Grâce à deux classes en France et en Allemagne, l’histoire de deux familles juives se dévoile.
Les familles Apel et Dalsheim ne sont plus seulement des noms sur le mur des déportés mais des personnes incarnées dont le souvenir est maintenant bien vivant. Au cours de l’année écoulée, deux classes ont enquêté pour mettre leurs vies par écrit: l’une au lycée Jean–Bouin de Saint–Quentin (Aisne) et l’autre au BurgGymnasium de Kaiserslautern (Rhénanie–Palatinat), deux communes par ailleurs jumelles. L’originalité de ce projet croisé est d’avoir fait enquêter les élèves allemands sur une famille française, les Apel, tandis que les élèves français a travaillé sur les Dalsheim, une famille allemande.
C’est par le format de la bande dessinée que le élèves ont choisi de raconter la vie des déportés. « Le choix de la bande dessinée permet d’humaniser les victimes, de leur redonner un visage, une voix et une singularité » explique Damien Bressolles. L’album, comprenant 33 planches, a été nommé Les passeurs de mémoire. « Le titre prend tout son sens car il permet à la fois de vulgariser l’histoire de la Shoah par le dessin et inscrire la compréhension de la Shoah à l’échelle européenne, » précise l’enseignant.


Ce travail a été récompensé par le premier prix du concours « Unsere Geschichte / Notre Histoire » en l’honneur de Bertrand Herz (ancien déporté qui présida l’association de Dora-Buchenwald). Le 28 mai dernier, à titre de récompense, les lauréats ont eu droit à une journée de visites à Paris, comprenant un passage par l’Hôtel du ministère des Affaires étrangères et un moment de commémoration au Mémorial de la Shoah.


Les élèves témoignent:
Mathieu: « Recevoir ce prix est une immense fierté. Ce projet nous a permis de découvrir l’histoire de la Shoah à travers des parcours de vie concrets et comprendre l’importance de transmettre la mémoire. Travailler avec des élèves allemands a rendu cette expérience encore plus enrichissante. »
Camille: « Cette bande dessinée nous a demandé beaucoup d’investissement, mais elle nous a surtout permis de transmettre une histoire humaine et universelle. Être récompensés aujourd’hui montre que notre travail de mémoire a du sens et peut toucher un large public. »
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