seine.

[5] Léon nait rue Lacépède à l’ancien hôpital de La Pitié, mais ses parents sont domiciliés 3 bis rue de l’Essai, près du Jardin des Plantes.

[6] Les adresses figurent sur les actes de naissance et de décès des enfants du couple. Le dossier de demande de naturalisation en fournit un grand nombre également.

[7] Il est enterré au cimetière parisien de Bagneux, dans une des divisions « juives ». Archives du cimetière de Bagneux.

[8] Le petit Maurice est inhumé également au cimetière parisien de Bagneux.

[9] On remarque que les parents ont choisi pour leurs enfants des prénoms français, signe d’une volonté d’intégration en France. Ce qu’ils manifesteront plus tard en demandant à devenir français.

[10] Ils figurent au recensement de 1921 et le couple est désigné comme « brocanteurs ». Ils sont encore de nationalité polonaise.

[11] Comme l’indique son dossier de demande de naturalisation.

[12] Le décret est publié au Journal officiel du 29 septembre 1929, Décret 3660 x 21. Michel y figure comme commerçant domicilié à Ivry (Seine).

[13] Toutefois, son mari ayant su développer un important patrimoine immobilier en boutiques, Anna a sans doute arrêté de travailler ensuite. Il est toujours plus difficile d’avoir des informations sur les femmes, surtout quand elles sont mariées, les épouses étant alors considérées comme mineures par le code Napoléon en vigueur en France.

[14] Selon la déclaration de leur fils Léon.

[15] Schaumann, sur les tables de successions et absences d’Aulnay-sous-Bois ; la résidence indiquée est Le Kremlin-Bicêtre. Et il est déclaré « négociant ». SCHAUMANN est également le nom qui figure fautivement sur l’acte de décès de Léontine.

Contributeur(s)

Biographie réalisée en 2025 par Jules Jaffrezic, étudiant en histoire, et Amélie Burguet. Jules Jaffrezic a créé l’association Les étudiants de la mémoire à Verneuil-sur-Seine.

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